31/01/2026

Les Formule 1 de Rétromobile 2026

Les plateaux de voitures de course sont toujours intéressants à Rétromobile par leur variété et leur originalité. Certains modèles reviennent assez souvent, mais en 2026 beaucoup de versions proposées avaient le mérite de la rareté.

Texte et photos Pierre Ménard

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Rétromobile présente toujours un foisonnement d’automobiles passionnantes. Ce fait indéniable était cette année souligné par la célébration des cinquante ans du salon faisant partie des plus prestigieux événements mondiaux. Les Formule 1 exposées pouvaient paraître, pour certaines, déjà vues mais, à y regarder de près, il y avait de quoi s’arrêter.

Deutsch-Bonnet DB6

C’est la toute première monoplace construite par Charles Deutsch et René Bonnet en 1947. Elle était propulsée par un quatre-cylindres 2 litres Citroën et obtint son jour de gloire en remportant l’épreuve de réouverture du circuit de Montlhéry cette même année avec Bonnet au volant. Elle disputa bon nombre de compétitions de seconde zone jusqu’en 1950, son petit moteur proscrivant un affrontement à la loyale avec les grandes marques de l’époque, Ferrari, Maserati ou même Talbot pour ne citer que les plus emblématiques.

1955 Connaught B

Cette monoplace était présentée comme un hommage à Tony Brooks en 1955, année où l’étudiant en chirurgie dentaire décida de délaisser la fraise et le davier au profit d’un casque et d’une paire de gants. Il impressionna fortement en remportant le Grand Prix de Syracuse de Formule 1, le premier dans lequel il s’alignait ! Même si la course se déroulait hors-championnat, ce fut la première victoire d’une Formule 1 britannique ! La Connaught B était une monoplace bien conçue, mais manquant de développement à cause de moyens financiers restreints. Antienne, hélas, bien trop connue.

1956 Bugatti 251

On y reviendra bientôt sur votre blog favori, mais la Bugatti 251 fut un énorme four et une immense déception pour tous les supporteurs français. Malgré un moteur implanté à l’arrière, sa conception ne fut pas au niveau de ses ambitions. Son remisage définitif au fond d’un atelier à l’issue d’un Grand Prix de l’A.C.F. 1956 calamiteux donna la note finale d’une aventure bien mal embarquée.

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1957 Maserati 250 F V12

Encore un ratage somptueux ! La Maserati 250F six-cylindres en ligne était une des références des années cinquante : elle triomphait en 1957 aux mains de Fangio et constituait alors la voiture client incontournable. Cette même année 1957, les ingénieurs italiens voulurent plus de « noblesse » sous le capot et créèrent ce V12 2,5 litres légèrement plus puissant que le six en ligne. Mais plus lourd, et plus fragile, il détruisit le bel équilibre de la 250F. Fangio, qui testa la voiture à Monaco, ne fut guère convaincu et revint vite à son modèle de prédilection pour la course. Jean Behra conduisit la 250F V12 au Grand Prix d’Italie, avec un abandon à la clé, et la monoplace fut bouclée définitivement dans un atelier de Modène.

A noter que le « glorieux » V12 fit un retour inattendu presque dix ans plus tard à l’arrière des Cooper T81. Malgré deux victoires atypiques de John Surtees à Mexico en 1966 et de Pedro Rodriguez à Kyalami en 1967, il ne laissa pas un souvenir impérissable à ceux qui l’utilisèrent.

1976 Tyrrell-Ford P34

Une monoplace exceptionnelle sur laquelle on reviendra également plus en détail sur Classic Courses. Sa présence sur le stand de la BAM (la Boutique Auto Moto) était justifiée par les cinquante ans de ce projet fou ainsi que par Loïc Depailler qui dédicaçait à tours de bras à quelques mètres de là le beau bouquin écrit sur son père à quatre mains avec Eric Bhat. La P34 remporta une victoire en Suède en 1976 et aurait pu prétendre aux tout premiers rôles si elle n’avait pas eu à payer le prix de sa conception trop audacieuse.

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1986 Ligier-Renault JS27

Contre toute attente, la jolie JS27, propulsée par le V6 Turbo Renault aimablement fourni à Guy Ligier grâce à ses accointances avec les « hautes sphères de l’État », tint son rang lors de la première moitié de la saison 1986. Initialement raillés, les papys Laffite et Arnoux firent preuve d’une belle résistance en montant à deux reprises sur le podium et obtenant des résultats très corrects. Las ! Le grave accident du premier à Brands Hatch ne cassa pas que les jambes du pilote : il brisa également le bel entrain de l’équipe qui ne trouva plus le mode d’emploi dans la deuxième partie du championnat pour maintenir cette auto dans les premiers rangs des grilles de départ.

1986 Lotus-Renault 98T

C’est un peu cruel, mais la même année, une monoplace fantastique se distinguait sur les circuits, elle aussi motorisée par la Régie Nationale : la Lotus 98T menée de main de maître par Ayrton Senna faisait une ombre terrible à la Ligier. Le V6 de Viry-Châtillon était en tout cas le bloc le plus puissant avec son homologue japonais Honda et on sut s’en servir à Ketteringham Hall. Mais le V6 nippon, moins gourmand en carburant et plus fiable, rafla la mise en fin de parcours. Reste que la livrée de la Lotus JPS était d’une beauté inégalée.

1982 March 821

Une monoplace rare sur les salons que cette March 821 de John McDonald. Malgré une belle livrée, cette voiture ne fut pas une réussite : lourde et victime de pneus Avon absolument pas au niveau de ses concurrents Michelin ou Goodyear, elle ne ramena aucun point à l’écurie qui perdit son identité en fin de saison pour devenir RAM en 1983. Le seul fait de course notable de cette auto, si l’on osait, fut d’expédier vers l’au-delà le plus emblématique des pilotes du moment lors des essais du tragique Grand Prix de Belgique 1982. Triste !

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1990 Ligier-Ford JS33

A l’inverse de la Ligier JS27, la JS33 ne se distingua pas par ses qualités intrinsèques : elle fit partie de cette – trop – longue lignée des voitures de « saison de transition » que le bourru patron assénait chaque année à la presse depuis 1987. Propulsée par un V8 Cosworth faiblard, elle ne fit pas le poids face à la concurrence en 1989 et 1990.

1996 Jordan-Peugeot J196

Le plumage était magnifique, mais le ramage de cette J196 de 1996 fut fort décevant. Le châssis manquait de rigidité et le V10 Peugeot de coffre. Celui-ci était arrivé dans l’écurie du madré Eddie Jordan l’année précédente et promettait de faire passer l’équipe dans le gratin de la Formule 1. Malheureusement, c’est tout le contraire qui arriva et la firme sochalienne abandonna l’Irlandais à la fin de 1997 pour fournir Prost Grand Prix. On connaît, hélas, la suite !

2009 Brawn-Mercedes GP 001

L’outil du casse de la décennie 2000 ! Fin 2008, l’ex-directeur technique de Ferrari, le rusé Ross Brawn, racheta pour une livre symbolique la moribonde écurie Honda et greffa un V8 Mercedes à l’arrière des monoplaces, ainsi qu’un double-diffuseur suspect, mais d’une efficacité diabolique. L’équipe domina outrageusement la première demi-saison 2009 grâce à cet artifice qui fit hurler à la triche tous ses adversaires. Légalisé par la FIA, le système fut alors adopté à la va-vite par les autres écuries, mais il était trop tard : Brawn Grand Prix avait pris une telle avance qu’elle acheva le championnat aux premières places, pilote et constructeur. Il n’empêche que ce fut là une aventure exceptionnelle : jamais constructeur n’avait triomphé dès sa première saison. Et ce serait la seule : en 2010, l’écurie devint officiellement le bras armé de Mercedes Benz !

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