5 novembre 2014

F1 2014 : Le billet de Johnny Rives – Etats-Unis 17

INDÉFENDABLE SUSPENSE

 Podium austin.jpgJustice est faite : Lewis Hamilton est champion du monde 2014 ! Enfin presque… Euh ! à vrai dire, non, il ne l’est pas vraiment, excusez MM. les commentateurs trop pressés… Il ne l’est même pas du tout !

 Car  les 24 points d’avance qu’il comptait au soir du Grand Prix des Etats-Unis ne lui garantissent rien. On espère qu’il le sera, tant il a dominé toute opposition en cette année du renouveau de la F1. Et en particulier, à armes égales, son coéquipier chez Mercedes Nico Rosberg, pourtant valeureux. A deux Grands Prix de la fin du championnat les deux hommes en étaient à 10 victoires contre 4 en faveur d’Hamilton, excusez du peu. Mais aussi écrasant soit-il, ce score est insuffisant à garantir le triomphe de l’Anglais.

Johnny RIVES.

En écrivant pour CC.png

Le pire est que, même s’il gagnait au Brésil dimanche prochain, Hamilton ne serait pas encore certain d’être couronné, même en cas d’abandon de Rosberg ! Car, aussi incroyable que cela paraisse, les 49 points qu’il compterait alors d’avance seraient insuffisants pour le placer hors de portée de son rival.

Tout cela parce que quelqu’un, un génie de toute évidence, a eu, pour maintenir le suspense jusqu’au bout, la lumineuse idée de doubler la dotation en points du dernier Grand Prix. Cela signifie clairement que si Hamilton abandonnait à Abu Dhabi après avoir gagné à Sao Paulo, Rosberg, en marquant les 50 points de la victoire gagnerait le championnat avec un point d’avance malgré un déficit de 6 victoires par rapport à son équipier ! Le suspense, et quel beau suspense Messieurs les législateurs à la noix, tiendrait alors à ceci : la crainte de voir Hamilton abandonner, donc d’aboutir à un flagrant déni de justice sportive. Et cela quelle que soit la sympathie que puisse susciter le jeune germano-monégasque.

Alors, par avance, merci à la FIA ou à la FOM (pardon, mais on ne sait plus trop qui gère la F1) d’abandonner la double dotation du dernier Grand Prix de 2015. Car l’intérêt essentiel du sport est que le meilleur gagne. Pour le suspense, tant pis, on ira au cinéma voir du Hitchcock.

QUID, AUJOURD’HUI, DU DUEL ARNOUX-VILLENEUVE ?

 Cela dit, le beau circuit « des Amériques » nous a valu un Grand Prix animé et vivant, inhabituellement riche en dépassements, si l’on excepte la course des Mercedes, dominatrices à leur habitude. Un Grand Prix d’où l’on ressortira, comme si souvent cette saison, le sensationnel Daniel Ricciardo. Celui-ci nous a offert quelques dépassements de haute volée dont un sur Magnussen qui n’a pourtant pas son pareil pour fermer les portes – ce qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences un jour.

 On a également vu de belles batailles au cœur même du peloton des poursuivants. Des batailles mises en relief par le très intéressant tracé du circuit texan qui favorise les dépassements. Batailles dans lesquelles Jean-Eric Vergne et Romain Grosjean ont combattu avec une hargne qui faisait plaisir à voir. Et qui aurait sans doute enchanté leur infortuné camarade Jules Bianchi qui était animé par la même passion qu’eux. Et pour lequel on renouvelle tous nos vœux.

 L’apogée de leur bataille, Vergne et Grosjean l’ont concrétisée à travers un mano a mano d’anthologie. Hélas les commissaires sportifs (parmi lesquels siégeait pourtant Derek Warwick) n’ont pas apprécié cet affrontement autant que nous – ni autant que Jacques Villeneuve, enthousiasmé comme rarement – en infligeant une sanction au valeureux Vergne. Heureusement que les commissaires sportifs ne sévissaient pas avec autant de zèle à la grande époque, car René Arnoux et Gilles Villeneuve auraient été victimes des mœurs de la F1 actuelle. Et probablement suspendus pour plusieurs Grands Prix à l’issue de leur inoubliable duel du G.P. de France 1979 à Dijon.

 On conservera de nos deux Français, outre leur combat singulier, deux images rares : un joli dépassement de Grosjean sur Vettel, certes alors en difficulté avec ses pneus, mais avec une Lotus contre une Red Bull, il fallait quand même le faire. Et puis un dépassement tout aussi remarquable de Vergne sur Button, une Toro Rosso prenant l’avantage sur une McLaren, ça n’est pas fréquent…

 Au plan des déceptions, on placera justement les McLaren qui n’ont pas confirmé en course les espoirs qu’elles avaient fait naître aux essais. Sans oublier les Ferrari, qui ne valent guère qu’à travers le talent de Fernando Alonso… qu’elles vont bientôt perdre. On ne s’étendra pas sur la nouvelle bévue de Sergio Perez qui a malencontreusement renoué avec ses vieux démons alors que des milliers de spectateurs mexicains avaient effectué le déplacement pour l’applaudir. Un Perez qu’Adrian Sutil ne porte certainement pas dans son cœur !

 
 
Illustrations
 
Illustration 1 : Podium Hamilton – Rosberg – Ricciard © DR
Illustration 2 : Johnny Rives © Lysiane Rives

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