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GP des Pays Bas 1976

GP de Hollande 1976

par | 29 Août 2026 | 7 commentaires

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Circuit Park Zandvoort, Zandvoort, Noord-Holland, Nederland, le 29 août 1976

Au sortir du circuit après la fin des essais d’hier, la Chrysler 180 officielle de notre quatuor remonte le boulevard Barnaart, c’est-à-dire la promenade de bord de mer à Zandvoort.

Patrice Vatan

GP des Pays Bas 1976
Départ GP des Pays Bas 1976 © Collection personnelle Patrice Vatan

Vénérables hôtels décrépis, senteurs de rollmops, de frites dorées mêlées aux effluves marins dopés par le vent du nord ; c’est la fin de l’été, la fin des vacances.

Fugace, une envie de communier à cette marine digne d’un petit maître flamand s’insinue. La frénésie des Grands Prix se succédant tous les 15 jours nous l’interdit.

GP des Pays Bas 1976 © Collection personnelle Patrice Vatan

Christian rompt notre rêverie en prenant sur la droite la route d’Amsterdam où l’hôtel De Bijenkorf nous attend.

Situé près d’un musée de l’érotisme, l’hôtel ouvre accès à un quartier touristique dont les points remarquables se signalent par de petites lampes rouges allumées dans des vitrines.

GP des Pays Bas 1976 © Collection personnelle Patrice Vatan

Mû par un intérêt soudain pour la chose culturelle, deux d’entre nous proposent d’y passer la soirée, le solide faussaire GR et le rude serrurier CB. Martine et votre serviteur déclinent, elle pour des raisons évidentes, lui, que travaille déjà la question monacale, argue d’un livre à finir, Le Ciel n’a pas de préférés, de Erich Maria Remarque, dont Sydney Pollack tourne actuellement l’adaptation au cinéma sous le titre Bobby Deerfield.

Le héros, Clairfayt, pilote de course romantique, tente d’appeler Liliane, dont il est tombé amoureux, depuis Brescia. Il court les Mille Milles.

On est tous à Tarzan pour le départ du 25e Grote Prijs van Nederland. Tarzan un spot insensé, la courbe à droite après la ligne des stands sur laquelle fondent plein pot 26 pilotes de course dont le romantisme reste à démontrer. Un tout droit de l’un d’eux y égale un mort parmi les photographes ou les roupeurs que nous sommes.

GP des Pays Bas 1976
GP des Pays Bas 1976 © Collection personnelle Patrice Vatan

Une bagarre du tonnerre oppose John Watson, auteur de la pole position à James Hunt pour la deuxième place alors que Ronnie Peterson, parti en flèche, mène le train.

Au 8e passage, Watson bloque ses freins à l’entrée de Tarzan, devant nous et Hunt lui fait l’intérieur, accompagné d’un hurlement (de plaisir ou de grogne ?) du public.

Une silhouette s’est glissée à nos côtés, qu’accaparés par le spectacle de haute intensité, nous ne dévisageons pas. « Peterson ne passe plus ! » de s’écrier un homme qui se révèle être Roger Gicquel, en tenue de sport, un cachemire sur les épaules.

« Ah merde ! » fait celui qui en février dernier s’est illustré par cette phrase au 20h de TF1 : « La France a peur ».

GP des Pays Bas 1976
GP des Pays Bas 1976 © Collection personnelle Patrice Vatan

Hunt lui n’a pas peur. Débarrassé de Watson, victime de sa transmission, il subit l’assaut de Regazzoni qui, de 8 secondes de retard sur lui, échoue à 9/10e de seconde derrière ses pots d’échappement.

Alors que l’Anglais flamboyant fête sur le podium sa 5e victoire de la saison, et accessoirement son 29e anniversaire en ce 29 août, nous giclons plus discrètement sur l’autoroute du Nord, vers Paris.

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Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.
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