25 juillet 2016

F1 2016, Hongrie : La pire de l’année…

« Cela a été une course extrêmement longue, extrêmement pénible, peut-être la pire de l’année ». Cette appréciation abrupte livrée par Romain Grosjean à propos de sa propre course à l’issue du  G.P. de Hongrie, correspond précisément à notre ressenti. Jusqu’à sa conclusion, « la pire de l’année ». Car avions-nous vu plus ennuyeux précédemment ? Nos pertinents lecteurs sauront sans doute nous le préciser. Les sourires affichés sur le podium n’y ont rien changé. Ceux de Nico Rosberg et Daniel Ricciardo  étaient purement de circonstance. Celui de Lewis Hamilton reflétait un sentiment dépassant de loin la légitime satisfaction du travail bien accompli. Derrière une apparence d’humilité nous avons cru voir une lueur de forfanterie : « Je l’occupe enfin cette première place au championnat qui me revient de droit. » Bref ça n’était pas la fête sur ce Hungaroring nous ayant pourtant valu précédemment quelques épisodes fameux.

                                               Johnny RIVES

Hamilton hongrie 2016

-PROMESSES DISSIPÉES.

L’imbroglio des qualifications nous avait pourtant mis l’eau à la bouche. Façon de parler évidemment, puisque la pluie avait tout chamboulé samedi. Ou plus précisément l’arrêt de la pluie. Outre les quatre drapeaux rouges en Q1 qui avaient multiplié par deux la durée totale de l’exercice, l’événement qui nous avait frappé le plus ce jour là était l’incertitude invraisemblable provoquée par l’évolution incessante de la piste. Le paroxysme avait été atteint en Q2 et plus exactement tout à la fin des Q2. Kimi Raïkkonen avait été le premier à recevoir le drapeau à damier. Il signait à cet instant précis le tour le plus rapide enregistré jusque là. Mais la piste séchait si rapidement sous le soleil revenu que ceux qui étaient lancés à sa poursuite firent mieux. Et pour certains bien mieux, puisque le pauvre Kimi se trouva en une minute et demie relégué de la 1ère à la 14e place ! Donc privé de Q3 et du même coup de toute chance de succès pour le lendemain. Le jour de la course, ce fut l’inverse. A la sortie du virage n°2 on pointait Hamilton, Rosberg, Ricciardo, Verstappen et Vettel aux cinq premières places. Une heure et 40 minutes plus tard, le pointage était à peu de choses près le même : Hamilton précédait toujours Rosberg et Ricciardo. Verstappen avait perdu une place au bénéfice de Vettel par la faute d’un changement de pneus inopportun.

-20 SECONDES DE COMBAT.

Hamilton podium hongrie 2016 Ricciardo

Si l’on excepte le long duel ayant opposé en fin de course Raïkkonen à Verstappen pour la conquête de la 5e place (duel sans issue possible hélas, comme le jeune mais coriace Max l’a démontré), nous n’avons eu droit qu’à 20 secondes de lutte intense au cours de ce G.P. de Hongrie. Les vingt premières. Voyons : sans vraiment manquer son envol, Rosberg, placé en pole position, ne le réussit pas aussi bien qu’il y était parvenu en début de saison. En tout cas moins bien que Ricciardo dont la Red Bull, placée sur la deuxième ligne, revint franchement à sa hauteur par la gauche. Et même prit l’avantage au freinage du premier droite, Rosberg étant accaparé par la surveillance d’Hamilton sur sa droite. Lequel, lui aussi, avait mieux réussi son envol que le « pole man ». Lewis, après avoir sèchement fait comprendre  à Verstappen qu’il valait mieux se ranger derrière lui, freina aussi tard que Rosberg. Si bien que les deux Mercedes entrèrent cote à cote dans le virage. Avec, tout à fait à l’extérieur la Red Bull  de Ricciardo les précédant d’une demie longueur. Mais avec une distance plus importante à couvrir, l’Australien ne demeura en tête que pendant quelques mètres. Bien content, à la sortie du virage, d’avoir pu se placer dans le sillage d’Hamilton qui menait. Celui-ci assurait calmement sa position dans le virage n°2. Collé à son aileron arrière, Ricciardo devenait une proie tentante pour Rosberg, vexé d’être passé en si peu de distance de la pole à la troisième position. Il attaqua Ricciardo avec autorité par l’extérieur dans le virage 2, lequel Ricciardo se trouvait muselé derrière Hamilton. Rosberg s’extirpa du virage au niveau de la Red Bull, idéalement placé pour prendre l’avantage dans le droite suivant. C.Q.F.D. La procession pouvait commencer.

-ALONSO, L’ACCESSIT.

hongrie 2016 alonso 2

Pendant que les 22 pilotes s’escrimaient dans l’indifférence des spectateurs, nous cherchions à qui attribuer un accessit à l’issue de la course. Le nom de Jolyon Palmer nous effleura un instant quand il réussit à hisser sa Renault à la 10e place. Hélas, un tour plus tard ses efforts étaient anéantis par un malencontreux tête-à-queue. A l’évidence l’accessit revenait dès lors à Fernando Alonso, le plus brillant et le plus constant des « sans grades » – ceux n’appartenant pas au triangle d’or Mercedes-Red Bull-Ferrari dont McLaren est tenu à respectueuse distance. Pour ne pas dire Honda.

Illustrations © DR

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