27 avril 2021

Pierre Ménard – La mort ne résout rien

La course automobile et son histoire sont le sujet privilégié de ce site. Mais les auteurs de Classic Courses ont plusieurs cordes à leur arc. Ainsi, il y a quelques semaines Pierre Ménard a fait paraître un roman. Même si celui-ci n’a absolument rien à voir avec la course automobile, il pourrait néanmoins intéresser certains de nos lecteurs. D’autant qu’il y a quand même au cours du récit quelques clins d’œil à la belle automobile. On ne se refait pas. Nous avons donc souhaité en savoir plus …

Olivier Favre

Pierre Ménard - La mort ne résout rien

Pierre Ménard, La mort ne résout rien évoque la thématique du harcèlement professionnel. Pourquoi ce thème ? Est-il issu d’une expérience vécue ?

Non, même si j’ai mis quelques bribes de personnalité de quelqu’un que je connaissais, ce n’est pas une expérience vécue, ni par moi, ni par un proche. Comme l’on dit habituellement, « toute ressemblance avec un personnage réel, etc… ». Mais j’ai toujours été assez effaré, pour ne pas dire plus, par le culot que peuvent avoir certains individus dans le cadre du travail pour rabaisser les autres, souvent pour masquer leur propre incompétence. A titre personnel, les rares problèmes que j’ai eus dans le cadre professionnel, c’était avec des gens totalement incompétents. On le sait, cela peut aller très loin, on a d’ailleurs été obligé de faire des lois à ce sujet.

Peut-on dire que c’est un polar ?

Non, ce n’est pas un polar. Qui dit polar dit enquête, alors que là il n’y a pas enquête. En tout cas pas par quelqu’un des forces de l’ordre. Il y a bien un officier de police judiciaire, mais qui n’est qu’un acteur de deuxième plan. J’ai voulu aussi éviter ce qu’Hitchcock appelait le « whodunit », c’est-à-dire la question « qui a fait le coup ? ». Parce qu’alors on tombe dans le déjà vu et ça peut être lassant. En fait, on sait qui a fait le coup, mais la question est « va-t-il se faire prendre » ? C’est donc un thriller, plutôt qu’un polar.

Pierre Ménard

L’action de La mort ne résout rien se passe dans une région que tu connais bien …

Oui, à moitié sur la région parisienne, dans les Yvelines, et à moitié dans le Lot. Les Yvelines parce que j’y ai vécu pendant 35 ans et le Lot parce que c’est ma région natale et qu’elle est magnifique. On fait toujours avec ce qu’on connaît ! En particulier, j’avais envie de faire quelque chose avec le Gouffre de Padirac, qui est le théâtre final de mon livre. C’est un lieu sidérant, propre aux mystères. Il appelle quelque chose, c’est presque un personnage.

C’est ton 2e livre, je crois ?

Oui, c’est mon 2e livre officiel, après Le rôdeur de minuit, paru en 2007. Là il y avait une enquête, c’était un polar plus classique. Entre les deux il y avait eu un 2e roman avec Alice Caroll ma policière, mais il n’avait pas eu l’heur de plaire à un éditeur. Pour celui-ci, j’avais envie de faire quelque chose de totalement différent, sans héroïne attitrée. Je voulais être plus libre. Il y a des personnages-clés mais qui n’appartiennent qu’à ce livre. Le prochain ne sera pas classique non plus, même s’il y aura un peu plus de sang et de meurtres.

Comment écris-tu ?

Au risque de casser l’image d’Epinal, je n’écris pas la nuit. La nuit je dors, j’écris la journée, aussi bien le matin que l’après-midi. Mais je fais d’abord un plan. Je ne pourrais pas écrire « le nez au vent » en me disant qu’on verra bien où ça va m’amener. J’en ai parlé avec d’autres auteurs de polars ou de thrillers, ils font pareil, on est obligé de savoir où l’on va pour pouvoir installer notre trame. Le plan, ce sont les fondations et l’agencement des pièces. Ensuite, l’écriture c’est le papier peint, la déco. Ce qui ne m’empêche pas de « déplacer le mur » en cours d’écriture, si je me rends compte que ce sera mieux ainsi.

Quand le plan est bien établi, l’écriture peut aller vite. D’autant que, une fois que je suis lancé, j’écris tous les jours. Sinon, je risque de perdre le fil de l’histoire. Pour ce livre, le plan m’a pris un mois à peu près et l’écriture proprement dite un mois et demi. 

Pierre Ménard

Comment as-tu trouvé un éditeur ?

Je l’avais envoyé aux éditeurs parisiens et j’ai reçu les lettres habituelles, sans suite. Puis j’ai emménagé à Brive et j’ai décidé de le proposer aux éditeurs locaux, puisque l’action du bouquin se passe pour une bonne partie dans le Lot. Le premier à me répondre a été les Editions Lucien Souny. J’ai eu un bon contact avec Véronique Thabuis, la directrice éditoriale. Elle et sa correctrice m’ont suggéré des modifications de forme bienvenues, ici pour alléger, là pour dynamiser. J’y étais tout à fait disposé et il y a donc eu un vrai travail éditorial, ce qu’un éditeur parisien n’a pas forcément le temps de faire. C’est Véronique Thabuis aussi qui m’a proposé le titre.

Peut-on trouver ton livre dans toute bonne librairie ?

Non, ce n’est pas évident, hélas. Car, dans le contexte sanitaire actuel les libraires se concentrent sur les valeurs sûres pour avoir l’assurance de vendre. Ils ne proposent que les « grandes avenues », pas les « petits sentiers parallèles » que sont les auteurs moins connus. Du coup, ceux-ci ont du mal à faire connaître leurs livres. Il ne faut donc pas hésiter à faire un tour sur les sites des éditeurs pour y commander les livres. Pour le mien c’est ici : https://www.luciensouny.fr/catalogue/polars/la-mort-ne-resout-rien/

Pierre Ménard – La mort ne résout rien – 240 pages, format poche, 6,90 € (port offert à partir de 13 € de commandes).

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