F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Russie 15

0 0 voter
Évaluation de l'article

lewis hamilton,grand prix de russie 2015,f1,2015,classic courses,johnny rives VOUS AVEZ DIT TSAR ?

Lewis Hamilton, on s’est habitué au fil de cette saison 2015 à l’envisager comme une star. Son sens inné de mêler, dans ses attitudes, une arrogance un peu glacée avec une simplicité de bon aloi, y est pour beaucoup. A quoi se sont ajoutées des fantaisies bien dans l’air d’une vague nouvelle chez les jeunes idoles. Un goût immodéré pour des excentricités ornementales – bijoux tape à l’œil, tatouages agressifs. Chanteurs et sportifs (footballeurs en tête) montrent la voie dans le genre. Bien sûr Hamilton, sportif et chanteur lui-même, s’en voudrait d’être à la traîne. Mais sur le circuit de Sotchi en Russie, la star qu’il est devenu a laissé place une autre tête de proue. La chapka dont, par une fantaisie humoristique de Pirelli, il était affublé sur le podium à l’issue de sa chevauchée triomphale faisait de lui, symboliquement, le tsar d’une Russie automobile. Ce qui lui a permis de claquer, d’égal à égal, une bise à Vladimir Poutine dont on imagine qu’il rêve, lui, d’être le tsar de tous les Russes… voire plus !

                                                                          Johnny RIVES.

lewis hamilton,grand prix de russie 2015,f1,2015,classic courses,johnny rivesDISCRETION.- Mercedes avait manifesté une réelle contrariété à l’issue du GP du Japon, estimant que les caméras avaient négligé la course de ses deux F1. Qu’en est-il à l’issue du GP de Russie, où, aussi brillante fut-elle (après la disparition de l’infortuné Rosberg) la chevauchée de Lewis Hamilton a été traitée avec une discrétion absolue pour les télévisions ? Il est vrai qu’il n’y avait pas grand chose à montrer sur l’exhibition de l’Anglais, qui a maîtrisé impeccablement une situation qui lui fut constamment favorable. D’autant plus que Rosberg ne fit pas longtemps illusion à cause d’un ennui mécanique auquel son équipe ne nous a pas habitués, une pédale d’accélérateur rétive. Une autre circonstance a permis à Hamilton de vivre une course sans histoire : la résistance que Raïkkonen a opposée  à son équipier Vettel.

COURSE D’EQUIPE ? – On a eu l’occasion, à l’issue d’une course précédente, d’entendre Kimi Raïkkonen assurer qu’il courait plus pour son équipe que pour lui même. La Scuderia lui a rendu la politesse en prolongeant son contrat quand certains observateurs espéraient voir un Max Verstappen, ou à la rigueur un Nico Hulkenberg, à sa place auprès de Vettel. Tel n’était pas notre souhait en raison de la sympathie que suscite l’expérimenté Finlandais. Une sympathie qui a été quelque peu écornée à Sotchi où l’on a vu Raïkkonen opposer une résistance farouche à Vettel en début de course. Pour le coup, Kimi ne courait pas pour la Scuderia mais pour lui seul ! Il a fini par aggraver son cas en portant sur son jeune compatriote Valtteri Bottas une attaque irraisonnée, voire désespérée, qui finalement leur a coûté cher  tous les deux. Kimi, ça n’est pas ainsi que l’on t’aime. Nous guettons ton rachat !

Alewis hamilton,grand prix de russie 2015,f1,2015,classic courses,johnny rivesNIMATION.- Ce GP de Russie n’a pas manqué d’animation, mais fort heureusement tous les pilotes impliqués par des scènes « d’action » comme dit parfois Jacques Villeneuve, s’en sont tirés avec bonheur. A commencer par le beau Carlos Sainz dont la sortie de route aux essais avait fait frémir Julien Fébreau autant que les téléspectateurs. Et que le mauvais sort a poursuivi jusqu’au bout, ses freins défaillants l’ayant privé d’une 7e place méritée – voire mieux encore, en raison du micmac Bottas-Raïkkonen. Du coup les heureux d’un final à perdre le souffle ont été Sergio Perez et les McLaren. Le Mexicain a montré une fois encore son étonnante faculté à préserver ses pneus mieux que quiconque, il en a été récompensé au-delà de ses espérances grâce à Raïkkonen. Quant aux McLaren, nous les avons constamment pointées à l’arrière-garde, avec les seules Manor de Merhi et Stevens plus lentes qu’elles. Mais au final, les circonstances leur ont permis d’entrer toutes les deux dans les points. Et de se féliciter des progrès marqués par leurs moteurs Honda. Mais ça, c’était peut-être un trait d’humour britannique.

Illustrations @ DR

 

0 0 voter
Évaluation de l'article

Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

Johnny Rives
S’abonner
Notifier de
guest
19 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
olivier

Bonsoir Johnny et merci pour votre prose. J’avoue être un tout petit peu déçu que vous ne nous ayez pas gratifié d’un bref passage sur les futures Red Bull à pédales.

Une innovation qui risque de révolutionner la F1 et de la rendre définitivement propre. Soit un pas de plus vers le politiquement correct après l’hybridation et les pénalités.
Écrit par : flugplatz | 12/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

https://www.facebook.com/petrolicious/posts/833677620085458
Un début de réponse Flugplatz ?
Écrit par : Olivier Rogar | 12/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

Parfait !
Écrit par : Flugplatz | 13/10/2015

olivier

Bien vu le portrait du Tsar !!! Suis chaque fois plus fan d’Hamilton.
Écrit par : eric bhat | 13/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

…heureusement qu’il y a encore des pilotes comme Raikkonen pour ne pas abdiquer face a leur equipier!…et puis,si Bottas ne lui avait pas braqué dessus,on dirait tous bravo!…
Écrit par : bacle | 13/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

Donc pour une fois nous ne sommes pas d’accord, cher Gérard!
Écrit par : Johnny Rives | 13/10/2015

olivier

Gérard a raison. Bottas prend sa trajectoire comme au « volant Elf de chez Winfield »… Il a oublié un peu vite qu’il avait un certain Iceman aux fesses et qu’il se battait pour un podium… Une porte grande ouverte comme ça c’est limite un « pousse au crime ».
Écrit par : flugplatz | 13/10/2015

olivier

…mais heureusement Johnny,qu’il y a encore des pilotes comme Raikkonen pour ne pas capituler face a leur equipier alors que la course n’est pas encore jouée!…et puis,si Bottas ne lui avait pas braqué dessus,on dirait tous bravo,non?
Écrit par : bacle | 13/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

…desolé,je me répéte! mais dans un premier temps,mon post n’apparaissant pas,j’ai doublé la mise,sorry!
Écrit par : bacle | 13/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

Johnny,c’est seulement mon point de vue! apres,chacun interprete en fonction de son ressenti….
Écrit par : bacle | 13/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

C’est tout l’intérêt du site Classic Courses: un échange de points de vue. A bientôt Gérard.
Écrit par : Johnny Rives | 13/10/2015

olivier

Mercedes titrée, oui mais Rosberg dépassé au championnat par la Ferrari de Vettel qui affiche le même nombre de victoires que son compatriote, c’est une épine qui reste dans le pied de la glorieuse équipe. Une pole au Japon, une autre en Russie aidaient un Rosberg défait à se rassurer et devaient reléguer à l’arrière Vettel imperturbable qui poursuit sa marche en avant bien disposé à s’immiscer entre les flèches d’argent. Lewis se débrouillant très bien tout seul avec une confortable marge en route vers le titre, une préparation attentive concentrée sur le deuxième pilote dont le moral est en… Lire la suite »

olivier

Il faut une Mercedes pour grimper en haut de l’affiche,le constructeur fournit l’échelle.Il faut donc devenir colleur d’affiches pour ne plus être chômeur des Asturies.Parce qu’on est au chômage de victoires douces depuis deux ans,on abandonne son moteur français,on l’a déposé au mont-de-piété . La voisine italienne du chômeur autrichien arrache les draps du lit,les lave et va les rougir pour un autre baron rouge, et derrière un finnois grimpe sur un autre finnois pour qu’ils abandonnent ensemble les souvenirs de victoire repliés dans les draps d’un autre fils de finnois . Le mexicain qui monte sur l’escabeau demande à… Lire la suite »

olivier

Quel hommage, cher CD! J’en suis fier et confus en même temps…
Écrit par : Johnny Rives | 14/10/2015

olivier

C’est l’Artiste écrivain et journaliste qui nous raconte l’histoire : la longue domination grise fait des petites victoires rouges qui deviennent grandes à leur tour.Les pilotes se pressaient sous la pluie pour se tasser dans une courbe hollandaise au nom d’un rebelle de la jungle,il y a plus désormais de cyclistes payants que de chevaux,les billets d’auteurs sont aussi rares que les livrets d’opéra rythmés par les V12 français et anglais de JPB dont vous avez retracé les glissades parfois monégasques ,le survirage suédois est parti avec sa visière jaune,des accents écossais et français ne viennent plus cogner aux oreilles… Lire la suite »

olivier

Un régal de suivre les échanges qui prolongent les toujours beaux et (très) bons papiers de Johnny, le maestro, qui laisse toujours la porte ouverte à la contradiction et aux avis différents. Thanks Johnny. Bravo CD. 🙂
Écrit par : Gaston | 14/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

CD après avoir succombé à la passion des autos quand Mercedes vint malmener les voitures rouges nous offre un étonnant voyage original avec retour dans le temps des années 50 à 70. Il ne faut pas confondre le Romain américain avec l’américain de Paris mais j’ai bien aimé le Karl Kling de Monaco. On retrouve dans ce parcours allusif et bien ciblé des grands moments vécus de la course. Bravo… Charles Deutsch.
Écrit par : laurent riviere | 15/10/2015
Répondre à ce commentaire

olivier

Charles Deutsch … Un seul pilote français est descendu sous la barre des 4’45 » au Mans sur une CD bien difficile,faisant fuir quelques pilotes, d’une instabilité terrible qui inspirera dangereusement les premières 917.. La course américaine à venir pourrait lui rappeler l’eldorado financier offert autrefois aux vainqueurs des années 70, la gravité de l’homme mur belge élégant et vaincu par le débutant brésilien après le drame de Monza, défait l’année suivant par l’inoubliable français aux cinquante mille dollars de prime,et sans doute la force mentale du pauliste qui prend le titre au tessinois trois ans plus tard sur un circuit… Lire la suite »

olivier

Monza pour Moss ne fut pas l’eldorado financier en 1958.Le hollandais pourra t il effacer Vettel qui fit oublier le brésilien? A l’hôtel Fossatti le maître des lieux peut faire visiter la cuisine familiale où les Schumacher étaient reçus tandis que le motor home du successeur vient à peine de s’éloigner.A Maranello le bureau du restaurant du cavallino aimerait vibrer si les voitures qui avaient boudé les couleurs nationales en Amérique fassent à nouveau tinter les cloches.
Écrit par : Laurent riviere | 22/10/2015
Répondre à ce commentaire