2 octobre 2018

Grand Prix de Russie 2018, POLITESSE A RENDRE

Grand Prix de Russie 2018 – Sotchi.  L’explication n’était pas facile à fournir, mais Toto Wolff ne s’en est pas mal sorti quand on lui a mis un micro sous le nez pour connaître les raisons du sacrifice demandé à Valtteri Bottas de céder sa place à Lewis Hamilton. Sa physionomie un peu triste malgré le doublé des Mercedes exprimait un embarras. « Notre erreur s’est produite au changement de pneus d’Hamilton, expliqua-t-il.

En reprenant la piste, il s’est retrouvé derrière Vettel alors qu’il le précédait jusque là. Cela l’a contraint à un gros effort pour reprendre le dessus sur la Ferrari. Avec pour conséquence immédiate un pneu arrière légèrement détérioré. Cela rendait sa situation précaire par rapport à son rival pour le titre de champion  du monde. Nous avons alors opté pour un changement de position entre lui et Bottas pour que celui-ci soit en mesure de le protéger de Vettel… »

 Qu’à la suite de cette stratégie qu’Hamilton compte 50 points d’avance sur Vettel (et non 43 s’il s’était classé 2e derrière Bottas) n’a pas été évoqué dans cette explication. C’était pourtant le gain essentiel de cette course d’équipe. Un matelas bien plus confortable pour Lewis, qui pourra très bientôt s’élancer en course débarrassé de toute incertitude…

                                                    Johnny RIVES

Pour mémoire

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POLITESSE À RENDRE

Grand Prix de Russie 2018

GP Russie 2018 – Bottas @ DR

Grand Prix de Russie 2018 – Sotchi.  Hamilton n’a pas caché son embarras après sa victoire. En remerciant et en congratulant Bottas comme rarement équipier a pu l’être par son leader dans l’histoire des grands prix. Il nous revient en mémoire une situation tout aussi émouvante quoique, paradoxe amusant, inverse de celle vécue à Sotchi. Cela s’était produit au G.P. de Grande-Bretagne 1955 quand, déjà chez Mercedes, Stirling Moss avait, à la surprise générale, gagné avec une demi longueur d’avance sur son leader J.M. Fangio.

Bien qu’il ne l’ait jamais reconnu, on a toujours pensé que, grand seigneur, l’Argentin avait laissé gagner son jeune équipier devant son public. Equipier qui dans les autres grands prix se contentait de finir humblement 2e dans son sillage. Et qui signa là sa toute première victoire en grand prix grâce à la grandeur d’âme de Fangio. Hamilton occupe désormais une situation aussi confortable que Fangio en 1955 pour montrer, lui aussi, qu’il sait être un grand seigneur. Il n’aura, pour cela, qu’à rendre la politesse à Bottas lors d’un prochain grand prix. En lui cédant sa place en haut d’un podium. Plus facile à dire qu’à faire ? Nous prenons les paris qu’il le fera.

LES FERRARI RENTRENT DANS LE RANG

Grand Prix de Russie 2018

GP Russie 2018 – Vettel @ DR

 Dès les essais et les qualifications, on a constaté en Russie que les Ferrari ne disposent plus de l’avantage qu’elles semblaient posséder au cours de l’été – et qu’elles ont été incapables d’exploiter. Leur retard sur les Mercedes se situait autour d’une demie seconde au tour à Sotchi. En course, cet écart s’est réduit. Surtout après les changements de pneus quand les quatre F1 de tête sont passées des pneus « hyper tendres » (roses) aux « tendres » (jaunes). Les Ferrari ont alors semblé plus à leur aise que les Mercedes, sur lesquelles on a pu croire qu’elles exerceraient une menace.

Tandis que Bottas et Hamilton, puis Hamilton et Bottas, ne parvenaient pas à se rapprocher du leader Verstappen (dont les pneus étaient pourtant moins frais), Raïkkonen enchainait les meilleurs tours. Cela promettait une fin de course… qui n’eut pas lieu ! Après l’arrêt de Verstappen, les Mercedes parurent reprendre du poil de la bête, contraignant Vettel et Raïkkonen à une fin de course sans espoir. Ce que soulignent les meilleurs tours de Bottas (1’35’’861, nouveau record) et Hamilton (1’35’’916) devant celui de Vettel (1’35’’990). Le retard d’une demie seconde accusé par les Ferrari aux essais était en partie comblé. Mais pas tout à fait. La défaite des « rouges » était bel et bien consommée.

Circuit impitoyable, Suzuka, le week end prochain, confirmera-t-il cet état de fait ? Là résidera l’ultime espoir de redevenir une réelle menace pour Hamilton. Si tel n’était pas le cas, le championnat serait joué malgré les quatre grands prix à venir après le Japon.

LECLERC SABRE AU CLAIR

Grand Prix de Russie 2018

GP Russie 2018 – Charles Leclère-Sauber @ DR

 Frederic Vasseur avait dévoilé ses objectifs avant le départ : « Faire notre course ! » Sous entendu réussir un peu mieux qu’en qualification où Charles Leclerc avait été devancé par Magnussen et Ocon, alors qu’il les avait maîtrisé lors des essais libres précédents. La septième place obtenue par Leclerc sur la grille (en l’absence des Red Bull, pénalisées par leurs changements de moteurs) avait été saluée par les observateurs. Mais on devinait chez Sauber une légère déception d’avoir manqué une 5e place possible. En course, Leclerc se chargea de rectifier le tir sans trop attendre.

Dès le premier tour il réussit à se gliesser devant la Force India d’Ocon. Sur son élan, il attaqua Magnussen dès le début du 2e tour. On connaît l’oiseau, quand il s’agit de défendre sa place il emploie toutes les ficelles possibles.  Mais cela n’a pas intimidé Leclerc qui attaqua la Haas du Danois par l’extérieur dans le long et rapide demi-tour à gauche suivant l’épineux virage n°2. Quoique sur une trajectoire plus longue que son adversaire, il réussit à gagner la longueur de voiture qui lui permit d’achever la courbe devant la Haas. Magnussen réagit aussitôt en faisant mine de freiner à l’intérieur pour le virage suivant. Derrière son micro, Julien Febreau ne put retenir un cri.

Heureusement, constatant son échec, Magnussen ne se lança pas dans l’attaque désespérée que l’on craignait. Et Leclerc put partir pour sa belle échappée qui, une fois les Red Bull ayant regagné leurs positions « normales », fut récompensée par une 7e place de toute beauté. Il fut le seul des « autres » à ne pas avoir concédé un tour de retard à Hamilton. « Mes dépassements en début de course étaient à la limite, concéda-t-il, mais ils nous ont permis de finir à cette septième place… »

OCON ET PEREZ, PAIX DES BRAVES

« Nos voitures n’étaient pas suffisamment performantes pour qu’on puisse attaquer la Haas de Magnussen, » commenta sobrement Esteban Ocon après la course. Perez avait un peu perdu patience en voyant l’impuissance de son équipier dans cette tâche. Il obtint satisfaction quand l’équipe Force India demanda à Esteban de lui céder le flambeau. Mais Perez fut incapable de faire mieux que le jeune Français. Ce que voyant, il accepta de lui rendre sa position – une stratégie déjà éprouvée plus tôt dans la saison.

Preuve que, quand ils font acte de bonne volonté, tout peut s’arranger entre pilotes ambitieux. Et voici aujourd’hui, après cette ostensible manifestation de « paix des braves », nos deux rivaux à égalité de points au championnat du monde : 47. Ce qui les place à portée immédiate d’Alonso (50), voire de Magnussen et Hulkenberg (53), dans la course à la conquête du titre de meilleur des « autres » derrière les six pilotes des équipes hors de portée.

RENAULT PIÉTINE

Grand Prix de Russie 2018

GP Russie 2018 – Renault @ DR

 Longtemps on a pu croire que la stratégie envisagée par Renault (partir avec les pneus les plus endurants) serait une réussite. Car, tandis que Sainz se débattait avec une voiture endommagée par les bousculades du premier tour, Hulkenberg réussit par une belle constance à se hisser en 7e position. Hélas sa fin de course fut rendue difficile par la nécessité de limiter ses efforts à cause d’une consommation d’essence excessive – pour une raison qui n’a pas été dévoilée. Au point qu’il ne put même pas sauver sa 11e place : Grosjean la lui ravit lors du dernier tour ! Triste fin de saison pour l’équipe française pour laquelle, face aux Haas et Force India, la partie ne s’annoncera pas plus facile à Suzuka qu’à Sotchi, lors de ce Grand Prix de Russie 2018.

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