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Comme chaque année, le salon d’Avignon constitue un agréable rendez-vous pour les amateurs d’anciennes.
On y apprécie la diversité des visiteurs ; bandes de copains regroupés par centres d’intérêt, solitaires à la pupille resserrée fixant l’objet de leur convoitise sans donner corps à la moindre diversion, badeaux déambulant sagement, en famille le plus souvent et passionnés s’épanouissant à leur source, là où exposent leurs clubs.
On y fait des découvertes, qu’elles soient classiques ou de compétition. Et finalement les heures passent, de stand en exposition, de copains en comptoirs jusqu’au moment où le soleil déclinant, on se dit qu’il serait peut-être temps de rentrer. Non sans avoir exploré des parkings toujours dignes d’intérêt.
Et pour avoir souvent dénoncé la difficulté d’accès au Salon, il faut bien admettre que cette année ça roulait tout seul. Le vendredi du moins en ce qui me concerne. Alors pas la moindre critique ? Si, une. Deux petits sandwiches jambon cru / raclette et deux bières pour 37.00€…Une manière de dépasser Rétromobile ?…Assurément pas la meilleure.
Olivier Rogar Santoni
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La F2 ou la vie de Château Sport Auto
Château Sport Auto, l’officine du Muy présentait une magnifique Chevron B16 – Ford et une collection exclusive de F2. Ce n’est pas courant. A part l’ami Gérard Gamand d’ Autodiva, rares sont les media à en parler. Et pourtant… Il y a à dire sur cette catégorie. Elle a fait les beaux jours d’un championnat d’excellents pilotes, certains couronnés par un titre européen qui ouvrait directement les portes de la F1. Belles, puissantes, fines. Habileté et talent requis.
Gordini Type 15 – 1948
Moteur 4 cylindres 1500 cc – Puissance 100 ch – Vitesse plus de 200 km heure.
La première Gordini type 15 apparu en 1948. Grâce à ces monoplaces légères et efficaces, l’équipe Gordini a remporté plusieurs succès notables entre 1948 et 1952. Face aux puissantes Ferrari, Maserati et Talbot, ses pilotes figuraient parmi les plus grands de cette époque : Trintignant, Manzon, Simon, Behra et même Fangio.
Cooper Bristol T20 -1953
Ce modèle lancé en 1952 par John Cooper bénéficiait de l’évolution de la règlementation du championnat du monde de F1 qui venait d’adopter les règles prévalant initialement en F2. Les F1 de 1952 étaient donc des F2 et ce sera encore le cas en 1953. Equipée d’un moteur Bristol 6 cylindres de 2.0L issu de la BMW 328 d’avant-guerre qui développait 130 ch elle dépassait 200 km/h. Mike Hawthorn marqua à plusieurs reprises en F1 avec un modèle similaire. Réalisant même un podium en Grande Bretagne, assorti de deux 4e place, il se classa 5e du Championnat du monde 1952.
Matra MS5 1966
Moteur Cosworth 4 cylindre 1596 cc – Puissance 220 ch – Vitesse : plus de 240 km/h
Cette voiture est née en configuration 998 cc. Elle a participé à la saison 1966 aux mains d’Henri Pescarolo. S’illustrant notamment sur les pentes du Mont Ventoux. Elle a remporté la Temporada Argentine 1966/1967 avec Jean-Pierre Beltoise.
Pour la saison 1967, la voiture a été mise à disposition de Ford France et reconditionnée en formule 2 avec le moteur Cosworth FVA. Piloté par Jo Schlesser, elle participera même à un grand prix de formule 1 en Allemagne. C’est lors du même grand prix et sur un modème identique que Jacky Ickx se qualifia avec un temps qui l’aurait placé en première ligne avec les F1 si les F2 n’avaient pas eu l’obligation, quelqu’ait été leur temps aux essais, de partir DERRIERE les F1. Il abandonna en course alors qu’il était remonté à la 4e place, dépassant presque tout le plateau F1 sauf trois d’entre elles. En fin d’année il serait sacré Champion d’Europe de F2.
March 712 M – 1971
Moteur Cosworth 4 cylindres 1596 cc – Puissance 240 ch – Vitesse : plus de 240 km heure.
Livrée neuve en 1971. À Freddy Link, elle est engagée au sein du Team Jolly Club. En 1972, la voiture est confiée au pilote Peter Korda avec lequel elle participe à plusieurs épreuves du championnat d’Europe de formule 2. Sa carrière se poursuit jusqu’en 1974, alternant courses de côtes et épreuves sur circuit.
March type 752 – 1975
Moteur Cosworth 4 cylindres 2.0L, puissance 280 chevaux, vitesse plus de 250 km heure.
La March 752 est une formule 2 inaugurant les coques à fond large. Elle pouvait être équipée de plusieurs moteurs Ford, BMW notamment. Cette voiture a été pilotée par Craig Hill en championnat Formule Atlantic canadien en 1975. Elle est maintenant aux couleurs de Bertl Roos.
March type 76B – 1976
Moteur Cosworth 4 cylindres 1596 cc, puissance 240 chevaux, vitesse plus de 240 km heure.
La March 76B était destinée aux championnats de Formule Atlantic, l’équivalent nord-américain de la formule 2 que Gilles Villeneuve remporta en 1976. Cette voiture a été pilotée par Howard Rose à Thruxton en 1977. Elle a été remise aux couleurs de Dave Charlton qui courait en championnat Formula Atlantic d’Afrique du Sud 1977.
Bentley et Rolls Royce
Face à la profusion de voitures de compétition, le Salon mettait aussi à l’honneur le luxe britannique le plus abouti avec les deux marques Bentley et Rolls Royce de l’époque où elles n’étaient pas encore allemandes.
A l’exception d’une seule Bentley que nous nous empressons de présenter ici car elle est certainement la plus rapide qui ait jamais existé : la Speed 8 de 2003. Une 8 cylindres de 3995 cc à la puissance de 620 ch, chronométrée à 326 km/h et victorieuse u Mans en 2003 avec Tom Kristensen, Rinaldo Capello et Guy Smith.
Après le rachat de Bentley par le groupe VAG en 1998, il est décidé de s’engager en endurance pour faire renaître la gloire de la marque en sport automobile. En 2001 VAG reprend la philosophie de la R8C engagée en 1999 par Audi et lance le « Barnato Project » du nom de Woolf Barnato, seul pilote Bentley à avoir triompher à trois reprises au Mans (1928, 1929 et 1930) sur une Speed 6.
Bentley engage deux nouvelles Speed 8 en 2001 puis travaille sur le modèle de 2003 en collaboration avec Audi. 73 ans après 1930, une nouvelle victoire de la marque incarnant le « Fast motoring » annonce avec… faste, le retour de Bentley au premier plan.
Tout ce qui est Simca n’est pas Gordini
S’il est un préparateur qui a fait a fait florès avec Simca, c’est bien Amédée Gordini. Est-ce lui qui a inspiré d’autres mécaniciens de talent ou est-ce ce fameux petit moteur Simca qui a suscité des vocations ? Toujours est-il qu’Avignon célébrait cette année, ces orfèvres et leurs drôles de petites machines dont nous nous faisons le plaisir de vous retranscrire les présentations.
Simca Fanfani Barquette 1949
Moteur Simca 8, préparation Deho, 4 cylindres, 1100 cc – 150 km/h.
Modèle unique réalisé par Norbert Fanfani ( concepteur et pilote),Louis Cousseau ( mécanique) et Roger Vaudevire (carrosserie) au sein du garage McDonald à Paris.
Elle a participé au Bol d’Or 1949, au GP de Paris 1950, à la Coupe d’Automne 1952 et à des courses sur les circuits du Comminges et de Chartres.
Propriété du petit fils du mécanicien de l’époque.
Simca Deho Barquette 1939 -1949
Moteur Simca, 4 cylindres, 1089 cc – 160 km/h.
Voiture découverte dans un champ à l’entrée d’Aix en Provence en 1966. Pierre Dellière a participé à de très nombreuses manifestations historiques à son bord. Il a été champion VHC dans sa catégorie en 1976.
Pendant plus de 50 ans, elle a été exposée au Musée Automobile de Provence à Orgon.
Morer Sport GML 1949
Moteur Simca, 4 cylindres, 1089 cc – 150 km/h.
En 1948 à Toulouse, Germain Morer décide de construire sa propre voiture de course.
Comme beaucoup de « sorciers-préparateurs » de l’époque, tels que Gordini et Deho, il utilise des pièces d’origine Simca. Le moteur bénéficiera d’une préparation « maison » et le dessin de la carrosserie roadster sera signé Pierre Dumont . Après réception aux Mines, elle sera présentée à Monsieur Pigozzi en vue d’une construction en série. Ce qui restera sans suite.
Simca Barou Spécial, 1938
Moteur Simca 8, 4 cylindres, 1089 cc – 150 km/h.
Construite par Jean Barou, carrossier à Tournon sur Rhône.
Après-guerre elle passe dans les mains du garagiste préparateur Raoul Martin. Il en améliore les performances.
Elle a participé à de très nombreuses courses avec un succès notable à Nice en 1950.
Simca Roux Barquette, 1939
Moteur Simca, 4 cylindres, 1089 cc – 150 km/h.
Construite par Jean Roux, garagiste et pilote bordelais.
Elle a participé au GP du Roussillon et aux courses d’Angoulême, Montlhéry, Sables d’Olonne ainsi qu’au GP de Bilbao aux mains de Pierre Larrue entre 1948 et 1952.
Simca Milano Sport 1956
Moteur Simca, 4 cylindres, 1294 cc – 150 km/h.
Cette voiture a été construite par Jean et Pierre Milano à Toulon en collaboration avec l’agent Simca de Toulon.
Leur but était de préparer une voiture pour courir les 12 Heures d’Hyères avec Louis Chiron comme pilote. Malheureusement la course fut annulée et la voiture ne prit part à aucune compétition.
Simca encore
De la 1200 S à la CG roadster, en passant poar les barquettes et la Murena, les vaillantes mécaniques Simca ont limé le bitume des côtes et des rallyes sur deux décennies.
Motos
Ce n’est pas notre spécialité, mais la qualité du plateau de motos est à souligner. Nous vous laissons apprécier.
Coups de cœur
Vous le savez, vous qui lisez celà, nous nous intéressons généralement davantages aux protagonistes qu’aux mécaniques elles-mêmes. Il n’empêche, les salons nous donnent souvent matière à rêverie.

De ce stand c’est toute l’histoire de Bugatti qui vous contemple grâce à Messieurs Chevalier et Rondoni © Olivier Rogar Santoni

Le Président de l’Amicale Matra 530 : Christian Magnanoux et grand lecteur de Classic Courses © Olivier Rogar Santoni
Il est l’or…
De rentrer en déambulant au milieu des parkings.

































