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Hockenheim ring, Hockenheim, Bade-Wurtemberg (RFA), le 11 avril 1976
Malin comme un singe, et aussi agile (la comparaison s’arrête là), Guy Royer flaire le bon coup en emboîtant le pas de Hugues de Chaunac qui a pris ses deux pilotes par la main, peu après le podium.
On se positionne face au soleil qui brille depuis la mi-mars sur toute l’Europe. On parle d’une sécheresse qui s’annonce historique.
Patrice Vatan
Arnoux et Tambay sur le podium de la Jim Clark Rennen
Et le trio lève les bras au ciel. René Arnoux et Patrick Tambay, respectivement deuxième et troisième de l’AvD-Deutschland-Trophäe Jim Clark-Rennen, première épreuve du championnat d’Europe de F2. Ça mitraille, les photographes adorent ce genre de scoops qui n’en sont pas.
Attirés par ce faux podium comme des tifosi par une brèche du grillage à Monza, les Nigel Snowdon, Jeff Hutchinson, Ercole Colombo, Jutta Fausel, Manou Zurini qui passera dans Sport Auto de mai une version voisine de celle shootée par Guy. Ses clichés, Guy Royer les réserve au média qu’anime son compère Patrice Vatan, « Le Demi-siècle », qui comme son nom le suggère paraît tous les 50 ans, périodicité un brin audacieuse qui a le mérite du recul par rapport à l’événement.
Hans Stück imbattable à Hockenheim
Le stadium d’Hockenheim ou l’arène romaine
Surpris par Jean Pierre Jabouille au départ de la première manche, il lui fallut 9 tours pour récupérer le commandement, alors salué dans le Stadium par les tirs rituels de fusées de la part des quelque 110 000 spectateurs teutoniques, la caisse de Hannen Alt entre les pattes, éructant une langue évoquant plus Rommel que Hölderlin.
Il y a de l’arène romaine dans le Stadium d’Hockenheim. Simplement les quadriges ont été remplacés par les légères monoplaces de F2 à la carte de visite éloquente : 500 kg pour 300 CV.

François Migault et son Osella FA 2 BMW Schnitzer. 11e dans la première manche, n’apparait pas au classement final © Guy Royer
La pourtant toute puissante F1 n’a pas asphyxié la hiérarchie y conduisant. Ainsi le championnat F2 est riche cette année de 13 constructeurs de châssis et 7 motoristes. Côté français, le V6 Renault équipe les deux formations, Martini et Elf 2, le Chrysler-ROC, issu du bloc 2 litres Simca est monté sur la Chevron de Jean-Pierre Jaussaud, lequel eût fini à la 5e ou 6e place sans une rupture du joint de culasse.

Le Chrysler-ROC, issu du bloc 2 litres Simca, est monté sur la Chevron de Jean-Pierre Jaussaud, lequel eût fini à la 5e ou 6e place sans une rupture du joint de culasse © Guy Royer

