La BMW n°15 de Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor s’est imposée au terme des 6 Heures de São Paulo, devant la Ferrari n°51 et la Cadillac n°12.
Bertrand Allamel
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Plusieurs équipes ont tour à tour semblé en mesure de s’imposer sur le tracé d’Interlagos, mais c’est finalement BMW qui affirme son statut de prétendant au titre constructeurs grâce à cette victoire convaincante.

Une course longtemps indécise
Cadillac a parfaitement lancé la course. Comme l’an dernier, les V-Series.R ont rapidement pris les commandes et confirmé leur excellente affinité avec le circuit brésilien. Derrière elles, BMW restait au contact tandis que Ferrari gérait son début d’épreuve sans se laisser distancer.
Au fil des relais, la physionomie de la course évoluait. Alpine profitait des stratégies pour prendre les commandes avec ses deux A424 et semblait se diriger vers une première victoire historique en Hypercar. Mais les dernières heures redistribuaient une nouvelle fois les cartes. BMW retrouvait la tête, Ferrari revenait progressivement dans la lutte et une averse dans la dernière demi-heure relançait totalement le suspense, sans toutefois bouleverser la hiérarchie.
BMW transforme son potentiel
Cette victoire confirme la montée en puissance de BMW. Déjà très convaincante depuis le début de saison, la M Hybrid V8 convertit une nouvelle fois son potentiel en victoire, après son succès à Spa et sa deuxième place au Mans. Sans toujours disposer de la voiture la plus rapide, l’équipe allemande s’est montrée irréprochable dans l’exécution et s’affirme désormais comme l’un des principaux prétendants au titre.
Ferrari relance sa dynamique
Après un Mans en retrait, Ferrari repart de São Paulo avec des motifs de satisfaction. La n°51 est passée tout près de la victoire et la n°83 termine cinquième. Le résultat est frustrant, mais les 499P retrouvent un niveau de compétitivité conforme à celui du début de saison.

Cadillac confirme… sans conclure
Cadillac peut nourrir quelques regrets. Les V-Series.R ont une nouvelle fois démontré leur vitesse à Interlagos, dominant le début de course avant de conclure aux troisième et quatrième places. Comme au Mans, le potentiel était bien présent, mais le constructeur américain peine encore à transformer ses performances en victoire.
Alpine repart frustrée mais rassurée
Le résultat brut ne reflète absolument pas la prestation des A424. Longtemps en tête, les deux Alpine semblaient capables d’offrir au constructeur français son premier succès en Hypercar avant de disparaître progressivement de la lutte. Les dixième et onzième places finales sont sévères, mais la performance affichée constitue sans doute le principal motif de satisfaction du week-end.
Fortunes diverses derrière les leaders
Derrière les équipes de tête, Aston Martin confirme sa montée en puissance en plaçant ses deux Valkyrie dans le top 10 (6e et 9e). Genesis ne place ses deux voitures qu’aux 13e et 15e places, après des essais pourtant très prometteurs.
Chez Peugeot, les difficultés persistent, avec un nouveau résultat décevant (14e et 16e). Toyota, enfin, a vécu un week-end inhabituellement discret et repart du Brésil sans avoir marqué le moindre point, un mois après sa victoire au Mans. Jamais en mesure de jouer les premiers rôles, les TR010 terminent respectivement aux 12e (#7) et 17e (#8) places.
Le championnat toujours ouvert
Au-delà de la victoire de BMW, les 6 Heures de São Paulo confirment surtout une tendance de fond : la hiérarchie reste particulièrement mouvante. Cadillac a dominé le début de course, Alpine le relais central, Ferrari s’est invitée dans la lutte pour la victoire dans les derniers tours, tandis que BMW a finalement fait parler sa régularité.
Aucun constructeur ne semble capable d’imposer durablement sa loi. À l’approche de la seconde moitié de saison, le championnat apparaît plus ouvert que jamais, et chaque manche semble désormais pouvoir produire un vainqueur différent.
Toyota conserve la tête avec 132 points, mais son week-end sans point permet à BMW de revenir à seulement cinq longueurs (127 points). Ferrari, troisième avec 88 points, reste en embuscade malgré un écart qui se creuse avec les deux leaders. Derrière, Cadillac (60 points) consolide sa quatrième place, tandis qu’Alpine (41) passe devant Aston Martin (40) pour un petit point seulement. À quatre manches de la fin, la lutte pour le titre reste plus ouverte que jamais, notamment entre Toyota et BMW, désormais séparés par un écart infime.
Corvette confirme en LMGT3

En LMGT3, la victoire revient à la Corvette Z06 LMGT3.R n°34 du Racing Team Turkey by TF, pilotée par Salih Yoluç, Peter Dempsey et Charlie Eastwood. Partie de la dixième place, elle s’impose avec un peu plus de huit secondes d’avance sur la BMW M4 GT3 n°69 du Team WRT. La Porsche n°92 de The Bend Manthey complète le podium, devant l’autre Porsche n°91 et la Ford Mustang LMGT3 n°88.
La course a longtemps opposé la Corvette n°34 aux Ford Mustang LMGT3, particulièrement rapides en début d’épreuve. La n°77 a même occupé la tête, mais sa stratégie d’économie de carburant dans le dernier relais l’a finalement fait reculer jusqu’à la dixième place. Plus régulière et mieux équilibrée sur l’ensemble des six heures, la Corvette a progressivement pris l’ascendant pour offrir au constructeur américain une deuxième victoire consécutive après le succès de la n°33 au Mans.

Derrière le podium, la hiérarchie reste très resserrée : Mercedes termine sixième avec la n°61, devant la Lexus n°87, la Corvette n°33 et la Ferrari n°21. Cette nouvelle course confirme surtout l’extrême densité de la catégorie, où Corvette, BMW, Porsche et Ford ont toutes été en mesure de jouer les premiers rôles.