23 juillet 2018

Johnny Rives F1, Hockenheim 2018

 HAMILTON DU DÉSESPOIR A L’ALLÉGRESSE

 Quand, aux deux tiers de la distance, Lewis Hamilton changea enfin de pneus, il reprit la piste en 4e position avec 25 secondes de retard sur le leader du GP d’Allemagne, Sebastian Vettel. Le même écart qu’avant le changement de pneus de ce dernier. On pensa alors au pronostic de Toto Wolff sur la grille de départ où Hamilton occupait la 14e place. « Au mieux, prévoyait son chef d’équipe, Lewis se classera 4e ou 5e ». Toto ne s’était pas trompé. Sauf sur un point : la météo. Dix tours plus tard, alors qu’une averse avait humecté une partie du circuit d’Hockenheim, Vettel freinait un soupçon trop tard à l’approche d’un virage serré. Roues arrière bloquées, la Ferrari partait en luge, échouant dans les barrières où sa course prenait fin. Encore mieux (pour Hamilton) : l’accident déclencha l’intervention de la voiture de sécurité grâce à laquelle Hamilton recolla à Raïkkonen et Bottas, alors en tête. Lesquels furent appelés à leurs stands pour changer de pneus, halte à laquelle Hamilton eut la présence d’esprit de se soustraire au tout dernier moment. Ce qui lui permit de se retrouver en tête. Une providence ! Hamilton était loin de l’envisager la veille, quand sa Mercedes défaillante l’avait empêché de disputer totalement les qualifications. Le désespoir qu’il avait alors manifesté s’était miraculeusement transformé en allégresse… Hamilton l’y avait bien aidé !

                                         Johnny Rives.

 

GP Hockenheim 2018 @ Sutton

GP Hockenheim 2018 @ Sutton

LA SOUDAINETÉ D’UN COUP DE GÉNIE

GP Hockenheim 2018 - Hamilton - Mercedes @ Sutton (2)

GP Hockenheim 2018 – Hamilton – Mercedes @ Sutton (2)

 La prise de pouvoir d’Hamilton sur le GP d’Allemagne s’est située au 53e tour. Quand, appelé à son stand en même temps que Bottas (alors en tête) il se ravisa. Il s’était pourtant engagé dans la voie des stands derrière la Mercedes sœur. C’est alors qu’il prit  brusquement conscience qu’il ne DEVAIT PAS s’arrêter, contrairement à la consigne de son équipe. De quoi se méfia-t-il alors ? De perdre quelques précieuses secondes en attendant que reparte la Mercedes de Bottas, juste devant lui ? Qu’on chausse sa propre Mercedes de pneus intermédiaires, ce qui eut été une erreur – comme quelques autres (Leclerc par exemple) en ont fait l’expérience ? Toujours est-il qu’il prit soudain l’initiative de refuser cet arrêt souhaité par son équipe. Et de regagner la piste en coupant à travers le gazon – ce qui lui valut une simple remontrance et non une pénalité, fut-ce de quelques secondes… heureusement pour lui. En tout cas c’est ainsi qu’il se retrouva au commandement du Grand Prix un tour plus tard, quand Ferrari rappela Raïkkonen pour le chausser en ultra tendres. Et qu’il gagna. Sa décision de ne pas s’arrêter avait eu la soudaineté d’un coup de génie. A porter à son crédit.

CONSIGNES D’EQUIPE

GP Hockenheim 2018 - Vettel - Ferrari @ Sutton

GP Hockenheim 2018 – Vettel – Ferrari @ Sutton

 Lorsque la voiture de sécurité s’effaça, libérant les F1 pour les dix derniers tours du Grand Prix, on guettait un sprint à couper le souffle. Et l’on eut raison. Chaussé d’ultra tendres neufs, Bottas tenta aussitôt d’attaquer son équipier Hamilton pour lui ravir la première place. Ce fut un duel aussi bref qu’intense. Il fut entamé au freinage de l’épingle serrée à l’extrémité du circuit, où la piste restait bien humide. Les deux Mercedes se côtoyèrent sans ménagement. Entre Hamilton et Bottas, c’était à celui qui prendrait le pas sur l’autre. Vaincre ou mourir. Bottas réussit à se hisser au niveau d’Hamilton, et il fallut, pour conserver son bien, que Lewis s’impose dans un nouveau freinage tangent, quand ils atteignirent le gauche serré suivant. Au pied de la tribune Mercedes. Ils jouaient avec le feu ! Aussitôt consigne fut donnée à la hâte aux deux pilotes : « Conservez vos positions ! » Bottas ne pouvait que se plier à la consigne. Hamilton avait gagné.

 Bien plus tôt dans la course, Ferrari avait usé du même stratagème, demandant à Raïkkonen qui menait de laisser passer Vettel (39e tour), qui s’était plaint d’être empêché d’adopter un rythme suffisant derrière son équipier. Il n’y avait pourtant pas péril en la demeure. Mais Raïkkonen avait sportivement obtempéré – après avoir exigé que lui soit clairement spécifiée cette consigne. L’histoire ne dit pas si Ferrari l’a regrettée ou non.

BATAILLE RENAULT-HAAS

GP Hockenheim 2018 - Renault @ DR

GP Hockenheim 2018 – Renault @ DR

 Les téléspectateurs ont été privés d’une belle bataille en fin de course. Celle qui opposa les plus valeureux des poursuivants, loin derrière les trois équipes dominantes. Par la constance de son effort, Nico Hulkenberg (Renault) avait fini par émerger du peloton après une longue bataille contre Magnussen (Haas) qui lui avait longtemps résisté. Pendant la SC (du 53e au 57e tours) Haas et Renault commirent la même erreur : passer aux pneus intermédiaires (51e tour) avant de revenir aux ultra tendres (55e). Hulkenberg perdit moins de temps à son stand que les Haas, stoppées au même moment. Il en tira bénéfice en se classant meilleur des « faire-valoir », cinquième derrière Verstappen quoiqu’à respectueuse distance (19 secondes concédées en dix tours à la Red Bull). Chez Haas, l’affaire fut plus compliquée : Romain Grosjean reprit la piste en 10e position. C’est alors qu’il se lança éperdument dans le sprint final, tirant un parti inouï de sa Haas à moteur Ferrari. Hartley, Ericson, Ocon et enfin Perez (au dernier tour) furent incapables de lui résister. Voilà comment, sous le drapeau à damier, Grosjean se retrouva sixième, guère plus de deux secondes après Hulkenberg. Comme l’avait dit le directeur général de Renault F1 Cyril Abiteboul : « Les Haas sont meilleures que nous. Si nous les dominons, c’est à la constance. » Qualité qu’Hulkenberg a encore mis en valeur dimanche devant le méritant Grosjean. Voir ici les 10 derniers tours de Grosjean.

RED BULL EN RETARD D’UNE VICTOIRE

GP Hockenheim 2018 - Verstappen-Red Bull @ DR

GP Hockenheim 2018 – Verstappen-Red Bull @ DR

 Après neuf Grands Prix, on se félicitait de constater un partage équitable entre les trois équipes du haut de tableau : Ferrari, Mercedes et Rd Bull en comptaient trois chacune. Deux courses se sont déroulées depuis (Grande-Bretagne et Allemagne). Ferrari a gagné chez Hamilton (Silverstone) et Mercedes chez Vettel (Hockenheim). Du coup, Red Bull est en retard d’une victoire sur ses deux rivales. Pour que l’équilibre soit maintenu, il faudrait qu’elle s’impose dans le prochain G.P. de Hongrie. Cela tombe bien car, sur le tourmenté Hungaroring, Verstappen et Ricciardo devraient moins souffrir qu’ailleurs de leur habituel déficit en ligne droite. Ce qui reste à démontrer. Car comme l’a souligné à juste titre Toto Wolff après la victoire d’Hamilton : « La course, ça n’est pas le vendredi ou le samedi. C’est le dimanche ! »

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