Grand Prix de Bahrein 2018, LE ROUGE ET LE NOIR

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Grand Prix de Bahrein 2018 –  Deux victoires en deux courses : la saison 2018 des Grands Prix ne pouvait pas mieux commencer pour Ferrari et pour Sebastian Vettel. Mais, si la victoire des Rouges ne souffrait guère de discussion en Australie – même si la Scuderia s’était montrée opportuniste pour décrocher la victoire en saisissant la chance de changer les pneus de Vettel lors de la SC virtuelle – il n’en a pas été de même à Bahrein.

Cette fois, l’Allemand n’a gagné que par une marge étroite (699/1000e de seconde) qui n’autorise pas à parler de domination. Marge étroite concédée en outre au pilote n°2 de Mercedes (Bottas). Car  l’Allemand s’en serait-il aussi bien sorti si la pénalité ayant frappé Hamilton pour son changement de boîte n’avait pas relégué l’Anglais en 9e position au départ ?

 Ce handicap ôtait à Lewis toute chance de victoire face aux Ferrari, voire même son propre équipier. Débarrassé de la menace Hamilton, Vettel a cependant eu le mérite de maîtriser le rush de Bottas alors que leurs pneus étaient à l’agonie. « Je ne contrôlais rien ! » a prétendu Sebastian tout sourire après sa victoire.

Peut-être. N’empêche qu’il maîtrisa Bottas et sa Mercedes. C’était bien l’essentiel pour clore victorieusement en rouge une épreuve également marquée de noir, chez Ferrari. A cause du malheureux accident survenu au changement de pneus de Raïkkonen pour lequel la responsabilité de Kimi n’est nullement engagée. Et dont la grande victime fut le mécanicien Francesco Cigarini – double fracture tibia – péroné gauches.

                                                 Johnny RIVES.

Pour mémoire

2017 Grand Prix de Bahrein
2016 Grand Prix de Bahrein
2015 Grand Prix de Bahrein
2014 Grand Prix de Bahrein

L’ETINCELLE  D’HAMILTON

Grand Prix de Bahrein 2018
GP Bahrein 2018 – Hamilton – Mercedes @F1.com

Grand Prix de Bahrein 2018. Comme à Melbourne, Lewis Hamilton a une fois encore dû se contenter d’une place d’honneur. Pourtant, quelle course ! Quelle démonstration ! Reportons nous au quatrième tour de ce Grand Prix de Bahrein 2018. Hulkenberg a fort à faire pour défendre la sixième place qu’il vient de subtiliser à Ocon. Alonso le talonne de près. Derrière ce trio, Hamilton est aux premières loges pour observer cette bataille.

Et si possible en tirer bénéfice. Car la Renault, la McLaren et la Force India ne sont pas de force contre sa Mercedes. Tout va se passer au début du cinquième tour. Lancé à fond, le petit groupe va aborder le virage aigu situé au bout de la rectiligne des stands.

On s’y attendait : Alonso porte une attaque sur la Renault de Hulkenberg. Prudemment, Ocon serre le coté gauche, prêt à plonger au creux du virage si l’attaque d’Alonso se passe mal. Pour s’assurer l’avantage, l’Espagnol freine si tard et si fort qu’il bloque ses roues. Forcément cela va le déporter à l’extérieur du virage.

Hamilton a déjà réagi. Lui aussi a retardé son freinage pour dépasser Ocon. Pour plonger à la corde où il devient instantanément maître de la situation. Alonso et encore moins Hulkenberg ne peuvent pas réaccélérer aussi promptement que lui. Le voilà 6e, quand il était 9e à l’entrée du virage ! Trois places gagnées d’un seul coup d’audace et de précision !

Julien Fébreau s’égosille à son micro ! En un éclair, le circuit de Bahrein venait de  nous offrir ce dont celui de Melbourne est incapable, un dépassement d’anthologie. Et Hamilton avait une nouvelle fois montré qu’il possède en lui une étincelle que Bottas n’a jamais exprimée à ce jour.

 GASLY, L’HOMME DE LA COURSE

Grand Prix de Bahrein 2018
GP Bahrein 2018 – Gasly – Honda @DR

Hamilton n’a pourtant pas été élu « homme de la course ». Cet honneur est revenu à Pierre Gasly, auteur de la plus forte surprise pour avoir hissé au firmament (enfin, presque…) sa Toro Rosso de modeste extraction (en théorie) propulsée par un moteur dont on disait pis que pendre, il y a peu encore, le Honda.

Les motoristes japonais doivent se réjouir en considérant les McLaren en général et Alonso en particulier une quarantaine de secondes derrière leur nouveau pilote, jeune et inexpérimenté. Et le hasard n’y est pour rien. Dès les premiers essais le Normand de 22 ans a installé sa modeste F1 à l’avant du gros peloton.

Ce qu’il a confirmé en qualification en obtenant la meilleure performance si convoitée derrière les trois grandes équipes. Et devant des écuries comme Renault, McLaren et Haas qui affichent des ambitions que Toro Rosso n’a pas osé étaler. En course, notre homme a immédiatement bénéficié du fiasco des Red Bull pour occuper une position qui en faisait rêver beaucoup derrière lui.

Autre surprise, son plus proche rival s’avéra être le redoutable (et redouté) Danois Kevin Magnussen, que Gasly eut le mérite de réduire implacablement à la modestie, et cela deux fois ; en début de course, puis en fin de parcours. C’était bien lui l’homme de ce Grand Prix de Bahrein 2018 .

 RESIGNATION DANS LE PELOTON

Grand Prix de Bahrein 2018
GP Bahrein 2018 – Vettel – Ferrari @DR

Derrière les inapprochables Ferrari et Mercedes, à l’exception du seul Pierre Gasly, chacun dut se résigner à ne pas être celui qui sortirait de la mêlée : la place était prise ! Les Renault par exemple, malgré la performance convaincante d’Hulkenberg, durent limiter leurs ambitions pour ne pas consommer trop de carburant.

Les McLaren se contentèrent de peu, compte tenu de leur standing (7e et 8e avec Alonso et Vandorne). Standing qui laissait envisager avant la saison qu’elles seraient du même calibre que les Red Bull – ce qui encore est loin d’être le cas comme les qualifications l’ont souligné : 1’28’’398 pour Ricciardo, 1’30’’156 pour Alonso. Alonso faisait contre mauvaise fortune bon cœur en soulignant sa position au championnat du monde (4e avec 16 points !)

Satisfaction très mesurée également chez Force India à travers le bilan d’Ocon : s’il a eu la satisfaction de subtiliser à la Renault de Sainz la 10e place en vue de l’arrivée, notre autre Normand (oui, comme Gasly) ne peut que constater le retrait de sa machine, par rapport à ce que les Force India montraient en fin de saison dernière. Certes, c’était moins pire à Bahrein que cela avait été à Melbourne. Mais il n’y avait pas à pavoiser.

 Le Grand Prix de Chine survenant dans quelques jours, il y a de fortes chances que la hiérarchie n’y soit pas bouleversée. A moins d’un caprice météorologique… On y regardera de près les Red Bull, et plus précisément Max Verstappen, à propos duquel Hamilton a dit dimanche qu’il devrait se montrer plus respectueux vis à vis de ses adversaires. Sa jeunesse et son enthousiasme gagneraient sans doute à une certaine modération. En aura-t-il le loisir avec ces deux contre-performances à faire oublier ?

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Johnny Rives

« Lorsque j’ai été appelé sous les drapeaux, à 21 ans, j’avais déjà une petite expérience journalistique. Un an et demi plus tôt j’avais commencé à signer mes premiers « papiers » dans le quotidien varois « République », à Toulon. J’ai envoyé le dernier d’entre eux (paru le 4 janvier 1958) à Pierre About, rédacteur en chef à L’Equipe. Il m’a fait la grâce de me répondre après quoi nous avons correspondu tout au long de mes 28 mois d’armée. Quand je revins d’Algérie, très marqué psychologiquement, il voulut me rencontrer et me fixa rendez-vous au G.P. deMonaco 1960. Là il me demanda de prendre quelques notes sur la course pendant qu’il parlait au micro de Radio Monte-Carlo. J’ignorais que c’était mon examen d’entrée. Mais ce fut le cas et je fus reçu ! Je suis resté à L’Equipe pendant près de 38 ans. J’ai patienté jusqu’en 1978 avant de devenir envoyé spécial sur TOUS les Grands prix – mon premier avait été le G.P. de France 1964 (me semble-t-il bien). J’ai commencé à en suivre beaucoup à partir de 1972. Et tous, donc, dès aout 1978. Jusqu’à décembre 1996, quand les plus jeunes autour de moi m’ont fait comprendre qu’ils avaient hâte de prendre ma place. C’est la vie ! Je ne regrette rien, évidemment. J’ai eu des relations privilégiées avec des tas de gens fascinants. Essentiellement des pilotes. J’ai été extrêmement proche avec beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire intime. J’ai même pu goûter au pilotage, qui était mon rêve d’enfance, ce qui m’a permis de m’assurer que j’étais plus à mon aise devant le clavier d’une machine à écrire qu’au volant d’une voiture de compétition ! Je suis conscient d’avoir eu une vie privilégiée, comme peu ont la chance d’en connaître. Ma chance ne m’a pas quitté, maintenant que je suis d’un âge avancé, puisque j’ai toujours le bonheur d’écrire sur ce qui fut ma passion professionnelle. Merci, entre autres, à Classic Courses. »

Johnny Rives
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Gerard Bacle

un grand bonheur de lire ce compte rendu net et concis dont l’auteur n’oublie pas de souligner la course d’Hamilton…et bien entendu, celle de Gasly !

Michel Ribet

Oui Gérard c’est un vrai plaisir de lire Johnny !

Olivier Rogar

Qu’est il arrivé à Romain Grosjean ? Il alterne le meilleur et le pire. Mental ou mécanique ?

richard JEGO

Ou donc avez vous vu récemment du bon chez le pilote suisse ??
Bon bientot pour la FE .
Très heureux de cette réussite HONDE mais pourvu que ça dure .

Gilles Navarro

Précis, concis, parfait
As usual avec Johnny, serais-je tenté de rajouter…
Amicalement
Gilles Navarro

laurent riviere

Vettel a mérité amplement sa victoire et Mercedes peut s’inquiéter pour le titre . On peut toujours refaire la course mais Vettel était en difficulté sur la fin et Bottas n’a pu amorcer qu’une timide attaque. Auparavant on avait vu Hamilton avec ses pneus en fin de vie résister à Vettel faisant le jeu de Bottas qui n’a pas su en profiter. Il a perdu à ce moment 6 à 8 secondes dans cette stratégie voulue par Mercedes qui jouait Bottas vainqueur. Si Mercedes n’avait pas été focalisé uniquement sur la course de ce dernier, Hamilton au lieu de se… Lire la suite »

Marchin

Toujours la référence les commentaires du Maître.
Sacré Johnny !

Patrick Martinoli

Ne doit-on voir dans le brutal dégagement à gauche d’Esteban Ocon à la lutte au freinage avec Hamilton, lors du dorénavant fameux dépassement à 4, un éclair de lucidité : ne pas risquer d’aller trop loin contre son possiblement futur équipier en 2019 ou 2020 ? Les leçons de 2017 avec Perez et les remarques de Toto Wolff ont sans aucun doute été assimilées par cet intelligent jeune pilote…

JP Squadra

Rêvons un peu : une lutte pour le titre entre Ocon sur Mercedes, Gasly sur Red Bull et Leclerc sur Ferrari ! Un futur pas si utopique que ça j’espère…

Olivier Rogar

Et Grosjean sur McLaren ?!

richard JEGO

A ma connaissance Mclaren n’est pas ( encore?) dans les courses de tondeuses à gazon .