2 – Rétromobile 2022 : Gordini, Bandini et Darracq

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Comme on a pu s’en rendre compte, cette année pour Classic Courses, la grande affaire était la sortie de notre livre « Pilote et Gentleman  » consacré à Patrick Tambay. Mais il y avait beaucoup de belles choses porte de Versailles, telle le plateau Gordini, la collection Bandini ou l’exposition Darracq et d’autres encore que nous nous proposons de vous présenter par la suite.

Olivier Rogar

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Gordini

L’exposition Gordini

Les Gordini sélectionnées par Christian Huet au sein de l’abondante collection du Musée Schlumpf balayent cinq décennies d’histoire de la marque. Histoire qui n’aurait peut-être pas eu lieu si Amedeo Gordini, n’avait pas été passionné de boxe. Ce qui le mènera sur les traces de son champion favori, Georges Carpentier. En France bien sûr. Où ses aptitudes pour la mécanique lui permettront rapidement de se faire embaucher puis de se mettre à son compte, à Suresnes. La société Gordini est crée en 1946.

Compétition, accords avec Simca et résultats lui vaudront le titre, plus que le surnom, de « Sorcier » de la part de Charles Faroux, le célèbre journaliste. Après la guerre, il s’installera boulevard Victor, juste en face du parc des expositions actuel, porte de Versailles. Ce sera alors une intense période de réussite. Fangio, Wimille, Trintignant, Behra, Manzon, Simon, Pilette, Wacker, Da Silva Ramos, Bordoni feront briller ses couleurs …

Mais après avoir construit 33 châssis et participé à 600 courses avec des moyens somme toute limités, il verra comme une occasion à ne pas manquer, en 1957, l’offre de contrat de Renault. A lui désormais de collaborer à l’édification de la gamme sportive de Renault. Dauphine, R8, R12, Le Mans. Il défrichera la route des victoires de Renault. Au Mans puis en F1.

Le nom du « Sorcier » perdurera au fronton de l’usine de Viry Chatillon et sur quelques carters d’arbres à cames. Sur une plaque aussi. Dans le hall d’entrée de l’hôtel Mercure. Boulevard Victor. Construit sur l’emplacement des défuntes usines Gordini…

Gordini
Gordini Simca 5 1937 #1715 – Moteur L4 – 570 cm3 – 25 cv © ClassicCourses
Gordini
Gordini Simca 8 – 1939 #810404 Moteur L4 – 1095 cm3- 70 cv © ClassicCourses
Gordini
Gordini 16 24 – 1952 #035 Moteur L6 – 2478 cm3- 228 cv © ClassicCourses
Gordini
Gordini 16 24 – 1952 #035 Moteur L6 – 2478 cm3- 228 cv © ClassicCourses (2)
Gordini
Gordini 24S – 1953 #37s Moteur L8 – 2988 cm3- 263 cv © ClassicCourses
Gordini
Gordini 31S – 1954 #043 Moteur L6 – 2478 cm3- 228 cv © ClassicCourses
Gordini
Gordini 32 – 1956 #042 Moteur L8 – 2480 cm3- 250 cv © ClassicCourses
Gordini
R8 Gordini 1966 – Moteur L4 – 1255 cm3 – 103 cv © ClassicCourses
Gordini
R12 Gordini 1970 – Moteur L4 – 1565 cm- 125 cv © ClassicCourses

La Gordini de Christian Huet

Vous trouverez ci-dessous un extrait de la présentation qui en a été faite par Artcurial.

1950 Gordini type 18S
Carte grise française
Châssis n°020S

– Berlinette pilotée par Juan Manuel Fangio et José Froilán González
– Palmarès important incluant une participation aux 24 Heures du Mans 1950 et au Rome-Liège-Rome 1951
– Equipée de l’unique moteur Gordini à compresseur existant

Cette type 18S est fabriquée à seulement deux exemplaires. Les châssis tubulaires, numérotés 020 et 021, sont équipés d’une suspension Dubonnet type 15 à l’avant et de celle des Formule 1 types 45G et 16, à barres de torsion à l’arrière.

Dessinée et réalisée chez Gordini, la carrosserie est très originale, entièrement réalisée en duralumin et très soignée sur le plan aérodynamique. La totalité du soubassement est caréné et la carrosserie intègre, sans doute pour la première fois, le volume des ailes arrière à l’intérieur de l’habitacle tandis que les larges montants de portes se fondent dans les galbes de la carrosserie. La lunette arrière en Plexiglass, qui provient d’éléments de l’habitacle d’un hélicoptère Djinn, a été modifiée pour une parfaite adaptation. Afin que le pilote soit positionné le plus au centre de l’auto, son siège est déporté contre le tunnel de l’arbre de transmission ; la goulotte du réservoir d’huile du moteur est logée entre le tunnel central et le siège passager, positionné contre la portière droite. Avec un empattement très court de 2,22 m et une longueur de 3,61 m, la berlinette est d’une maniabilité diabolique. Elle ne pèse que 550 kg, ce qui est une bonne nouvelle compte-tenu de la corpulence de Gonzalez, annoncé pour 102 kg !

Aujourd’hui, sur les 33 châssis de différents types fabriqués, la berlinette 20S est la seule à être dans un état d’origine exceptionnel. Cette auto possède encore sa sellerie de 1950 qui a accueilli Fangio, ses vitres en Plexiglass et en verre, sa tôlerie de dural de 1950, son carénage inférieur numéroté 20, ses peintures de 1950 à 1956 et même ses joints caoutchouc des portières.
C’est une des deux Gordini Sport à avoir été équipée d’un moteur à compresseur et elle est équipée du seul moteur à compresseur existant au monde (n°03 type 16C de 1951)

Cette berlinette qui a gardé l’empreinte originale de son passé historique en compétition et de Juan Manuel Fangio, est unique au monde. Dans un état d’origine parfaitement exceptionnel, elle possède les critères des objets d’art majeurs, la rareté dans la notoriété.

Pour la totalité de la présentation Artcurial : ici 

Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial
Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial
Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial
Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial
Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial
Gordini
1950 Gordini type 18S Châssis N° 020S (c) Artcurial

Bandini

Cette collection a été réunie par la volonté d’un homme, Dino Bandini, le neveu du créateur Illario et se trouve dans l’enceinte d’Artcurial, destinée à être vendue aux enchères. L’homonymie avec le célèbre pilote Ferrari Lorenzo Bandini, nous avait intriguée mais il n’y a aucun lien familial. Illario Bandini est né en Emilie Romagne, terre propice aux passions mécaniques. Il a créé sa marque de voitures de compétition en 1947.

Comme nombre d’artisans italiens, il a conçu des châssis mus par des moteurs d’origine Fiat très améliorés. Allant jusqu’à en coiffer certains de culasses d’Alfa Romeo double arbre ! Son talent était reconnu, lui valant le respect et l’amitié d’Enzo Ferrari et un diplôme honoraire en ingénierie mécanique de la part de l’Université de New York. Tout comme Enzo Ferrari et Ferruccio Lamborghini.

Aujourd’hui , sur les 77 voitures produites, le terme façonnées serait plus adéquat, 47 survivent. D’Italie au japon, en passant par les USA. Une partie de la collection réunie par Dino est donc proposée à la dispersion lors de Rétromobile. Des heureux en perspective.

Bandini
Dino Bandini et la collection Museo Bandini © DR
Bandini
1953 Bandini 750 Sport Siluro #211 #753 © ClassicCourses
Bandini
1953 Bandini 750 Sport Siluro #211 #753 © ClassicCourses

Bandini
1954 Bandini 750 Formule 3 #49 © ClassicCourses
Bandini
1955 Bandini 750 GT Veloce Zagato Berlinetta #1001B © ClassicCourses
Bandini
1955-56 Bandini 750-1000 Sport Siluro #35 © ClassicCourses
Bandini
1957 Bandini 750 Internazionale Saponetta #160 150 # 756 © ClassicCourses
Bandini
1957 Bandini 750 Internazionale Saponetta #160 150 # 756 © ClassicCourses
Bandini
1960 Bandini Formule Junior #57 © ClassicCourses
Bandini
1960 Bandini Formule Junior #57 © ClassicCourses

Darracq

Créée en, 1896 par Alexandre Darracq, la marque automobile française est l’une des principales dès le début des années 1910, troisième constructeur français derrière Renault et Peugeot. Entre records de vitesse ( 198 km/h en 1905) et victoires en compétition ( Coupe Vanderbilt) la marque française saura aussi démocratiser l’automobile ( Darracq Type C 1901) et se développer à l’international. Sa filiale anglaise rachètera Talbot dès 1919 et sa filiale italienne deviendra, après cession, Alfa puis Alfa Romeo. Si l’on ajoute qu’Adam Opel a débuté avec la construction de voitures sous licence Darracq type C, nous voici avec une belle marque européenne quelque peu oubliée aujourd’hui et à laquelle cette exposition organisée par le Club des Teuf-Teuf, rend un juste hommage.

Darracq
1901 Darracq Type C – Mono cylindre1- 785 cm3 – 6.5 cv – 1200 ex construits © ClassicCourses
Darracq
1904 Darracq Type H – Bicylindre – 2360 cm3 © ClassicCourses
Darracq
1910 Darracq Type RRX – L4-2400 cm3 © ClassicCourses
Darracq
1913 Darracq Type TT13 – L4- 2400 cm3 – © ClassicCourses
Darracq
1920 Talbot Darracq Type V15 – L4- 2940 cm3 – Carrosserie Smioth & Weddington – Sydney © ClassicCourses
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Olivier Rogar

« D’aussi loin que je me souvienne l’automobile m’a passionné. Les cartes postales de tacots, les goûters au Pub Renault avec ma tante puis la course de côte de Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Grand Prix de France au Paul Ricard m’ont fait passer d’Auto-Poche et l’Automobile à Sport-Auto, Auto-Hebdo, et – surtout – l’Equipe. Fascination pour les protos du Mans d’abord. Puis pour les F1 lors de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Les quelques photos que j’y avais commises et cette passion inextinguible m’ont amené à collaborer avec l’excellent « Mémoires des Stands » puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic COURSES avec l’aide et les encouragements de Pierre Ménard et Johnny Rives. L’esprit d’entreprise qui m’habite trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, de prise de risques, de rapidité à prendre des décisions dont la maîtrise conditionne toute réussite. »

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richard JEGO

belles photos , mais ne sont elles pas un peu TROP BELLES par rapport à leur état de l’époque quand elles sortaient des ateliers GORDINI ?

richard JEGO

Bonjour M.ROGAR ,
pouvez vous me dire pourquoi depuis quelque temps tous mes commentaires apparaissent  » en attente de modération  » avant de disparaitre ?
Ils sont pourtant factuels et anodins .
Je vous Remercie .

richard JEGO

joli , merci

Claude Barbut

Félicitations pour votre mail et son contenu
Je regrette de ne pas vous avoir vu à rétro mobile
En attendant l’année prochaine je suis plongé dans
Votre livre qui est tout simplement passionnant et qui rappelle un temps hélas disparu
Bien à vous
Claude barbut