Le WEC à l’épreuve du Texas
Après l’Europe, Le Mans puis São Paulo, le Championnat du monde d’Endurance reprend sa route, direction le Texas et le Circuit of The Americas pour la cinquième manche de la saison. Un circuit récent, immense et spectaculaire, conçu pour accueillir les plus grandes compétitions internationales. Mais derrière cette modernité se cache un tracé qui a puisé son inspiration dans quelques-uns des grands classiques du sport automobile.
Bertrand Allamel
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L’endurance au pays de l’automobile
Après trois manches européennes et une brésilienne, le WEC fait escale en Amérique, pays de l’automobile qui a lui aussi une longue histoire avec l’endurance : les 24 Heures de Daytona s’y déroulent depuis 1962 et la première manche de l’histoire du WEC a eu lieu à Sebring en 2012.

Une destination incontournable pour le WEC, qui compte plusieurs grands noms de l’industrie automobile américaine sur son plateau : Ford et Chevrolet (Corvette) sont présents en LMGT3, tandis que Cadillac porte les couleurs américaines au sommet de la catégorie Hypercar. Pour la marque de Detroit, le Lone Star Le Mans est donc plus qu’une cinquième manche de championnat : c’est une course à domicile, sur un circuit où elle n’a encore jamais gagné.
Un circuit moderne inspiré des classiques
Le COTA (Circuit of The Americas) est un circuit moderne, inauguré en 2012 et pensé pour la F1. Une installation récente, donc, mais avec un tracé conçu à l’ancienne, qui s’inspire de portions mythiques des plus beaux circuits.
Dès le départ, les voitures escaladent une pente impressionnante qui les mène vers le premier virage. Près de 25 mètres de dénivelé (!) avant un gros freinage pour un gauche aveugle très serré dont la sortie se découvre tardivement.

Puis vient un changement complet de rythme : les virages 3 à 6 forment une succession rapide de changements d’appuis qui évoque directement l’enchaînement Maggotts-Becketts-Chapel de Silverstone. La suite du tracé rappelle Hockenheim ou Istanbul Park, avec le long triple droite (virages 16, 17 et 18) qui impose aux voitures un appui prolongé avant de replonger vers la dernière partie du circuit.

Au total, vingt virages : onze à gauche, neuf à droite. Des courbes rapides, des épingles lentes, de longues accélérations et plusieurs freinages violents. Un circuit exigeant, donc : Michelin qualifiait l’an dernier le COTA de circuit le plus « énergétique » de la saison pour les pneus, malgré une vitesse moyenne au tour relativement faible. Les nombreux appuis latéraux, les freinages et les températures texanes peuvent transformer leur gestion en véritable enjeu de course.
Un circuit exigeant sur 6 h
Le COTA n’est pourtant pas un circuit particulièrement « à risque » : en Formule 1, la « Safety Car probability », calculée à partir des éditions précédentes, n’est que de 29 % à Austin*, contre environ 55 % en moyenne sur un échantillon de circuits du calendrier.

En revanche, sur les huit manches du WEC disputées au Texas avant cette édition 2026 (Austin a accueilli le WEC de 2013 à 2017, puis en 2020, 2024 et 2025), quatre ont connu au moins une intervention de la Safety Car, soit 50 % des courses. Une différence qui s’explique notamment par la durée de l’épreuve, mais aussi par la densité du trafic et les écarts de vitesse entre Hypercars et LMGT3.
L’édition 2025 s’est d’ailleurs déroulée sous une pluie diluvienne, occasionnant l’intervention de la Safety Car à six reprises, auxquelles s’étaient ajoutés une Virtual Safety Car et un drapeau rouge. Porsche l’avait alors emporté devant Ferrari et les deux Peugeot !
Toyota et BMW, cinq points seulement
Après quatre manches, Toyota conserve la tête du championnat Constructeurs avec 132 points. Mais BMW est désormais revenu à cinq petites unités, avec 127 points. La lutte est serrée et incertaine en tête du championnat Constructeurs !
Ferrari, troisième avec 88 points, marque le pas et doit réagir à Austin pour rester dans la course au titre. Cadillac, quatrième avec 60 points, arrive de son côté sur ses terres après avoir montré au Brésil qu’il fallait de nouveau compter avec ses V-Series.R. La marque américaine avait monopolisé la première ligne en qualifications avant de terminer troisième et quatrième.
À Austin, la Cadillac #12 accueillera d’ailleurs un pilote qui connaît parfaitement les courses américaines : le double champion IMSA Ricky Taylor rejoindra Will Stevens et Norman Nato en remplacement d’Alex Lynn, blessé.
Le constructeur américain pourra-t-il enfin concrétiser les espoirs nés des dernières courses en gagnant à domicile ?
Entre la lutte Toyota-BMW pour le championnat et les ambitions de Cadillac à domicile, les six heures texanes pourraient donc peser lourd dans la seconde moitié de saison.

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Le programme
Le Lone Star Le Mans se déroulera du 4 au 6 septembre 2026 sur le Circuit of The Americas à Austin.
Vendredi 4 septembre
Essais libres 1 : 18 h 30
Essais libres 2 : 23 h 00
Samedi 5 septembre
Essais libres 3 : 18 h 00
Qualifications LMGT3 : 22 h 00
Hyperpole LMGT3 : 22 h 20
Qualifications Hypercar : 22 h 40
Hyperpole Hypercar : 23 h 00
Dimanche 6 septembre
Départ des 6 Heures d’Austin : 20 h 00
Arrivée prévue : 2 h 00, dans la nuit de dimanche à lundi.
Horaires en heure française.
* Source : Formula 1, « Need to Know – 2025 United States Grand Prix ».