19 janvier 2013

Luc Ferry : les voitures, l’art et la course.

Luc Ferry nous avait reçu en 2013. Nous montrant qu’un homme qui a été politique sait aussi assumer ses passions, fussent-elles  désormais considérés comme « politiquement incorrectes » par le troupeau bêlant.

Ancien Ministre de l’Education nationale, professeur, philosophe, écrivain, Luc Ferry est également amateur de voitures anciennes. Observateur éclairé de l’évolution de notre société, il a courtoisement accepté de nous recevoir pour un échange autour de thèmes dont il partage un certain intérêt avec nos lecteurs. Nous l’en remercions.

Olivier Rogar

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Luc Ferry, il semble que votre passion pour les voitures anciennes vous ait été transmise par votre père, Pierre, pouvez-vous nous en dire davantage ?

– (Luc Ferry prend un tableau posé sur une desserte à côté de sa table de travail)   Cà c’est un peu le résumé de mon enfance ;  Voilà le garage dans lequel j’ai passé ma vie, donc je vous réponds en même temps. Voilà mon père donc au Mans sur une Ferry et là c’est devant chez nous, là où j’ai passé mon enfance,  vous avez là une Maserati 1500, là vous voyez l’arrière d’une Bugatti 35, là vous avez une Bugatti dont on se servait tous les jours,  une 2,3L à compresseur carrossée par Figoni  et là la première Ferry, construite sur une base de Riley. Là le fameux Tank encore en vie aujourd’hui et là une autre Bugatti dont nous nous servions souvent aussi ; un coupé Atalante. Ici  mon père sur la première Ferry. Tout cela vous le voyez, soit dans le garage, soit dans les stands ; ça c’est ma vie. C’est toute mon enfance.

 La Bugatti était donc votre quotidien.

Luc Ferry : – Il y a sûrement eu à la maison plus de 300 Bugatti. Parce que mon père les récupérait. Très souvent après la guerre ça ne valait plus grand-chose et les Bugatti étaient difficiles à conduire. J’ai eu la chance de conduire des 35B notamment, l’une qui m’a été prêtée  récemment avec beaucoup de gentillesse par Caroline Bugatti – donc la petite fille –  mais c’est vrai que les Bugatti étaient difficiles à conduire parce qu’il fallait faire le double débrayage pas simplement pour descendre les vitesses mais aussi pour les passer. Il fallait les passer à l’oreille, au bon régime, sinon ça craquait. C’était des boites très dures et beaucoup de gens qui avaient acheté des Bugatti les revendaient assez rapidement parce qu’ils avaient beaucoup de mal à les conduire. J’ai passé toute mon enfance dans cette atmosphère d’huile de ricin et de voitures de courses. Il y avait des Maserati, des Bugatti, des Cisitalia magnifiques et toutes les voitures de mon père, une quinzaine de voitures de course magnifiques et le week-end on allait à Montlhéry, à Reims, à Pau, au Mans voir les voitures de mon père courir, donc évidemment, nous étions quatre garçons, comme vous pouvez l’imaginer, c’était la passion absolue. Ca c’est l’enfance et ça marque évidemment à vie.

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Pierre Ferry , votre père, a été constructeur ?

Luc Ferry : – Oui, la première que l’on voit ici, d’après la forme de la voiture et l’âge de mon père, on est dans les années 30.  Celle là a fait le Mans en 1936. Il a construit une quinzaine de voitures ; celles que l’on appelait à l’époque des tanks et ensuite des Formules Juniors, précurseurs des Formule France ou Formule 3. Et parmi les petits Tanks il en reste un aujourd’hui que j’ai la chance de conduire de temps à autre. Il appartient à mon ami Jean Marie Fresnault qui l’a entièrement réhabilité, reconstruit, restauré. Il avait été construit en 1955 et vendu ensuite aux Etats-Unis. Je me souviens l’avoir vu partir aux Etats-Unis dans un gros (pour l’époque) avion cargo en 1956 ou 57. J’avais 6 ans. Je me souviens très bien avoir joué très souvent dans cette voiture qui était absolument magnifique. C’est celle-ci (il me montre une photo) c’est la seule qui existe encore à ma connaissance.

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C’était la Ferry 750 S ?

Luc Ferry : – Oui 750 à l’origine qui était passée en 904 cm3 par augmentation de la course des pistons. Jean-Marie Fresnault a fait un travail formidable, vraiment, je tiens à lui rendre hommage.  C’est un homme adorable. Qui a en plus la gentillesse de me la prêter. J’ai fait le circuit de Malte avec. Nous avons eu le premier prix d’élégance ! Je ne connaissais personne. Ce n’était pas du tout par piston, c’était vraiment la voiture, la bleue qu’on voit sur cette photo. Aux Etats-Unis quand elle a été vendue à John Green, le pilote américain, elle a gagné huit courses sur neuf auxquelles elle a participé et les gens ont été tellement surpris qu’ils ont porté réclamation par deux fois pour que l’on démonte le moteur afin de vérifier sa cylindrée. Elle déposait les Porsche 1500 et les Maserati 2 litres. Elle a une tenue de route et un freinage fantastiques, c’est une voiture exceptionnelle. C’est indéracinable. J’ai la chance de la conduire de temps à autre et c’est vrai que quand je l’ai retrouvée cinquante ans après, c’était vraiment très émouvant de voir cette voiture dont je pensais qu’elle était détruite depuis des décennies. Elle existe donc encore. C’est la seule que je connaisse aujourd’hui sur les quinze voitures qu’il a construites.

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Votre père a-t-il  couru lui-même ?

Luc Ferry : – Oui, je l’ai vu courir quand j’étais enfant. Il a couru jusque dans les années 56 – 57. Il a d’ailleurs à peu près tout gagné, mais pas les 24 heures du Mans. Il a tourné en tête pendant 16 heures mais le moteur s’est cassé. Mais il a gagné à Reims, à Pau toutes les grandes courses de l’époque. Dans sa catégorie, avec le petit tank. Et auparavant il avait gagné énormément de choses avec la Riley. Notamment les 12 heures de Paris, l’une des grandes courses d’avant guerre. Quand j’étais gamin je me souviens que dans le garage il y avait une salle entière pleine de coupes.

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Quelles sensations vous apportent la conduite d’une voiture de course ?

Luc Ferry : – Il y a deux choses dans les voitures de course : le pilotage qui est en lui-même passionnant, les belles trajectoires, le freinage, le dérapage contrôlé, tout cela est très amusant et puis il y a la beauté des voitures simplement. J’ai toujours dit que les plus belles œuvres d’art du XXe siècle étaient les voitures et les avions. Infiniment plus belles œuvres à mes yeux, nous parlons d’une belle Maserati, Bugatti, Ferrari ou une voiture de mon père, c’est à mes yeux un milliard de fois plus beau qu’un  Rothko, un Basquiat ou un Picasso. J’aime infiniment plus les réalisations d’un grand designer – une Jaguar type D par exemple c’est une merveille – regardez l’exposition Ralph Lauren qui a eu lieu l’année dernière à Paris, vous y voyez des  œuvres qui manifestement sont des œuvres d’art. Il y a un mélange de technique et de beauté qui est exceptionnel.

L’automobile, technique, artisanale, rarement construite à l’unité peut elle donc être considérée comme une œuvre d’art ?

Luc Ferry : – Oui parce qu’il y justement un mélange d’efficacité et de beauté, de technique et d’élégance qui est exceptionnel. Il faut avouer que les voitures qui atteignent des prix comparables au prix des très grandes œuvres d’art puisque certaines Ferrari – les 250 GTO – atteignent 25 millions d’euros, c’est le prix des œuvres d’art parmi les plus chères. Ce qui est tout à fait comparable sur le marché de l’art à ce qu’on peut trouver, peut être pas à ce qu’il y a de plus cher dans l’art, parce que certains Giacometti atteignent des prix encore plus élevés  mais c’est plus cher qu’un Jeff Koons et je pense que c’est lié au fait que la beauté de ces voitures a fini par s’imposer  comme relevant à proprement parler non pas de l’artisanat mais de l’art proprement dit.  Il y a la rareté, parce que malgré tout, même si elles ont été construites à quelques dizaines d’exemplaires comme la GTO, les Atalante ou – mais il y en a eu davantage de construites – des Bugatti 35, on est à la limite de l’artisanat et en fait on est passé du côté de l’art ; leur beauté, même à titre strictement décoratif, même si on ne les utilise pas, est flagrante et c’est même beaucoup plus flagrant que pour certaines œuvres d’art estampillées comme telles dans les musées.

On parle d’artisanat, d’art ; avec votre père vous avez été confronté à la fois au monde de l’entreprise et à celui de la Compétition, donc au monde du risque. Peut-on dire que l’époque a changé ?

Luc Ferry : –  Ah oui çà ! C’est vrai qu’on a vécu en Europe un phénomène qui est assez frappant. On a vécu une véritable prolifération des peurs depuis une quarantaine d’années. On a peur de tout. On a peur du sexe, de l’alcool, du tabac, de la vitesse, des côtes de bœuf, des volailles, des nanotechnologies, du réchauffement climatique, de Claude Allègre et de mille choses encore. Chaque année une peur s’ajoute aux autres et donc, on est entré dans une société de la peur. Ce qui est frappant c’est que non seulement on a assisté au cours des quarante dernières années à une prolifération des peurs – j’aurais pu ajouter les OGM, le trou dans la couche d’ozone et que sais – je encore – mais on a assisté – et c’est cela qui va toucher l’automobile de course de plein fouet – à une véritable déculpabilisation de la peur. Quand j’étais petit, dans les familles comme à l’école, on disait en substance : «  un grand garçon, ça n’a pas peur ! » ou «  une grand e fille ça n’a pas peur ». Grandir, devenir une grande personne, pour parler comme St Exupéry dans le Petit Prince, devenir une grande personne c’est être capable de vaincre, de surmonter les peurs. Ne plus avoir peur du noir. Ne pas avoir peur de quitter ses parents. Ne pas avoir peur de se porter au secours d’une personne faible agressée dans un train ou dans un métro. Je ne dis pas que nous étions forcément au niveau mais en tout cas c’était l’idée. Et là on a inscrit le principe de précaution dans la constitution française. C’est-à-dire qu’on a inscrit la volonté de ne plus prendre de risque dans la constitution. Comme si le fait de prendre des risques était en soit catastrophique alors que la vie est évidemment par définition risquée, que ce soit dans l’entreprise – où vous êtes – dans le sport et en particulier dans le sport automobile. Quand j’étais gamin, quand on allait voir mon père courir ou ses voitures courir lorsqu’il avait cessé de piloter, il est vrai que pratiquement chaque week-end il y avait des accidents. Je me souviens avoir vu l’accident mortel de Benoit Musy, devant moi. Probablement du fait d’une direction brisée, sa voiture est sortie de l’anneau de Montlhéry. Je peux le voir encore comme si c’était hier. Le pilote levant les mains pour montrer au public que ce n’était pas de sa faute, qu’il ne pouvait rien y faire. Il est mort sur le coup quand sa voiture est tombée en bas de l’anneau. Il y avait un dénivelé de dix huit mètres.  C’est vrai qu’il y avait des accidents mortels partout, au Mans comme à Monaco qui n’était pourtant pas un circuit très rapide.

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A quoi attribuez-vous ce refus du risque ?

Luc Ferry : – Je crois qu’il y a deux raisons. D’une part le fait que les grandes religions aient disparu ou se sont largement retirées des sociétés démocratiques. Quand j’étais enfant il devait y avoir à peu près 85% de catholiques en France. Il en reste aujourd’hui à peine 40%. Il y a 8% de pratiquants. Quel rapport avec les religions ? Il est assez profond et assez simple à comprendre ; les religions constituaient par rapport à la mort de formidables filets de sécurité. Ce que nous promettaient les religions c’était qu’au fond l’existence terrestre est de peu d’importance, qu’on meurre à quarante ans, à vingt ou à quatre vingt ans ne change pas grand-chose à l’affaire, ce qui compte c’est la vie après la vie. Depuis les religions se sont largement retirées de l’espace des sociétés laïques.

D’autre part l’influence considérable depuis les années 70 des mouvements écologistes et pacifistes. « Lieber rot als tot » disaient les pacifistes allemands «  plutôt rouge que mort » face à l’Union Soviétique. Au fond on se fiche d’être privé de liberté, d’être sous la domination d’un régime totalitaire, on préfère la vie à la liberté. Préférer la vie à la liberté, ça peut se comprendre, ce n’est pas absurde, mais si en même temps on en fait, ce qui est le cas dans l’écologie contemporaine, une espèce de slogan permanent, ça veut dire à la limite qu’on va se barder de coton, de préservatifs – au sens large et métaphorique du terme – et que du coup on ne prendra plus jamais le moindre risque alors que la vie EST risque. Vous savez, certains médecins me disaient sans plaisanter que si l’aspirine avait été inventée dans les années 2010, elle n’aurait pas été mise sur le marché parce que personne n’aurait osé prendre ce risque. Il y a donc un moment où le principe de précaution finit par entraver la vie. C’est ce moment que nous vivons aujourd’hui.  Alors évidemment pour le sport automobile et l’automobile d’une manière générale ça a été une catastrophe. Bien sûr je comprends très bien qu’étant si nombreux aujourd’hui à conduire, il nous faut conduire raisonnablement. Mais je sais apprécier la liberté d’une vitesse libre sur les autoroutes allemandes.

Peut-on parler d’un renversement des valeurs ?

Luc Ferry : – Mon ami Marc Levy m’avait fait beaucoup rire en évoquant un scénario de [ce qui serait aujourd’hui un] film d’horreur. Ca commençait à peu près comme ça : « cette homme monta dans sa voiture de sport, il alluma une cigarette – alors déjà allumer une cigarette c’est la fin de tout – il posa la main sur la jolie jambe de sa voisine – harcèlement, on commence à hurler – démarra en trombe et s’en alla à 200 à l’heure – alors là c’est la catastrophe, la prison – … » Voilà, on est un peu embarrassé aujourd’hui et comme je vous le disais lorsqu’il m’arrive d’aller en Allemagne, j’en profite avec ma petite Jaguar pour l’amener jusqu’au bout !

Quel genre de petite Jaguar ?

Luc Ferry : – Une XkR, celle qui a des chevaux (rires) !

Pensez vous qu’aujourd’hui le sport automobile soit condamné ?

Luc Ferry : – Non, mais c’est une réserve d’indiens. C’est un petit peu comme la voile. Regardez la différence dans les compétitions où l’on a la météo par satellite, la position par GPS…un peu comme un bébé relié à sa maman par un cordon ombilical. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de danger. Le Vendée Globe, comme conduire une Formule 1, c’est difficile, il a du danger, mais par rapport aux courses d’antan, souvenez-vous des exploits de Tabarly sur le Pen Duick VI pendant des semaines on ne savait pas où il était, on ne savait même pas s’il était encore en vie, et puis il arrive premier alors qu’il n’avait pas de GPS, le pilote automatique était cassé, il arrive crevé, menant un bateau qui était sans électronique, les réductions de toile devaient être faites à l’huile de coude avec des winches gigantesques. Voilà, je ne veux pas jouer le vieux mammifère nostalgique, mais c’est vraiment une réserve d’indiens maintenant. On a gardé des indiens aux Etats-Unis, mais ce n’est pas dans l’état de nature que c’était en 1850 évidemment. C’est la même chose pour la course automobile. Et puis les voitures [de course] n’ont plus  aucun rapport avec ce qu’on peut conduire aujourd’hui sur la route. Je me souviens de pilotes du temps de mon père qui arrivaient avec leur voiture de ville et qui faisaient la course avec à Montlhéry, avec une Bugatti 35. Voiture dont ils se servaient au quotidien. Une Jaguar XkR 120 était une voiture qu’un pilote pouvait conduire aux Mille Milles puis rentrer avec chez lui. Aujourd’hui il n’y a rien d’équivalent, la séparation entre la voiture de tous les jours et la  voiture de course est totale. C’est pour cela que je parle de la réserve d’indiens. C’est un pré carré qui n’a plus aucun rapport avec la vie de tous les jours.

Donc avenir limité pour le sport automobile ?

Luc Ferry : – Je dirais que c’est une histoire qui est finie. La grande aventure de l’automobile c’est le XXe siècle. Ca n’aura plus le même charme, la même signification d’innovation technologique, de prise de risque, de choix esthétique aussi. Non c’est vraiment une aventure qui est terminée. Maintenant on n’a plus des voitures. On a des véhicules. On va mettre l’accent sur d’autres critères. Le sport automobile, c’est une histoire du XXe siècle. Encore une fois, il restera des petits îlots, mais ce ne sera plus une grande histoire comme ça l’a été jusque dans les années soixante dix.

Un projet en termes de Bugatti ou de Ferry prochainement ?

Luc Ferry : – Il parait qu’il reste un ou deux junior Ferry alors si on peut lancer un appel, j’aimerais bien en retrouver la trace. Et d’autre part si je pouvais retrouver une tubulure Ferry de moteur de 4 CV ou de Dauphine, qui me permettrait de refaire le moteur du petit tank Ferry, de le remettre dans l’état d’origine ce serait génial. Il doit rester des tubulures quelque part mais je ne sais pas où en trouver. Si on peut faire tourner un jour la Ferry avec son moteur et sa tubulure d’origine ce serait formidable.

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Pour conclure, que vous inspire l’interdiction de circulation des voitures de plus de 17 ans à Paris ?

Luc Ferry : – (Rires) C’est tellement absurde ! La circulation à Paris c’est le grand drame du maire de Paris aujourd’hui. C’est son grand échec. Toutes les études les plus sérieuses, et il y en a beaucoup qui ont été faites, prouvent qu’il y a d’autant plus de pollution que vous réduisez la vitesse de circulation. Par exemple on va fermer les voies sur berges ; c’est une absurdité totale. Plus vous réduisez la vitesse, plus vous créez des encombrements plus la pollution augmente. Il y a moins de pollution quand les voitures roulent à 60 km/h que lorsqu’elles roulent à 10 km/h. C’est totalement absurde. Moi qui ai une petite 4 CV Renault, je ne pourrai plus traverser Paris avec. On traite l’automobiliste comme un grand délinquant. C’est ridicule et j’espère que ça ne passera pas. En, plus que ce soit la gauche qui mette ça en place, c’est quand même insensé parce que ça veut dire que tous les gens qui n’ont pas les moyens d’avoir des voitures récentes ne pourront plus traverser Paris.  Outre le fait qu’une voiture qui a quinze ou vingt ans est généralement en très bon état. Il faut ne rien connaître à l’automobile pour prendre des décisions aussi stupides. Il s’agit vraiment de pourrir la vie aux automobilistes de telle sorte qu’ils finissent par renoncer à la voiture. Il y a là une schizophrénie qui est assez fascinante c’est que d’un côté on voudrait que la croissance revienne, que Peugeot, Renault, Citroën vendent des voitures et de l’autre côté on fait exactement tout pour pourrir la vie des automobilistes de telle sorte qu’on va tous finir par prendre le métro ou l’autobus. Encore faudrait-il qu’il y en ait en nombre suffisant, car lorsqu’on doit attendre vingt minutes sous la pluie…ça va ! Décision absurde et insensée.

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Propos recueillis par Olivier Rogar – 01-2013

Photos voitures NB © Luc Ferry Famille
Photo Ferry 750S couleur piste © Hugues Mallet
Photo Luc Ferry © olivier Rogar

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