F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Canada 7

UN PEU DE DÉSORDRE, SVP !

Ecrire un commentaire se voulant original sur le déroulement d’un Grand Prix devient mission impossible. L’absence d’incertitude, le manque de rebondissements, privent l’analyste du plus infime ressort pour relancer la machine. Le Grand Prix du Canada ne fait pas exception à la règle. Au contraire, il la renforce ! Il s’est sans doute agi du pire scenario que l’on ait pu voir depuis le début de la saison 2015. Le classement à l’arrivée l’indique avec une netteté affligeante : Mercedes (43 points), Williams (23) et Ferrari (22) ont raflé les gros points dans un ordre qui n’a surpris personne, ne laissant que des miettes à Lotus, Force India et Red Bull. Il n’y a pas que pour McLaren (deux abandons après une course misérable) que le bilan du Canada confine au désastre. Pour nous aussi, pauvres spectateurs contraints et forcés de constater que sans fait de course proche du fait divers (par exemple Monaco), même Rosberg ne peut rien faire contre la domination d’Hamilton. Alors ne parlons même pas, aussi grand soit leur mérite, de Bottas, Raïkkonen ou autres Vettel…

L’époque n’est hélas plus à s’esbaudir devant les exploits d’un champion hors normes comme on a pu le faire en d’autres temps quand J.M. Fangio, ou Jim Clark, ou Jackie Stewart muselaient toute opposition. Alors ne reste plus que  l’ennui.

La Malaisie, avec la victoire de Vettel, avait fait naître des illusions que la 2e place de Raïkkonen à Bahrein avait contribué à renforcer. Aujourd’hui ces espérances restées sans lendemain sont réduites à  néant. Monaco et Montréal, grâce à des tracés hors normes, semblaient propices à des renversements de situation. Il n’en a rien été. Les deux meilleurs tours en course de Raïkkonen et Vettel au Canada – qui  précèdent les Mercedes dans cette hiérarchie particulière – ne sont que des trompe-l’œil, car acquis au prix d’un changement de pneus supplémentaire. On ne peut pas s’y fier pour établir de prochains pronostics.

La perspective de retrouver tout ce beau monde sur le « Red Bull Ring » (ex-Zeltweg, même les appellations historiques sont sacrifiées sur l’autel de la modernité) n’est guère enchanteresse si l’on tient compte de la domination que les Mercedes y avaient exercée l’an dernier. Sauf à miser sur l’intervention d’un caprice météorologique qui viendrait mettre du désordre dans une hiérarchie trop clairement établie…  Plutôt que se lamenter encore et encore, mieux vaut, pour aujourd’hui, en rester sur ce vœu pieux !

                                                               Johnny RIVES

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Illustrations :
Gilles Villeneuve – Canada 1978 @DR
Johnny Rives @Lysiane Rives

Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

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Johnny Rives

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Mama mia !!! Ils vont réussir à dégoûter le plus grand amoureux, le plus passionné, le plus expert et le meilleur conteur du sport automobile (je parle de Johnny Rives, bien entendu)!!! Mais où va-t-on ? Quelle misère…
Écrit par : gaston | 09/06/2015
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Je pense que la cause de tous ces malheurs est le système Ecclestone. La Formule 1 est calibrée pour qu’il fasse de l’argent avec ses amis, au moment où le règlement WEC stimule la créativité des constructeurs et la recherche de solutions techniques adaptées au défi énergétique, tandis que l’Indycar propose des courses nivelées et palpitantes et que la Formule E contribue à donner au sport automobile une image écologique bien utile. Dans ces trois formules, les courses sont palpitantes et, à l’exception d’une douzaine de superchampions rivés à la F1, on y trouve les meilleurs pilotes de circuit du… Lire la suite »

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Deux manufacturiers de pneumatiques ( dont Michelin) et déjà l’horizon de la F1 s’éclairerait un peu.
Écrit par : jean-paul orjebin | 09/06/2015
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Ce que j’apprécie dans la F1 actuelle, c’est de prendre note en ( léger)différé du compte rendu des grand prix par Johnny Rives.Ceux ci font toujours l’objet d’une narration dont on connait depuis des décennies, la grande qualité.Le plus terrible est que cette F1 ne semble plus beaucoup passionner ce fidèle des fidèles. La F1 comme beaucoup d’autres sports hélas !! Ce business exacerbé entraine un désintérêt voire une nostalgie dont seuls restent des clichés ou des vidéos. Cette photo de Gilles Villeneuve en prélude du compte rendu de ce GP du Canada, nous rappelle la virtuosité voire l’impétuosité de… Lire la suite »

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Je continue à regarder les GP et à chaque fois je me demande toujours pourquoi, tellement le spectacle est, neuf fois sur dix, navrant. Je n’ai pas de réponse à ma question. En plus cette photo de Villeneuve à Montréal me rappelle le cavalier seul de Jarier et de sa belle Lotus lors de cette même course… Vous avez dit blues ?
Écrit par : Marc Ostermann | 10/06/2015
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Ce n’est pas Bernie la fautif, c’est la FIA avec ses règlements stupides particulièrement le choix de la gestion d’énergie imposant de relever le pied de l’accélérateur à chaque fin de ligne droite pour économiser du carburant, un comble. La F1 n’est plus un sprint mais une course d’endurance à l’indice de performance écologique. Du grand n’importe quoi ! Ne parlons pas d’un règlement crétin imposant quatre moteurs par saison valant à l’écurie dépassant ce quota des pénalités iniques. Je veux bien de ces moteurs hybrides mais sans limitation du nombre de KJoules au tour. Mercedes n’est pas fautif, les… Lire la suite »

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Eh bien Messieurs, je ne suis pas d’accord avec vous. Jadis lors de certaines courses, après le déjeuner, il m’arrivait de m’assoupir légèrement. MAIS! j’étais toujours réveillé par le bruit. Maintenant les siestes sont beaucoup plus confortables. et même lors de cette dernière course tardive, nous nous sommes retrouvés, mon camarade d’écurie et moi, endormis de concert (Sic). Cela étant voir Bernie reprocher récemment aux pilotes leurs manques de charisme. Il y a loin (très loin) Piquet/Salazar ou Senna/Irvine. Ces dernières années, un pilote levait une oreille, il fallait qu’il présente des excuses bien tempérées et pesées au millimètre (sic)… Lire la suite »

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C’était avec Piers Courage lors d’une course de F2 probablement
« Si tu recommences ça, tu ne fais plus partie de la famille » Dans le livre de JPB, « Défense de mourir »
Écrit par : Marc Ostermann | 10/06/2015

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Allons, Johnny, reconnais qu’on a bien rigolé quand on a entendu l’appel à Button et Alonso à modérer leur consommation ! Pathétique, sinon impudique. Quelle image pour Honda ! Ce Grand Prix a eu un mérite, grâce au décalage horaire : celui de ne pas interférer sur la super finale de Roland Garros.
Écrit par : luc augier | 10/06/2015
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j partage totalment l avis de mr rives ………….. les dimanches de f1 vont devenir des siestes
Écrit par : gardes | 10/06/2015
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T’as raison Lulu : la finale de Roland Garros, c’était du sport, ça ! Magnifique(s) !
Écrit par : Gaston | 11/06/2015
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Tout à fait par hasard, en « zappant » sur mes chaînes de télé il y a 10 jours, j’ai assisté au Grand Prix Indycar de Detroit. J’ai trouvé cela passionnant, notamment la lutte entre Bourdais et Montoya, et plein d’incertitudes. Je suis resté rivé à mon poste, comme c’était encore le cas il y a 20 ans pour la F1. Certes, c’est moins sophistiqué, moins performant que la F1 (sur le circuit de Montréal, où on a pu faire des comparaisons, les Indycars vont 3 secondes moins vite que les F1) mais je m’en contenterais très bien. Puis je terminer en… Lire la suite »

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Le business a transformé le sport qu’est la F1 en spectacle vendu au plus offrant. Et le spectacle est devenu plutôt mauvais. Bernie ne comprend peut-être rien à internet mais il a tout compris en matière de droits TV. C’est là son seul baromètre. Il serait capable de faire se disputer des Grands Prix à huis clos du moment que les droits TV continuent de tomber. Lorsque ce ne sera plus le cas, alors les chaines TV ne passeront plus à la caisse. Bernie prendra sa retraite. Et d’autres perspectives s’ouvriront.
Écrit par : Olivier Rogar | 11/06/2015
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Je suis en tous points d’accord avec vous. Néanmoins je me demande si, et là je fais appel à vos souvenirs pour confirmer, durant la domination des Williams-Renault (Mansell puis Prost), la situation n’était pas similaire à celle d’aujourd’hui : envol des Williams et victoire assurée.
Ne parlons pas de l’ère Schumacher – Ferrari.
Ainsi il faudrait distinguer deux causes responsables de l’ennui que nous éprouvons : la domination d’une équipe qui tue le suspens, et la réglementation restrictive. On peut agir sur cette dernière, difficilement sur la première.
Écrit par : Bertrand Allamel | 12/06/2015
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C’est parfaitement exact et on pourrait encore ajouter l’ère Mc Laren dans les années 80.
Écrit par : laurent riviere | 12/06/2015

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On peut facilement revoir sur youtube ou dailymotion tous les grands prix à partir du milieu des années 80 (84 disons). Si toutes les courses n’étaient pas forcément passionnantes, c’était des chefs d’oeuvre de suspens face aux purges actuelles. Un des atouts de l’époque était que les essais n’avaient pas l’importance d’aujourd’hui et on pouvait assister à pas mal de dépassements des leaders mal qualifiés. En 1984 (année faste pour Mclaren), Lauda a établi un record de dépassements qui n’a été battu que par Marc Weber avec l’instauration des pneus « spectacles » Pirelli et du DRS, et plus de courses. Écrit… Lire la suite »

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Bertrand , tu es dans le vrai. Combien de siestes devant les Grands Prix au cours des 40 dernières années ! 🙂 Mais, du moins en ce qui me concerne, la domination exercée par les uns ou les autres, si elle tue le suspens, ne me gène pas. Les autres n’ont qu’à mieux faire leur travail. Par contre un élément a changé, c’est la diversité. Elle offrait à chacun la possibilité d’imaginer des solutions novatrices porteuses d’espoir et d’évolution. ( Monocoque, coque carbone, freins in-board, effet de sol, turbo etc…) Choses que le règlement limite jusqu’à l’absurde aujourd’hui. Cette F1… Lire la suite »

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Pour être précis, le circuit autrichien rapide et réservé aux gros cœurs que nous avons tant aimé est l’Osterreichring, situé sur la commune de Spielberg.
Il a souvent été improprement appelé Zelweg, localité voisine qui eut également en son temps un circuit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_de_Zeltweg
Écrit par : Christian BURDET | 15/06/2015
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