F1 2014 : Le billet de Johnny Rives – Italie 13

MONZA A ACCOUCHE D’UNE SOURIS

Les deux Mercedes devant les deux Williams en qualification. Les deux Mercedes devant les deux Williams puis les deux Red Bull à l’issue du Grand Prix d’Italie… Le circuit de Monza, que certains appellent pompeusement « Temple de la vitesse » n’aura finalement accouché que d’une souris. Un Grand Prix monotone, sans surprises et presque sans émotions. Heureusement que, comme souvent, il y avait Daniel Ricciardo et Vallteri Bottas.

Johnny Rives

 La qualité des retransmissions de Canal+ n’est guère discutable. Mais convenons que l’esprit qui les anime est parfois « relou » , comme l’on dit aujourd’hui. On l’avait déjà ressenti après le G.P. de Belgique, quand ils nous avaient rassasiés jusqu’à l’écoeurement de l’accrochage Rosberg-Hamilton, à propos duquel on avait pourtant entendu Alain Prost affirmer qu’il n’y avait rien « d’intentionnel » de la part de Rosberg dans cet incident – analyse que nous partagions entièrement.

En dépit de cette sage sentenjohnny rives,grand prix d'italie f1,monza f1 2014,lewis hamilton,nico rosberg,felipe massace de l’ancien champion du monde, l’accrochage de Francorchamps nous a été resservi au-delà de toute raison lors des deux journées d’essais de Monza. Et même le jour de la course, avec de lourds sous-entendus sur des intentions prêtées à chacun des deux malencontreux protagonistes.

Le souvenir, vaguement faussé par ceux qui le remuent, des duels Senna-Prost égare l’analyse de nombreux observateurs d’aujourd’hui. Au fond d’eux-mêmes ils souhaitent une réédition de cette rivalité, ce qui est impossible, l’histoire ne se répétant pas. Cela les pousse à la chercher désespérément à travers celle qui oppose Hamilton et Rosberg de nos jours. Quitte à mettre et à remettre de l’huile sur le feu. On les remercie par avance de mettre enfin au placard leurs désirs de faits divers sans doute provoqués par ce besoin de sensationnalisme que l’on rencontre souvent dans une certaine presse. En ce domaine Valérie Trierweiler a placé la barre à une hauteur que les évènements sportifs auront du mal à atteindre. Alors, please, on demande une trêve !

Pour en rester à la rivalité Hamilton-Rosberg, elle s’est exprimée modérément à Monza. A la déception de beaucoup, sans doute. Nico, qui avait déjà effectué – sans perdre sa première place – un crochet par l’étroit slalom placé dans l’échappatoire de la première chicane. Cette fausse manœuvre lui avait coûté deux secondes : l’avance de quatre secondes qu’il possédait alors sur Massa, 2e, tomba à deux. Il en effectua un second qui permit à Hamilton, un peu plus d’une seconde derrière lui, de lui succéder en tête.

Dès lors, la course était entendue. Felipe Massa avait montré depuis de nombreux tours déjà que les qualités de sa Williams, pour remarquables qu’elles soient, ne lui permettaient pas d’inquiéter les reines de la F1 version 2014.  Et ce qui échappait aux Williams ne pouvait évidemment encore moins revenir ni aux McLaren, ni aux Red Bull.johnny rives,grand prix d'italie f1,monza f1 2014,lewis hamilton,nico rosberg,felipe massa

Pour échapper à l’assoupissement, il y avait heureusement au cœur du peloton deux vaillants garçons dont les remontées ne surprirent personne : Vallteri Bottas et Daniele Ricciardo qui s’offrirent le luxe (et nous offrirent le spectacle) de revenir du diable vauvert.

On a particulièrement apprécié la subtilité de certains dépassements de Ricciardo (Perez et Vettel) au freinage de la chicane de la Roggia. Ses adversaires faisant mine de rester à sa gauche pour avoir l’intérieur, il coupa légèrement les gaz comme pour leur laisser l’avantage. Pour, dès qu’ils reprirent position  devant lui, d’une habile et subtil coup de volant, se déhancher complètement à gauche de la piste et les surprendre au freinage… par l’intérieur dont ils croyaient l’avoir privé ! Ce Ricciardo a vraiment l’étoffe d’un grand. D’un très grand.

A l’inverse, au cours de la jolie remontée de Bottas, on a hélas revu le jeune Magnussen à l’œuvre, zigzagant de façon aussi lamentable qu’en Belgique pour « protéger » sa place. Les cinq secondes de pénalité que cela lui a coûté sont une broutille par rapport à ce qu’il méritait.

Photos @ DR

Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

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9 pensées sur “F1 2014 : Le billet de Johnny Rives – Italie 13

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    Ma solution ? Des vrais circuits (à quand un calendrier uniquement fondé sur l’intérêt et la qualité des tracés ?), des vraies voitures (pas des voitures électriques aphones et semi-télécommandées), et des pilotes non bridés par leurs équipes et la FIA.

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    Johnny Rives souhaite éteindre l’incendie médiatique soulevé par l’accrochage à Spa. Il faut tenir compte que ce simple « incident de course » aura probablement des conséquences déterminantes pour la suite du championnat. Sans cette malheureuse manoeuvre Hamilton aurait peut-être 25 points supplémentaires et malgré tous ses ennuis mécaniques et abandons il serait en tête du championnat au lieu de 22 points de retard. Pour revenir sur la course de Monza tout a déjà été dit et si je ne crois pas que le tout droit de Rosberg ait été imposé par l’écurie, il n’est pas à exclure que Nico, sous la pression constante et de plus en plus pressante de Lewis qui était indiscutablement le plus rapide de tout le week-end ici, ait voulu s’éviter un duel où il n’aurait pas été à l’aise pour défendre sa position et la moindre erreur aurait alors soulevé une ramdam médiatique encore plus terrible que celle qu’évoque Johnny Rives. Il concède 7 points qui participent à sa rédemption et n’entament guère son capital qu’il pourra gérer à sa guise pour les dernières courses. Avec ce règlement qui gèle l’évolution des moteurs, à part les révélations Ricciardo et Bottas on ne peut guère que se focaliser sur le duel Hamilton Rosberg!

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    Sont-ce les fantômes des héros du passé foulant ces mêmes endroits qui nous aident à accepter ces transformations ? Il y a de fortes chances :-))

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    Désolé mais j’ai encore du mal à croire aux 2 pseudos erreurs.

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    Il nous parlera peut-être de tout cela dans 20 ans… En attendant, pauvres humains que nous sommes, il ne nous est pas possible de nous nicher dans les cerveaux des intéressés. Et vous savez quoi ? C’est très bien ainsi…

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    Dans 20 ans ? Peut-être jamais, si on veut bien se rappeler qu’il n’a jamais été possible de savoir si Fangio avait, oui ou non, laissé Moss gagner à Aintree en 55.

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    Quoiqu on pense d Hamilton, en vitesse pure, il ne craint pas grand monde. Sa gaucherie « politique » commence d ailleurs à lui donner un visage sympathique. Vivement la suppression des liaisons radio. Dans les deux sens.

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    Je constate qu’à chacune des notes de Monsieur RIVES, l’intérêt de la formule 1 moderne provoque un débat grandissant. Les uns n’aiment pas du tout (moi), d’autres un peu mais pas trop et certains disent pourquoi pas, c’était quand même pas mal cette fois ci. Pour alimenter une bonne discussion sur ce thème, il faut se souvenir de ce qui se faisait avant et il n’y a meme pas si longtemps, sur des beaux circuits « sur fond de végétation dense » ! Je vous recommande d’aller jeter un coup d’œil sur You Tube : Grand Prix du Portugal 1989. Ben dit donc ! On se souvient pas de tout mais dans celui ci, y a un certain Mansell qui nous fait que du beau, du pur bonheur. Nico et Lewis n’ont qu’a bien se tenir et supplier leurs ingénieurs qu’ils remettent sur les autos des pots d’échappement un peu plus bruyants et mélodieux. Le bruit, ça doit exacerber le pilotage.

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    Il devrait ravir ceux qui ne partagent pas mes points de vue!

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