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Discrètes mais audacieuses, Rétromobile 2026

par | 20 Fév 2026 | 1 commentaire



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Elles n’ont pas toutes fait la une des media mais leur personnalité plus que leurs exploits les font sortir du lot. Il se peut d’ailleurs que certaines d’entre-elles aient déjà croisé sur nos pages, comme F1, Sport Proto ou contemporaines de cette fameuse année mirifique. L’audace excusera la redite, nous l’espérons.

La richesse de Rétromobile ne cesse de surprendre. Ce salon est une plateforme d’échanges pour l’industrie d’une automobile avec des racines. Classique ou de compétition. Difficile donc pour les nouveaux venus ou les apostats convertis au rotor et au stator, de s’y faire une place légitime nous a-t-il semblé.

Nous avons classé nos discrètes en trois catégories, relevant de l’audace, de la classe, de la passion.

Olivier Rogar Santoni

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L’audace

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Tatra T77A – 1935

L'audace, Rétromobile 2026

Tatra T77 1935 © Olivier Rogar Santoni

 

On doit beaucoup au fondateur de Tatra, Hans Ledwinka. Plusieurs premières automobiles notamment, comme le châssis constitué d’une épine dorsale sur laquelle sont fixés les bras oscillants, puis les moteurs refroidis par air et enfin les freins sur les quatre roues.
Lorsque son fils rejoignit la marque en 1929, il fut suivi par l’ingénieur hongrois Paul Jaray qui avait fait ses armes dans l’aéronautique et notamment chez Zeppelin. Ses études aérodynamiques lui feront initier des formes que Raymond Loewy était aussi en train de développer, aux USA. Ce mouvement sera celui du « streamlining ».
La Tatra T77A présentée ici date de 1934. Construite à 101 exemplaires, elle est contemporaine des autres streamliners que sont les Voisin Aérodyne C24, Chrysler Airflow et Peugeot 402.  Quatre roues indépendantes, freins hydrauliques, elle filait à 145 km/h.
Pour en savoir davantage sur les Tatra, nous vous conseillons la lecture de nos articles « Sur la piste des mystérieuses Tatra » https://www.classiccourses.fr/sur-la-piste-des-mysterieuses-tatra-2-2/

Maserati 250F V12 # 2531 – 1957

L'audace, Rétromobile 2026

Maserati 250F V12 1957© Olivier Santoni Rogar

1957, la dernière saison de Fangio. La Maserati qui remporte son titre grâce au Maître, en l’absence des Mercedes, pour les raisons que l’on connait. La concurrence est rude pourtant et les guêpes à moteur arrière ne vont pas tarder à montrer leur dard aux grosses F1 à moteur avant.

Maserati 250F V12 1957© Olivier Rogar Santoni

Giulio Alfieri est donc mandaté par la vieille firme de Modène pour donner encore plus de puissance à la plus belle des F1, la 250F . Exit le bon 6 cylindres pour un magnifique V12. La puissance obtenue ne compensera malheureusement pas le surpoids. Jean Behra aura l’honneur de prendre le départ du GP d’Italie 1957 avec ce châssis 2531, le seul équipé du V12.  Fangio pour sa part , l’utilisera aux essais du GP du Maroc.
En 1958 Maserati se retirera de la F1.

Osi Silver Fox – 1967

Osi Silver Fox 1967 © Olivier Rogar Santoni

Voilà bien une étrange silhouette. La galerie des Damiers exposait l’unique Silver Fox existante. Elle fait penser à un chasseur Lightning P38 avec ses deux fuselages ou plutôt à la tentative équivalente d’unir deux Mustang P51. Car le projet automobile en resta là lui aussi. Pas d’engagement au Mans 1968 comme envisagé. L’Officine Stampaggi Industriali et le concepteur Sergio Sartorelli ayant subi la perte du fondateur d’OSI, Luigi Segre.

Cependant l’idée de cette forme est due à l’ancien pilote Piero Taruffi.  (1906-1988). Sa belle chevelure grise et la ruse dont il usait parfois lui avaient valu le surnom de « Renard argenté » ou « Silver fox » en anglais.
L’engin se compose de deux fuselages. L’un abritant le pilote et l’autre le moteur Alpine 1000 cc. L’avant étayé par un important aileron réglable à l’arrêt, comprend les roues, les suspensions et la direction. La nacelle suit avec l’habitacle et un aileron réglable en marche. L’arrière accueille roues, suspensions et transmission et un aileron fixe. L’aérodynamisme de la voiture lui permet d’atteindre la remarquable vitesse de 250 km/h.

La voiture a été restaurée sur une période de dix années, à l’initiative de son nouveau propriétaire, Paul-Emile Bessade.

Lamborghini Miura P400 S – 1968

Lamborghini Miura P400S 1968 © Olivier Rogar Santoni

Le chef d’œuvre de Gandini ? Certes. En partie. Car derrière Bertone et Gandini, il y avait un homme, Ferruccio Lamborghini dont la volonté de fer a pu conduire à la création de cette beauté. La marque de ce caractère fort ne se trouve pas seulement dans le taureau dont il est le symbole, mais dans l’absence de compromis. A chaque difficulté de conception, châssis, moteur, forme, Ferruccio a imposé sa volonté contre la logique technique, esthétique, industrielle. Dans cet essor de la vision sur les contingences, le talent de Gandini a pu se déployer. Mais l’un aurait – il pu aller sans l’autre ?

Alors imaginons un enfant de 7 ans, se trouvant place Saint Nicolas à Bastia en 1968 et tombant, elle était plus basse que lui, sur une Miura rouge garée le long du trottoir. Il est des chocs esthétiques qui influencent une vie. Ça aurait pu être une statue , un tableau, un paysage ou une perspective. Ce fut une sculpture conceptuelle : elle promettait 300km/h.
Lorsqu’il y a quelques années Kidston, le marchand Suisse, a fait une exposition de Miura à Rétromobile, j’ai cru être retombé sur la « mienne ». Celle de Bastia. En effet son premier propriétaire était Corse… Mais il s’agissait d’une SVJ…

Voir article Rétromobile 2019, Des souris et des hommes : https://www.classiccourses.fr/retromobile-2019-des-souris-et-des-hommes-3/

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Olivier Rogar
« Petrol head » ? D'aussi loin que je me souvienne, l’automobile m’a toujours fasciné. Les tacots, le Pub Renault, Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Circuit Paul Ricard, m’ont fait passer de Sport-Auto à Auto-Hebdo et l’Equipe. Attrait pour les protos du Mans et les CanAm d’abord. Puis la F1 au cours de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Quelques photos m’ont amené à collaborer à «Mémoire des Stands» puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic Courses. Je trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, d'audace, de rapidité dans la décision dont la maîtrise pimente une vie active.
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