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1966 année mirifique, Rétromobile 2026

par | Fév 8, 2026 | 1 commentaire



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Dans un volumineux essai que vient de lui consacrer l’Académicien Antoine Compagnon, l’année 1966, qu’il qualifie de mirifique, marque la convergence de lignes de force qui la hissent au faîte des Trente Glorieuses.

Patrice Vatan

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1966 et la mini-jupe

L’année de la mini-jupe et des cheveux longs voit les baby-boomers atteindre l’âge adulte.

Inventivité, liberté créatrice, refus du conformisme irriguent la société en profondeur. Quand Jacques Demy tourne les Demoiselles de Rochefort, Godard Pierrot le fou, Lelouch un Homme et une Femme, Marcello Gandini dessine du côté de Modène la Lamborghini Miura. Il a 28 ans. La Miura, une des rares créations humaines sur laquelle bute la langue française.

Rétromobile 2026,1966

Lamborghini Miura 1966 © Patrice Vatan

Giorgetto Giugiaro a lui aussi 28 ans. Un gène de Michel Ange se balade sous sa peau, responsable du dessin de la Maserati Ghibli.
Qui n’a pas rêvé des heures devant l’essai que réalisait José Rosinski dans Sport Auto ? Mon frère avait ruiné mon exemplaire en décalquant cette sublime silhouette hors les mots.

Rétromobile 2026,1966

Maserati Ghibli 1966 © Patrice Vatan

A Detroit, Henri Ford s’agace des succès de l’orgueilleux Commendatore, là-bas dans ce fameux triangle d’or modénais. Il lance comme ça, pour voir, un petit commando de sept Ford GT 40 Mk III street version.

Rétromobile 2026,1966

Ford GT 40 Mk III street version 1966 © Patrice Vatan

L’Alfa Romeo Tipo 33/2 Perescopica marque l’arrivée de la firme en prototype. Une beauté du diable, n’est-ce pas Jean Rolland…

Alfa Romeo 33 2 Periscopica 1966 © Patrice Vatan

1966 et ses jumelles, 1965 et 1967.

Richard Mille affiche une splendeur absolue, la Ferrari 250 LM victorieuse au Mans 65. Me revient la voix éraillée, étrange de Jochen Rindt, raccord avec son physique, gravée sur un disque 33 tours maintenant collector.

Ferrari 250 LM 1965 © Patrice Vatan

Et la P4 ! Le triplé des Ferrari P4 aux 24 Heures de Daytona en 1967, historique, est à l’origine de la formation de notre bande.

Rétromobile 2026,1966

Ferrari P4 1967 © Patrice Vatan

Le lendemain dans la cour de récréation d’une école de Reims, le petit Pascal Bisson commente cette victoire enthousiasmante si fort qu’il accroche l’attention d’un élève qu’il ne connaît pas, Philippe Machet.
Une amitié naît, que seule interrompra la mort récente de Philippe. Il aura concrétisé son rêve ébauché ce jour-là, posséder des Ferrari.

Cet article qui pourrait vous intéresser :  Circuit Paul Ricard - Grand Prix de France 1978

Le même jour en région parisienne, deux mômes, Jean-Paul Orjebin et Pierre Pastore font connaissance autour de la mythique photo du triplé de Daytona. Soixante ans plus tard, ils communient – nous communions – à la table de la Brasserie Vagenende, (à lire demain).

1966, année mirifique qui offrit aux automobiles des robes issues d’un trait de crayon de vitesse pure, auquel les néo-barbares d’aujourd’hui substituent leur agressivité vulgaire et grossière, comme exutoire à la liberté routière criminalisée.

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About Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.
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