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Discrètes mais classes, Rétromobile 2026

par | 25 Fév 2026 | 0 commentaires



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Par classe on entend conjugaison de tous les superlatifs d’une époque, vitesse, puissance, esthétique, confort, exclusivité. Il en est ainsi des quatre modèles que nous avons choisis, créés entre 1927 et 1953.  Des roaring twenties à l’avènement de la voiture populaire en somme.

Olivier Rogar Santoni

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La classe

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Mercedes – Benz 680 S Sports Tourer  #35222 – 1927

Discrètes mais classes

Mercedes Benz 680 S Sport Tourer © Olivier Rogar Santoni

Il est des substantifs qui se parent de noblesse dès qu’on les associe à certains qualificatifs. Pensons à une maison, un château ou une automobile. S’ils sont précédés de l’adjectif vieux ou vieille, ce n’est plus de décrépitude dont on les affuble mais d’histoire dont on les pare.

Ainsi en est – il de cette Mercedes 680 S de 1927 proposée par Fiskens. Il y a un siècle, le cerveau fertile du Professeur Ferdinand Porsche, l’a conçue. Les deux exemplaires inscrits la même année à la course de l’Eifel ( Eifelrennen) , première course ayant lieu sur le tout nouveau circuit du Nürburgring, finirent facilement aux deux premières places.

Mais le plus extraordinaire est qu’après 99 années, son histoire soit totalement traçable et qu’elle ait conservé son moteur, son châssis et sa carrosserie d’origine.

Le 6 juillet 1927 le bon de commande de la voiture qui nous intéresse ici fut signé par Richard Klinger auprès de la succursale Mercedes-Benz de Berlin. Réceptionné par ce magnat de l’industrie mécanique, elle resta en sa possession cinq ans. Suivirent de nombreux propriétaires célèbres, dont l’auteur de pièces de théâtre Philip Barry qui écuma la Côte d’Azur avec elle et ses copains Picasso, Francis Scott Fitzgerald, son épouse Zelda, Fernand Léger et d’autres encore. Quand Barry et son épouse rentrèrent aux USA, ils la conservèrent jusqu’en 1947. Puis elle passa dans les mains de Charles Addams, le créateur de la BD, « La famille Adams ».

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Elle fut, entre autres, également la propriété de John Calley, le producteur de « Orange mécanique » (Clockwork orange en VO) qui la fit restaurer par l’officine de Phil Hill en 1970 ( Hill & Vaughn) . Bernie Ecclestone la racheta en même temps que la collection japonaise qu’elle avait rejoint, en 1975. Il la conserva 17 ans. Deux nouveaux propriétaires passèrent dont le dernier qui l’a confiée à Fiskens pour qu’elle trouve un nouvel hébergement.

Invicta S Type #S3148 – 1936

Invicta S Type 1936 © Olivier Rogar Santoni

Eric Perou proposait une voiture de la marque britannique fondée en 1925 par le Capitaine Noël Macklin et Oliver Lyle. Invicta a eu une histoire agitée avec plusieurs renaissances. Néanmoins, la voiture qui nous intéresse ici a été conçue en 1930, équipée d’un moteur 6 cylindres 4 ½ L Meadows (Wolverhampton) . Elle se caractérise par un châssis surbaissé, passant sous le pont arrière. Ses lignes droites et fines lui donnent une élégance qui n’est pas sans rappeler celle d’une Jaguar SS100. Typiquement britanniques toutes les deux.

Elle était probablement l’une des voitures les plus emblématiques de son époque, avec des performances de tout premier ordre, lui autorisant 160 km/h. 77 S Type furent construites. Comparable à une super car d’aujourd’hui, elle se positionnait entre une Rolls Royce d’un point de vue conception et qualité et une Bentley pour ses performances. D’ailleurs son prix de £1500 correspond à environ £ 1 750 000 actuelles.

Discrètes mais classes

Invicta S Type 1936 © Olivier Rogar Santoni

Néanmoins, et au contraire de ces mêmes super cars, elle n’était pas faite pour rester dans un garage climatisé en attendant que la spéculation rende intéressant de la vendre avec son kilométrage proche de zéro. Non. Elle était performante, fiable et faite pour montrer ses qualités. Donald Healey remporta le Rallye de Monte Carlo avec une voiture identique en 1931, Raymond May obtint le record de Brooklands Mountain Circuit dans sa classe et le record de la course de côte de Shelsley Walsh Sports Car.

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Talbot Lago T26 Grand Sport par Antem – 1949

Talbot Lago T26 GS 1949 © Olivier Rogar Santoni

Axel Schuette proposait notamment cette superbe Talbot Lago qui nous a d’abord fait penser à une Alfa Romeo. Oui, nous ne sommes pas parfaits, loin de là. Mais ce style tout de même… Le plumage cependant n’est pas grand-chose ici rapporté au ramage. En effet le châssis et le moteur 4,5L ne sont ni plus ni moins que des pièces issues de la compétition. Capables de concourir en Grand Prix ou au Mans.

Commandée par l’un des administrateurs de Talbot et magnat de l’industrie sidérurgique, Mr Michel-Paul Cavalier, les caractéristiques de cette auto sont extrêmes. Double allumage, douze bougies, bloc alu, carter sec, le moteur développe environ 250 ch. La plus puissante des Talbot Lago routières.

Talbot Lago T26 GS 1949 © Olivier Rogar Santoni

Sa carrosserie en fait un élégant coupé très inspiré par le style italien de l’époque. Nous ne le reprocherons pas à Antem.

Bentley R-type Continental H.J. Mulliner Fastback #BC 24A – 1953

Discrètes mais classes, Rétromobile 2026

Bentley Continental R 1953 © Olivier Rogar Santoni

Bentley, malgré tout leurs succès en course subit de sérieux problèmes financiers. En 1931, Rolls Royce en prit le contrôle. Les usines furent transférées à Derby mais jusqu’en 1939, Rolls Royce continua à fabriquer des modèles spécifiques pour les amateurs de « fast motoring » avec les Bentley 3 ½ L puis 4 ¼ L.

Après-guerre les productions déménagèrent à Crewe et furent standardisées. Néanmoins une demande continuait d’exister pour le créneau sportif dans lequel Bentley s’était illustré. C’est ainsi que fut conçue la Continental, sous la direction de Ivan Evernden. Suspensions plus sportives, taux de compression moteur augmenté, changement des rapports de boîte et de pont, carrosserie en aluminium.

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Capable de 200 km/h la Continental R était la plus chère et la plus rapide 4 places au monde. 208 exemplaires furent fabriqués dont seulement 21 de cette série A. Celle-ci fut entièrement restaurée par P&A Wood et fait le bonheur d’une collection privée.

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Olivier Rogar
« Petrol head » ? D'aussi loin que je me souvienne, l’automobile m’a toujours fasciné. Les tacots, le Pub Renault, Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Circuit Paul Ricard, m’ont fait passer de Sport-Auto à Auto-Hebdo et l’Equipe. Attrait pour les protos du Mans et les CanAm d’abord. Puis la F1 au cours de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Quelques photos m’ont amené à collaborer à «Mémoire des Stands» puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic Courses. Je trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, d'audace, de rapidité dans la décision dont la maîtrise pimente une vie active.
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