Jim Clark : le jour d’avant, et le lendemain

5 1 voter
Évaluation de l'article

Il ne sera pas dit que tout n’aura pas été écrit et montré sur Classic Courses à propos de ce funeste 7 avril 1968 qui a tant marqué les gens de ma génération. Je continue donc ma contribution à cette œuvre pieuse en complétant ma série parue il y a maintenant 7 ans (« La dernière course » 2, 5 et 9 avril 2013). Je vous donne aujourd’hui à visualiser deux documents audiovisuels concernant Jim Clark, car je pense qu’ils n’ont encore jamais été vus par la plupart de nos lecteurs.

René Fiévet

Vous pourriez aussi aimer :

1 Jim Clark – La dernière course
2 Jim Clark – La dernière course
3 Jim Clark – La dernière course

Stat F1 Jim Clark


LE JOUR D’AVANT

Le premier document que je vous propose est assez exceptionnel, et probablement ne laissera pas indifférents nombre d’entre vous. Il s’agit de la dernière apparition publique de Jim Clark devant une caméra de télévision, le 6 avril 1968, soit la veille de son accident fatal. Dans mon texte du 2 avril 2013 (« La dernière course – 1ère partie »), j’avais déjà évoqué les circonstances entourant cette émission de télévision. Mais je n’avais jamais pu visionner ce reportage. C’est maintenant possible, puisque le destin inéluctable de toute vidéo existante est d’être publiée un jour ou l’autre sur Youtube. J’ai traduit moi-même les échanges et mis les sous-titres.

Cette émission avait été organisée à l’initiative des organisateurs de l’épreuve, d’un journaliste de la chaîne ZDF, et du sponsor de Kurt Ahrens, l’entreprise Martini. Kurt Ahrens nous raconte qu’il n’avait pas été trop difficile de faire venir Jim Clark. Ce dernier, nullement indifférent à l’aspect « public relation » de son métier, avait pris conscience de sa grande popularité en Allemagne, et souhaitait encore accroître sa notoriété à l’occasion de cette course. La seule difficulté venait de l’entreprise Martini qui souhaitait que son logo apparaisse sur la voiture. Il y eut une négociation, à l’issue de laquelle il fut décidé que le logo serait retiré de la monoplace, mais que Kurt Ahrens le conserverait sur sa combinaison de course. Ce qui ne posait aucun problème à la chaîne ZDF, puisque le pilote allemand est resté dans le cockpit de sa voiture pendant toute l’émission (1).

Grand Public

Bien entendu, les propos échangés n’ont rien d‘exceptionnel, et les lecteurs de Classic Courses n’apprendront rien qu’ils ne sachent déjà. Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une émission pour le grand public, et l’objectif est évidemment de faire de la publicité pour la course du lendemain. Mais la personnalité de Jim Clark nous apparaît avec une certaine évidence : un homme réservé, voire timide, mais aussi charmant et courtois, qui se prête de bonne grâce aux questions sans grand intérêt du journaliste, Werner Schneider, nullement spécialiste de sport automobile et qui accumule les inexactitudes avec une régularité de métronome (2) (3) (4) (5).


Toutefois, nul doute que Jim Clark a été un peu estomaqué par la question très directe que lui pose le journaliste : combien gagnez-vous chaque année ? Quelle indiscrétion ! Quelle impudence ! Kurt Ahrens raconte qu’il fut horrifié quand le journaliste posa la question. Jim Clark élude la réponse, et s‘en sort par une pirouette : il est tellement occupé qu’il n’a vraiment pas le temps de faire le calcul. En fait, il n’en est rien. Gérard Crombac, qui connaissait intimement Clark, nous dit qu’il avait horreur qu’on se mêle de ses affaires financières. Son grand ami Ian Scott Watson, qui l’avait beaucoup aidé au début de sa carrière, en fit l’amère expérience : le jour où il devint trop intrusif dans ses affaires, Jim Clark mit immédiatement des distances dans leurs relations.

En fait, les choses se passaient ainsi : lors de son exil fiscal à Paris, une fois par mois, ses deux hommes d’affaires écossais venaient le rejoindre dans son petit appartement parisien, et ils s’enfermaient pendant deux jours pour régler toutes ces questions (Gérard Crombac, revue Moteurs, numéro 102, décembre 1973, page 48) (6).

Primes d’engagement

Une chose m’a intéressé lors de cet entretien : Jim Clark recevait-il des organisateurs une prime d’engagement, liée à sa notoriété et distincte de la prime de départ versée à l’écurie qui engageait la voiture ? C’est ce qu’il laisse penser, et que semble confirmer Kurt Ahrens. Et c’est ce qui expliquerait aussi pourquoi il se livre à cette corvée télévisuelle la veille de la course : la participation à cette émission faisait peut-être partie du contrat qu’il avait passé avec les organisateurs. Mais j’avoue que je n’ai aucune information précise à ce sujet.

Pour finir, je ferai une petite remarque d’ordre historico-sociologique. Werner Schneider nous dit qu’il a roulé la veille à 200 km/h pour rejoindre les studios de ZDF à Wiesbaden. De nos jours, on serait horrifié par de tels propos, et cela ferait scandale. Mais à cette époque, il n’y avait pas de limitation de vitesse, ni en Allemagne ni en France, et il était de notoriété publique que les Allemands roulaient extrêmement vite sur leurs autoroutes. Et surtout qu’il y avait moins d’accidents graves en Allemagne qu’en France. Les premières limitations de vitesse interviendront en France en 1974, une décision prise d’ailleurs moins dans le but de diminuer le nombre des morts sur les routes que pour faire face au choc pétrolier de 1973. C’était vraiment une autre époque : je me demande encore comment notre société a pu accepter pendant si longtemps une telle hécatombe sur nos routes.

LE LENDEMAIN

Le second document audiovisuel que je vous propose est un documentaire allemand sur la course elle-même. Il est unique en son genre : rien d’autre n’a été filmé sur cette course, sauf quelques extraits montrés dans les actualités de l’époque. Un jeune caméraman allemand, Marten Taege, se trouvait sur place et a donc tourné ces images. En définitive, il en a fait un documentaire. Très probablement, ce documentaire n’a pas connu un grand succès commercial (et peut-être même n’a-t-il jamais été commercialisé).

C’est seulement bien longtemps après qu’il a été exhumé d’un quelconque fonds archives d’audiovisuelles et publié tout récemment sur Youtube.
S’il est exact, comme je le pense, que ce documentaire n’a pas été commercialisé, on peut comprendre pourquoi : il est tout simplement sinistre et même lugubre. Si l’intention était de rendre compte du coup de massue ressenti par tous les passionnés de sport automobile ce 7 avril 1968, il faut absolument féliciter Marten Taege.

« Mission accomplished »…

Il a vraiment réussi son coup : « Mission accomplished », comme dirait l’autre. Et pour cette raison, on lui pardonnera volontiers la lourdeur du commentaire qui accompagne les images, avec tous les clichés obligatoires en ce genre de circonstances, et très typiques de cette époque : « Panem et circenses », « La mort fait partie du jeu », « Tous les pilotes connaissent la règle », etc. Je pense aussi qu’à cette époque, où le souvenir de la deuxième guerre mondiale était encore vivace, la mort n’avait pas ce caractère inacceptable qu’elle a revêtue de nos jours, dans nos sociétés surprotégées.

J’ai moi-même mis les sous-titres, en essayant également de mettre un nom à certains des protagonistes de cette course de Formule 2. Ainsi apparaissent Carlo Facetti, Graeme Lawrence, Xavier Perrot, Max Mosley, des pilotes qui tentèrent leur chance dans ces courses de Formule 2 sans pouvoir atteindre le niveau supérieur. On voit aussi Jim Endruweit, le chef mécanicien de l’équipe Lotus, et Dave Sims, le mécanicien affecté à la voiture de Clark. La jeune femme que l’on voit discuter avec Jim Clark avant le départ (6 minutes et 43 secondes) est probablement une amie proche de Chris Amon, puisqu’on la voit ensuite tenir le tableau de chronométrage de l’équipe Ferrari. On entre-aperçoit la McLaren de Guy Ligier, dont je ne me souvenais plus qu’il avait participé à des courses de Formule 2.

Distance respectueuse

Avant le départ de la course, on peut voir ces scènes très typiques de l’ambiance des courses automobiles de ce temps, montrant une très grande proximité entre les pilotes, les mécaniciens et le public. A cette époque, on pouvait se promener à sa guise dans le « paddock » avant la course, et toucher de près nos héros. On voit notamment ces spectateurs scrutant tous les faits et gestes de Jim Clark avant le départ, maintenant une distance respectueuse pour ne pas indisposer leur héros. Ils sont venus pour le voir, et ils en ont « plein les mirettes ». J’ai moi-même été, à l’occasion de courses de Formule 2 à Montlhéry et à Rouen, un de ces spectateurs émerveillés, immobile, me tenant respectueusement à distance, et regardant tous les faits et gestes de ces demi- dieux que je voyais en chair et en os.

Pour le reste, en dehors des observations d’ordre général faites un peu plus haut, le film n’appelle pas de remarques particulières. Sauf peut-être sur un point. Quand le présentateur officiel annonce la triste nouvelle, il indique qu’une commission d’enquête est sur place pour élucider les causes de l’accident. C’est évidemment un mensonge : il faut en effet un certain temps pour constituer une commission d’enquête, et surtout on sait que très rapidement les membres de l’équipe Lotus ont pris possession des débris de la voiture, les ont mis dans le camion et ont pris le chemin de l’Angleterre. Il n’y a donc jamais eu l’intention de mettre en place une commission d’enquête en Allemagne.

L’énigme de la 3e Matra

Pourquoi alors ce mensonge manifeste ? Je pense que l’explication est d’ordre psychologique. La nouvelle est tellement extraordinaire et ahurissante, inattendue et incompréhensible, que la stupéfaction fait immédiatement place au besoin de comprendre. L’être humain est ainsi fait : quand le malheur tombe sur lui, il faut lui donner une cause intelligible. Il faut qu’il comprenne. Le simple fait de faire savoir que les organisateurs se sont mis immédiatement à l’œuvre pour comprendre ce qui est arrivé à Jim Clark permet d’atténuer un peu le choc psychologique sur le public (d’ailleurs très visible sur les images de ce film).

Pour finir sur ce documentaire, il y a un mystère que je n’ai pas pu résoudre : quel est ce concurrent numéro 14, avec un casque jaune, qui n’était pas sur la ligne de départ (7 minutes 37 secondes) ? Il s’agit d’une Matra. Dans Wikipedia, je lis ceci : “a third Matra was on the entry list, given #14, but no driver was assigned to it and it did not run”. Je ne doute pas un seul instant que les lecteurs confinés de Classic Courses vont résoudre assez rapidement cette petite énigme. Ne me décevez pas.

Notes

(1) Ces informations sont issues d’une interview de Kurt Ahrens consultable sur le site (https://www.auto-motor-und-sport.de/formel-1/jim-clark-das-aktuelle-sportstudio-zdf-interview/. Kurt Ahrens raconte toutes les circonstances entourant cette émission de télévision, avant, pendant et après. Son récit confirme en tout point celui que j’en avais fait sur Classic Courses (« La dernière course, 1/3 » – 2 avril 2013), notamment le retour cahotique à Hockenheim, tard dans la nuit, après l’émission.
(2) Kurt Ahrens n’a pas réussi le meilleur temps aux essais, mais le troisième temps derrière Beltoise et Pescarolo. Werner Schneider a de toute évidence confondu position sur la première ligne et meilleur temps aux essais. Kurt Ahrens et Jim Clark avaient quitté le circuit immédiatement après les essais pour rejoindre Wiesbaden, probablement sans avoir eu à connaître les résultats définitifs. C’est la raison pour laquelle Kurt Ahrens n’est pas en mesure de corriger le journaliste.
(3) Le journaliste parle d’une Brabham Repco, alors qu’il s’agit évidemment d’une Brabham Cosworth.
(4) Ce n’est pas Kurt Ahrens qui a remporté l’épreuve d’Hockenheim l’année précédente, mais Frank Gardner. Curieusement, Kurt Ahrens ne corrige pas le journaliste.
(5) Jim Clark n’avait pas de résidence à Londres. En raison de son exil fiscal, il avait un petit appartement à Paris, rue de Sèvres, qui était sa plaque tournante.
(6) Pour la petite histoire, j’ai lu dans le livre d’Eric Dimock (Jim Clark – Racing legend, Motorbooks, 2003, p. 235), qu’après sa mort, les deux hommes d’affaires écossais (un juriste, notable du Comté de Berwickshire, et un comptable) avaient fait des placements malheureux aux Etats-Unis, et avaient tout simplement dilapidé l’héritage de Jim Clark. L’affaire s’est terminée devant les tribunaux et s’est conclue par des condamnations.

5 1 voter
Évaluation de l'article

René Fievet

Né en 1952, économiste de formation, René Fiévet vit à Washington DC où il est fonctionnaire international. Dès son plus jeune âge, il a été passionné par les courses automobiles, notamment en lisant les histoires de Michel Vaillant. Il a appris à lire avec « Le pilote sans visage ». Mais vivant à l’étranger dans sa jeunesse, en Extrême Orient et en Afrique, il a plus rêvé le sport automobile qu’il ne l’a vraiment connu. Ce qui arrange bien les choses quand il s’agit d’écrire sur le sujet. Comme tous les passionnés qu’on rencontre dans Classic Courses, René Fiévet pense évidemment que « c’était mieux avant ». Mais à force de répéter ce qui est pour nous une évidence, on risque de passer pour un vieux con. Alors, pour faire taire les sceptiques, les convaincre que le « c’était mieux avant » n’est pas une impression, ni même une opinion, mais une vérité solidement établie, et vérifiable, il faut transmettre quelque chose de ce passé révolu. Et comment transmettre autrement qu’en écrivant ?

René Fievet
S’abonner
Notifier de
guest
31 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
Luc Augier

Bravo et merci pour ces documents. On imagine le pensum qu’a dû être cette émission pour Jim Clark. La jeune femme qu’on aperçoit à deux reprises dans la deuxième vidéo est Michèle Dubosc, qui effectuait le chronométrage pour Matra. Vous signalez une phrase de Gérard Crombac dans Moteurs. Pour ce numéro, nous avions projeté d’évoquer les quatre « grands » et j’avais recherché des collaborateurs particuliers. Je m’étais chargé de Stewart, j’avais fait appel à Christian Moity pour Fangio, à Denis Jenkinson pour Moss et Jabby avait accepté de rédiger l’article sur Jim Clark.Sa réticence à faire une pige pour la concurrence… Lire la suite »

Pierre Ménard

Oui, grand merci, René, pour ces deux vidéos que je n’avais jamais vues. Et chapeau pour t’être tapé la corvée des sous-titres ! A propos des noms des pilotes en incrustation, je pense qu’il y a erreur sur Piers Courage : c’est Pesca qui est à l’écran à ce moment-là.

Orjebin Jean-Paul

j’ai cru également reconnaître Pesca.

jean-Paul Orjebin

De ces deux docs et malgré ou peut-être en raison de leurs maladresses, se dégagent une émotion rare.

christian

Trop jeune pour avoir connu Jim Clark de son vivant , je découvre son oeuvre à travers ces fantastiques articles . Vraiment un grand merci à Monsieur Fievet pour ses écrits et à classic courses pour ces documents . J’adorerais trouver les memes papiers sur les pilotes favoris du bambin que j’étais dans les années 70 , a savoir Francois Cevert et Patrick Depailler . Monsieur L.Augier , svp , pourriez vous nous renseigner sur les journées du vendredi , samedi et dimanche du GP de Watkins-Glen 73 ? le dernier numéro de Moteurs , ce devait être Novembre 73… Lire la suite »

Luc Augier

Conformément à l’adage qui veuille que le cordonnier soit le plus mal chaussé, je ne possède pas de collection de Moteurs et je me fie donc à la rigueur de René Fiévet pour vous re-préciser que c’est le numéro 102, de décembre 1973, dont il est question. Quant au week end de Watkins Glen, que vous dire d’autre que vous n’ayez lu ici où là ? Mes souvenirs les plus marquants sont mon dernier échange avec François Cevert le vendredi matin, avant les essais, où il était revenu sur son accrochage avec Jody Scheckter à Mosport, affirmant qu’il ne claudiquait… Lire la suite »

richard JEGO

Effectivement la jeune femme vue dans la seconde vidéo est Michèle DUBOSC ; on la revoit d’ailleurs dans cette meme video à 10 mn 21 avec Bruno MORIN . Pour trouver l’énigme de la MATRA no 14 , il suffit de lui poser la question . Merci pour cet article bien renseigné et ces 2 trouvailles video .

christian

Merci Monsieur Augier pour votre retour , trop content , permettez moi s’il vous plait , 2 ou 3 questions supplémentaires . Pensez vous comme le disait Mr. F. Guiter , que Francois pouvait avoir été informé que Scheckter avait signé dans chez Tyrrell pour 1974 , et que ce serait une cause possible de sa sur-attaque aux essais du Samedi matin ? Était-il toujours furieux contre Jody quand vous discutiez avec lui le vendredi matin ? Effectivement j’avais bien lu votre émouvant et exclusif témoignage , dans Auto-Hebdo , au sujet de la chapelle ardente et du casque de… Lire la suite »

Luc Augier

Monsieur Christian, je n’ai pas de réponse à vos questions hormis quelques impressions. François Cevert était encore un peu « chaud » lorsqu’il évoquait le différend de Mosport avec Scheckter bien que, je crois avoir lu ça quelque part, Denny Hulme ait joué les médiateurs, ce que j’ignorais à l’époque. Quant à la chambre funéraire, elle était en ville puisque nous avions fait le déplacement depuis l’hôtel à pieds.

Olivier Favre

Merci à René pour ces deux petits films, émouvants et pour le second effectivement lugubre. Concernant le premier, quand le présentateur dit que Kurt Ahrens a gagné l’année précédente, ce n’est pas faux. Mais c’était en F3, le Prix des Nations à Hockenheim le 1er octobre 1967. Quant au mystère de la n°14, il est aussi épais que le plafond était bas ce jour-là. Pour ma part, je dirais que cette n°14 n’est pas une Matra. D’abord, elle ne semble pas bleue, ensuite si une 3e Matra avait couru ce jour-là, on le saurait, l’histoire de la marque française a… Lire la suite »

Linas27

La monoplace #14 n’est pas une MS7, le capot av est plus effilé sans inscrip MATRA F2 , le saute vent transparent de la Matra est plus court, quant au plan arrière: le capot moteur chez Matra présentait un carénage des soupapes d’ad. avec une grille dessus, ce n’est pas le cas sur la #14, le treillis ar n’est pas le même que sur la MS7, les tubulures d’échappement non plus. #14 : je pencherais pour une BT23C…

René Fievet

Voilà un message d’Olivier Favre qui le caractérise : précision et capacité analytique, ce qui lui permet d’aboutir à des conclusions pour l’instant provisoires. L’affaire est évidemment sans importance, et même sans grand intérêt. J’en conviens. Mais, par les temps qui courent, nous avons tous du temps à perdre. Au surplus, c’est une devinette et, comme moi, Olivier Favre aime les devinettes, surtout quand elles mettent en mouvement un processus d’investigation. Je pense, comme lui, que le point de départ est d’identifier la voiture. J’ai bien observé les images, et je suis arrivé à la conclusion qu’il ne s’agit pas… Lire la suite »

Linas27

En 68 Jo Schlesser portait un casque jaune (voir les photos de la Honda aux Essarts) … Avec une visière mais à Hockenheim il faisait sombre et le temps était pluvieux, la visière avait été sûrement enlevée…?

René Fievet

Non, ce ne peut pas être Schlesser. Il portait un casque à visière (voir le film à 11’ 36’’). Et cela n’expliquerait pas le numéro 14.

JM Ander

L’histoire a voulu que je commence à 14 ans à m’intéresser au sport automobile et à acheter mes premières revues (Sport-Auto bien sûr, mais aussi L’Automobile et Virage-Auto) en avril 1968. Autant dire que la mort de Jim Clark a été une dure entrée en matière avec le sport auto de l’époque, d’autant qu’un mois après, c’était le tour de Mike Spence à Indianapolis et 2 mois après, celui de Jo Schlesser à Rouen. Est-ce pour cela, pour sa simplicité, pour son fabuleux palmarès ou pour son style merveilleux de pureté et d’aisance que Jim Clark est resté depuis toujours… Lire la suite »

Pierre Besson

Belle trouvaille, René, une fois de plus

Etrange cette n° 14… la voici sur un bout de film de l’INA…
https://m.ina.fr/video/CAF97509259/mort-de-jim-clark-en-allemagne-video.html

Jean-François RIGO

Merci pour ces 2 documents et les commentaires éclairés qui les accompagnent. J’ai ressenti la même émotion que lorsque j’ai appris son décès en ce jour funeste…

Olivier Favre

Oui, René, on a du temps en ce moment et il est sain de s’occuper l’esprit, même (et peut-être surtout) avec des futilités. Je ne serais pas aussi catégorique que toi concernant Schlesser, je pense que la supposition de Linas27 est pertinente : dans le livre « Une histoire d’homme » sur Schlesser, on voit à la fin une photo de Jo le 7 juillet à Rouen, avec son casque jaune. Et on peut clairement voir que la visière est amovible. Reste le n°14. Là, j’ai une autre théorie : dans ce même livre (et aussi sur un site spécialisé… Lire la suite »

laurent riviere

Je ne sais pas si la littérature anglophone nous a fait revivre les derniers instants de leur champion à la manière de René Fievet avec une telle intensité car tous les documents qu’il nous fait partager sont remarquablement poignants et nous permettent de suivre le destin de Jim Clark, on pourrait dire presque minute par minute. Ces documents font référence. Pour l’anecdote du numéro 14 Linas27 a pour moi la solution. La préparation du numéro 14 se déroule vraisemblablement pendant les essais sur un sol qui parait sec, le casque jaune avec élastique noir est semblable à celui de Schlesser… Lire la suite »

René Fievet

Salut Pierre ! Et merci pour ta contribution essentielle à la résolution de cette énigme décidément très distrayante. Et merci aussi à Linas27 et Laurent Rivière. Avec cette archive INA, je pense qu’on a la confirmation qu’il s’agit bien d’une McLaren en raison de la forme très caractéristique de l’avant de la voiture. Je pense aussi, comme Olivier, que ces images ont été prises pendant la course (en raison de l’assistance dans les tribunes). J’ai regardé à nouveau le film, et il y avait bien 20 voitures au départ, c’est-à-dire exactement le nombre qui figure dans les archives officielles. Ce… Lire la suite »

Pierre Besson

Je crois, en effet, René, que tu as trouvé la bonne solution, d’autant que la voiture poursuivie par la 14 sur la vidéo de l’INA semble bien être la Brabham de Mosley qui termina juste avant Lamplough (si on fait exception de Graham Hill) d’après la fiche Wikipedia. Le plan du film de Marten Taege a du être tourné au cours des essais car on distingue très bien une sangle de maintien du capot qui n’apparait pas sur la vidéo de l’INA. Sur cette dernière le pilote semble porter une « bulle », alors à la mode les jours de pluie, et… Lire la suite »

Olivier Favre

Oui, René, je crois que ça se tient.
Et ça conduit à ne pas toujours accorder une confiance absolue aux listes d’engagés de courses d’il y a 50 ans que l’on trouve sur le Net.
Merci en tout cas pour ce divertissement bienvenu.

Olivier Rogar

Bravo pour cet article et pour la qualité des échanges !

Emile Danlepan

Bravo à René Fievel pour son travail comme à l’habitude remarquable.
Je suis pris d’un doute sur un détail que je laisse à la sagacité générale d’arbitrer. Je suis d’autant peu sûr de moi que j’ai un immense respect pour l’auteur de cette note, mais le pilote apparaissant brièvement à 8’14 dans la seconde vidéo m’évoque plus notre Riton national que Piers Courage.
Qu’en pensez-vous ?

René Fievet

Je pense que vous avez raison, évidemment. C’est d’ailleurs ce que Pierre Ménard m’a fait remarquer immédiatement. Piers Courage apparaît tout de suite après (8’18 »).

René Fievet

Mon cher Olivier (Rogar),
Bravo pour la qualité des échanges, nous dis-tu. Mais ne faut-il pas aller plus loin ? Tu viens d’avoir la démonstration de ce que nous savons faire, nous Français, quand nous savons rester unis et tendus vers le même but à atteindre, … à savoir résoudre l’énigme de la voiture numéro 14.
Quand donc cesserons-nous de nous quereller, de nous disputer, de nous déchirer, de semer parmi nous les ferments de la division ? Comme la France se porterait mieux si nous savions écarter loin de nous ces tristes passions qui nous font tant de mal.

Olivier Rogar

Mon cher René, la passion rassemble. La proximité des fêtes de Pâques et de leur symbolique en est une illustration. Mais déjà pointe le goût amer des passions, qui , elles divisent. Regarder haut pour se rassembler. L’éternelle image du chêne qui fédère et nous fait relever la tête et du gland qui nous la fait baisser au ras des pâquerettes…
Pour revenir à des choses sérieuses, votre enquête m’a enthousiasmé ! Nous avons d’excellents lecteurs. Bravo à eux

laurent riviere

La dernière hypothèse du n° 14 de René Fievet est bien la bonne indiscutablement ce ne peut être que Lamplough . Bien vu !

Freddy stehlin

Mr Fievet, je m’appelle Freddy Stehlin et je suis a la recherche du passe de mon père Charles Stehlin .
Dans l un de vos articles , sur Harry Schell vous mentionnez le groupe d américains qui est partis pour la Finlande pendant la 2e guerre Mondiale , et mon père étais le plus jeune du groupe.
Y as t il moyen que je puisse faire contact avec vous ? Stp
Mon e mail :fstehlin@me.com

Jean-Pierre Noseda

La troisième Matra N° 14 serait il possible qu’il s’agisse de Jo Schlesser?

René Fiévet

Jean Pierre,
Si vous lisez les échanges qui ont suivi ce texte, vous verrez que l’énigme a été résolue : il ne s’agit pas d’une Matra mais d’une Mclaren, et le pilote est Robert Lamplough.