Toyota a survolé les 6 Heures de Barcelone. Au terme d’une course dominée de bout en bout, le constructeur japonais signe un doublé et décroche le titre mondial des constructeurs, à une manche de la fin de la saison. Derrière, la concurrence n’a jamais réussi à trouver la solution pour inquiéter ces Toyota intouchables, et ce, malgré une météo incertaine et plusieurs neutralisations. En LMGT3, Porsche s’impose avec une autorité comparable.
Bertrand Allamel
.

.
Départ mouvementé

C’était annoncé : le ciel catalan devait jouer les trouble-fête. Après les précipitations de la matinée, les concurrents s’élancent sur une piste encore humide, avec des conditions d’adhérence délicates et la menace persistante d’un retour de la pluie tout au long de la course.
Les qualifications avaient pourtant laissé entrevoir un scénario inédit et intéressant : Genesis, dont la GMR-001 #17 avait décroché la pole position grâce à Mathys Jaubert, occupait deux des trois premières places sur la grille. Entre les deux prototypes coréens s’intercalait la Toyota #8 de Sébastien Buemi.
Daniel Juncadella prend les commandes avec la Genesis #19, devant Buemi et André Lotterer. Mais l’Espagnol commet une erreur quelques virages plus loin et abandonne la première place au pilote suisse sur sa Toyota, tandis que plusieurs incidents entraînent les premières neutralisations.
Dès lors, une hiérarchie claire s’installe. Nyck de Vries remonte au deuxième rang avec la Toyota #7 et rejoint Buemi en tête de course. Les deux prototypes japonais commencent alors à s’échapper, laissant leurs adversaires se disputer les places d’honneur.
Toyota, la force tranquille

Depuis le bord de piste, la domination des Toyota est impressionnante. Les bolides rouges évoluent avec une sérénité déconcertante. Une forme de facilité qui leur donne un air presque… majestueux. Une domination tranquille qui se traduit rapidement dans les chronos. Après un peu plus d’une heure de course, les deux Toyota occupent déjà les premières places et la Ferrari #50, première poursuivante, accuse une vingtaine de secondes de retard. Les relais s’enchaînent avec une remarquable régularité, tandis que les adversaires peinent à maintenir le même rythme.
Les multiples neutralisations viennent pourtant compliquer la tâche des leaders, mais à chaque fois, les Toyota, imperturbables, creusent de nouveau l’écart.
La victoire pour Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa

Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa remportent donc les 6 Heures de Barcelone devant Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries.
Un résultat qui permet à Toyota de décrocher le titre mondial des constructeurs avant même la finale de Monza. Après une saison marquée par la résistance de BMW et les ambitions déçues de Ferrari, la marque japonaise scelle à Barcelone sa domination sur l’ensemble de la saison.

Genesis : espoirs …

Genesis avait des raisons d’espérer. Pour sa première saison en WEC, le constructeur coréen plaçait ses deux GMR-001 aux première et troisième positions sur la grille, Mathys Jaubert devenant au passage le plus jeune poleman de l’histoire du championnat.
Rencontré samedi dans le paddock, Mathieu Jaminet (Genesis #19) ne cachait pas sa satisfaction : « On savait qu’on était bien sur un tour, mais c’est un peu une surprise d’être aussi bien que ça. » Le Français soulignait surtout les progrès de l’équipe : « On voit que course après course, on monte en puissance et que ça va de mieux en mieux. » Avant de conclure : « Maintenant, il faut scorer demain. »

Génésis : … et regrets
Hélas, les espoirs du samedi se sont rapidement dissipés. Malgré un excellent départ de Daniel Juncadella, brièvement en tête avec la #19, les deux Genesis ont progressivement rétrogradé dans le peloton. Erreurs de pilotage, difficultés de motricité et pénalités ont notamment compromis la course de la #17, tandis que la #19 ne parvenait pas à retrouver les premières places.

Genesis quitte donc Barcelone avec une première pole position historique, mais aussi quelques regrets. La vitesse est certes au rendez-vous sur un tour, ce qui est remarquable pour une première année, mais il reste à la transformer en résultat sur six heures. Rendez-vous la saison prochaine ?
Des poursuivants impuissants
Ferrari a connu des fortunes diverses. La #50 s’est longtemps maintenue parmi les principales poursuivantes, tandis que la #83 d’AF Corse s’est montrée compétitive dans les luttes pour les places d’honneur. La #51 a vécu, quant à elle, une course particulièrement difficile. Un résultat global à l’image de la saison du constructeur italien.
Cadillac et BMW ont également animé les débats sans parvenir à menacer durablement les leaders. Les prototypes américains se sont régulièrement mêlés aux premiers poursuivants, tandis que les BMW ont montré un rythme intéressant, sans pouvoir toutefois confirmer les performances entrevues au cours de la saison.
Du côté français, Alpine a entretenu quelques espoirs. La #36 de Jules Gounon, puis Victor Martins, s’est montrée offensive dans le peloton. Une stratégie décalée lui a même permis d’occuper provisoirement la troisième place à moins d’une heure de l’arrivée. Mais une crevaison tardive a anéanti ses ambitions, repoussant finalement la voiture au neuvième rang.
Peugeot a connu, une fois de plus, une course discrète. Malgré un début d’épreuve encourageant de Paul di Resta au volant de la #93, les 9X8 n’ont pas réussi à s’installer durablement dans le groupe des prétendants aux premières places. La saison se termine sans coup d’éclat.
LMGT3 : Porsche impose également sa loi

En LMGT3, la Porsche 911 GT3 R #92 de The Bend Manthey a elle aussi réalisé une démonstration de force.
Partie en première ligne derrière la McLaren #10 de Garage 59, la voiture confiée à Yasser Shahin, Riccardo Pera et Richard Lietz prend rapidement les commandes de la catégorie. Dès les premières heures, elle impose un rythme que ses poursuivantes peinent à suivre.
Riccardo Pera se montre particulièrement efficace, creusant un écart conséquent sur les Corvette et les autres prétendantes au podium. Malgré les neutralisations successives, la Porsche conserve la maîtrise de son sujet et s’impose sans véritablement avoir été inquiétée.
Rendez-vous à Monza
Toyota quitte Barcelone avec une victoire, un doublé et le titre mondial des constructeurs. La saison n’est pourtant pas terminée. Si le titre Constructeurs est désormais acquis, celui des pilotes reste à attribuer entre les deux équipages Toyota. L’ultime manche italienne, qui remplace les 8 Heures de Bahreïn, sera donc décisive. Avantage à l’équipage #8 (Buemi / Hartley / Hirakawa) avec ses 114 points, soit 17 points d’avance sur l’équipage #7 (Conway / Kobayashi / De Vries).
Rendez-vous le 8 novembre !