GP d’Australie 2019 – Valtteri Bottas

DANS L’OMBRE DE VALTTERI BOTTAS

 Il arborait un joli sourire après l’arrivée du GP d’Australie 2019, Lewis Hamilton. Joli car non feint. Pourtant, tout au long de la course il avait été confiné dans l’ombre de Valtteri Bottas . Un Bottas rayonnant, exceptionnel. Sans doute Hamilton souriait-il de constater  que l’adversaire n°1 de l’équipe Mercedes avait été surclassé.

En effet, contrairement à ce qu’elles avaient laissé entrevoir lors des essais préliminaires, les Ferrari ont constamment joué les seconds rôles – en qualif et en course. Où elles se sont même inclinées devant l’inattendue Red Bull de Verstappen et son moteur Honda.

Bon d’accord, le circuit de Melbourne est affreusement ennuyeux. Avant le départ nombreux étaient ceux convenant qu’il n’est pas significatif. Mais tout de même, les tifosi s’attendaient sans doute à mieux… Significatif, Melbourne l’aura été pour au moins un homme : le Finlandais Valtteri Bottas qui y a signé la plus belle course de sa carrière.

                                                 Johnny RIVES.

LIRE AUSSI

2018 GP d’Australie par Johnny Rives
2017 GP d’Australie par Johnny Rives
2016 GP d’Australie par Johnny Rives
2015 GP d’Australie par Johnny Rives
2014 GP d’Australie par Luc Augier

 

LES MERCEDES DÉVOILÉES.

Valtteri Bottas
GP d’Australie 2019 – Départ @ DR

Nous ne pensons pas qu’à Barcelone, en essais préliminaires, les Mercedes avaient caché leur jeu, dissimulé leurs atouts. Nous pensons plutôt qu’elles les avaient cherchés au fil des kilomètres. Au fil de leur mise au point. Et que ce travail obscur mais méthodique avait abouti au bout des huit jours de roulage en Catalogne. Pour éclore enfin au grand jour à Melbourne. Hamilton y a constamment dominé la situation aux essais. Vettel pouvait paraître assez proche de Lewis (2e temps aux essais libres n°1 et n°3). Ce ne fut plus le cas en qualif où le leader de la Scuderia concéda 8/10 à son rival en dépit de ses efforts. Et le jeune Charles Leclerc une seconde pleine. Ecart que l’on retrouva en course. Mais cette fois à l’avantage de l’autre Mercedes ! Valtteri Bottas la maîtrisa magnifiquement de bout en bout. Cependant que les Ferrari sombraient, Vettel ajoutant à son handicap de performances une erreur stratégique qui nous ramena une année en arrière : arrêt trop précoce pour changer de pneus. Après quoi sa course se transforma en chemin de croix. A la grande satisfaction de Verstappen.

UN PELOTON TRÈS DENSE.

GP d'Australie 2019
GP d’Australie 2019 – Magnussen – Haas @ DR

Une des questions, à l’issue des essais de Barcelone, concernait la hiérarchie au sein du peloton. Qui allait émerger derrière les trois « grands » ? Première réponse, en Australie : Haas a très nettement pris le pas sur les autres outsiders où la bonne surprise a été de retrouver Racing Point (ex Force India) qui avait été en retrait en Catalogne mais que Lance Stroll a brillamment défendu à Melbourne (9e). Alors qu’à l’inverse McLaren, qui avait fait illusion en essais préliminaires, s’est totalement effacé au profit de Toro Rosso. On guettait avec intérêt les Renault et les Alfa Romeo. Elles ont tenu leur rang (Hulkenberg 7e et Raïkkonen 8e derrière la Haas de Magnussen, qui s’est constamment maintenue hors de leur portée).

BAHREÏN, CIRCUIT DE VÉRITÉ ?

GP d'Australie 2019
GP d’Australie 2019 – Ricciardo – Renault @ DR

 On guettait avec curiosité la vedette locale Daniel Ricciardo parmi ce lot de prétendant. Mais il faudra encore attendre avant de pouvoir jauger son apport chez Renault. A Melbourne, l’équipe française a miraculeusement tiré son épingle du jeu grâce à l’opiniâtre Nico Hulkenberg. Qui a réussi la prouesse de résister à Raïkkonen lors du sprint final, alors que sa F1 a montré ses limites sur le circuit de Melbourne en ne signant que le 12e meilleur tour en course – 2’’9 en retrait de celui qui a rapporté un point au championnat du monde à Bottas : 1’25’’580 pour le Finlandais, 1’28’’444 pour « Hulk ». Un écart qui risque de troubler le sommeil de Ricciardo jusqu’à Bahreïn le 31 mars. Circuit plus significatif que Melbourne entend-on dire. Circuit de vérité ?

COTE D’AMOUR… ET DE DÉSAMOUR !

Valtteri Bottas
GP d’Australie 2019 – Valtteri Bottas @ DR

Nous avons aimé :

***Valtteri Bottas

**Max Verstappen

*Lewis Hamilton

Nous avons moins aimé :

°°°Ferrari

°°Giovinazzi

°Le circuit de Melbourne

Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

Johnny Rives has 155 posts and counting. Tous les articles de Johnny Rives

Johnny Rives

14 pensées sur “GP d’Australie 2019 – Valtteri Bottas

  • Avatar

    Quel plaisir de retrouver vos commentaires et analyses !
    Les étoiles pourront classement intéressant en fin d’année.

    Répondre
  • Avatar

    triste…. tellement impatiente de retrouver Johnny Rives, son billet !!!

    Répondre
  • Avatar

    Quelle belle passion que vous incarnez !! Je n’ai même pas dénié regarder un différé cette année !! J’ai préféré gribouiller dimanche un dessin sur l’arrivee de Monza 71 :)… Bon c’est vrai, Melbourne n’est pas réputé pour ses courses endiablées, laissons la chance à la F1 2019 de nous séduire lors des prochains GP.

    Répondre
  • Avatar

    « Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais »

    Vos analyses sont comme du cinéma muet qui donne de la beauté en noir et blanc à l’ordinaire des Grands Prix de notre temps

    Merci Johnny
    Grazie Mille

    Répondre
  • Avatar

    Circuit affreusement ennuyeux , non significatif…. Pourquoi dénigrer à ce degré un tracé presque « naturel » au parfum des années 50 ( la dangerosité en moins ) avec virages et courbes au rayons très variés , une vitesse de pointe bien en dessus des 300 km/h , un cadre agréable , et où plus d’un pilote avoue trouver plaisant d’y conduire . Alors que affreusement ennuyeux(se) n’est que la F1 à cause de ses règlements et règles techniques ( l’aérodynamique en particulier , mais pas que !…) qui l’on complètement dénaturée . Enfin , patientons arrivent bientôt les circuits imprimés par le photocopieur TILK

    Répondre
  • Avatar

    2 poids , 2 mesures :
    La F1 et la FIA si promptes à sanctionner les écarts des pilotes et des teams va t’elle laisser longtemps sans sanction le finlandais pour avoir usé du f-word sur sa radio ?
    PS : Ce sera LEWIS le CDM 2019 car la Mercedes domine , Bottas ne sera jamais à la hauteur de son teammate et le vainqueur de Melbourne n’a jamais été CDM depuis des lustres .

    Répondre
  • Avatar

    Relire les articles de Johnny sur les 4 dernières années est édifiant. A part 2016 où Rosberg l a emporté, créant un inattendu appréciable, les victoires d Hamilton ou de Vettel se sont construites aux essais ou dans les stands lors de la course. Sur certains GP les essais sont maintenant le seul point d’intérêt. Le très beau circuit de Melbourne en fait partie… La faute à qui ? Ces f1 hyper sophistiquées, leur aérodynamique et leur extrême fiabilité ? Le tracé des circuits ? L’unique fournisseur de pneus ?
    Ce dernier aspect est un sujet qui mérite débat.
    Merci à Johnny pour ses magnifiques compte rendus.

    Répondre
    • Avatar

      Très beau circuit? Peut-être en raison du site. Mais au plan du tracé, il est ennuyeux au possible en raison des dépassements difficiles. Ah! quel regret qu’Adelaïde ait été abandonné. Les Grands Prix d’Australie y étaient toujours spectaculaires. Ce qui est loin d’être le cas à Melbourne.

      Répondre
  • Avatar

    Donc on est tous d’accord :circuit de m.. et gp ch….
    Et au suivant .

    Répondre
  • Avatar

    Ce qui est intéressant désormais, c’est ce conflit entre les mauvais circuits et les pistes médiocres

    Répondre
  • Avatar

    Attendons encore un peu la victoire d’un pilote français et le circuit voire les circuits en question – soyons optimiste – seront tout simplement excellents. Bon ça fait 23 ans qu’on attend. Il faudra bien qu’on en voit le bout !
    En attendant ce jour, on s’ennuie quelques fois… 🙂

    Répondre
  • Avatar

    Heureusement il y a le rallye et nous en sommes à 15 titres de CDM consécutifs . Hats off !

    Répondre
  • Avatar

    C’est un pilote français en pleine déprime qui décide d’aller voir un psy qui lui conseille d’aller voir sur un circuit italien un pilote extraordinaire qui lui fera un bien inouï.
    Non, répond le pilote.
    Comment non?s’étonne le psy.
    Parce que le pilote extraordinaire,c’est moi,lâche le pilote français.

    Morale de l’histoire: Naturalisons Charles Leclerc
    ( Et restons discrets, et peut-être partagés, sur l’identité du pilote français..)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *