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GP de Monaco 1976

par | 31 Mai 2026 | 1 commentaire

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Circuit de Monaco, le 30 mai 1976

Point focal redessinant la piste monégasque en trajectoires idéales, la Ferrari conduite par Niki Lauda file – en apparence – un train de sénateur tellement tout lui semble facile.

Patrice Vatan


Comme nombre de pilotes au plus haut niveau, Niki est un calme. Il trouve pour la cinquième fois cette saison le drapeau à damiers et Guy Royer pour l’immortaliser.
Guy Royer est un photographe du dimanche mais pas au sens donné à l’assertion « conducteur du dimanche ».

Avant d’être éliminé par une sortie sur une flque d’huile, Ronnie Peterson fut le seul à donner une réplique à Niki Lauda, au moins dans les premiers tours © Guy Royer

Trois jours plus tôt, point infinitésimal descendant l’autoroute du sud, l’Alfasud conduite par Pierre Pastore file – réellement – un train de sénateur.
Comme nombre d’amoureux du sport automobile, Pierrot est un calme. Après la course, il poursuivra jusqu’à Balocco en Italie pour rendre visite à sa grand-mère. Pierre Pastore est un fumiste mais pas au sens donné généralement à ce mot.

GP de Monaco 1976
Jody Scheckter, brillant deuxième sur sa Six Roues, prend un tour à un surprenant Hans Stück, quatrième © Guy Royer

Dans nos têtes de passagers croît un fantasme commun : le choc, que dis-je, le big bang que causera une fois encore la découverte de la Principauté tout entière pleine du Grand Prix. C’est certes la quatrième fois que j’y assiste mais rien ne peut atténuer l’intense remuement des tripes quand la baie de Monte Carlo s’offre aux regards, opéra naturel où les deux Ferrari 312 T2 envoyant leurs 12 cylindres cogner sur les immeubles de granit rose valent, en terme de frissons sur les bras, Pavarotti entamant E lucevan le stelle.

Sans une touchette deux tours avant la fin, l’encombrante Ligier de Jacques Laffite eût fini cinquième © Guy Royer

Accrochés au rocher comme des chèvres sauvages sauf qu’ils sont drapés dans d’immenses drapeaux frappés du Cavallino Rampante, les Tifosi sont montés par dizaines de milliers de leur Terre bénie. Ils hurlent les trois seuls mots nécessaires à leur survie : Ferrari, Lauda, Regazzoni. E lucevan le stelle.

Les étoiles brillent en effet dans la descente de Mirabeau où grâce au faux brassard en Letraset confectionné par Guy Royer je suis positionné au niveau du Tiffany’s Club.

GP de Monaco 1976
Niki Lauda – Vainqueur GP de Monaco 1976 © Guy Royer

Presque deux heures de course. Niki Lauda passe pour la 77e fois au ras du rail, négociant la trajectoire qui le jettera dans Mirabeau, manœuvre immuable, figée dans la cinétique la plus pure. On ne l’appelle pas pour rien l’Ordinateur.
Pôle, en tête de bout en bout, il laisse Scheckter à plus de 11 secondes et Depailler à plus d’une minute.

GP de Monaco 1976
Niki Lauda sur la première marche du podium félicité par le prince Rainier et la princesse Grâce © Guy Royer.

Podium. Je cherche René Le Floch, un pote rencontré à Zeltweg l’an dernier, il doit nous remonter à Paris dans la nuit. Sa Simca Rallye 2 ne va pas traîner. Pau F2 le week-end prochain.

Grand huit mental et logistique impossible, la saison 76.

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1 Commentaire
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Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.
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