Brands Hatch
19 mars 2024

Brands Hatch Circuit, 17 mars 1974

Fawkham, Dartford, Kent (UK)

Si le calendrier prétend que c’est ma fête, le déluge biblique qui fait de Brands Hatch une apocalypse le détrompe.

Patrice Vatan

Trempé au-delà du possible, j’ai le Bob Marlboro en nénuphar sur le crâne de qui émerge d’un étang, le blouson JPS tel une combinaison d’homme-grenouille, mais je ne laisserais ma place pour rien au monde, pas même pour le somptueux breakfast de ce matin au Inn of the Lake, à un jet de pierre du circuit, du côté de Gravesend, avec la vue sur la sauvagine s’ébattant sur le lac.

Stéphane Collaro donne une idée de ces conditions dignes du Nürburgring 68 ici : https://tinyurl.com/y6y9kwjb

À cinq tours de la fin advient ce dépassement hors-normes que là-bas, à l’extérieur de Paddock Bend, j’imagine ce diable de Michael Turner, gardé des trombes d’eau par un parapluie de golf tenu par un assistant, peindre en direct.

Dans mon insondable naïveté j’ai longtemps cru que Turner travaillait « sur le motif », un simple pass « Painter » au bras…

Longtemps la vénérable Lotus 72 de Jacky Ickx, grand-mère vieille de quatre ans, s’est tenue dans la roue de Lauda, dont la récente Ferrari 312 B3 souffre d’un problème de suspension. Soudain, le trou de souris dans la courbe la plus « demanding » de B’Hatch, Paddock, à l’aveugle, en dévers, au sous-virage naturel.

Incroyable maestria du Rainmaster bruxellois, formidable interprétation par le Maître londonien qui transpire la puissance émotionnelle des Grands Prix d’alors, le côté jeux du cirque aussi que convoque cette arène antique naturelle qu’est Brands Hatch, alliée à une formidable précision, à un détail près, l’absence d’une flèche au-dessus de la banderole Simoniz qui eût localisé notre position, à Martine, Guy, Christian, et votre serviteur.

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Les Champions, l’événement attendu tout l’hiver. L’équipe, un commando léger plutôt, s’est naturellement ressoudée autour d’une auto de combat que Christian, le proprio, a équipée d’une dissuasion lumineuse de très haute intensité.

C’est parti pour un calendrier de terrain de 21 déplacements. Mes archives mentionnent une dépense de 270 francs pour le week-end de Brands Hatch, essence, circuit, restos, bateau, hôtel, soit 261 euros, rapportés en monnaie constante.

Christian, un gars sans chichi, ne reconnaît que deux positions à son accélérateur, au repos et à l’horizontale ; que deux musiques dans son lecteur de cassettes, Pink Floyd et Pink Floyd. Cette saison, ce sera : https://tinyurl.com/27v9hhf6.

Martine est dotée de deux qualités dont l’une est sa connaissance de la langue de Jochen Mass, sans grand intérêt toutefois ici. Guy, à la parole rare mais définitive, hisse la confection de faux pass au rang d’un art.

Quant à votre serviteur, il ne sert à rien mais dévoilerait un pan apprécié (du moins le lui laissera-t-on croire) de sa personnalité dans cinquante ans.

Image © Michael Turner

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