30 avril 2018

Johnny Rives F1, Bakou 2018

ET HAMILTON ÉMERGEA D’UN SPRINT ÉCHEVELÉ

 Lorsque la voiture de sécurité (SC) intervint à cause de l’accrochage que l’on guettait depuis longtemps entre les deux Red Bull (40e tour), tous les pilotes avaient déjà effectués leur changement de pneus. A la seule exception de Valtteri Bottas. Le Finlandais de Mercedes devenait le grand chanceux de l’histoire. Ne s’étant pas encore arrêté, il occupait naturellement la première place. Et l’opportunité de la conserver ne pouvait être meilleure. Vettel, qui guettait cette position après l’avoir contrôlée au cours des 30 premiers tours, le comprit mieux que quiconque – lui qui avait bénéficié d’un semblable concours de circonstances en Australie pour entamer victorieusement la saison. Il ne restait plus qu’une dizaine de tours à accomplir. Perdus pour perdus, tous les poursuivants de Bottas se résolurent à chausser eux aussi les pneus « ultra tendres », les seuls de la gamme Pirelli à s’accommoder de la fraîcheur régnant à Bakou ce 29 avril… Les quinze F1 rescapées de ce circuit propice aux coups de théâtre (et qui n’en avait pas été avare) allaient donc se jeter dans un sprint sans doute échevelé. D’où allait surgir le futur vainqueur. On en avait l’eau à la bouche. A l’inverse de l’infortuné Bottas, l’on ne devait pas être déçus. Tout comme Lewis Hamilton, l’heureux élu.

                                                                Johnny RIVES.

JE T’AIME, MOI NON PLUS…

F1, Bakou 2018. L’accrochage entre Max Verstappen et Daniel Ricciardo était fatal. Enfin il apparaissait comme tel depuis le début de la course. Les deux « équipiers » ( ?) se battaient comme des chiffonniers après un début de course difficile où, chaussées plus efficacement en gommes « ultra », les Renault et Sainz et Hulkenberg avaient relégué les Red Bull en 6e et 7e positions. Mais cela n’avait pas duré. Une fois retombé le feu d’artifice des Renault, Verstappen et Ricciardo avaient retrouvé leurs 4e et 5e places. Depuis lesquelles ils menaient une chasse acharnées après Bottas qui semblait à leur portée. Ricciardo avait semblé avoir l’avantage lors des cinq premiers tours de course, mais dès le retrait de la SC provoquée par l’élimination accidentelle d’Ocon, Verstappen n’avait pas manqué l’occasion de lui imposer son rythme. Cela non sans user de quelques vacheries pour bien faire comprendre à Ricciardo qu’il n’était pas disposé à lui laisser aisément le passage. Parfois leurs roues s’étaient entrechoquées, mais grâce à leur adresse, ils avaient évité le pire. Jusqu’à leur changement de pneus. Après s’être battus avec les « super » de Pirelli, qui mettaient tous leurs utilisateurs en difficultés dans la fraicheur de Bakou, vint le moment de chausser les Pirelli « ultra », bien mieux adaptés aux conditions de course. Ricciardo venait de subtiliser la 4e place à Verstappen quand il fut le premier à stopper (37e tour). Au passage suivant, ce fut au Batave de troquer ses pneus rouges contre les fameux violets. Et, surprise, il regagna la piste devant Ricciardo. Lequel développa alors toute son agressivité pour reprendre l’avantage. A la fin du 39e tour, profitant de l’aspiration de la voiture sœur, l’Australien voulut tenter sa chance au freinage au bout de la longue ligne droite, devant les stands. Mais Max veillait au grain. Il freina sur la gauche pour décourager son frère ennemi. Jugeant sa manœuvre réussie, il se déporta à droite pour le premier virage. Mais Ricciardo vit là une chance. Serrant à gauche il retarda son freinage comme jamais. Alors Max décida de revenir sur la partie gauche de la piste qu’il avait ouvert inconsidérément. Dès lors, le choc était inévitable. Les deux Red Bull se retrouvèrent tournoyant dans l’échappatoire. Un KO aussi lamentable que radical. « Ils sont aussi responsables l’un que l’autre » conclurent hâtivement les responsables de Red Bull, confirmant ainsi que Verstappen est bien le « chouchou » de l’écurie Red Bull. Un Verstappen d’une régularité confondante : en quatre Grands Prix, il a été mêlé, bon gré, mal gré, à quatre incidents graves. Voilà qui va peut-être influencer Ricciardo pour choisir son prochain contrat – lui vers qui louchent avec envie la plupart des autres équipes.

HAMILTON ENFIN HEUREUX !

GP Bakou 2018 - Hamilton - Bottas @DR

GP Bakou 2018 – Hamilton – Bottas @DR

Malgré un début de saison difficile des Mercedes, et malgré un début du G.P. d’Azerbaïjan tout aussi difficile (il fut incapable de suivre le rythme imposé par Vettel en début de course), Lewis Hamilton a fini par retrouver le sourire. Comment aurait-il pu en être autrement ? A la reprise de la course, après que l’intervention de la SC déclenchée par l’accrochage des Red Bull ait été prolongée par l’inattendue élimination de l’infortuné Romain Grosjean, Lewis était en 3e position, précédé par Bottas (heureux bénéficiaire des circonstances) et par Vettel (qui avait dominé lors des 30 premiers tours). Ce dernier tenta, dès le premier freinage, de reconquérir la place de leader que Bottas lui avait subtilisée grâce aux circonstances. « J’étais obligé de tenter une attaque ! » se justifia-t-il plus tard. Mais, roues bloquées, il fut déporté au large, au grand bénéfice des deux Mercedes (Bottas et Hamilton). Moins d’un tour plus tard, l’inattendu survenait dans la ligne droite. Aucun incident ne s’y était produit précédemment. Et pourtant un débris s’y trouvait. Débris sur lequel roula Bottas, dont le pneu arrière droite souffrit instantanément, anéantissant les espérances – heureuses mais justifiées – du Finlandais. Ce qui permit à Hamilton de pointer en tête pendant trois tours. Les trois derniers. Hamilton ne pouvait pas dire moins que la chance lui avait enfin souri !

PEREZ QUI RIT, GROSJEAN QUI PLEURE

GP Bakou 2018 - Perez - Force India @DR

GP Bakou 2018 – Perez – Force India @DR

Le circuit de Bakou passait pour être propice aux incidents de course. Le G.P. d’Azerbaïjan a confirmé cette légende. Les six éliminations qui s’y sont produites (Ocon, Sirotkin, Hulkenberg, Ricciardo, Verstappen, Grosjean et enfin Bottas) sont toutes accidentelles. Dans les boyaux étroits des rues de Bakou, le premier tour de course a été particulièrement chaotique. A son issue, on a dénombré, outre deux abandons, pas moins de six arrêts aux stands pour réparations diverses : Raïkkonen, Hartley, Alonso, Magnussen, Perez et Grosjean. Pierre Gasly, très adroit, en avait profité pour hisser sa Toro Rosso à une étonnante 7e place qui tenait plus du mirage que de la réalité. Pendant ce temps Grosjean et Perez se retrouvaient 14e et 15e. Autrement dit, croyait-on, sans espoir. Mais c’était sans compter sur les chausses trappes de Bakou. Dont nos deux gaillards s’affranchirent avec tant de brio qu’ils étaient 5e (Perez) et 6e (Grosjean) après l’élimination des Red Bull. Hélas, l’espoir ne dura guère pour l’infortuné Franco-Suisse, trahi par ses freins alors qu’il tentait de mettre ses pneus en température derrière la SC. En revanche, Perez sut en tirer un parti exceptionnel : placé par les circonstances en position de se battre contre Vettel, après la bévue de l’Allemand trop ardent de devancer Bottas, il y parvint avec un panache formidable. Il est vrai que la Ferrari n°5 était handicapée par des pneus endommagés par le freinage intempestif de Vettel. N’empêche :  «J’ai sans doute couvert les deux tours les plus réussis de toute ma carrière ! » avoua le Mexicain, inattendu et extraordinaire 3e derrière Hamilton et Raïkkonen.

LECLERC DE HAUTE LUTTE

GP Bakou 2018 - Leclerc - Sauber2 @DR

GP Bakou 2018 – Leclerc – Sauber2 @DR

 Une des performances les plus remarquables de ce G .P. d’Azerbaïjan est sans doute celle réussie par Charles Leclerc, dont le nom résonne comme celui d’un général français fameux (Philippe Leclerc de Hauteclocque). Et qui a fait honneur à ce patronyme glorieux en signant un exploit de haute… lutte, pour son quatrième Grand Prix seulement. Et cela au volant d’une F1 que l’on disait, avant la saison, vouée aux dernières places – la Sauber. Mais sous la férule de Fréderic Vasseur, l’écurie suisse a accompli de réels progrès. Dont Charles Leclerc, que l’on qualifiera de franco-monégasque (comme l’était le rapide Louis Chiron pour Bugatti et Talbot voilà quelques décennies) a tiré un parti absolument magnifique. Raïkkonen pourrait mieux parler que quiconque de ce tout jeune pilote, lui qui resta dans le sillage de Leclerc pendant douze tours au cours desquels ils grimpèrent un derrière l’autre des 10e (Leclerc) et 11e  places (Raïkkonen) jusqu’aux 5e et 6e, avant que le Finlandais de Ferrari ne prenne enfin avantage sur la Sauber du franco-monégasque. Charles Leclerc est né le 16 octobre 1997 à Monte-Carlo. Il n’a donc pas encore 21 ans. Par ses propos pleins de retenue et de pertinence, autant que par son sourire, il apporte une fraîcheur bienvenue dans ce monde brutal et impitoyable de la F1, où il a choisi d’exprimer son talent.

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