Eric Clapton, Bologna, Maranello 1/2

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Voyage en Italie – 1

Eric Clapton. Il y a quelques décennies de cela, je manquais l’un de ses concerts. Et ensuite, plus rien ne put être envisagé : voeux pieux, espoirs déçus, calendriers difficiles. La vie était-elle à ce point faite de renoncements ? ! Certes pas. L’idée fut remise à l’ordre de jours qui fuyaient comme lumière. Et me voici à nouveau invité à la rencontre de « God ».

Mais il en va de « God » comme des hommes, une poignée de main hasardeuse, un baiser malheureux et le Covid vous met à l’ombre pour quelques lunes. Concert annulé. Déjà sur place, nous n’avions plus qu’à visiter la belle ville de Bologna, ses colonnades, ses saints, ses ocres. Sous un ciel de mai.

Mais que faire ensuite ? Maranello n’était pas loin et Clapton un vrai tifosi. Tout cela devenait cohérent. Comme un rendez-vous qui en appellerait un autre. Au moins.

Olivier Rogar

A suivre …

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Ferrari, Lamborghini, Venise, Clapton

Si vous souhaitez écouter Clapton en lisant cet article, c’est ici.

Clapton – Bologna, rendez-vous de mai

Eric Clapton
Affiche Clapton mai 2022 Bologna

Le « sold out » s’est transformé en « Cancelled ». A nous d’imaginer la vie qui va sans Clapton, du moins pour ces quelques jours !

Bologna, la vieille ville universitaire conserve un centre historique préservé de la sur-fréquentation touristique. Une ambiance bon enfant. Ici familles comme étudiants se réunissent le soir sur les places ou devant les maisons pour parler, boire un verre, parler toujours tandis que les « bambini » cavalent partout en riant. Vous déambulez à la recherche d’un restaurant, d’une église ou d’un monument et vous êtes pris par cette ambiance. La tension tombe, les nerfs se relâchent. Vous trouvez que la vie est belle. Et vous vous posez devant un verre de bon vin.

Bologna
Bologna Piazza Maggiore © Olivier Rogar
Bologna
Bologna Piazza Maggiore – La ville natale de Pasolini © Olivier Rogar
Bologna
Bologna Tour Asinelli 12e siècle © Olivier Rogar
Bologna
Bologna San Stefano © Olivier Rogar
Bologna
Bologna Cathédrale San PIetro – Terre cuite 16e s. Alfonso Lombardi – Lamentation pour le Christ mort© Olivier Rogar
Bologna
Bologna Chez Bruno et Franco – Maison du Prosciutto © Olivier Rogar
Bologna
Bologna – Dans les cour intérieures © Olivier Rogar
Bologna
Bologna – Fiers de ne vendre que des produits de chez eux. © Olivier Rogar
Bologna
Bologna © Olivier Rogar

Clapton et Ferrari

Comme guitariste, Clapton n’a jamais rien eu à envier à quiconque. Toutefois comme il l’a dit, son ami Georges Harrison était pour lui un exemple à suivre. N’y voyez aucune allusion au parcours de Pattie Boyd qui a été successivement leur épouse pour une décennie chacun. Leur muse aussi. Elle a inspiré entre autres « Something » à Georges Harrison et « Layla » à Eric Clapton. La dame devait avoir quelque chose. Et c’est également par Harrison que Clapton a découvert Ferrari.

Il le raconte dans sa biographie :  » Georges avait un grand sens de l’esthétique et il était bon d’observer ce qu’il faisait. Vous savez dans le genre  » Que va-t-il acheter bientôt ?  » Jusqu’alors il avait surtout eu des Mercedes Pullman et un jour il est apparu dans cette voiture de sport et c’est la première fois que j’en voyais une en vrai. C’était une Ferrari 365 GTC bleu nuit avec l’intérieur biscuit. C’était la chose la plus belle que je n’avais jamais vue.

Eric Clapton
Ferrari 365 Gtc Georges Harrison © DR

J’aimais son esthétique subtile, simple et chic qui contrastait avec ses énormes roues. J’en ai aussitôt commandé une blanche. A cette époque je ne pouvais conduire que des voitures automatiques. Lorsque Mike Salmon vint me la livrer, il me proposa aussitôt de l’essayer. Je n’ai pas eu le courage de lui dire que je ne savais pas la conduire. J’ai donc menti en lui disant que j’avais des obligations à l’extérieur. Ils ont laissé la voiture là et j’ai appris seul à utiliser une boîte manuelle avec cette voiture. Je l’ai gardée longtemps. Pendant un temps je l’ai faite repeindre en violet métallisé. Après avoir mordu, j’ai du en avoir une trentaine. »

Eric Clapton
La Ferrari 365 Gtc d’Eric Clapton © DR

Parmi les plus notables, une 250 GT Lusso, une F40, une Enzo et plusieurs BB 512. Un modèle qui l’a marqué au point de commander au département One to One de Ferrari, une voiture unique, rappelant la célèbre Boxer. Développée sur une base de 458 Italia, avec un V8 de 570 ch, elle a été construite en deux années pour une somme assez conséquente. C’est le modèle SP12 EC.

Eric Clapton
La Ferrari SP12 EC d’Eric Clapton © DR
Eric Clapton
La Ferrari SP12 EC d’Eric Clapton © DR
Eric Clapton
La Ferrari SP12 EC d’Eric Clapton © DR
Eric Clapton
Il n’y a pas que la guitare dans la vie, il y a aussi les V12 ! © DR

Maranello en mai

Après avoir visité Bologna, rien ne semblait plus évident que de prendre le cap de Maranello.

Une petite bourgade ouvrière au coeur des plaines fertiles d’Emilie Romagne. Première impression curieuse de cette ville vivant de et pour Ferrari. On l’imagine cossue et vouée au culte de la marque la plus célèbre du monde. On ne pense pas trouver d’immeubles sombres, de magasins murés ou fermés en attente de jours meilleurs. Ici comme ailleurs, le Covid a scellé le destin de nombre de commerces.

Maranello
Maranello © Olivier Rogar
Maranello
Eglise de Maranello © Olivier Rogar

Mais un premier rond point éclaire le paysage, dominé par le Cavallino Rampante, face à l’église dont, au temps du Commendatore, le curé faisait sonner les cloches les dimanches de victoire. Est-ce toujours le cas ?

Maranello
L’usine de la Scuderia Ferrari – F1 © Olivier Rogar
Maranello
Entrée actuelle de l’usine Ferrari © Olivier Rogar
Maranello
Entrée de la piste de Fiorano © Olivier Rogar
Maranello
Entrée historique de l’usine Ferrari © Olivier Rogar
Enzo Ferrari sortant de l’usine © Jean-Paul Orjebin

Plus loin la ville s’est étendue, les quartiers sont différents, plus résidentiels ou industriels, c’est selon. L’emprise de Ferrari est omni-présente. La piste de Fiorano est désormais dans le ville tellement celle-ci s’est étendue. Le musée Ferrari aussi moderne que le bâtiment de la Scuderia écrasent de leurs masses l’entrée historique de la marque. Si elle semble désormais bien désuète, elle vous fait puissamment ressentir le poids de l’histoire. Le Drake passait ici chaque jour…

Enzo Ferrari et Dino-Tagliazucchi-son fidele-chauffeur (c) Jean-Paul Orjebin

Lo Smeraldo

15h00. Bien tard pour être reçu par le moindre restaurateur. Pas ici. Lo Smeraldo est encore ouvert. On s’excuse de ne pouvoir vous servir que des pizza. Mais quelle pizza et quel accueil. Lello Apicella, le maître des lieux, à Maranello depuis quarante ans, n’est pas là. Quelques hommes jeunes déjeunent à une grande table. Plusieurs d’entre eux ont des badges Ferrari…

Maquettes, combinaisons, moteurs, casques, éléments de carrosserie, livres, photos : tout ici évoque Ferrari. Pensez, le lieu est fréquenté par pilotes, board, ingénieurs anciens ou actuels et nombre de personnages qui ont connu l’époque héroïque. Ici vous respirez l’air de Ferrari. Lo Smeraldo partage cela avec le « Montana » l’antre de Schumacher notamment. Le célèbre « Cavallino », l’ancien cantine d’Enzo Ferrari, a mué en un établissement gastronomique. Perdant son âme en même temps que sa simplicité.

Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar
Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar
Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar
Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar
Lo Smeraldo Maranello
Lo Smeraldo © Olivier Rogar
Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar

Pilote et gentleman

Comment passer ici sans y déposer le livre qu’on a fait avec José Valli, sur Patrick Tambay ? Le rouge est mis. Si l’on nous fait l’honneur de le mettre dans la vitrine avec les autres livres que nous connaissons, pour la plupart sur Ferrari, ce sera un honneur pour nous, pour Patrick. J’aurais même la prétention de dire qu’il ne déparera pas.

Olivier Rogar
Lo Smeraldo – Olivier Rogar © Classic Courses
Lo-Smeraldo
Lo Smeraldo © Olivier Rogar

A suivre…

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Olivier Rogar

« D’aussi loin que je me souvienne l’automobile m’a passionné. Les cartes postales de tacots, les goûters au Pub Renault avec ma tante puis la course de côte de Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Grand Prix de France au Paul Ricard m’ont fait passer d’Auto-Poche et l’Automobile à Sport-Auto, Auto-Hebdo, et – surtout – l’Equipe. Fascination pour les protos du Mans d’abord. Puis pour les F1 lors de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Les quelques photos que j’y avais commises et cette passion inextinguible m’ont amené à collaborer avec l’excellent « Mémoires des Stands » puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic COURSES avec l’aide et les encouragements de Pierre Ménard et Johnny Rives. L’esprit d’entreprise qui m’habite trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, de prise de risques, de rapidité à prendre des décisions dont la maîtrise conditionne toute réussite. »

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richard JEGO

J’aime ce genre de reportage et ces superbes photos ; grand merci à vous .
En lisant la fin du reportage sur ces deux restaurants , je me demandais si il existe le meme culte à DIEPPE , berceau d’Alpine : Une berlinette sur un rond point à l’entrée de Dieppe et un restaurant ou REDELE et ses équipes déjeunaient .ça serait chouette , non ?…

Pierre Menard

J’avais cru comprendre qu’il arrêtait à cause d’une arthrose de plus en plus ankylosante ? J’ai dû mal comprendre.

Muratori

Que de souvenirs de ces années 68/72! Je voyais le commandatore Enzo Ferrari venir de temps en temps passer le week-end à la villa « Dino » viale Pedrizzi à Viserba di Rimini, en face de la mia casa, accompagné par son chauffeur en Fiat 130. Une autre fois, il était arrivé en Ferrari 365 GTC bleu foncé métal conduite par un homme brun à lunettes en qui j’ai cru reconnaître Mauro Forghieri. Sa gouvernante sortait, le chauffeur lui tendait une valise souple, l’ingeniere rentrait aussitôt dans la villa de plain pied. Il lisait dans son jardin derrière à l’abri des regards.… Lire la suite »

SIMONNEAU

Encore un beau récit, merci Olivier, tu nous régales ! Un peu déçu tout de même que tu n’aies pas été voir le siège DUCATI à Bologne !

HonfleurVB

Vu Clapton au Pavillon de Paris (là où il y a le Zenith maintenant, porte de Pantin) en novembre 1978… A cette époque, un sacré doigté et en tout cas ni arthrose, ni cirrhose… 🙂

Jean-Paul Orjebin

Bologna la Rossa… pas rouge Ferrari, rouge de par ses toits de tuiles, aussi parce que très longtemps bastion communiste. Bologna, gourmande, riante, joyeuse, gaie, mais qui n’oublie pas ses drames, les bombardements durant la guerre, l’attentat de la Gare de Bologne ses 80 morts et 200 blesses en 1977. Bologna dont Dominique Fernandez dans son livre – Dans la main de l’Ange – évoque le charme en même temps que la jeunesse d’un célèbre bolognais, Pier Paolo Pasolini. Je ne sais pas si Classic Courses ouvre avec cette belle note une rubrique voyage, si c’est le cas, la démarrer… Lire la suite »

JP Squadra

Magnifique reportage qui donne des envies de voyage, ou quand Classic-courses devient un art de vivre. Le livre sur Tambay mérite amplement une telle vitrine, et Patrick aussi bien sûr !
Merci Olivier