Jabouille revisite sa victoire au GP de France 1979 avec Eric Bhat

Ce jour-là, un dimanche glacial de début juillet, l’équipe Renault imposa pour la première fois en F1 son révolutionnaire moteur 1500 turbo. Au volant : Jean-Pierre Jabouille, son pilote et son metteur au point. Il n’est guère étonnant qu’après le drapeau à damier, une petite larme l’ait trahi, comme dit la chanson.

Eric Bhat pour le texte et Bernard Asset pour les photos

 

Jean-Pierre Jabouille
GP France1979 – Podium JP Jabouille – G. Villeneuve – R. Arnoux @ Bernard Asset

Journaliste au bord des pistes de F1,  j’appréciais beaucoup Jabouille, ce pilote qui ne nous racontait pas de salades. Au contraire, son parler direct et son langage cru me réjouissaient la plume. Comme Pescarolo, qui appelait un chat un chat. Comme Beltoise,  qui embobinait les gens avec autant de sincérité que de mauvaise foi, selon une description célèbre de Johnny Rives. Ces pilotes étaient des  bêtes de presse. Ils nous donnaient matière à écrire des papiers, ma foi, plutôt sympas,  marchaient du tonnerre, animaient vaillamment les courses. Les paddocks aussi. Nous restions souvent bouche bée, mes collègues et moi,  de leurs exploits comme de leurs frasques. Nous rigolions beaucoup, tandis que naissaient en même temps des moments de légende.

Jamais je vous le dis Jean-Pierre ne m’a déçu.

Ainsi ai-je été témoin, au Grand prix de France en juillet 1979, de sa première victoire en F1.  Deux ans seulement après ses débuts, le moteur Renault décrocha ses premiers lauriers. Un exploit colossal. Les turbos apparurent bientôt dans toutes les équipes concurrentes. La victoire de Dijon fit entrer la Formule 1 dans une nouvelle séquence. Jabouille raconte ce fameux podium.

Quel état ton état  d’esprit en abordant le GP de France 1979 ?

C’était l’occasion ou jamais de gagner. Toutes les conditions étaient réunies. Température fraiche. C’était impeccable : la fiabilité ne pouvait qu’y gagner. Notre Grand Prix national, notre public, une piste très rapide,  favorable à la suralimentation. Dix jours plus tôt nous avions fait sur le même circuit une simulation de course. Tout avait très bien marché. Nous passions à fond dans les grandes courbes, c’était un régal ; j’ai été obligé de m’arrêter aux stands à mi-parcours tellement j’avais mal au cou du fait de l’adhérence.  J’ai particulièrement travaillé ce point avant le Grand Prix.  J’ai signé la pole. Dijon fut une libération

Tu arrives à Dijon. Tu signes la pole. Tout le monde compte sur toi, ça te met la pression ?

Ah oui, tu n’imagines pas. Les gens venaient avant  le départ et me demandaient tous : « ça va ? », « ça va ? ». Evidemment que ça allait, sinon je n’aurais pas été le premier sur la grille. Bref, ils me cassaient les pieds. Il  était normal que tout le monde tienne à m’encourager, mais je n’appréciais pas outre-mesure ces instants inutiles.

Jean-Pierre Jabouille
GP France1979 – Gilles Villeneuve – Jean-Pierre Jabouille @ Bernard Asset

Gilles Villeneuve part mieux que toi et prend  le commandement. Tu as d’abord pensé que c’était foutu ?

Pas du tout. Je suis deuxième après le départ, c’est vrai, mais j’ai  fait rapidement une première tentative pour le doubler. Quoi que très sympa, Gilles Villeneuve ne faisait pas de cadeau une fois la course lancée !  Je me mets en travers en essayant de le passer et me retrouve largué. Mais je m’aperçois assez vite que si on attaque trop, le pneu avant gauche avait tendance à se dégrader. Dans le double droit après les stands, ça leur en mettait plein la gueule.

Dans toutes les courbes à droite, ils étaient au supplice. Donc je fais bien gaffe à ça,  je remonte sur Villeneuve et le double assez facilement. Les pneus prenaient vraiment cher. Nous embarquions à cette époque dans la voiture 250 litres d’essence. Il y avait eu énormément de progrès, et là ça commençait à bien fonctionner. J’ai senti le moment où je pouvais attaquer comme un malade pendant une quinzaine de tours et j’ai fait le trou. J’avais l’affaire bien en mains. J’ai géré jusqu’à l’arrivée. Dans le dernier tour, j’ai compris que j’avais gagné ! 

Silverstone, Hockenheim, Zeltweg et Monza arrivaient ensuite : des circuits rapides,  pour vous ! Pourquoi n’as-tu pas été champion du monde ?

Tous les circuits que tu cites  nous convenaient. Mais dans la gestion des stands j’ai été victime, pour résumer,  de « patates chaudes » qui nous ont sans doute coûté le championnat du monde. C’était très pointu. Il ne fallait pas commettre la moindre erreur. A Interlagos, par exemple, c’était pour nous. Au début des essais nous étions largués. Je travaille bien sur la voiture et je fais la pole. On met tous mes réglages sur la voiture d’Arnoux, qui gagne la course et prend la tête du championnat. Moi mon moteur casse lors du warm-up, on ne comprend pas la raison de la panne. Il y avait une modification sur le moteur, mais elle n’avait pas tenu.

Un peu échaudé, ne connaissant pas la raison de cette panne, ayant peur qu’elle se reproduise,   je veux courir le Grand Prix avec le mulet et l’ancienne version du moteur. Les ingénieurs refusent, montent à nouveau un moteur nouvelle version, me font partir avec, et ça ne manque pas, il casse de la même façon ! J’étais vert. Il y a eu trop de petites erreurs de ce genre.  Sur ce, Larrousse engage Prost. J’accepte l’offre de Ligier. Mais mon accident au Canada a tout remis en question et je n’ai pas été champion du monde. Cela dit, toute la F1 est très vite passée au turbo et je n’y étais pas pour rien ! Techniquement j’ai fait du bon boulot.

Jean-Pierre Jabouille
GP France1979 – Arrivée en vue @ Bernard Asset

Tu gagnes à Dijon ! Qui t’a félicité le premier ? Peut-être Bernard Hanon, le Président de Renault ?

Je ne peux même pas te répondre, il y avait un monde dingue  autour de moi. J’étais sur une autre planète. Je réalisais à peine ce qui m’arrivait. Tout ce monde ! C’était pour moi. J’avais gagné le Grand Prix de France ! J’étais très ému. Bernard Hanon s’est certainement manifesté, il était très proche de nous.

Il y a bien des gens qui tu connaissais, c’est toujours comme ça une arrivée !

Le premier que j’ai reconnu dans la foule qui me menait vers le podium, ce fut Jean-Claude Guénard, un très grand copain, avec qui nous avions tant  bossé pendant tant d’années. Nous sommes tombés dans les bras. Sur le trajet, je croise le journaliste Johnny Rives, immense ami également. Une seconde à peine, le temps d’une bise. Nos relations étaient très confiantes. Je sentais vraiment que mes amis étaient très heureux de cette victoire !

Ton beau-frère Jacques Laffite est-il également venu te féliciter ?

Non, il l’a fait un peu plus tard. Il y avait trop de monde. Ce n’est pas comme aujourd’hui, où les trois premiers  arrivent pile à l’endroit prévu, tout le monde cloisonné derrière des barrières. A notre époque, les arrivées étaient plutôt inorganisées (il dit « bordéliques », mais par écrit, ça sonne moins bien, je vous avais bien dit qu’il parlait cru).  En Italie, la foule envahissait carrément la piste après l’arrivée, on ne  pouvait même plus rouler. Les mécaniciens avaient un mal fou à protéger les voitures.

Jean-Pierre Jabouille
GP France1979 – Arrivée JP Jabouille @ Bernard Asset

Qu’est-ce que tu as fait le soir du Grand prix, où as-tu fêté cette victoire !

J’ai diné avec l’équipe, dans un bistro pas loin du circuit. C’était important d’être avec toute l’équipe qui avait construit tout ça. Une soirée sympa. Un peu protocolaire tout de même, quelques discours. Mais j’étais sur un nuage !

Combien t’a rapporté cette victoire ? Les primes ont dû pleuvoir !

Zéro ! Les salaires étaient très faibles. Au début, chez Alpine, avec Depailler, nous recevions l’équivalent de 10.000 euros par an. C’était un peu mieux en F1, mais à peine. S’il y a eu un bonus, il devait être symbolique, je n’en ai aucun souvenir. C’était comme ça à l’époque. Nous risquions chaque fois de nous tuer ou de nous estropier, mais c’était une vie exaltante !

Et le lendemain, tu as fait quoi ?

Rien de spécial. J’exultais ! J’attendais cette victoire depuis si longtemps. Nous avions tellement travaillé pour mettre au point cette voiture, et nous avons enfin gagné.  Tu te rends compte ? Gagner le Grand prix de France, avec une voiture française révolutionnaire, des pneus français d’un nouveau type, en présence de tous les potes. C’était le paradis !

Jean-Pierre Jabouille
GP France1979 – JP Jabouille 2017 @ Bernard Asset

As-tu le sentiment que le duel Villeneuve-Arnoux t’a dépossédé d’une partie de ta victoire ?

Franchement, les gens qui connaissent bien la course savent que j’ai nettement gagné ce Grand Prix, à la régulière, loin devant tout le monde. Sur la ligne d’arrivée, je savais que j’avais gagné, je ne savais rien des péripéties derrière moi. Par la suite, quand on demandait sans arrêt à Villeneuve et Arnoux de raconter ce duel, ça les gavait vite ;  je ne les enviais pas.

Aujourd’hui tu  repenses souvent à ta victoire ?

Pas tant que ça. C’est un bon souvenir, mais il y a eu de nombreux projets depuis. C’est un peu ma marque de fabrique : quand un pari technique est gagné, j’en suis heureux et je me tourne très vite vers un nouveau défi…

 

 

 

 

 

 

Eric Bhat

Je suis tombé dans la marmite à 11 ans en assistant au GP de Pau 1968. Les monoplaces hurlaient dans les rues de la ville, ça sentait bon l’huile de ricin. Beltoise fut époustouflant en F2, de même que Jabouille en F3. J’ai été instantanément subjugué ! J’étais encore au lycée quand les journaux ont publié mes premiers papiers. La passion pour la course automobile ne m’a jamais quitté. Quelque cinquante ans plus tard, mon idylle avec l’encre et le papier se poursuit. Elle n’est pas belle, la vie ? (Jadis rédacteur en chef Grand Prix International, l’Automobile-Magazine, Auto-Plus, Moto-Journal, Auto-live, ex-attaché de presse Renault F1, toujours fan aujourd’hui, lecteur assidu de Classic Courses !)

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17 pensées sur “Jabouille revisite sa victoire au GP de France 1979 avec Eric Bhat

  • C’était il y a quarante ans, mais Jabouille se souvient de chaque seconde de ce GP de France. Impressionnant !

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  • Mais il faut le faire parler plus !
    Par exemple, je me demande combien il gagnait et comment il faisait pour vivre avec ces broutilles d’Alpine. Enfin, comment vivait un pilote de l’époque, une vedette qui n’était pas une star ?
    Ceci posé, excellent ! On est toujours contents de lire une parole libre et passionnée et de voir une arrivée avec de la foule, du bordel, des gendarmes dépassés. La vie, quoi.
    J’ai aussi pensé en vous lisant que ces gars étaient des pilotes complets, pas accro à la radio, aux stratégies d’équipe, aux pneus qu’on va leur changer, à toutes ces conneries censées favoriser « le spectacle », et capables de penser tout seuls à leur course.
    Grand bonhomme, grands bonshommes.
    Merci !

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  • Mouais !
    JPJ etait grand par la taille , mais trop pinailleur pour reussir en f1 comme pilote .Ensuite il fut bon en permettant au tres dilettante Laffite de croire au titre en 1981 mais comme seul JPJ y croyait et que JL préférait la peche à la truite ça a foiré .

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    • M. JEGO, depuis le temps que j’ ai envie de répondre à vos « commentaires » qui sont des attaques perpétuelles contre tout le monde, la dernière étant contre JP Beltoise et sa victoire à Monaco. Quel dommage que vous n’ ayez pas essayé vous même de devenir un champion, quelle réussite cela aurait été (dans n’importe quel domaine), la France a raté un champion.

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      • Jean Bernard, je vous arrête Mr Jego est déjà champion du monde des commentaires sur Classic Courses ! 310 commentaires à lui seul. A quand une restrospective ?
        Ceci étant, même si le ton est souvent dénué de tout recul, on a là une approche très pragmatique, dénuée d’empathie, excessive mais souvent fondée. Un Lauda à la française ? Un Lauda qui n’aurait pas changé …
        Monsieur Jego pose aujourd’hui la question de la supériorité de l’homme sur la machine et les circonstances. Rarissime en F1. Villeneuve mis à part. Et personnellement même si ça énerve, je trouve son analyse ( ou sa sentence !?) porteuse de réflexion.

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    • D’accord avec vous Jean Bernard.
      J’ai beaucoup apprécié et admiré Jabouille comme Laffite ou Beltoise pour leur talent et leurs résultats mais aussi pour leur personnalités fortes et attachantes.
      Richard, si au quotidien vous ne vous voyait que le mauvais côté des choses et des gens, votre vie doit être bien terne…

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  • Jabouille porte la maudition de la Formule 2: ne deviandrá jamais le champion de F1; vous soufrira un accident terrible (cas Jabouille), peut être mortal (cas Peterson).
    Il semble irrefutable que la non fiabilité de la Renault explique la manque des titres. Jabouille compte 11 abandons en 1980.
    Jabouille ne roulais au delá des possibilités de la voiture, c’est à dire q’il ne deviendra jamais le champion sans une monoplace victorieuse et fiable.
    Je suis d’accord avec monsieur Jego: le palmarés de Jabouille est faible, bien aussi comme celle de Lafitte, dés q’on garde attention à les machines q’ils pilotaint. Laffite est bien aimé et, lui aussi, mauditioné du championat F2, n’a jamais vaincu le tritre F1 et c’est victime d’un accident que finisse sa carrière en F1.
    D’accord avec Ferdinand: il faut le faire parler plus ! Jabouille est important pour la histoire de F1 et il y a beaucoup en plus pour racconter.
    Merci beaucoup a Classic Courses.

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  • Quel époque bénie ou l’on avait 5 pilotes français dans les dix premiers.deux constructeurs Français et un « yellow tea pot  » qui fait 1 et 3..nostalgie.

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  • Suite à vos commentaires , je me suis plongé dans une de mes bibles :
    « PILOTI , che genti  » du regretté Enzo FERRARI .
    Concernant les pilotes français il parle des siens bien sur : Arnoux,Pironi,Tambay et Prost . Il parle aussi de ceux qui n’ont pas conduit pour lui dont Jarier /Beltoise/Depailler/Laffite , est très élogieux de CEVERT .Je n’y ai par contre pas trouvé le nom de Jabouille !! JPJ fut un grand mécanicien avec sa MATRA au tournesol en f3, puis un Super créateur et développeur : les ELF F2 , le proto F1 Renault et enfin un grand team principal chez LIGIER ou il mena la LIGIER V12 MATRA au bord du titre mondial en 81 .
    MAIS comme pilote , je persiste et garde mon avis n’en déplaise à certains .Et idem pour Beltoise .
    Par contre PESCA ,Cevert , Pironi et aujourd’hui Gasly et Ocon sont au top .
    A chacun son opinion en respect des autres .

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  • Ce qui est extraordinaire avec le Jabouille de 1979-1980, c’est qu’il n’a fini quasiment aucun Grand Prix (j’ai vérifié, il en a fini 3 très très loin, ça ne compte pas vraiment), mais qu’il en a gagné deux. Ce qui fait que je me rappelle très bien sa victoire à Zeltweg en 1980, l’une des victoires qui ont fait le plus plaisir à l’ado téléspectateur que j’étais à l’époque. Surtout qu’il battait Jones, que je n’aimais pas vraiment !
    Il suffit de voir aussi ses poles et premières lignes durant ces deux années pour imaginer ce qu’il aurait pu réussir si cette maudite Renault Turbo avait été plus fiable.

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  • Merci Eric, mais on reste sur notre faim, car je pense que JPJ doit avoir encore beaucoup de choses à dire et sans langue de bois. Comme était notre Ami commun.

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  • Petite anecdote confirmant le franc parler de Jabouille : invité par Willy Kaushen à Aix La Chapelle pour essayer de comprendre pourquoi ses F.2 Elf Switzerland devenues Kaushen Renault pilotées par Leclère et Ludwig – malgré une pole pour la 1ère course à Siverstone – ne fonctionnaient pas, Jabouille avait conclu l’entretien par un terrible (et juste) verdict : »Tu sais quoi Willy ? Tu prends unes disqueuse, tu coupes les voitures en deux (c’était les derniers tubulaires), et tu achètes des voitures modernes. Jacky Renaud, chef mécano, nous confirma : « Il n’y a que Jabouille qui peut les faire marcher. Il a quasi conçu les châssis et nous faisait faire des modifs sans cesse… et sans aucun plan, ou presque! » Merci Eric et Olivier

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  • Comme l’écrit si bien Eric Bhat, c’était une époque rêvée pour les journalistes. Nous pouvions approcher les pilotes, être vraiment dans leur intimité, connaître des détails insignifiants sur leur approche professionnelle. Insignifiants mais qui nous éclairaient tant. Cela nous permettait d’écrire des articles fondés, en plus de l’avantage de vivre une existence de rêve. Une existence qui permettait de vivre de sa passion. Tout cela a duré depuis la fin des années 1960 (les arrivées de Matra, d’Elf et toutes les conséquences qui en ont découlé pour les pilotes et l’expression de leur métier) jusqu’à (à peu près) 1995. Là, les choses ont commencé à se « professionnaliser » (?), les contacts avec les pilotes moins faciles. Je me souviens, en essais privés à Estoril, avoir voulu faire une interview de Damon Hill. Il m’a renvoyé vers l’attachée de presse de l’équipe Williams, Ann Bradshaw, pour prendre rendez-vous. Un rendez-vous qu’elle n’a pas réussir à déterminer dans les délais qui étaient les miens. C’était plus la même ambiance. Et cela n’a pas cessé de s’aggraver. Il me revient en mémoire une autre demande d’interview effectuée également à Estoril, deux ou rois ans plus tôt. C’était avec Gerhard Berger. Un matin, avant qu’il prenne le volant je lui demande rendez-vous pour le soir, après les essais. « Pas de problème, viens dans le stand Ferrari vers 18 heures ». OK. Hélas, coup dur, au cours de la journée, il se prend un carton monumental, se trouve à l’hosto pour contrôle. Le soir il est de retour au circuit. Je lui dis: « Bon Gerhard, on se verra un autre jour? » Là il écarquille de grands eux: « Pas du tout! Je suis à ta disposition, on commence quand tu veux! » Je plains les journalistes d’aujourd’hui qui n’ont pas eu la chance de vivre la période formidable qu’on a connue. L’interview de Jabouille, ci-dessus, correspond exactement au ton que les pilotes avaient alors avec la plupart d’entre nous. Merci Eric, merci Jean-Pierre.

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  • Ah oui, merci Johnny, de ton commentaire et surtout de tes papiers post-Grand Prix sur Classic Courses. Toujours aussi captivants, vivants, finement décortiqués : du grand art !

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  • Ce qui a beaucoup modifié l’ambiance et l’atmosphère autour des grands prix de formule 1, c’est premièrement la main mise de la FOCA sur l’organisation des courses et deuxièmement, l’accident mortel d’Ayrton Senna. À la fin des années 80, il n’était même plus possible de filmer à titre personnel sur la grille de départ au nom du droit à l’image de la seule FOCA. Les cerbères de l’institution y veillaient avec zèle. À Monaco en 1993, le badge accès piste permettait de se rendre à peu près partout autour du circuit. En 1995 à Monaco , le même badge n’autorisait plus rien. J’ai compris ce jour là que la Formule 1 perdait une grande partie de sa magie. Je suis bien sûr très touché aujourd’hui par la disparition de Niki Lauda que j’ai eu l’immense chance de pouvoir photographier sous toutes les coutures à une époque où la course automobile avait encore un sens.

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