Patrick Depailler, un étonnant petit diable

Le petit clermontois était un grand bonhomme. Habile, très habile. Souvent il gagnait, mais souvent aussi,  la vie lui faisait un croche-pied : chaque fois, il se relevait plus fort. Il se  sentait mûr pour devenir champion du monde. Ce jour approchait. Jusqu’à ce maudit 1er août 1980.

Eric Bhat
Bernard Asset Photos
Film Alain Boisnard/Afava

Patrick Depailler sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Depailler

Vivre à fond

Il faisait très chaud et je me prélassais dans une piscine à Nice.  Le collègue journaliste à qui je rendais visite est apparu à son balcon et m’a hurlé quelque chose. Au ton,  j’ai perçu que c’était grave. J’ai arrêté de patauger pour mieux entendre : « Ton copain Patrick Depailler vient de se tuer en Allemagne ! » Je n’ai pas été long à sortir de l’eau.

Patrick Depailler
Patrick Depailler – Tyrrell 008 – Monaco 1978 @ Bernard Asset

 De sa part, on pouvait s’attendre à tout. Il avait pris une belle dérouillée à moto, juste au moment où il débutait en F1. Puis il se massacra les guiboles en étant projeté dans une montagne en delta-plane, alors qu’il était remarquablement bien placé dans la course au titre de champion du monde de F1.

Il roulait vite sur la route, vraiment vite.  De Clermont-Ferrand, il ralliait  Paris à une allure  démente –  à cette époque,  il n’y avait pas encore d’autoroute : ça volait bas j’imagine ! Deux heures et demie à peine,  rapportent encore ses proches, mi-admiratifs, mi-effarés.

Il vivait tout  à fond. Très résolu. Un peu tourmenté tout de même.  Il fumait sans cesse. Il ne prenait jamais un départ sans avoir planqué quelques cigarettes sur lui, pour ne pas être démuni au cas où il abandonnerait loin des stands.

L’accident

Ce jour-là, Patrick Depailler préparait le GP d’Allemagne, sur le circuit d’Hockenheim, avec l’équipe Alfa Romeo. A cette époque, les essais privés entre les GP étaient quasiment systématiques, pour dégrossir réglages et choix pneumatiques.   Ce travail de préparation a viré au drame. L’Alfa a soudain refusé de s’inscrire dans l’Ostkurve,  la courbe rapide du bout du circuit, allant s’encastrer dans le rail à vive allure. Un choc  effroyable.

On n’a jamais été certain de ce qui avait provoqué cette perte de contrôle.  L’hypothèse la plus répandue supposait qu’une jupe mobile de bas de caisse s’était bloquée, ce qui n’était précisément pas une bonne affaire sur une wing-car : l’Alfa, privée d’appui, était devenue un obus.

Patrick Depailler
Patrick Depailler 1980 @ Bernard Asset

Tout le monde y pensait une semaine plus tard quand le GP d’Allemagne eut lieu. L’ambiance était bien  lourde, les journées étaient grises. La colonie française avait versé dans la consternation.

L’équipe Alfa Romeo n’a pas été franchement  élégante aussitôt après l’accident. Carlo Chiti, courageux comme une couleuvre, avait tellement  peur qu’on incrimine sa monoplace qu’il mit en cause le rétablissement de son pilote : « Patrick était encore très fatigué, il est probable qu’il ait commis une erreur dans cette courbe très rapide » déclara-t-il à la Gazetta dello sport.

Patrick revenait de quelques jours de  plongée  en compagnie de ses amis Boisnard et Guiter. Il était reposé, bronzé et joyeux. Sous l’eau,  c’est bien connu, on fait du muscle !

Misérable Chiti

Johnny Rives, qui savait que Patrick était en pleine forme, n’avait pas caché dans l’Equipe sa façon de penser. Je revois l’ingénieur Marelli, adjoint du patron  de l’équipe Alfa Romeo, s’approcher timidement de Johnny dans le paddock d’Hockenheim : « L’ingénieur Chiti voudrait vous rencontrer. » Johnny fulmina : « Je n’irai pas. Pour moi  Chiti est  un porc ! » Marelli n’a pas insisté. Piteux, il a fait demi-tour.

Jacques Laffite  a remporté le Grand Prix. Sans  joie. « Je ne voulais pas gagner cette course, déclara-t-il aux journalistes qui  s’approchaient. C’est une journée  triste. »

J’étais moi-même très triste. Il y a longtemps que je connaissais Depailler.  Gamin, je le voyais évoluer chaque année  à Pau, en F3 puis en F2 – il s’imposa  sous la pluie en 1974 au volant d’une March-BMW.

A Monaco, la veille du succès de Jean-Pierre Beltoise, le petit Clermontois avait remporté en F3 la victoire la plus convoitée de l’année.

Il enchaina bientôt les exploits en F1, mais dut attendre le GP de Monaco pour remporter sa première victoire (il était chez Tyrrell), avant de récidiver en Espagne en 1979 (chez Ligier cette fois) –  chaque fois j’étais au bord de la piste.

Embûches

On l’a vu ci-dessus, son parcours fut truffé d’embûches. Pas toujours au moment opportun. Ses patrons, parfois, ont fait la grimace.

François Guiter a cru s’étrangler en le voyant arriver aux Etats-Unis en 1972 appuyé sur des béquilles : c’était bien mal payer les efforts d’Elf qui avaient négocié pour Patrick un troisième volant chez Tyrrell, d’abord à Charade, puis à Watkins Glen en fin de saison.

Gérard Larrousse était vert de rage  aux 1000 km du Nürburgring  1976, quand  les deux Renault-turbo archi-favorites de Depailler et Jabouille, qualifiées toutes deux en première ligne,  s’accrochèrent dans le premier virage et restèrent sur place. Leurs impétueux pilotes, à l’évidence,  étaient partis à l’allure d’un GP. Dans une course d’endurance, ça faisait désordre.

Pire encore, le colérique Guy Ligier frisa la crise d’apoplexie, en juin 1979, quand Patrick s’écrasa sur une falaise en delta-plane, interrompant brutalement une saison qui avait une chance raisonnable de le voir sacré champion du monde en fin de saison. Il y avait de quoi se mordre les doigts !

Patrick revenait de loin à l’orée de la saison 1980. Il me l’avait dit… mais il ne l’avait pas dit à tout le monde ! Sa mésaventure dans les airs lui avait valu plusieurs mois d’hôpital,   ponctués de nombreuses opérations, car il était gravement atteint.  Je me souviens qu’en fin d’année il était en convalescence à Biarritz chez Louison Bobet. J’étais revenu à Pau passer les fêtes en famille. Le malheureux  Patrick était seul le soir de Noël. Je suis allé diner avec lui – il n’y avait qu’une petite heure de route. 

Il venait de signer chez Alfa Romeo, et se déchirait pour être prêt dès le début de la saison 1980. En veine de confidences, il m’a avoué ce soir-là qu’il avait signé son contrat avec Alfa, sans être encore certain de pouvoir marcher… 

La vie reprenait son cours

Mais il a gagné son pari : il a remarché. Et retrouvé tous ses moyens. Son septième temps aux essais du GP d’Afrique du Sud était déjà très encourageant.  Ce fut plus éclatant encore à Long Beach : Patrick se qualifia en seconde ligne avec le 3ème temps. Le monde de la F1 apprécia !

Patrick était revenu,  plus fort encore qu’il ne l’était auparavant. Restait à fiabiliser l’Alfa, qui avait bien du mal à terminer les courses.

Le clermontois s’entendait à merveille avec l’ingénieur Robert Choullet  et m’avait carrément déclaré dans Grand prix International : « Choullet est un génie ! » Le fait est que les progrès de l’Alfa étaient spectaculaires depuis l’arrivée de Patrick et l’intervention de l’ingénieur français.

Patrick, c’était bon signe, recommençait à chahuter. Il partageait blagues et… spaguetti avec son coéquipier Bruno Giacomelli. Lequel raconte aujourd’hui encore combien leurs relations étaient conviviales.

La vie reprenait son cours.

Loïc Depailler
Loïc Depailler – Paul Ricard 1980 @ Bernard Asset

Loïc, le fils de Patrick Depailler,   conserve  quelques souvenirs  confus de cette époque. Il avait cinq ou six ans, quand Patrick lui offrit une moto miniature.  Le galopin faisait des allers et retours devant les stands du Paul-Ricard. Les mécaniciens, facétieux, lui demandaient d’aller en douce coller des autocollants Alfa Romeo sur les Ferrari, leurs grandes rivales. Patrick riait aux éclats.

Surprise, sur prise

Je pense qu’il m’aimait bien et que mes articles ne l’indisposaient pas. Il me parlait volontiers, prenant ma défense le cas échéant. La veille du GP d’Espagne 79, je désirais m’entretenir avec lui : le début de saison, chez Ligier, avait plutôt profité  à son coéquipier Jacques Laffite. Je souhaitais entendre l’analyse de Patrick.   « On se voit à Jarama » m’avait-il promis à Long Beach.  Nous voilà en Espagne : « retrouve-moi au motor-home une demi-heure après les essais ! » Je me pointe à l’heure dite, et je me fais jeter comme un malpropre : « On est en briefing ! » Patrick Depailler, penaud,  a le temps de me lancer : « j’en ai pour un quart d’heure, attends-moi devant le motor-home ! ». Bref, un quart d’heure plus tard je branche enfin mon magnétophone.  Je n’ai pas sitôt posé la première question qu’un cameraman prétendument de la Une (pas encore TF1) vient tirer Depailler par la manche pour une interview.

Là, j’avoue,  j’ai vu rouge. Ma petite gazette n’était peut-être pas grand-chose à côté d’une grande chaine !  Mais j’étais furieux et me suis derechef dressé sur mes ergots. J’ai craché sur un ton sans appel : « toi, tu attends ton tour ! »  Patrick Depailler a pris mon parti : « attendez que j’ai terminé avec Eric ! »  Renseignement pris,  genre « Surprise, sur prise », l’équipe de télé faisait le coup à tout le monde : ils coupaient les conversations brutalement pour voir comment les gens réagissaient. Ils m’ont assuré que j’étais le seul à m’être rebellé. Mais je n’ai jamais vu l’émission…

Adieu l’enfant

Par contre il y autre chose que j’ai vu  et apprécié. Alain Boisnard est un cinéase très lettré. Il a consacré un film à la vie de Patrick Depailler : « Adieu l’enfant ». Une oeuvre très personnelle, dédiée à son fils Arthur pour qu’il apprenne et à Loïc  Depailler pour qu’il comprenne.  Ce film est un bijou ! Même des années plus tard,  il est impossible de le visionner  sans avoir le cœur chaviré.

Eric Bhat

Je suis tombé dans la marmite à 11 ans en assistant au GP de Pau 1968. Les monoplaces hurlaient dans les rues de la ville, ça sentait bon l’huile de ricin. Beltoise fut époustouflant en F2, de même que Jabouille en F3. J’ai été instantanément subjugué ! J’étais encore au lycée quand les journaux ont publié mes premiers papiers. La passion pour la course automobile ne m’a jamais quitté. Quelque cinquante ans plus tard, mon idylle avec l’encre et le papier se poursuit. Elle n’est pas belle, la vie ? (Jadis rédacteur en chef Grand Prix International, l’Automobile-Magazine, Auto-Plus, Moto-Journal, Auto-live, ex-attaché de presse Renault F1, toujours fan aujourd’hui, lecteur assidu de Classic Courses !)

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31 pensées sur “Patrick Depailler, un étonnant petit diable

  • Très beau ton article Eric. Déja 39 ans que Patrick est parti, mais nous avons la chance de croiser le petit Loïc de temps en temps et la ressemblance avec son papa est frappante. ( même la cigarette )
    La carrière de Patrick a vraiment été entachée par tous les accidents et comme tu le dis, il revenait chaque fois plus fort. Lorsque je discutais avec JPB, il parlait toujours de Patrick en termes élogieux.
    Jean Pierre lui avait même prêté des motos en début de carrière, car il avait vu et cru dans le potentiel de Patrick. Un grand champion. Merci de ton hommage et à bientôt pour une petite bouffe avec Lolo

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    • Merci Michel. C’est longtemps resté un « sujet sensible » entre Jean-Pierre et Jacqueline Beltoise, qui estimait que JPB avait soutenu Patrick Depailler plus que François Cevert au Volant Shell. Ce sont de vieilles histoires tout ça. Mais tu as raison, Loïc a la bonne idée de fréquenter souvent les vieux croulants – pas si vieux je le précise tout de même… Les tablées sont toujours très sympathiques !!!

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  • Bel hommage, Eric. Ce 1er août est aussi le 60ème anniversaire de la disparition de Jean Behra, l’idole de mon adolescence, qui avait été la référence de Jean Pierre Beltoise, lui même fervent supporter de Patrick. Une précision toutefois : c’est en 1973 que Patrick devait piloter une troisième Tyrrell à Mosport et à Watkins Glen mais il n’avait pu le faire pour s’être fracturé la jambe lors d’une sortie à moto et il avait été remplacé par Chris Amon. Malgré leur colère et leur déception, Guiter et Tyrrell lui avaient fait confiance pour remplacer Cevert au côté de Scheckter en 1974. Il était encore mal remis en début de saison mais releva le défi. Tu évoques l’attitude inqualifiable de Chiti et le dégoût de Johnny Rives après l’accident d’Hockenheim. L’homme s’était déjà discrédité lors de la disparition de Jean Rolland en essais sur une 33 à Montlhéry, affirmant que Rolland était plus un pilote de rallye que de circuit. Ses propos abjects avaient été relayés par le chargé de communication d’Alfa France de l’époque, François Landon. Dans son bouquin, Henri Greder les a massacrés tous les deux. Avec Patrick, nous partagions deux particularités : le daltonisme et l’addiction aux Gitanes sans filtre. Nous plaisantions sur notre perception des couleurs et une année, au Nürburgring, j’étais à court de cigarettes : il m’avait invité à l’accompagner jusqu’à sa voiture et avait sorti une cartouche du coffre à mon intention. Ces Gitanes qu’il planquait dans des paquets de Marlboro quand il était passé chez Alfa Romeo ! Une dernière anecdote : un jour d’hiver 1978, je l’avais appelé à Clermont pour une interview sur la saga de la Tyrrell à 6 roues. «On est dimanche, tu es au bureau ? – Non, je travaille chez moi – ça va être long, tu ne vas pas payer la communication, c’est moi qui te rappelle. » A l’époque, le tarif des PTT n’était pas ce qu’il est devenu mais tout de même, j’étais scotché.

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    • Merci Luc pour ces succulentes anecdotes. Excellent, le coup des Gitanes planquées dans des cartouches de Marlboro !!!

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  • Excellent papier – comme d’habitude – dont je me suis permis de faire la “pub” (méritée) histoire de ramener des nouveaux par ici. Et je ne fréquente pas des vieux croulants. L’âge c’est dans la tête. Ces rencontres sont surtout l’occasion de rire et se cultiver en même temps, le restaurant c’est juste un prétexte. (JP et Patrick me manquent toujours terriblement… )

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    • Merci pour ta delicatesse envers » les vieux croulants  » mais il faut qu’on s’organise un prétexte pour une bouffe entre potes. Gérard Flocon se joindra à nous. On t’embrasse ainsi que ta petite famille

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  • Oui, grand merci Eric pour ces souvenirs poignants. Juste une correction : l’accident de Patrick en moto, c’était à l’automne 1973, au moment où il avait signé pour Tyrrell en remplacement de François Cevert. François Guiter m’en avait parlé, et m’avait dit qu’après tous ses efforts pour caser Depailler chez l’oncle Ken, il était quand même un peu vert !
    José Rosinski l’évoque aussi dans son très beau texte paru dans l’édition 1980-81 d’Autocourse. Il raconte comment Depailler, ne pouvant pas encore piloter une voiture de course, se musclait le cou en conduisant nuitamment à Charade sa R8 Gordini avec un casque lesté de poids à l’automne 73. Comment il avait également relié la pédale d’embrayage à la colonne de direction avec un sandow dont il faisait un tour supplémentaire chaque jour pour habituer sa jambe blessée à soutenir le poids de l’embrayage d’une F1.
    Quant à son accident fatal, une jupe, oui peut-être… Ducarouge m’avait, lui, parlé de sa conviction intime des triangles de suspension en titanium soudé qui se criquaient. Il a su qu’Alfa en avait déjà cassé plusieurs et c’est pour ça que Chiti faisait passer la rumeur que son pilote n’était pas encore « remis ». Duca m’avait même dit : « Il revenait de vacances, bronzé, resplendissant. Il pétait la forme, oui « !

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  • Au moment où je poste mon commentaire, je vois celui de Luc Augier. On a fait coup double, désolé.

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  • Pas grave Pierre. Au café du commerce version to-day, les redites sont très fréquentes. L’oncle Ken, comme l’a surnommé notre ami Johnny, était un malin. Il tenait à aligner une troisième voitures en raison des primes généreuses distribuées à Watkins Glen. Mais quand le karma ne veut pas, le karma ne veut pas. Ce devait être Depailler, puis ce devait être Amon, et ce ne fut personne : l’écurie Tyrrell se retira en signe de deuil après l’accident de Cevert… Bien vu, le témoignage de « Ducarosso » !

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    • Ma première course au virage de la gare à Pau en 1974 et Patrick Depailler filant vers la victoire dans sa splendide March 742 lavée par la pluie après la sortie de route quasi immédiate d’Hans Stuck qui y perdit la confiance.
      Un homme doux comme semble l’être une félin dans la jungle mécanique , à la détermination et au courage accomplis, un metteur au point aussi méticuleux pour les voitures à quatre qu’à six roues (qui n’aurait rien été sans lui), en proie à la maladie de la perfection.

      Il aurait fallu pour lui aussi qu’une seconde vie lui soit donnée, qu’il prenne le départ de Monaco en 1974 en 007, qu’il efface au premier virage Jody à Anderstorp en 1976, que la pression de turbo ne soit pas baissée au Mans en 1978, que la pompe à essence fasse son travail jusqu’au bout en Afrique du Sud la même année et que le vent l’ai écarté de la paroi pour remettre la JS 11 sur le rail de la victoire.

      J’ai vu à Pau en 1974 ce que l’on ne voit jamais, j’ai vu Senna avant l’heure sous le déluge ou Ickx dans la brume de pluie, une ligne bleu marquée ELF le long des trottoirs traversant les embruns et écoutant les dernières recommandations de la lumière juste avant l’arrivée de la nuit.Je ferme les yeux et j’entends encore le BMW rugir dans la montée, pas de joie plus violente que de trouver un pilote pur en glissades obliques et presque lentes, appliquées.
      Patrick Depailler est pour moi le gardien incorruptible de la détermination par tous temps, la maîtrise des obstacles qui viennent s’y prendre pour qu’il les brûle autant qu’une flamme.
      Un prodige, un vrai.

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  • Très bel article qui fait du bien je n’ai pas connu Patrick mais tu nous le fais vivre je ne l’ai pas connu et pourtant je suis triste bravo pour ta carrière c’est dur de voir des pilotes partir sur des bolides en faisant leurs métiers merci pour tout un admirateur Auvergnat

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  • Merci à Classic Courses et Eric Bhat pour cet Hommage à Patrick Depailler .

    Le texte est à l’image de ce qu’incarnait Patrick Depailler, le sentiment d’avoir perdu un copain, un champion et surtout un Pilote qui avait le potentiel réelle pour devenir un Très Grand de la F1 . Jacques Brel disait :  » Les Hommes Prudents sont des Infirmes », Patrick Depailler a vécu chaque moment de sa vie avec Passion . N’est ce pas la le plus bel exemple d’une vie courte mais exaltante ?!!.

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  • Mauro Bianchi me disait lundi tout le mal qu’il pensait de Chiti. Son frère qui pilotait une 33 avait perdu une roue aux 12h de Sebring et était allé demandé des explications à Chiti (il était pilote officiel) qui lui avait dit : c’est réparé, ça ne se reproduira plus !
    Aux essais d’avril sa 33 est parti dans les arbres au bout des Hunaudières à la fameuse cassure. « On l’a retrouvé en morceaux, lui et sa voiture » m’a t il dit. Mauro était allé inspecter la ligne droite et avait vu une trace de frottement métallique (une rayure) sur le goudron qui partait doucement vers les arbres, avait perdu de nouveau une roue et c’était le disque qui frottait ?
    Une réunion avait eu lieu ensuite à Milan au sujet des assurances entre le père de Lucien et de Mauro, Mauro lui-même et Chiti et sans doute d’autres personnes.
    Mauro avait dû empêcher son père de frapper Chiti quand celui-ci avait profité de la situation pour essayer de convaincre Mauro de rejoindre Alfa….

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  • Très bel article.
    Juste l’orthographe du nom de Robert Choulet à corriger (un seul « l »).

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  • quel bonheur de trouver votre site et ce bel hommage à Patrick Depailler.
    Je souris en lisant ces témoignages de compatriotes Palois , victimes du meme virus que moi , lors des seventies.
    Souvenir de gamin en 74 à Pau , trempé jusqu’aux os , dans la montée du pont d’Oscar , sans perdre 1 miette du spectacle de la belle March bleue , en tete de la course . La victoire de Patrick sous des trombes d’eau , chez lui en France , terrassant H.Stuck et sa March orange ( beaucoup moins belle )par sa maîtrise et son talent.
    Et surtout , 1ère vision de ce casque adulé de chez Tyrrell en GP , bleu blanc rouge , les memes couleurs que F.Cevert ( sans la bande jaune ) mais en plus beau.
    Ce casque authentique de P.Depailler , je l’ai cherché partout , depuis ce maudit 1er Aout . Je l’avais presque trouvé il y a qq années à Monaco, ou 1 Ligier 79 ( je crois ) se vendait chez Gilles de Monalisa.
    il m’a filé sous les doigts , sans meme pouvoir l’admirer de prés ,happé par un gars du sud est alors que j’étais en affaires à l’étranger . Ma rage est toujours là , des années après.
    Souvenir toujours de Nogaro 78 , avant la victoire de Monaco, tout seul dans 1 coin des stands , au milieu de Ken , de tout le Team Tyrrell et de Patrick , sans bouger pour ne pas déranger.
    je le revois partir vers sa Golf GTI noire chercher ses tiges de 11 couleurs Gitanes . là , prés de lui qui me regardait , j’ai osé :
    -Mr.Depailler , vous allez tourner aujourd’hui ?
    -Oui , dans 1 heure environ , ils changent mes rapports de boite , tu viens d’ou comme ca ?
    -D’un petit village prés de Pau , avec ma mobylette …..
    Christian Courtel dans Auto-hebdo , racontait qu’il était préférable de ne pas trop s’approcher de ses idoles de jeunesse , sous peine de graves désillusions , comme il avait raison , beaucoup m’ont déçu .
    Mais Patrick Depailler , c’était tout l’inverse , la gentillesse et la simplicité à l’état pur .
    J’ai revu Patrick quelques fois au Paul Ricard , quand on pouvait encore y rentrer , du temps de son créateur . Puis ce fut le vendredi 1er Aout , peu aprés midi .
    Alain , un copain du village déboula en courant vers nous , attroupés sur la place devant l’église , en hurlant :
    – les gars P.Depailler vient de se tuer ce matin , je vous jure , je viens de l’entendre à la radio !….
    Il courrait depuis chez lui pour nous avertir, nous qui l’admirions et l’aimions comme un grand frère .
    Il était comme nous Patrick , plein de timidité et d’humilité provinciale , comme on l’écrivait partout alors .
    Mais pour nous , c’était le meilleur , le plus sympa et le plus abordable .
    Je me souviens enfin , de cette soirée du 1er Août dans une fete de village puis en boite à draguer les filles , des tournées en l’honneur de Patrick , dont l’image nous hantait ,de ce disque de France Gall qui tournait en boucle : « Plus haut  » celui que j’aime vit dans un monde plus haut ,
    bien au dessus du niveau de l’eau ….
    plus haut que le vol des oiseaux …
    Depuis , quand je repasse ce disque , je repense à Patrick ,
    à ce vendredi 1er Août 1980 ,
    à ce casque magnifique , bleu blanc rouge …

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    • Superbes, ces lignes paloises ! Pau et Nogaro ont enflammé bien des passions !!!

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      • Merci beaucoup pour ce très bel article, ainsi que pour les commentaires éclairés.

        Je n’ai à titre personnel jamais connu Patrick, j’avais 2 ans lors de son départ…
        Clermontois, mon papa avait en revanche la chance d’être de ses amis et j’ai baigné dans le souvenir de Patrick toute ma vie.
        Dans le talent fou du pilote, dans les histoires incroyables de l’homme (ces courbes d’autoroute de Coudes prises en glisse, en 450 slc 5.0, ça te parle Loïc? 😉 ), dans le passage en boucle d' »Adieu l’enfant » (que nous avions eu la chance de recevoir en VHS et à laquelle je tiens tellement…), ou dans ces vidéos embarquées dont on peut maintenant se délecter (merci internet!!)
        Etc, etc…

        Je me souviendrai toujours de mon père me racontant comment, alors que j’avais à peine 15 jours, il avait déserté pour descendre au Grand-Prix de Monaco 78, invité par Goodyear via Patrick, et qu’on ne pouvait pas laisser passer ça.
        Comme il avait eu raison…

        Éric, un point manque toutefois à votre article, qui me laisse sur ma faim.
        Cet échange à Jarama en 1979, en avez-vous encore la transcription? J’adorerais le lire…

        Merci encore !

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        • Merci Thomas de ce témoignage vibrant. Je crois être monté dans cette Mercedes 450, en arrivant un soir tard en avion de je ne sais plus quel GP. Mercedes faisait très fort à cette époque et consentait d’intéressantes ristournes aux sommités du sport automobile : la plupart des pilotes roulaient Mercedes, et on venait de livrer à Patrick cette 450 toute neuve. « Je te ramène. Tu ne vas tout de même pas rentrer à Paris en bus ou en taxi ! » Il était ravi de sa nouvelle auto ! Pour le papier de l’époque, désolé mais je ne suis pas un très bon hamster et je n’ai rien gardé. Contactez mon ami Alain Bienvenu de ma part au 06 80 57 10 42 (. C’est un archiviste hors-pair, demandez-lui une copie de ce papier. C’était dans Grand Prix International, numéro Espagne 79.)

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      • Merci Eric , ca fait chaud au cœur venant de vous dont les écrits ont bercé ma passion de la course.
        J’ai gardé précieusement tous vos « Grand-Prix » de cette époque bénie de la F1.
        Si besoin , n’hésitez pas .

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  • Un grand bravo Eric !Pour ce F.P. 74 je m’étais faufilé auprès des commissaires à l’extérieur de l’épingle du lycée. Trempé comme une soupe mais tellement heureux ! Salutations, amitiés et bises en passant (salut Luc !) à tous.

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  • Très bel article Eric. j’ai eu la chance de le fréquenter et de le voir débuter au guidon de son 50 cm3. enfant, nous étions dans le même lycée et pas la même classe. Je marchais encore à pied et lui a moto. Il courait son GP quotidien en rentrant chez ses parents couché sur sa 500. Sa première voiture fut une Fiat 600 qu’il avait « Abarthisé  » et déjà à son volant, il se croyait en Grand Prix dans les rues de Clermont fd et sur le circuit de Charade. Lorsqu’il a été hospitalisé à la Châtaigneraie en 1979, il avait demandé de ne pas être endormi car ça faisait perdre des neurones !

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  • J’avais fait part de mon inquiétude de l’absence de photos ou d’articles sur les sites et les différents supports presse écrite et autre.
    Correction faite et bien en plus , Patrick mérite bien un Hommage et pour apporter ma petite Pierre à l’édifice la période moto qui s’est déroulé au magasin paternel à Clermont-Ferrand dans les années 60 se déroulaient en ville avec pot piste et parfois un Cromwell mais le tirage de bourre était garanti !!!!
    50cc base Itom modification chez Motos-Blatin
    Merçi à vous ,petit Bonjour à Lolo au passage.

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  • C’est un immense plaisir que de lire à nouveau la prose d’Eric. Le site a fait avec lui une recrue de choix, je suis certain qu’il va beaucoup y apporter, il doit avoir dans ses tiroirs de kilomètres d’anecdotes croustillantes.
    Je n’ai pas oublié ce maudit 1er août. Je venais d’arriver à Chamonix, et c’est un cousin qui m’annonça la bad new. Mais en réalité je ne cernais pas très bien qui était Patrick. Le mec à suivre, à l’époque, c’était Jacquot, et on sentait bien qu’entre les deux, c’était chaud. Et puis cet accident de delta-plane, ça la fichait un peu mal, ça avait un peu cassé la dynamique Ligier.
    Eric a le mérite de nous faire revivre tout ça de l’intérieur du paddock, au plus près des « racers ». A propos de Jack O’Malley, personne n’a de photos de lui au volant de sa Dyane ?
    Merci encore Eric pour ce beau papier, et bravo à tous pour la v3 du site !
    On a tous en nous quelque chose de GPI…

    Nb. Au sujet de la 1ère déco du casque de Patrick, on peut y retrouver, à l’instar de celle de Denis Dayan, une sorte d’hommage à son mentor Jean-Pierre Beltoise.

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    • A vous tous qui avez suivi de prés Patrick Depailler , et qui titillez ma curiosité …. quelques questions ,
      la première déco de son casque , c’était un beau bleu nuit uniforme , avant la période F1 chez Tyrrell , quel rapport avec celui de JP.Beltoise ? le bleu ?
      La nouvelle et superbe déco de début 74 en GP , était de qui ? Loïc peut il nous renseigner ?
      J’ai ressorti mes archives de 1980 , j’y ai lu sur un article de presse que Jan Lammers suivait Patrick , quand son Alfa est sorti de la piste dans la grande courbe d’Hockenheim ,ce fait est il avéré dans l’enquête sur l’accident en Allemagne ?
      merci pour vos infos .

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      • Je peux répondre sur le point de la magnifique déco F1.
        Elle est l’œuvre d’Alain Lantero, artiste (sculpteur surtout) et grand ami d’enfance de Patrick.
        Les deux avaient commencé ensemble à s’inscrire en compétition moto sous des pseudos afin que leurs parents ne se doutent de rien.
        Alain Lantero avait dans la foulée réalisé d’autres décos, celle de Didier Pironi notamment.

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        • merci Francis , effectivement en regardant les photos de la F3 on reconnait le casque de JP.Beltoise , je ne m’en souvenais pas .
          un grand merci également à Thomas pour le nom de l’auteur de la superbe déco F1 dont j’ai lu le témoignage dans le livre de Laurent Gauvin sur Patrick Depailler ,
          j’apprends aussi que Alain Lantero avait realisé également celui de Didier Pironi , autre grand pilote français de ces belles années de la F1 , jolie déco mais en plus sobre .

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  • Très belle évocation, que je lis tardivement et qui me replonge dans mes SPORT AUTO de l’époque…
    Et toujours aussi émouvant le film d’Alain Boisnard.. Mimi je suis toujours partant pour un déjeuner avec Michel B., Dominique, et les autres….

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  • Il vaut aussi la peine de visiter depamelli.com. Apparamment un Allemand, du nom de Stefan Schmidt, adore l’époque Depailler-Giacomelli (d’où le nom depa+melli). Sur son site on trouve un film, réalisé par ses soins, sur Patrick Depailler avec une durée de près de 3 heures.

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  • J’ai entendu parler d’un autre film super sur Patrick Depailler , réalisé en Autriche par Stefan Schmidt ,
    admirateur fou de Depailler , le connaissez vous ?
    peut-on se le procurer ?
    Etant vraiment pipe sur internet , je ne l’ai pas trouvé ,
    merci pour les infos éventuelles.

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