F1 2016 – Mexique : Le sourire nuancé de Nico

Hamilton et Rosberg aussi contents l’un que l’autre de leurs 1ère et 2ème places à Mexico comme ils l’avaient été à Austin (Texas) une semaine plus tôt ? La situation valait d’être observée de près sur le podium, car le doute était possible. Concernant Lewis Hamilton, pas question d’hésiter : la réponse était oui. L’Anglais avait à Mexico un pari aussi difficile à affronter et à réussir qu’à Austin, et il y était parvenu avec le même brio. Mais qu’en était-il cette fois de Rosberg ? On l’avait vu épanoui à Austin d’avoir parfaitement limité les pertes en émergeant derrière son équipier, loin devant leurs adversaires habituels, Red Bull et Ferrari. Mais la répétition d’une telle performance relative, aussi valeureuse fut-elle, n’allait-elle pas être assortie d’une réflexion plus nuancée ? Aussi mince qu’elle ait été (4’’5 à Austin, 8’’3 à Mexico au terme de 300 kilomètres de sprint) la domination exercée par Hamilton valait surtout par sa répétition. Elle avait l’éclat d’une confirmation. Après la victoire de Rosberg au G.P. du Japon, il avait été un peu facile de conclure qu’il lui suffirait dès lors de se classer à chaque fois 2e derrière son équipier pour être couronné champion du monde. Mais quand les évènements prennent cette tournure, c’est autre chose de les accepter glorieusement. A Mexico, le sourire pudiquement retenu de Nico le disait clairement.

                                                              Johnny RIVES.

Mexique 2016 depart

  •  SANCTION ET … SANCTION

 Les derniers tours du G.P. du Mexique ont été marqués par la jolie poursuite livrée par Sebastian Vettel derrière Max Verstappen, et le duel qui finit par opposer – le mot n’est pas trop fort – le jeune Batave à l’ancien champion du monde allemand. L’attaque, supposée décisive, que ce dernier porta pour tenter d’imposer sa Ferrari à la rapide Red Bull, fut aussi brève qu’intense. Il apparut d’emblée que la Ferrari avait pris l’avantage, jusqu’à ce que, au même moment, la Red Bull coupe résolument plein  champ pour rejoindre la piste au virage n°3 après avoir court-circuité le n°2. Conservant grâce à ce grossier subterfuge une troisième place … qui ne lui revenait plus ! Les radios nous permirent d’entendre les hurlements de Vettel. Et même la consigne de l’état-major de Red Bull qui recommanda à Verstappen de « rendre sa place » à Vettel. Rien n’y fit. Et Max se retrouva auprès d’Hamilton et Rosberg dans la salle de repos précédant le podium quand il apprit la décision des commissaires sportifs – prise de toute évidence dans l’urgence – de lui infliger une pénalité. Cinq secondes ? C’était peu et beaucoup. Puisque cela le faisait glisser de la 3e à la 5e place, et permettait à Vettel d’aller sur le podium…. Dont il allait être déchu peu après ! Sur le moment, la sanction de Verstappen parut justifiée. A cela près qu’en tout début de course Hamilton avait commis la même infraction, après avoir manqué son premier freinage de manière spectaculaire. Et que l’Anglais s’en était sorti sans doute au bénéfice du doute. Car la voiture de sécurité intervenant alors, chacun roula au ralenti sans qu’Hamilton n’ait tiré de bénéfice chronométrique de son erreur. L’avantage d’y avoir conservé sa place de premier, malgré une sortie de route assez monumentale ne fut pas pris en compte. Et personne n’y pensa plus… jusqu’à la faute de Verstappen. Laquelle fut sanctionnée au contraire de celle d’Hamilton qui ne l’avait pas été. Alors ? Deux poids, deux mesures ? « Les sanctions OK, conclut Alain Prost, à condition qu’elles soient appliquées équitablement pour tous… »

Mexique 2016 Vettel

  • VETTEL ARROSEUR ARROSÉ

 Nouveau rebondissement, peu après, quand Vettel fut à son tour sanctionné pour avoir changé de ligne au freinage au moment où Ricciardo l’attaquait, étant alors contraint à une manœuvre d’évitement. Les insultes que cela valut à Charlie Whiting  de la part de l’arroseur arrosé ajoutèrent encore à la confusion générale. Une confusion dont les anciens amoureux de la course automobile se gaussent à loisir. C’est l’évidence même que la F1 n’a rien à gagner, et même beaucoup à perdre, à cause d’une situation aussi confuse. Moins elle aura à recourir aux sanctions des commissaires « sportifs » (sic), mieux la F1 se portera. Mais alors, dans le cas d’Hamilton et Verstappen qui ont carrément court-circuité une partie du tracé ? Ici la solution nous paraît d’une simplicité enfantine : aucun écart de la route de course ne doit pouvoir être avantageux, quitte à joncher les « raccourcis » d’obstacles non dangereux qui contraindront les fautifs à un ralentissement plus important que ceux qui respectent le tracé. Cela doit être valable aussi pour éviter des pénalités comme celle ayant frappé Kvyat, sorti de la route en doublant Grosjean et qui en a tiré avantage. Des vibreurs dignes de ce nom l’en auraient empêché.

Mexique 2016 Verstappen

 On laissera, au niveau des sanctions, le mot de la fin au sage, au très sage Rosberg. Interrogé sur le comportement agressif de Verstappen, qui l’envoya au décor dans la confusion du premier virage avant de lui livrer un assaut désespéré dont par chance l’un et l’autre se tirèrent indemnes, Nico se contenta de dire : « C’était tangent, mais il ne m’appartient pas de porter un jugement ».

Illustrations © DR

Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

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Johnny Rives

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Marc
Invité
Marc

La FIA poursuit son oeuvre de démolition de « notre » F1

Alexandre Armandi
Invité
Alexandre Armandi

moi je dis, vive les graviers, leur présence à certains endroits donnerait moins de boulot aux commissaires…..

François Blaise
Invité
François Blaise

Je préfére passer pour un vieux C. de radoteur , mais après avoir vu toutes ces sanctions et rebondissements qui font du mal à la F.1 je confirme encore une fois,et maintient encore mon opinion , la F.1 c’était mieux avant !

Daniel BOUTONNET
Invité
Daniel BOUTONNET

François Blaise, vous ne serez pas le seul vieux C. radoteur: je m’inscris au club ! Ras-le-bol de ces sanctions qui tombent comme les obus à Gravelotte. Deux « troisième » disqualifiés à la suite, ce doit être du jamais vu. On entre dans le grotesque. Néanmoins celle qui a frappé Verstappen me paraît bienvenue, pour « l’ensemble de son oeuvre », dirai-je, depuis le début de la saison. Car comme le répète très justement Jacques Villeneuve, il semblait qu’il y avait un règlement général et un règlement spécifique « Verstappen ». Fan des attaquants style Rodriguez, Rindt, Siffert et autres Keke Rosberg, le jeune Hollandais… Lire la suite »

richard JEGO
Invité
richard JEGO

Rodriguez : mort en course sur une 512.
Rindt : mort à MONZA suite à une défaillance des freins de sa LOTUS 72.
Siffert : mort dans sa Yardley BRM à B’Hatch .
Et je pourrais ajouter à cette liste pour ces memes années : Peterson, Cevert, Williamson, Lauda ( non , lui est revenu de l’extreme onction ), Giunti ….
Rien que pour ça et bien qu’agé moi aussi , je pense que c’est mieux aujourd’hui et que ça sera mieux encore demain . En F1 comme en tous domaines .Un indécrottable optimiste .
Amicalement

François Blaise
Invité
François Blaise

Richard Jego , je pense que vous serez d’accord avec moi sur ce sujet !
Le public , les fanatiques comme nous de F.1 commencent à se désintéresser
fortement de cette discipline avec ces stupides règlements , sanctions ,
et encore d’autres rebondissements d’après courses . Les audiences ont
baissé de plus de 10 °/. ( 510 millions en 2011 contre moins de
400 millions en 2015 ) .

Comment Richard Jego expliquez – vous cette inquiétante érosion ?

richard JEGO
Invité
richard JEGO

Se désintéresser ? pas moi car techniquement parlant , ça n’a jamais été aussi  » bandant « . Combien , François , d’audience dans le  » bon vieux temps » de certains ie les années 60/70 ou pendant presque 15 ans on a subi la monoculture du V8 Cosworth entre Lotus/Matra/Tyrell ( copie intelligente de MS 80 MATRA) . Quant aux stupides réglements et sanctions : que dire de l’interdiction des ailerons hauts dans les années 60 , de celle de la géniale LOTUS à double chassis un peu plus tard , de la Brabham aspirateur , de l’essence illégale qui permit… Lire la suite »

Manuhead
Invité
Manuhead

Bonsoir, permettez moi de donner aussi mon petit avis sur ces questions… Techniquement parlant, je suis quand même mitigé. Mécaniquement (Power Unit ou transmission) je trouve ça assez incroyable, je ne suis pas défenseur du V10 à 19000 tr/min à tout prix. Mais voir par exemple année après année s’empiler de chaque coté de l’aileron avant X ailettes et Y dérives sur chaque ailettes, ça ne me fait plus « bander » du tout… Je constate (déplore) aussi cette tendance qu’ont les nouvelles règles à dicter le look d’une F1 : plus de dorsale sur le capot arrière (bon soit),… Lire la suite »

René Fiévet
Invité
René Fiévet

Personnellement, j’ai été surpris et indigné par ce qui s’est passé au départ. Car il y a une logique sportive à respecter. Le championnat du monde se joue actuellement entre deux pilotes très proches l’un de l’autre, avec des voitures identiques, et tout le monde sait que le départ est un moment déterminant, et probablement le plus déterminant. Or, Lewis Hamilton a raté son départ ou, plus précisément, il a loupé son freinage au premier virage. C’est aussi simple que cela. Et il l’a fait tout seul, comme un grand, sans l’aide de personne. Au surplus, en prenant ce raccourci,… Lire la suite »

René Fiévet
Invité
René Fiévet

Etant actuellement aux Etats-Unis, où le 1er novembre n’est pas un jour férié, il m’avait échappé que nous fêtons aujourd’hui la Toussaint, qui est aussi la célébration des défunts. D’où le message de Richard Jego, je suppose. Ce lourd contexte était totalement absent de mon esprit, et je lui demande de bien vouloir me pardonner pour l’impertinence de mon précédent message.

richard JEGO
Invité
richard JEGO

L’optimisme au prix d’un inventaire nécrologique ?? Il faut etre bizarre pour écrire çaà la veille du jour des morts.
Moi, je garde mon optimisme qui , après vous avoir lu , n’a pas de prix et est encore plus précieux à défendre : aujourd’hui est bien mieux qu’hier et demain sera encore plus beau .

classicadmin
Administrateur

Il faut peu de connaissance des êtres humains ou du management pour comprendre que les hommes n assimilent jamais aussi bien que lorsque ne pas respecter les règles leur coûte quelque chose. Et inversement. Bernie a compris depuis longtemps. Mais à force de vendre son plateau au plus offrant, la F1 s’est transformée en petite technocratie bien éloignée de ce que nous aimons. Alors pour que les hommes et les pilotes comprennent, pour que l équité demeure et pour que les technocrates « sportifs » ou marketing n aient plus voix au chapitre, je pense qu une voiture qui utilise les bas… Lire la suite »

richard JEGO
Invité
richard JEGO

Et non , René :
Le 1er est la TOUSSAINT , jour de tous les saints .
Le jour des morts c’est demain 2 novembre .
Confusion hélas fréquente meme dans l’hexagone . Je n’avais point vu votre second message , et je vous pardonne volontiers d’autant que je ne suis point irréprochable . Mais que serait la F1 sans impertinence comme quand VETTEL dit des mots doux à Charlie .

Jules
Invité
Jules

Nous tournons autour.
Et Rives le dit très bien. qu’en dehors de la piste on trouve des parties non circulables, meubles, absorbantes, tous adjectifs adéquats pour dire que c’est sur la piste que les voitures courent.
Naturellement Murs, herses métalliques, champs de mines sont à mettre en tout dernier.

Pour les nostalgiques de temps anciens (Pouahh!) on pourrait « verdir » (ce qui irait dans le mouvement du temps) les bords de piste. Cette verdure étant meuble (attention aux capotages) des sables mouvants ou marais pourraient être envisagés (Non Bernie! On ne va pas mettre des alligators de Floride dans les marais!)