16 février 2013

C’est au moins Fangio qui est au volant ! (I)

Les trajectoires de Juan-Manuel Fangio et de François Blaise se sont croisées en 1957 sur la Nordschleife. Francis Rainaut en profite pour nous raconter une grande  course.

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« C’est au moins Fangio qui est au volant ! »

C’est par cette réplique du capitaine Haddock dans l’affaire Tournesol que j’ai été initié, comme tant d’autres,  au petit monde du sport automobile.

Plus tard j’ai eu la chance de croiser Juan-Manuel Fangio dans le paddock de Monza en 1969 et de lui glisser trois mots pour obtenir un autographe (Merci aux tifosis m’ayant fait la courte échelle pour passer le grillage sans y faire de trous) . Après tout mes cousins avaient bien serré la main du « Général », ça remontait ma cote dans la famille.

François Blaise a assisté quant à lui à la dernière victoire du mythique El Chueco sur la non moins mythique Nordschleife de l’anneau du Nürburg. Il en a ramené des photos pleines d’émotion.  

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Cette victoire, François Blaise a dû s’en souvenir longtemps.

Comme Fangio, qui la gardera à jamais dans sa mémoire, sans doute parce qu’elle était à la fois la plus belle, celle de son 5ème titre et aussi sa dernière.

Quand il arrive sur le fameux circuit de 22,810 kms aux 176 virages – à parcourir 22 fois, soit un peu plus de 500 kms – Fangio est au sommet de son art.

Pourtant, malgré trois victoires à son actif cette année-là, il semble préoccupé. Il se méfie des Vanwall anglaises, et dans une moindre mesure des Lancia-Ferrari de Hawthorn et de Collins. Il se méfie surtout de ses pneus Pirelli, moins endurants que les Englebert ou les Dunlop de la concurrence. Aussi Fangio et son équipe ont-ils prévu un changement de pneus à mi-parcours et aussi de s’élancer avec seulement un demi-plein d’essence afin d’alléger la Maserati 250F.

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Le Grand prix démarre doucement pour l’Argentin qui prend le temps de bien chauffer ses gommes et se fait immédiatement passer par les Ferrari. Il faudra attendre le 3ème tour pour que Fangio hausse le ton et prenne ainsi le commandement de la course avec assurance. L’idée du staff Maserati était que Fangio prenne le maximum d’avance en prévision des ravitaillements prévus pour le 11ème tour. À coup de records du tour, Fangio s’est aménagé une avance de 31 secondes au dixième des 22 tours de l’épreuve. Selon Nelle Ugolini, le directeur de la Scuderia Maserati, le changement de pneumatiques devrait être effectué en 30 secondes maximum.

Quand le grand Fangio rentre au stand lors du 12ème tour, l’opération pneus s’éternise, et cela coûte 53 secondes à l’Argentin qui repart rageusement en piste avec un retard de 48 secondes sur les deux Ferrari de Hawthorn et Collins qui roulent de concert, biens en ligne pour la victoire finale. À ce moment précis, tout le monde pense que le grand prix est fini et que Fangio ne pourra jamais revenir sur les deux Anglais. Pourtant, c’est à ce moment précis que l’histoire va s’écrire.

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Fangio, avec la complicité de son chef mécanicien Bertocchi, a mis en place une stratégie assez curieuse. L’idée était d’intoxiquer le directeur sportif de Ferrari en faisant semblant de vouloir renoncer. Idée risquée mais qui, sur le long tracé du Nürburgring, était une tactique finalement assez ingénieuse car les communications ne se faisaient que lorsque les pilotes passaient devant les stands.

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A suivre…

 

Francis Rainaut

 

http://www.youtube.com/watch?v=f51wEb3CuB8&feature=re…

 

Crédits photos :

1, 2 et 3. Fangio, Paddock, H.Herrmann G.P Allemagne 1957 © François Blaise

4. Carrusel Germany 1957 © The Cahier Archive

Illustration : Patrick Brunet ( Original au Musée de Donington)

 

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