Alan Jones – …et le concours agricole ? – Les revenants 3

La suite de notre série « Ils ont quitté la F1 après – au moins – un titre de champion du monde, puis ils sont revenus ».

Alan Jones. Un pilote solide. Dont on pense les prises de position et les décisions irréversibles. Pour de bonnes ou de moins bonnes raisons. Il nous a habitué. Tentant le pari de Williams pour un nouveau projet qui s’avérera plus abouti que les précédents. Tenace et fidèle il accompagnera l’écurie vers ses premiers lauriers mondiaux.

Adoptant à contrario une attitude souvent hostile à la France, à Jean-Marie Balestre surtout, alors président de la FIA. Contre les moteurs turbo. Une hostilité qui pouvait aussi s’exprimer au sein de son écurie. Contre son équipier Reutemann, par exemple, qui n’avait pourtant rien de français !

Son retour a donc étonné et surpris.   On le sait, la F1  est une drogue à laquelle on renonce difficilement. C’est aussi parfois une ingrate.  Cet homme au regard déterminé mais à l’allure de bushman correspondait-il encore, avec ses 96 kg, aux nouveaux standards marketing de la F1 ? Personne ne semblait y croire. Sauf lui. Mais il dut  s’y reprendre à deux fois.

Olivier Rogar

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Les statistiques d’Alan Jones

https://www.statsf1.com/fr/alan-jones.aspx

1983 – Bush stop

Alan Jones
Alan Jones – Arrows A6 – Long Beach Grand Prix 1983 @ DR

1983. Sa masse imposante déambule dans les paddocks du début de saison européenne. A la veine recherche d’un sponsor qui lui permettrait de courir pour Arrows. La quête sera infructueuse… La saison 1983 d’Alan Jones se limitera au Grand Prix des Usa Ouest à Long Beach. Qualifié en 12e position. Une demie seconde plus rapide que son coéquipier Marc Surer tout de même. Il doit abandonner du fait de l’inconfort de la voiture. Ses 96 kilos bon poids n’y étant pas totalement étrangers… Back to the bush !

Le temps passe très vite en F1.  Alan Jones a quitté l’arène depuis dix huit mois seulement. Sur une victoire qui plus est. Titré en 1980, 86 Grands Prix disputés, 12 victoires, 6 pole positions. Ce que l’on peut appeler un « client ».  L’australien aux bottines de course en kangourou vert, aux propos francophobes bien sentis – l’époque est celle Jean Marie Balestre, exécré par toutes les écuries britanniques non utilisatrices de moteurs turbo –  est un coriace, un accrocheur, un battant.

1977 – The man of the Shadow

Alan Jones
Alan Jones – Shadow DN8 – GP Autriche 1977 @ DR

Ses débuts en F1 se sont faits en 1975 chez Lord Hesketh puis chez Embassy Hill. En 1976 il court, comme Henri Pescarolo, sur une Surtees dont le sponsor n’est pas encore un appel à la préservation mais un hymne à l’amour libre. Autres temps…  Les choses sérieuses démarrent pour lui en 1977 lorsqu’il est appelé à remplacer l’infortuné Tom Pryce chez Don Nichols à la tête de l’écurie Shadow. Grand Prix d’Autriche sous la pluie et première victoire.

Frank Williams est en train de monter son nième projet F1, le bon cette fois-ci. Avec des vrais bons gros sponsors. Dont le groupe Bin Laden…qui maitrise encore son mode de communication. Ce qui lui permet de recruter Alan Jones pour 1978. Les promesses entrevues au cours de cette saison avec la FW06 se concrétisent en 1979 avec la FW07. Jones gagne quatre Grands Prix et  finit 3e du championnat.

1980 – Zenith Williams

Alan Jones
Alan Jones – Williams FW07 1980 @ DR
Alan Jones
Alan Jones – Williams FW07 – Essais Paul Ricard 1979 @ Olivier Rogar

En 1980 il est titré avec 5 victoires et Carlos Reutemann comme co-équipier au rang de second pilote. Hiérarchie qui posera  problème dès 1981. Carlos refusant de céder la victoire à Alan au Brésil, une sourde rivalité s’instaure qui va faire perdre le titre aux deux pilotes. Pour un point en ce qui concerne Carlos… Alan Jones achève sa saison par une seconde victoire mais il a décidé de prendre sa retraite. Saison difficile, fin de l’ère des moteurs atmosphériques, investissements importants dans une ferme à quelques dizaine de miles de Melbourne, victoire de l’un de ses bestiaux au concours agricole de la foire de Melbourne ; Il a 35 ans, une autre vie l’attend !

1985 – La Force, vraiment ?

Alan Jones
Alan Jones – Haas Lola TLH1 1985 @ DR

Et pourtant, malgré l’expérience de 1983, il revient à nouveau ! En 1985,  Carl Haas (Rien à voir avec Haas Grand Prix)  monte son écurie de formule 1 « Force » avec Teddy Mayer, l’ancien patron de McLaren et le soutien de Beatrice,  un sponsor issu de l’industrie agro-alimentaire. L’écurie compte Neil Oatley comme concepteur et un certain Ross Brawn dont on entendra reparler…

Le moteur Hart qui propulse la fine et efficace  monoplace conçue par Lola semble fragile. Aucune arrivée en trois Grands Prix

Alan Jones
Alan Jones – Lola Haas LHT1 – Carl Haas – Teddy Mayer @ DR

Pour 1986 l’écurie se renforce avec l’arrivée d’une seconde auto pour Patrick Tambay, disponible du fait de l’arrêt d’activité de Renault F1. En cours de saison apparaissent successivement le moteur Ford Turbo qui remplace le Hart et l’ingénieur Adrian Newey, encore quelqu’un dont on entendra reparler !

Jones réussira alors à marquer quatre points (une sixième et une quatrième place). Tambay en marquera deux. Beatrice étant parti dès le début de saison, Carl Haas jette l’éponge en revendant sa structure F1 à Bernie Ecclestone. A ce propos il serait intéressant d’en savoir plus sur cette aventure.

L’heure de la retraite définitive a sonné pour Alan Jones. Il arrête son compteur à 117 Grands Prix et toujours 12 victoires et 6 pole positions. Il a 40 ans.

Alan Jones
Alan Jones @ DR

Olivier Rogar

Olivier collabora avec « Mémoires des Stands » puis, à sa disparition, en 2012, il créée Classic COURSES avec les encouragements de Pierre Ménard et Johnny Rives. L’esprit d’entreprise qui l’habite trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, de prise de risques, de rapidité de décision dont la maîtrise conditionne toute réussite.

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5 pensées sur “Alan Jones – …et le concours agricole ? – Les revenants 3

  • Un tout bon , puisqu’il fut CDM contrairement à des Beltoise / Lafitte ou Jabouille voire Arnoux .
    Mais à part ça , que dire de lui ?
    J’ai en mémoire , ses coups de roue dans la Brabham de PIQUET à Montréal ( à moins que ce ne fut l’inverse ) qui résument bien l’époque et le personnage .

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  • Si Clay Regazzoni a ouvert en 1979 la série des 114 victoires Williams en F1, Jones fit de même avec Shadow en 1977 mais l’exploit de la marque resta unique. La victoire de Jones devant Lauda et sur une piste humide fut facilitée par les ruptures moteur d’Andretti et Hunt et la sortie de Schekter. Elle fut néanmoins probante et Jones donna à Shadow son meilleur classement en championnat avec 23 points ( 1 point marqué par Renzo Zorzi) et une 7e place .
    En 1976,chez Surtees il avait donné à l’équipe déclinante ses meilleurs résultats depuis 1972 (La meilleure année de Surtees grâce aux performances de Mike Hailwood) et finit avec 7 points.
    Il avait fait de même en 1975 chez Embassy Hill face à l’espoir Tony Brise.
    Et lors de son retour en 1985 et 1986 chez Force, il fit de meilleurs résultats que son équipier, le très côté Patrick Tambay.
    Reste donc son parcours chez Williams où il a dominé ses équipiers en 1979, 80 et chuté aux points face à Carlos Reutemann en 1981, bien qu’ayant engrangé 5 victoires contre 2.
    Même si l’image qu’il a laissée de ce côté-ci de la Manche avec une sourde hostilité à tout ce qui était « froggy », a tendance à nous le faire sous-évaluer, Jones est une pointure.

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  • 11 à 4 en qualif pour Tambay en 86 tout de même…

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  • Je n’aime pas Alan Jones.

    Il est un bon pilote, bien sur, mais c’est tout.

    Comme revénant c’est le fiasco.

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  • A son retour en 1985 sur la Lola Beatrice la première difficulté que Alan Jones rencontra fut de se glisser dans la frêle monoplace en raison de son embonpoint!

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