Nigel Mansell – Il leone ou la diva ? – Les revenants 5

Il leone ou la diva ? Le combattant ou le capricieux ? Nigel Mansell a été aimé par le public et détesté par « le milieu ». Caractère paradoxal, aussi dur qu’émotionnel. La réflexion est souvent en vacances. Toute contrariété se trouve gérée par le cervelet… Attaque ou fuite. On – Off permanent et éreintant pour ceux qui ont la charge de le manager. Un tour chez un psy aurait probablement fait le plus grand bien à sa – déjà très belle – carrière. Mais quand on est sûr de soi…

Olivier Rogar

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Les statistiques de Nigel Mansell

https://www.statsf1.com/fr/nigel-mansell.aspx

Nigel Mansell
Bob Dance-Nigel Mansell-Paul Ricard-11-1979 @ Olivier Rogar

Et en plus Mansell est anglais !

Novembre 1979 Circuit Paul Ricard – Le soleil est déjà haut. Le vent souffle, rien n’arrête le mistral sur le plateau du Castellet. Devant les stands, Bob Dance le scrute en l’écoutant : Nigel Mansell sort d’une saison de F3 britannique qui lui a permis de se faire remarquer. Pas de quoi emballer le monde de la F1 comme Piquet deux ans auparavant, mais l’œil interrogateur de Colin Chapman est tombé sur le faux débonnaire et vrai moustachu quelques mois plus tôt, à Silverstone. En recherche d’un pilote pour Lotus. Britannique ou non d’ailleurs. Même si Tom Pryce, John Watson et James Hunt prouvent qu’après quelques années de carence, les racers britanniques sont de retour.  

Nigel Mansell est donc là.  Mais il n’est pas le seul. En deux semaines de temps, deux semaines de soleil et de vent, espoirs et tourments saisiront tour à tour les candidats au volant de la Lotus de Carlos Reutemann. Dallest notamment. Mais le camion a brulé en venant. Ca ne s’invente pas. Essais reportés. Agenda démonté. Injustice immanente, le tour de Richard ne repassera plus. Puis Stephan South qui testera les suspensions de cette Lotus 80 qui n’a jamais marché. Ressorts en butée, South ne voit plus le billard du Castellet. L’effet de sol fonctionne mieux mais l’auto est inconduisible. Et cela donne à Chapman l’idée du double châssis. On en reparlera. Pourtant exit South. Lammers, n’aura pas davantage de chance et passera chez ATS, non plus que Cheever.

Nigel Mansell
Stephan South-Paul Ricard-11-1979 @ Olivier Rogar

Mais Mansell est toujours là. Il tourne. Analyse. Surmonte à coup d’antalgiques les douleurs d’une vertèbre récemment fracturée. Effet d’une moustache qui rappelle celle de Hill ? …  Chapman n’engage pas mais il adoube. L’élu est finalement Elio de Angelis qui fera équipe avec Andretti.  Pourtant le poste de pilote d’essai est créé pour Mansell. Plutôt bienvenu. Il a hypothéqué maison et confort pour financer sa saison 1979 de F3.

Nigel Mansell
Mario Andretti- Elio de Angelis – Brands Hatch 07- 1980 @ Olivier Rogar

Le feu aux ….

Deux courses en 1980 sur la Lotus 81B. On se souvient d’une fuite d’essence qui lui occasionne de sérieuses brûlures en Autriche. Devinez à quel endroit ….L’homme souffre le martyre mais s’accroche, c’est du pur Mansell.  Il devient titulaire en 1981 lorsque Andretti quitte le navire. Ce ne seront ni les années de gloire de Lotus, ni celles de Mansell. La révolutionnaire Lotus 88 a été bannie. Chapman est mort.

Mais Ducarouge est arrivé. C’est la lente remontée vers les sommets. Le moteur V6 turbo Renault apparu en 1983 permet au britannique une première pole à Dallas en 1984. Mais pas de concrétisation en course. Ca a failli à Monaco, où il a pris la tête devant Prost et s’est envolé avant de finir. Dans les rails. Le flegmatique Peter Warr, team manager de Lotus, est tellement déçu qu’il se laisse aller à une délicate prophétie : « Ce gars ne gagnera pas un Grand Prix tant que j’aurai un trou dans le c… » . Une première fois les trajectoires de Mansell et Senna vont se croiser. Il cède alors sa place au brésilien, celui qui avec Ducarouge, fera regagner Lotus. Pas jusqu’au titre. A l’éternel regret du français (Voir ici l’interview de Gérard Ducarouge par Jean Paul Orjebin).

Nigel Mansell
Nigel Mansell – Lotus – Monaco 1984 @ DR

Premières victoires

Mansell rejoint donc Williams en 1985 et courre aux côtés de Keke Rosberg, champion du monde 1982. La Williams FW10 motorisée par le V6 turbo Honda lui permet deux premières victoires à Brands Hatch en Grande Bretagne puis à Kyalami en Afrique du sud. Il finit le championnat à la 6e place. Rosberg à la 3e.

Pour 1986 Williams a conçu la FW 11 qui remportera 9 victoires dont 5 pour Mansell et 4 pour Nelson Piquet qui remplace  Rosberg.  La lutte pour le titre est perdue par un pneu de Mansell qui explose au cours du dernier grand prix de la saison en Australie. Prost remporte l’épreuve et le titre avec.

En 1987, c’est Piquet, plus régulier qui l’emporte malgré 3 victoires à 6 pour Mansell. Ca commence à chauffer sous le casque de l’anglais… D’autant plus que Williams perd le moteur Honda au bénéfice de McLaren et doit se contenter pour 1988 du V8 Judd. Année blanche.

Mansell dernière recrue d’Enzo

C’est Ferrari qui lui ouvre ses bras pour 1989. Et quand on dit Ferrari c’est de l’Ingeniere dont il s’agit. Mansell est le dernier pilote recruté par le Commandatore. Saison terne. La boîte ne tient pas. (Voir ici l’article de Pierre Ménard sur la Ferrari de 1989). Nigel Mansell cohabite avec Ber ger. Il remporte deux grands prix et finit 4e du championnat. Son tempérament entier, son pilotage et son apparente absence de tout calcul lui valent le respect des tifosi qui le surnomme « il leone ».

Nigel Mansell
Nigel Mansell Ferrari Hongrie 1989 @ DR

En fin de saison au Portugal, il s’illustre en ratant son arrêt aux stands de plusieurs mètres puis en faisant marche arrière avant de repartir. Ce qui est interdit. Disqualifié il ignore le drapeau noir. Rattrape Ayrton Senna qui joue le titre contre Prost, le double et le percute. Double abandon. Il écopera d’une amende et d’un Grand Prix de suspension. La suite se règlera entre Prost et Senna à Suzuka et relève de l’histoire de la F1.

Pour 1990 la musique va être un peu différente. Prost arrive avec son troisième titre de champion du monde. Ca continue de bouillir sous le casque du moustachu. Après avoir eu le fin manoeuvrier Piquet, voici un autre client avec Prost. Il Leone fait ce qu’il peut, toujours aussi généreux mais le français aussi bon politique que pilote joue aux échecs avec le staff de la scuderia.

Prost dans le mur

Et Mansell se trouve marginalisé. Une seule victoire contre cinq à Prost. Mais une victoire acquise sur une manœuvre tellement limite qu’elle sera appelée « la trahison de Mansell ». Il a tassé Prost contre le mur au départ du Grand Prix du Portugal. Celui-ci finit 3e et compromet sérieusement ses chances au championnat face à Senna. D’autant qu’une fois encore au Japon… Mais cela est une autre histoire… Dépité et déboussolé l’anglais manque de raccrocher son casque. Il l’annonce en tout cas.

Nigel Mansell
Nigel Mansell Portugal 1990 @ DR

Mais Williams est là. Et c’est heureux car Nigel Mansell vient de conclure sa 10e saison complète en F1 avec un total de 16 victoires, sans titre mais avec la réputation d’une tête brulée.  Chez Williams, il est en terrain connu et réciproquement. Frank Williams et Patrick Head les francophobes, bien aidés par… Renault ont créé une voiture ultra-technologique et performante, la FW 14. Mansell s’octroie cinq victoires contre deux à son équipier, Riccardo Patrese.

Nigel salue et cale

Il n’est pas passé loin d’une sixième au Canada. En tête, il salue la foule tout au long du dernier tour. Et passe une épingle au ralentit sur le 6e rapport. La voiture cale. Piquet sur Benetton l’emporte. Précisant crûment que cette victoire lui a procuré une « certaine jouissance ». Senna remporte son troisième championnat, devant Mansell.

Ces malheurs en course, étourderies ou réactions instinctives bestiales vont céder le pas à une approche plus calme, bien aidée par la FW 14B en 1992. Mansell bat alors tous les records existants grâce à cette voiture technologiquement un cran au-dessus du plateau. 9 victoires, 14 poles. Il s’approprie un autre record, moins prestigieux, celui du pilote ayant couru le plus longtemps en F1 avant d’être couronné du titre mondial.

Nigel Mansell
Nigel Mansell-Williams FW 14B 1992 @ DR

Nigel Mansell est champion dès le Grand Prix de Hongrie mais se retire de la F1. What’s the hell ? Tout simplement l’imminence de l’arrivée de son vieux copain Prost pour la saison 1993 chez Williams. Et comble du mépris dont il se sent l’objet de la part de son employeur, celui-ci veut lui imposer une réduction de salaire malgré son titre. Les tentatives de rattrapage de dernière minute n’y feront rien, cette fois sa décision est prise. Adieu la F1 avec 30 victoires et un titre de champion et vive le CART – Indy !

La retraite d’Andretti

En 1993, tandis qu’il s’illustre en formule CART aux USA chez Newman-Haas, avec cinq victoires et le titre, « sa » Williams remporte le championnat F1 avec Alain Prost. Ce dernier avait barré la porte à Senna et signé un contrat de deux ans avec Williams (Voir ici l’article Les revenants – Prost) . Titre en poche, il renonce à sa seconde année et Williams embauche Senna aux côtés duquel demeure le jeune Damon Hill.

Nigel Mansell
Nigel Mansell – CART Newman-Haas – 1993 @ DR

Prost retraité commente les Grands Prix de F1, Mansell se bat toujours en CART avec une voiture moins réussie que celle de 1993 et tape sur les nerfs de l’équipe. Notamment sur ceux d’Andretti, son co-équipier.

La nouvelle FW16, privée de nombre d’assistances dont bénéficiait la FW15, s’avère délicate à piloter. Les deux premières épreuves de 1994 se traduisent par deux abandons de Senna. La troisième en mai 1994 reste l’une des plus cauchemardesque que la F1 ait connu. Accident mortel aux essais. Accident au départ. Restart. Accident mortel de Senna à Tamburello. Chez Williams on est foudroyé.

Retour gagnant pour Mansell

Après Monaco il est fait appel au très jeune David Coulthard pour seconder Hill sur les épaules duquel repose la course au titre. Mais Schumacher et Benetton prennent le large. Bernie Ecclestone et Renault pèsent de tout leur poids pour que Williams fasse revenir Nigel Mansell. Pour la seconde fois, tout aussi involontairement, sa trajectoire va donc croiser celle de Senna.

Nigel Mansell
Nigel Mansell Williams FW16 France 1994 @ DR

« Libéré » en fin de saison par Newman-Haas, Nigel Mansell qui avait encore une année de contrat, retraverse l’atlantique. Sa seconde carrière en F1 débute au Grand Prix de France. Qualifié second il abandonne sur rupture de transmission. Il revient à partir du Grand Prix d’Europe pour disputer les trois dernières épreuves de la saison. En Espagne, qualifié 3e, il sort de piste au 47e tour. 4e à Suzuka, il termine en 4e position. En Australie, Schumacher mène le championnat d’un point devant Damon Hill. Mansell se qualifie en pole position. Tandis que Schumacher et Hill s’accrochent et abandonnent au 35e tour. Ce qui donne le titre au premier, Mansell remporte l’unique victoire de son retour et contribue au titre constructeur de Williams. Pour la dernière fois, un pilote ayant passé 40 ans remporte une course de F1. Il a tout lieu de penser que l’aventure va continuer en 1995. Mais le choix de Williams se porte sur Coulthard qui n’a pas démérité et est sans doute moins compliqué à gérer.

Nigel Mansell
Nigel Mansell – Williams Australie 1994 @ DR

Diva un jour, diva toujours

De leur côté, Norbert Haug de Mercedes et Ron Dennis de McLaren ( qui viennent de quitter le motoriste Peugeot)  veulent sceller leur nouveau partenariat avec un pilote de premier plan. Mika Hakkinen leur semblant encore une peu « jeune ».  Leur choix se porte donc sur Mansell. La négociation est compliquée. Probablement un peu énervante. Mais l’accord est scellé. Neil Oatley a concocté un châssis fin et une coque étroite pour optimiser l’effet de sol.

Tout semble bien se passer lors du déverminage de l’auto. Mais celle – ci a été « moulée » autour du longiligne Mika Hakkinen. Et quand le rythme accélère, Nigel se rend compte que « la voiture a rétréci ». Il n’est pas à l’aise pour piloter. Il faut élargir la coque.

Ron Dennis fulmine. Nigel trouve aussi qu’il n’est pas assez rémunéré… Ce sera donc Mark Blundell qui pilotera la MP4 10 lors des deux premiers Grands Prix. Et Mansell lors des deux suivants. Une 10e place et un abandon pour mauvaise tenue de route seront ses derniers résultats en F1. Dennis en a assez. Il rappelle Blundell pour la fin de saison.

Nigel Mansell
Nigell Mansell McLaren MP4 10 1995 @ DR

Il y aura une autre tentative de retour avec Jordan pour la saison 97 qui n’aboutira pas. Nigel Mansell se produira ponctuellement pour différents constructeurs lors des 24 Heures de Chamonix, puis en BTCC. A chaque fois il sera surtout question de dollars. Et pour tout dire l’impression laissée ne sera pas bonne.

Le score de Mansell s’arrête sur des chiffres de tout premier ordre : 31 victoires en F1, 32 poles positions, 30 meilleurs tours, 1 titre.  5 victoires en CART, 1 titre.

Il leone a un coeur

« Il leone » méritait son surnom. Peur de rien sur la piste. Un cœur gros comme ça. Une audace incomparable. Une capacité à combattre quelles que soient les circonstances. Avec le recul il laisse davantage cette image que celle de ses qualités humaines et c’est tant mieux. Peu de réflexion en course. Esprit tortueux. Sens de l’engagement aléatoire. Manque de fiabilité. Catastrophique sens de la négociation. Comportement de diva. Des impressions qui ont marqué ses écuries et coéquipiers.

Mais pourtant l’image qu’il m’a été donné de garder de lui est toute autre. Nous sommes en avril 2010 au circuit Paul Ricard. Mansell est engagé au sein du « Beechdean Mansell Motorsport » dans la course des « 8 heures du Castellet » avec ses deux fils. Leur Ginetta Zytek finira en milieu de plateau mais ce n’est pas le principal.

Nigel Mansell-Paul Ricard-04-2010 @ Olivier Rogar

Déambulant dans le paddock, je le trouve avec la presse anglaise, derrière son camion. Il est interviewé. Ses deux fils sont là puis s’esquivent. Un homme accompagné d’un garçon en fauteuil roulant s’adresse à lui. Mansell lui signe un programme. Puis s’en va. Deux pas. Il tourne les talons. Appelle l’homme. Lui emprunte son feutre, retire sa casquette, la signe et la donne au garçon en fauteuil. Depuis ce jour mon image de Nigel Mansell est tout autre. Et le restera quoiqu’on dise de lui.

Nigel Mansell
Nigel Mansell-Paul Ricard-04-2010 2 @ Olivier Rogar

Olivier Rogar

Olivier collabora avec « Mémoires des Stands » puis, à sa disparition, en 2012, il créée Classic COURSES avec les encouragements de Pierre Ménard et Johnny Rives. L’esprit d’entreprise qui l’habite trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, de prise de risques, de rapidité de décision dont la maîtrise conditionne toute réussite.

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11 pensées sur “Nigel Mansell – Il leone ou la diva ? – Les revenants 5

  •  » La monoplace la plus intelligente conduite par le pilote le moins intelligent  » 🤔…

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  • Superbe article, et très belle conclusion en hommage final à un pilote extraordinaire, et à un homme que beaucoup se sont acharnés à faire injustement passer pour un con. Mansell était brut de fonderie, comme son pilotage et c’est pour cela qu’il était aimé et admiré. Des types comme lui, la F1 en redemande.

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  • J’ai eu le privilège mais aussi la difficulté de travailler avec lui chez Williams Renault en 1991 et 1992 (année où il a brillament remporté sur 1er et son seul titre de Champion du Monde). J’étais et suis toujours admiratif du pilote : comme disent les anglais « big balls » !). Mais en dehors de la voiture : très difficile à gérer. Je pense que – malgré ses qualités indéniables dans une F1 – il était quelque peu complexé par une intelligence que l’on pourrait qualifier sans l’injurier de « moyenne » et du coup il se prenait souvent pour une diva. Mais franchement – malgré des moments souvent difficiles – j’ai adoré travailler avec lui.

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    • Xavier Chimits avait fait un super portrait. Il y avait l’anecdote où il a fait patienter l’avocat de Ferrari chez lui car il avait prévu une petite festivité : un défilé d’avions de chasse (en fait les vols d’entraînement survolaient sa propriété) et le fait qu’il ait fait faire un tour en voiture à un enfant handicapé et qu’il ait sommé le journaliste qui connaissait cet enfant de ne jamais en parler.

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  • Jean Jacques Delaruwiere moi il me faisait rire à faire le pitre avec gehart berger je l ai pas connu beaucoup mais dans le paddock on disait qu il faisait des trucs de dingue au volant d une f1

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  • Ce ne sont pas ses fesses brulées (c’est arrivé à Arnoux je crois), ni sa sortie à Monaco alors qu’il avait course gagnée (c’est bien arrivé à Prost et à Senna, c’est dire) ni même ses saluts prématurés au public canadien (c’est arrivé… à personne il est vrai) qui ont agacé. A la question de savoir quels pneus il pensait utiliser en course, c’est sa blague éternelle en salle de presse sur « les pneus ronds et noirs qu’il avait sélectionnés » qui est la vraie cause de sa réputation de ouin-ouin. Il se trouvait toujours qqs crétins complaisants pour s’esclaffer. Du coup Nigel recommençait systématiquement le GP d’après, et un beau jour, le public a commencé à se lasser.
    Néanmoins j’ai toujours pensé que Nigel, ses big balls, ses coups de génie et sa langue anglaise constituaient au total un profil propre à enthousiasmer l’écurie Williams. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : un mépris bien injuste…

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  • Sacré Nige!

    Il a gagné des courses que personne d’autre n’aurait pu gagner. Et il a perdu des courses que personne d’autre n’aurait pu perdre. Le pilote le plus excitant de l’histoire avec Villeneuve.

    Une anecdote d’après les essais d’un grand-Prix de Hongrie (1996, je crois), en conférence de presse.
    – Un journaliste: « quelles sont vos chances de victoire? »
    – Eddie Irvine: « Partir 4ème sur ce circuit est rédhibitoire. Elles sont nulles »
    – Ce même journaliste: « Mais Mansell a gagné ici en 1989 en partant depuis la douzième position »
    – Eddie Irvine: « Peut-être, mais moi, je ne suis qu’un simple mortel »

    Il ne savait pas que c’était impossible, alors, il l’a fait. Tout est dit…

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  • j’ai beaucoup aimé cet article sur Nigel Mansell. Très bien écrit, beaucoup d’anecdotes…. bravo et merci pour notre éducation sportive automobile !!

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  • superbe article, un très beau portrait du pilote que j’ai aimé au 100%, tout à fait comme j’avais aimé Gilles Villeneuve. Sa victoire à Budapest en 1989, après avoir remonté toutes ces positions, couronnée par un depassement de « Maestro » qui a laissé Senna sans un mot, quelle journée mémorable. Et quoi dire de son titre en F Indy au debut en cette catégorie? Je pense que personne n’y soit jamais arrivé, ni avant ni après. Je continue, dans ma vie de tifoso italien, à aimer les pilotes comme Mansell, Gilles Villeneuve, Depailler ou Peterson. Ceux qui vont très très vite, qui nous donnent les frissons durant la course, et qui bien sur ne remporteront jamais tous les quantités de titres de Schumacher ou Prost ou Hamilton, mais qu’importe? Je prefère vivre des émotions plutot que remplir des cahiers de records et de chiffres avec des pilotes qui me disent rien au coeur. Il ne sera pas pour cette raison, par hasard, que j’aime autant ce jeune là, Charles Leclerc? Il faut des fautes, parfois, c’est vrai, mais il va tellement vite, il n’a peur de rien, et il me donne les émotions qui me manquaient depuis longtemps.

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