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GP d'Autriche 1976 - Österreichring

GP d’Autriche 1976

par | 21 Août 2026 | 1 commentaire

Lecture audio disponible

Österreichring, Zeltweg, Styria, Austria, le 15 août 1976

Le chalet en bois de Hans et Greta Tillitz situé à la sortie du village de Zeltweg est une bonbonnière rose toute de tentures feutrées et de napperons brodés.

Patrice Vatan

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GP d'Autriche 1976 - Österreichring
GP d’Autriche 1976 – Österreichring © DR

Descendant de nos chambres pour prendre le frühstück plantureux à base de charcuterie alpine, fromages et force petits pains viennois, nous nous faisons l’impression de phacochères invités à la cour de l’impératrice Sissi, avec nos blousons aux couleurs de cigarettiers et de pétroliers, nos lourdes baskets, nos mines patibulaires mais presque.

GP d'Autriche 1976 - Österreichring
Authentique ausweis de Patrice Vatan

Dupond et Pondu

Greta déplie le Kurier du matin et entreprend la lecture de la première page consacrée au « Raiffeisen Großer Preis von Österreich », la traduisant dans un anglais hésitant. Le forfait de Lauda et de la Scuderia Ferrari chagrine les organisateurs qui craignent une désaffection générale du public.

Et ce n’est pas l’engagement sur l’Österreichring de deux Autrichiens inconnus, Otto Stuppacher et Karl Oppitzauhser, qui compensera l’absence forcée de Lauda.

José Rosinki les appellera dans Sport Auto du mois suivant, Dupont et Pondu.

GP d'Autriche 1976 - Österreichring
GP d’Autriche 1976 – Österreichring

De fait sur le circuit, magnifique toboggan niché dans une cuvette cernée par les montagnes de Styrie, l’ambiance tient plus de la course de club provinciale que du phénoménal grand cirque qu’est habituellement le GP d’Autriche avec ses immenses tentes qu’envahissent le soir des hordes teutonnes, chopes d’un litre en pogne, éructant un hymne de guerre basique mais efficace : Niki Lauda, Niiki Laauda, Ha Ha, Niiiki Laaauda !

Niki est dans toutes les têtes. Une émouvante cérémonie réunit les acteurs du sauvetage de l’Autrichien au Ring il y a quinze jours, Arturo Merzario, un commissaire, Harald Ertl et Brett Lunger.

GP d'Autriche 1976 - Österreichring
Cérémonie en hommage aux sauveteurs de Niki Lauda © Guy Royer

Alors que Guy Royer est parti du côté de la Rindt Kurve pour faire des photos, Gilbert à Texaco schikane et Christian Bon au stand Ligier ou son pote Michel l’a fait passer, j’opte pour le sommet de la bosse après les stands, les autos y talonnent parfois, envoyant des gerbes d’étincelles avant d’emmancher à fond absolu la grande courbe à l’étoile Mercedes.

Tous en slicks

14 h 30. Tout le monde en slick sur un tarmac encore humide de l’Österreichring. Hunt et Watson en première ligne fondent de concert sur moi, poursuivis par une meute aussi indistincte que hurlante.

Premier passage, roues dans roues, les Penske et March de John Watson et Ronnie Peterson, la McLaren de James Hunt, la Lotus noire de Gunnar Nilsson que suivent à quelques longueurs la Ligier de Laffite, et le peloton groupé.

Loin de se disperser la horde sauvage resserre ses rangs et au 10e tour trois autos se présentent de front, la March de Peterson, la Penske de Watson et la Tyrrell 6 roues de Schekter, prennent un tour au malheureux Jarier qui n’a que le bas-côté pour y faire passer sa Shadow.

La Terre s’arrête de tourner tellement les secondes pèsent lourd.

J’imagine la tête de Gilbert quand Laffite se défait de Nilsson et arrache la deuxième place dans la stridence organistique du V12 Matra.

Et John Watson perdit sa barbe

La belle victoire du jeune John Watson nous réjouit d’autant plus que l’an dernier, ici même, Mark Donohue s’était tué sur une Penske quasiment identique.

GP d'Autriche 1976 - Österreichring
John Watson, Jacques Laffite et Gunnar Nilsson sur le podium © Guy Royer

Dans l’auto du retour sur Paris, je réalise que ma mère a eu cinquante ans aujourd’hui. Née le 15 août 1926, on l’a prénommée Marie.

Je n’ai pas assisté à son anniversaire en grande pompe, pas plus qu’à l’enterrement de ma grand-mère entrant en concurrence avec un Grand Prix en 1975, ni ne participerai au mariage de ma sœur Veronique Vatan, le week-end du GP d’Italie 1978.

John Watson SANS sa barbe APRES le GP d’Autriche 1976 ©DR
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Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.
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