C’est au moins Fangio qui est au volant ! (I)

Les trajectoires de Juan-Manuel Fangio et de François Blaise se sont croisées en 1957 sur la Nordschleife. Francis Rainaut en profite pour nous raconter une grande  course.

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« C’est au moins Fangio qui est au volant ! »

C’est par cette réplique du capitaine Haddock dans l’affaire Tournesol que j’ai été initié, comme tant d’autres,  au petit monde du sport automobile.

Plus tard j’ai eu la chance de croiser Juan-Manuel Fangio dans le paddock de Monza en 1969 et de lui glisser trois mots pour obtenir un autographe (Merci aux tifosis m’ayant fait la courte échelle pour passer le grillage sans y faire de trous) . Après tout mes cousins avaient bien serré la main du « Général », ça remontait ma cote dans la famille.

François Blaise a assisté quant à lui à la dernière victoire du mythique El Chueco sur la non moins mythique Nordschleife de l’anneau du Nürburg. Il en a ramené des photos pleines d’émotion.  

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Cette victoire, François Blaise a dû s’en souvenir longtemps.

Comme Fangio, qui la gardera à jamais dans sa mémoire, sans doute parce qu’elle était à la fois la plus belle, celle de son 5ème titre et aussi sa dernière.

Quand il arrive sur le fameux circuit de 22,810 kms aux 176 virages – à parcourir 22 fois, soit un peu plus de 500 kms – Fangio est au sommet de son art.

Pourtant, malgré trois victoires à son actif cette année-là, il semble préoccupé. Il se méfie des Vanwall anglaises, et dans une moindre mesure des Lancia-Ferrari de Hawthorn et de Collins. Il se méfie surtout de ses pneus Pirelli, moins endurants que les Englebert ou les Dunlop de la concurrence. Aussi Fangio et son équipe ont-ils prévu un changement de pneus à mi-parcours et aussi de s’élancer avec seulement un demi-plein d’essence afin d’alléger la Maserati 250F.

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Le Grand prix démarre doucement pour l’Argentin qui prend le temps de bien chauffer ses gommes et se fait immédiatement passer par les Ferrari. Il faudra attendre le 3ème tour pour que Fangio hausse le ton et prenne ainsi le commandement de la course avec assurance. L’idée du staff Maserati était que Fangio prenne le maximum d’avance en prévision des ravitaillements prévus pour le 11ème tour. À coup de records du tour, Fangio s’est aménagé une avance de 31 secondes au dixième des 22 tours de l’épreuve. Selon Nelle Ugolini, le directeur de la Scuderia Maserati, le changement de pneumatiques devrait être effectué en 30 secondes maximum.

Quand le grand Fangio rentre au stand lors du 12ème tour, l’opération pneus s’éternise, et cela coûte 53 secondes à l’Argentin qui repart rageusement en piste avec un retard de 48 secondes sur les deux Ferrari de Hawthorn et Collins qui roulent de concert, biens en ligne pour la victoire finale. À ce moment précis, tout le monde pense que le grand prix est fini et que Fangio ne pourra jamais revenir sur les deux Anglais. Pourtant, c’est à ce moment précis que l’histoire va s’écrire.

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Fangio, avec la complicité de son chef mécanicien Bertocchi, a mis en place une stratégie assez curieuse. L’idée était d’intoxiquer le directeur sportif de Ferrari en faisant semblant de vouloir renoncer. Idée risquée mais qui, sur le long tracé du Nürburgring, était une tactique finalement assez ingénieuse car les communications ne se faisaient que lorsque les pilotes passaient devant les stands.

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A suivre…

 

Francis Rainaut

 

http://www.youtube.com/watch?v=f51wEb3CuB8&feature=re…

 

Crédits photos :

1, 2 et 3. Fangio, Paddock, H.Herrmann G.P Allemagne 1957 © François Blaise

4. Carrusel Germany 1957 © The Cahier Archive

Illustration : Patrick Brunet ( Original au Musée de Donington)

 

8 pensées sur “C’est au moins Fangio qui est au volant ! (I)

  • … »Sans faire de trou dans le grillage »…Les resquilleurs à l’époque étaient très zélés et/ou sportifs!

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  • C’est plutôt avec affection que j’emploie ce terme de resquilleur Francis , aujourd’hui ? On n’en parle même pas!

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  • Pierre Ménard les Lancia Ferrari D50 en 1956 coururent cependant avec des réservoirs paniers.Ferrari n’appréciait pas les réservoirs latéraux et il entreprit d’y apporter des modifications.Il allongea la poupe pour y loger un réservoir de plus grande capacité et ne garda à l’avant des paniers que de petits réservoirs le reste étant occupé par le passage des tuyaux d’échappement. Fangio disposa de cette configuration pour la campagne argentine,Musso ayant une version retouchée et Castellotti une D50 Lancia origine.Pour le retour en Europe à Syracuse les petits réservoirs des pontons furent placés à l’intérieur du chassis et la carrosserie évoluait, les réservoirs carénés vidés de leur substance étant rattachés à la coque.C’est Fangio qui l’étrennait, Musso et Castellotti avaient toujours les versions « Argentine » et Collins une Lancia « origine ».C’est cette Ferrari qui fut ensuite utilisée pour le reste de la saison 56.Toutefois on vit encore Castellotti à Monaco courir sur une version avec des réservoirs latéraux surmontés de son bouchon de remplissage.

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  • Si vous cliquez sur la photo du paddock, elle s’ouvre en grand dans une autre fenêtre et peut être ( un tout petit peu) zoomée. Pas évident à découvrir, il fallait donc le dire 🙂

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  • En effet, cela aurait été dommage de ne pas le dire.

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  • « …le changement de pneumatiques devrait être effectué en 30 secondes maximum… » et « …quand le grand Fangio rentre au stand lors du 12ème tour, l’opération pneus s’éternise… ».
    En raison de la déconcertant disparition ,lors de l’opération, de l’écrou-papillon de la roue arrière droite. De toute façon le calcul de 30 secondes était assez optimiste avec les moyens de ravitaillement de l’époque.

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