Une nouvelle fois le Grand Prix de France Historique a été un succès. Par la qualité des plateaux, par le nombre de spectateurs et par l’engouement des plus jeunes pour l’histoire du sport automobile. Bravo à Jean Alesi et à Laurent Vallery Masson pour cette coopération fructueuse. Que viennent voir les spectateurs ? C’est difficile à dire. Plus de deux cents voitures exceptionnelles en piste et dans le paddock. Plusieurs plateaux de compétition. Des démonstrations. La présence de pilotes stars historiques ou d’aujourd’hui. On peut mettre en doute les règlements actuels de la F1 mais force est de constater la notoriété de la discipline dont les pilotes drainent la foule autour de leurs stands. Pour une fois peu de textes mais de nombreuses illustrations.
Olivier Rogar Santoni
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Ambiance du GP de France Historique 2026
Ce qui fait l’atmosphère de ce GP Historique, c’est la balance permanente entre fête populaire et manifestation exclusive. Passionnés, badauds, familles côtoient professionnels, pilotes, gentlemen drivers, mécaniciens et stars des circuits. Les uns et les autres se croisent, se parlent, déambulent en laissant nochalamment le passage à une authentique Ferrari P4. Peut être même la plus authentique des trois en existence…
Rencontres
Si les parkings regorgent de voitures intéressantes, les paddocks sont les lieux propices à toutes les rencontres. On peut voir des pilotes se retrouver. Alesi ou Dallest venir saluer Lamoureux. Pascal Santoni Guerin, l’ancien patron de l’écurie Colin Montrouge puis responsable d’exploitation de Renault F1, venu avec sa F3000 rouge, cotoyer sous la même tente, la Ralt F3 d’Adrien Caternet venu avec son père Christophe et mille autres points de convergence.
On pourrait citer le duo Gérard Bacle, Richard Dallest dont la notoriété ralentit fortement les déambulations !
Accès
Dernier point non négligeable et très positif, les accès au circuit se faisaient sans embouteillages et de nombreux espaces de ravitaillement permettaient de se sustanter sans trop d’attente. Bravo donc aux organisateurs.
On attendait ce moment depuis Rétromobile sans oser y croire. Spark, Elf, Loïc, d’autres y travaillaient. De point en point, de rendez-vous en rendez-vous, peu à peu le rêve s’est confirmé avec du supens jusqu’au boût. Il risquait de pleuvoir. Allez chercher des pneus pluie pour les roulettes avant d’une P34 !… Tout est bien qui finit bien et l’organisation a fait le nécessaire pour que Loïc roule le samedi au moins. Et comme il n’a pas plu le dimanche, il a roulé deux fois. Jody Scheckter (Champion du Monde 1979), l’ancien propriétaire, auquel j’avais passé un mot et une photo nous a même gratifié de ses encouragements.
Le livre, Rétromobile, Monaco sur la Tyrrell 007 et maintenant le GP de France sur la P34 : un bon alignement de planêtes pour Loïc. On en reparlera bientôt.
Vous en souvenez-vous ? 1976, la France revient en F1 gràce à l’écurie de Guy Ligier qui a récupéré une partie du staf Matra ainsi que le moteur V12. La JS5 se distingue par une cheminée extraordinaire. Je fais partie de ceux qui apprécient. Mais nombre d’observateurs préféreront la version sans cheminée qu’un changement de règlementation rendra obligatoire après le GP de Long Beach 1976. Une belle histoire portée une décennie durant par Jacques Laffite qui reste le visage emblématique de cette écurie. 27 autres pilotes seront engagés et 27 modèles construits au total.
Jacques Nicolet
Ligier, désormais sous la houlette de Jacques Nicolet – ainsi que Martini et Mygale – avait déployé les grands moyens. Immense tente avec exposition historique d’un côté et plus actuelle de l’autre avec les Ligier qui participent avec succès à toutes les disciplines d’endurance hors WEC. Un petit regret, qu’il n’y ait pas eu cette fameuse JS5 dans cette exposition. Sinon c’était très réussi.
A qui doit on l’apport de toutes ces Ferrari d’exception ? Il va falloir nous rapprocher des Allemands de Mathusalem Racing qui semblent être un gros pourvoyeur.
La parade Fast and famous du GP de France Historique 2026
Dans les stands
Voilà une idée qui fédère. Des pilotes plus ou moins anciens, des fils de pilotes aussi tournent sur des F1 historiques et sont rejoints par des pilotes actuels de F1. Un succès fou. Tout le monde peut les apercevoir, les voir, presque les toucher. Autographes à la pelle et bonne volonté de tous. On revient à la course, on échappe au show biz. Et spectateurs de tous âges sont aux anges.
Nombre de journalistes, notamment ceux évoluant au sein de l’organisation étaient très jeunes. Leur accès aux pilotes semblaient simple net direct. La plupart d’entre-eux répondant avec gentillesse aux questions de ces jeunes gens.
Sur la piste, une parade n’étant pas une course, les voitures sont sensées se suivre. Très vite Villeneuve a doublé la P4 de Fred Vasseur puis Hadjar sur la Red Bull RB7 de 2011 ( Ex Vettel) et Ocon sur la Ferrari 412 T2 ont montré qu’ils étaient toujours en activité. Les autres ont été très raisonnables. Oui, Jeannot aussi !
« Petrol head » ? D'aussi loin que je me souvienne, l’automobile m’a toujours fasciné. Les tacots, le Pub Renault, Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Circuit Paul Ricard, m’ont fait passer de Sport-Auto à Auto-Hebdo et l’Equipe. Attrait pour les protos du Mans et les CanAm d’abord. Puis la F1 au cours de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Quelques photos m’ont amené à collaborer à «Mémoire des Stands» puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic Courses. Je trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, d'audace, de rapidité dans la décision dont la maîtrise pimente une vie active.