Six heures de course et, finalement, douze minutes qui changent tout.
À Austin, Ferrari s’est imposée avec la 499P #50 d’Antonio Fuoco, Miguel Molina et Nicklas Nielsen, devant la Cadillac #38 et l’Alpine #35. Un résultat qui ne reflète pourtant qu’imparfaitement la course. Car si Ferrari avait commencé le Lone Star Le Mans en position de force, c’est Toyota qui semblait avoir construit, au fil des heures, la victoire la plus solide. Jusqu’à ce qu’un problème hydraulique sur la #7, à seulement douze minutes du drapeau à damier, vienne brutalement renverser le scénario.
Bertrand Allamel
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Confusion initiale
Le ton est donné avant même le départ. Un soleil texan, 43 °C au sol, puis une averse soudaine et violente qui vient détremper certaines portions du circuit tandis que d’autres restent sèches. Une situation suffisamment délicate pour retarder le véritable lancement de la course, qui se fait derrière la voiture de sécurité.
Une fois les voitures libérées, Ferrari prend rapidement le contrôle. Partie en pole position, la #51 d’Antonio Giovinazzi impose le rythme, tandis que la #50 reste elle aussi aux avant-postes. Cadillac confirme immédiatement les promesses entrevues lors des dernières manches et Alpine se mêle à la lutte.
Aucune hiérarchie ne semble réellement s’installer : les neutralisations, le trafic et les stratégies déplacent régulièrement les rapports de force. Ferrari semble d’abord posséder les meilleures cartes, Cadillac mène à son tour, Alpine reste au contact. Et on peut voir progressivement Toyota construire patiemment une course solide, comme lors des manches précédentes, et offrir une lutte spectaculaire avec Ferrari.
Toyota construit sa victoire…
À mesure que la course avance, la Toyota #7 remonte dans la hiérarchie. Nyck de Vries prend successivement le meilleur sur ses adversaires et finit par s’installer en tête à un peu plus de deux heures de l’arrivée. Toyota paraît alors avoir trouvé le bon rythme, au bon moment. Mais les neutralisations viennent régulièrement resserrer le peloton et la dernière Safety Car efface une nouvelle fois les écarts.

Lorsque le drapeau vert est agité à 46 minutes de l’arrivée, la course de six heures se transforme en sprint. Toyota, Alpine et Ferrari occupent les trois premières places.
Nyck de Vries conserve l’avantage. Charles Milesi reste dans son sillage avec l’Alpine #35, avant que Nicklas Nielsen ne profite du trafic puis d’une erreur de l’Alpine pour récupérer la deuxième position.
Toyota semble alors tenir sa course… Jusqu’à douze minutes de l’arrivée. La #7 rencontre un problème hydraulique : Nyck de Vries ne peut pratiquement plus tourner le volant. En quelques secondes, près de six heures d’efforts, d’application et de travail méthodique s’effondrent. Nicklas Nielsen récupère la tête et la Ferrari #50 ne laissera plus passer l’occasion.
Ferrari gagne, Cadillac et Alpine confirment
Ferrari n’a certes pas dominé les six heures d’Austin, mais elle les a gagnées. Présente aux avant-postes dès le départ, la 499P est restée suffisamment proche pour saisir l’occasion lorsqu’elle s’est présentée. Pas dominatrice, mais solide et opportuniste !

Derrière, Cadillac confirme sa progression. La #38 termine deuxième à domicile après avoir déjà montré sa vitesse à São Paulo. Alpine est l’autre satisfaction de cette manche texane. Longtemps dans le groupe de tête, la #35 a même semblé pouvoir disputer la victoire à Toyota dans la dernière heure. Elle franchit la ligne en deuxième position avant qu’une pénalité de cinq secondes ne la fasse reculer derrière Cadillac.
BMW, en revanche, n’a jamais retrouvé la dynamique du Brésil et a disparu progressivement de la lutte aux avant-postes.
Aston Martin émerge en LMGT3
Les Ford Mustang commencent très fort avant que des pénalités ne viennent compromettre leurs chances. Porsche prend alors le relais avec la #91, tandis que Mercedes-AMG et Aston Martin restent dans la lutte. La Mercedes #61 se montre notamment capable de jouer la victoire, mais plusieurs pénalités l’écartent à son tour de la bataille.
C’est finalement l’Aston Martin #27 d’Ian James, Zacharie Robichon et Mattia Drudi qui se montre la plus solide au moment décisif. Elle s’impose devant la Porsche #91, tandis que l’autre Aston Martin, la #23, complète le podium.
Le championnat relancé
Toyota conserve la tête avec 140 points, devant BMW (131) et Ferrari (114). Cadillac suit avec 80 points, devant Alpine (66).

La manche texane semble relancer une hiérarchie qu’on croyait établie : avant Austin, Toyota et BMW semblaient installés dans un duel. La victoire de Ferrari replace désormais la marque italienne à 26 points du leader, et aucun des trois constructeurs ne semble réellement dominer : BMW s’est imposée à São Paulo, Toyota semblait avoir construit la victoire à Austin, Ferrari l’a finalement remportée. Derrière elles, Cadillac et Alpine sont désormais suffisamment compétitives pour venir prendre de gros points aux prétendants.
À trois courses de la fin de la saison, le championnat reste donc particulièrement ouvert :Toyota garde l’avantage, BMW reste en embuscade, Ferrari a retrouvé la victoire.
Prochain rendez-vous à Fuji, le 27 septembre. Et cette fois, Toyota jouera à domicile.