14 septembre 2023

Galop des Cuirassiers 2023 – Le retour !

Outre les tragédies humaines innombrables, les années 2020-2022 ont été très dures pour les manifestations culturelles, sportives, associatives. Un bon nombre d’entre elles ont disparu, parfois définitivement. Heureusement, certaines n’ont fait qu’une pause. C’est le cas du Galop des Cuirassiers qui a repris dernièrement le fil d’une histoire interrompue.

Olivier Favre

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En ce dernier week-end d’août, il y avait pour moi deux manifestations intéressantes dans le Bas-Rhin : l’Alsace Rallye Festival dans les environs de Molsheim et, un peu plus haut, en Alsace du Nord, le Galop des Cuirassiers. Choix difficile sur le papier. Mais j’avais assisté à l’ARF 2022, qui était encore frais dans ma mémoire, alors que le dernier Galop datait de 2019. En outre, le Galop m’offrait la perspective d’être acteur et pas seulement spectateur en bord de route. Donc, partons au Galop !

Mélange

Après une pause forcée de trois années, l’équipe du PARA (Passion Alpine Renault Alsace) s’est remobilisée pour mettre sur roues une cinquième édition du Galop des Cuirassiers. J’avais participé à trois des quatre premières et en gardais un excellent souvenir. D’autant plus que j’étais avec mon ami François Blaise. Aujourd’hui François n’est plus là. Heureusement, son fils Frédéric assure la continuité et m’a invité à partager l’habitacle d’une Alpine A310 V6 de 1977, prêtée par Michel, l’efficace et aimable président du PARA.

Alpine au Galop
« Notre » Alpine A310 – © Olivier Favre

Comme d’habitude, le point névralgique du Galop est la salle de la Castine à Reichshoffen, gracieusement mise à disposition du club par la municipalité. C’est le lieu de ralliement des concurrents le samedi matin. On peut y passer en revue le plateau de cette année. Premier constat : en l’espace de quatre ans, le nombre d’Alpine A110 « actuelles » a plus que doublé. On en recense une douzaine, bleues, blanche, grise, orange, voire vert pomme (couleur surprenante, quand même). Décidément, le succès de cette voiture ne se dément pas ! Le reste du plateau d’une cinquantaine de voitures se compose d’un mélange d’anciennes et de modernes. Renault et Alpine bien sûr, mais aussi autres marques : Morgan, Citroën DS, Porsche, Peugeot (304 cabriolet et 504 coupé), Alfa coupé Bertone, BMW M3, Lotus Exige, …

Une Alpine au goût bulgare

Comme les autres années, un fort contingent de voitures est venu des environs de Reims, sous la bannière de l’AGCC (Alpine Gordini Club de Champagne). Adoubée par Jean Rédélé lui-même, cette structure réunissant plus de 80 adhérents est l’un des plus anciens clubs Renault et Alpine. Elle fêtera ses 40 ans en 2024. On retrouve également avec plaisir le doyen des participants, Marcel, « l’enragé de la SM » (voir les éditions 2017 et 2019 du Galop), mais sans SM cette fois en raison d’un problème technique.

Alpine bulgare
Une magnifique Alpine passée par la Bulgarie – © Olivier Favre

Si plusieurs voitures sont des habituées du Galop, certaines attirent l’œil sur le parking. C’est notamment le cas de deux très belles berlinettes historiques, une 1300 jaune d’or et une 1100 vert pâle métal dont le propriétaire nous conte l’étonnant passé. A la fin des années soixante, cet exemplaire numéroté 01 est parti en Bulgarie pour servir de modèle aux Bulgaralpine à produire sur place. Cette aventure derrière le Rideau de fer n’a pas duré pour la marque de Dieppe, qui a mis fin rapidement à cet accord dont les Bulgares ne respectaient pas les termes. Notre Alpine verte a donc été rapatriée en France. Plus de 50 ans après, son état actuel ne suscite que des éloges.

Alpine
Quatre générations d’Alpine au départ – © Olivier Favre

Mémorial

C’est bientôt l’heure du départ pour chaque équipage. Le temps est gris et frais mais personne ne s’en plaint vraiment après les fortes chaleurs des jours précédents. Alors que Frédéric est au volant de notre Alpine du jour, j’apprécie le confort de ma position de passager. Le tout étant de l’atteindre et, surtout, de s’en extraire après force contorsions ! Bien collée au sol, la voiture avale sans problèmes les virages et enchaînements des petites routes étroites du parcours. Le seul hic est le maniement de la boîte. En particulier la seconde qui est délicate à passer, surtout en venant de la 3.

Morgan au Galop
Deux cabriolets en attente de départ – © Olivier Favre

Le parcours de cette première journée sillonnera en tous sens l’Alsace du Nord. Il sera marqué par deux haltes sur des lieux de mémoire rappelant l’histoire tourmentée de l’Alsace. Le matin, ce sera d’abord le Musée mémorial (https://www.2mcladn.fr/), aménagé dans l’enceinte du séminaire de Walbourg, établissement privé catholique. Animé par une équipe de bénévoles, ce site étonnant est le fruit des efforts d’un passionné qui, enfant, a un jour demandé à son grand-père pourquoi il avait une prothèse à la jambe. De la réponse est née la mission que s’est assignée cet enfant, devenu adulte : rappeler les tourments et souffrances vécus par les Alsaciens-Mosellans durant trois générations. Au fil d’une muséographie réaliste et immersive rassemblant plus de 4 000 objets et faisant appel aux cinq sens, le visiteur est plongé dans les soubresauts historiques de l’Alsace et de la Moselle entre 1870 et 1945.

A trente mètres sous terre

Après le déjeuner, c’est à mon tour de prendre le volant. Frédéric se rassure vite : il n’est pas en cause, moi aussi j’ai des problèmes avec la seconde ! Et il faut vraiment appuyer à fond sur la pédale d’embrayage pour espérer engager une vitesse. Mais, hormis ce point, la conduite est très agréable. C’est donc presque à regret que je m’arrête sur le parking du fort de Schoenenbourg, lieu de notre visite de l’après-midi.

Le Galop à Schoenenbourg

Cet impressionnant ouvrage fut au printemps 1940 le plus bombardé de tous les forts de la ligne Maginot. Il riposta aussi et ne se rendit que le 1er juillet, six jours après l’armistice, sur ordre du haut commandement français. Aujourd’hui géré par l’Association des Amis de la Ligne Maginot d’Alsace, il est présenté tel qu’il était en 1939. Durant plus de deux heures nous parcourons plusieurs kilomètres dans ce dédale à trente mètres sous terre, où il ne fait que 12 degrés. Au fil de longs couloirs qui se ressemblent tous, on perd un peu la notion du temps et de l’espace. Et l’on tente d’imaginer la vie des quelque 600 soldats stationnés là plusieurs mois durant. Pas mécontents de retrouver la surface, nous repartons pour la fin de l’étape et le repas de gala aux sons du Cuirass’band, formation issue de la musique municipale de Reichshoffen.

Nous remettons ça le lendemain matin : parcours plus court et météo toujours automnale, mais heureusement sèche. Redevenu navigateur, je m’emmêle dans le roadbook et nous perdons du temps. Nous fermerons la marche à la plupart des contrôles de passage, mais nous arriverons quand même à temps pour l’apéritif. Puis, tradition oblige, ce Galop 2023 s’achèvera autour d’une roborative choucroute, suivie de l’incontournable remise des prix.

Galop en soirée
© Arnaud Leclerc

NOTE :

Je tiens à remercier chaleureusement Frédéric pour m’avoir convié à cette nouvelle édition du Galop. Et aussi Michel pour la confiance qu’il nous a témoignée en nous prêtant son A310. Et, comme toujours, félicitations à toute l’équipe du PARA pour cette organisation parfaite et empreinte de convivialité.

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