Ferrari 126 C2
3 mai 2022

Patrick Tambay, le Castellet, essais d’hiver 1983

Patrick Tambay priait Rossano d’être prudent sur l’autoroute pendant que Forghieri était à fond dans la ligne droite du Mistral.

Texte de Rossano Candrini, traduit de l’italien par Jean-Paul Orjebin

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Golf GTi
La Golf Veloce de Rossano 1983 Circuit Paul Ricard (c) Rossano Candrini

Patrick Tambay était désigné pour effectuer ces journées d’essais d’hiver au Castellet, chargé de développement de 126 C3. A la fin de la journée, le pilote transalpin souhaitait repasser chez lui à Cannes, mais il était sans voiture. Forghieri me demanda si j’étais disposé à faire l’aller et retour pour accompagner son pilote. Je connaissais un peu Patrick pour l’avoir croisé souvent à Fiorano et avoir diné à sa table un soir à Zeltweg en Autriche. J’acceptais volontiers, c’était une occasion agréable de faire ce déplacement avec le pilote français.

Patrick Tambay
Tambay Castellet test hiver 1983 Circuit Paul Ricard (c) Rossano Candrini

Début 1983, je roulais dans une Golf GTI dont nous avions modifié la carrosserie et ajouté de la puissance au moteur. En un instant, mon ami Augusto et moi étions dans la voiture et Patrick à mes côtés. En France, la limitation de vitesse était déjà en vigueur, je l’avais oublié, à peine arrivés sur l’autoroute, l’aiguille du compteur était déjà à 180 km/h.

Après quelques minutes à cette allure, Patrick,  de sa main gauche, a tiré sur mon pantalon pour soulever mon pied de l’accélérateur, tout en me disant que la police française était très stricte sur les excès de vitesse, qu’il ne fallait pas dépasser 130 km/h. J’ai bien sûr écouté ses conseils et simplement regretté de ne pas pouvoir montrer au champion français que ma GTI verte était véloce.

En dehors de cet épisode, le voyage fut des plus agréables, Tambay qui possède assez bien notre langue nous a parlé de son expérience en junior dans l’équipe nationale de ski Français dont le plus grand champion était Jean-Claude Killy. Il était convaincu que les épreuves de descente à skis étaient plus dangereuses que la Formule 1.

Patrick Tambay
Tambay essais hiver 1983 Circuit Paul Ricard (c) Rossano Candrini

Le soir, nous étions de retour pour dîner, près de la cheminée dans ce merveilleux hôtel de La Cadière où toutes les équipes se retrouvaient régulièrement. A minuit, tout le monde était au lit afin d’être en forme pour les essais du lendemain, programmés à 10h. Ce, d’autant qu’avec Forghieri, il était prévu d’arriver beaucoup plus tôt au circuit pour vérifier l’état de la piste potentiellement glissante en cette période hivernale.

En effet, lorsque nous sommes arrivés, la direction du circuit avait mis le feu au rouge par mesure de sécurité. L’Ingénieur Forghieri incrédule et impatient comme d’habitude me fit un signe et ordonna : «  Candrini, viens avec moi ! ». Nous voilà partis dans sa Lancia Thema Turbo de service pour vérifier la présence ou non de verglas sur la piste.

Mauro, sourire moqueur aux lèvres, satisfait de démentir les ordres de la direction du circuit. De fait, dans la courbe de Signes au bout de la longue ligne droite du Mistral, à l’époque sans chicane, la Thema n’a pas tourné et nous sommes partis en double tête à queue, c’était une patinoire. Nous sommes rentrés au box et Mauro laconiquement a dit aux mécaniciens en dialecte : « Ragaz le mei aspetter un po’  »  – « Les gars, on attend un peu ».

Mauro Forghieri
Tom, Tambay, Forghieri 1983 Circuit Paul Ricard (c) Rossano Candrini

Texte de Rossano Candrini, traduit de l’italien par Jean-Paul Orjebin

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