Chris Amon par lui-même 1/3

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Chris Amon par lui-même

(Chris Amon in his own words)

imagesChris Amon nous a quittés au début du mois d’août, à l’âge de 73 ans, au moment où le site Classic Courses fermait provisoirement ses portes pour le congé estival. En cette période de rentrée, il nous paraît nécessaire de publier quelque chose à propos de ce pilote qui occupa une place si importante dans le sport automobile des années 60-70. Notamment en France, puisqu’il fut le pilote officiel de Matra en 1971 et 1972.

Comment mieux lui rendre hommage qu’en le laissant parler ? Le journaliste Peter Windsor a réalisé cet entretien en 2011, à l’occasion du Festival de Sport Automobile de Nouvelle Zélande. Cette vidéo est publiée sur YouTube (mise en ligne par Peter Windsor lui-même). C’est très vivant, et je pense plus instructif que ces monographies traditionnelles un peu plates où on retrace la carrière d’un pilote. La forme de l’entretien est typique du journaliste spécialisé, très connaisseur : à chaque fois, une question précise, parfois un peu inattendue, sur tel ou tel aspect de la carrière de Chris Amon. Ce qui nous épargne les banalités habituelles sur « le pilote le plus malchanceux de l’histoire de la Formule 1 » (1). Seule la dernière question (les pilotes et les voitures d’aujourd’hui) est d’ordre général.

Peter Windsor est un des journalistes les plus connus du monde de la Formule 1. Il n’est pas exagéré de dire qu’il est, dans le journalisme anglo-saxon de sport automobile, un peu l’équivalent de ce que fut Gérard Crombac chez nous. Outre son activité de journaliste, il est très introduit dans de nombreux aspects du monde de la Formule 1. Il fut notamment un proche collaborateur de Frank Williams (jusqu’à se retrouver dans la voiture où ce dernier eut son terrible accident qui le laissa paralysé).

Une caractéristique de Peter Windsor : il connaît tout, absolument tout, sur Jim Clark auquel il semble vouer une sorte de culte. Il est d’ailleurs le propriétaire de la dernière Lotus Elan de Jim Clark, qui a appartenu à Gérard Crombac pendant de longues années.

J’ai moi-même réalisé les sous-titres. La traduction ne fut pas difficile, mais que ce fut long à réaliser ! Si vous trouvez une erreur, n’hésitez pas à l’indiquer dans les commentaires. Par exemple, dans la troisième partie, j’ai eu quelques difficultés avec ce V12 Matra qui rejetait des flammes par le pot d’échappement quand on le faisait chauffer. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.

Et maintenant, laissons la parole à Chris Amon, interrogé par Peter Windsor.

René Fiévet

  • Malchanceux, Chris Amon ? Peut-être en ce qui concerne son palmarès en Formule 1. Mais force est de constater qu’il est resté pendant une dizaine d’années au plus haut niveau de ce sport sans connaître un accident majeur, et sans jamais être blessé. A une époque où ce sport était extrêmement meurtrier. Il le doit bien sûr à son habilité, mais probablement aussi à la chance. Parmi ceux de ses contemporains qui survécurent, ils ne sont pas nombreux à pouvoir en dire autant. Jack Brabham, Denny Hulme et Dan Gurney sont les seuls noms qui me viennent à l’esprit. Mais ce ne fut pas le cas de John Surtees, Jackie Stewart, Jacky Ickx, Jean Pierre Beltoise, Clay Regazzoni.
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René Fievet

Né en 1952, économiste de formation, René Fiévet vit à Washington DC où il est fonctionnaire international. Dès son plus jeune âge, il a été passionné par les courses automobiles, notamment en lisant les histoires de Michel Vaillant. Il a appris à lire avec « Le pilote sans visage ». Mais vivant à l’étranger dans sa jeunesse, en Extrême Orient et en Afrique, il a plus rêvé le sport automobile qu’il ne l’a vraiment connu. Ce qui arrange bien les choses quand il s’agit d’écrire sur le sujet. Comme tous les passionnés qu’on rencontre dans Classic Courses, René Fiévet pense évidemment que « c’était mieux avant ». Mais à force de répéter ce qui est pour nous une évidence, on risque de passer pour un vieux con. Alors, pour faire taire les sceptiques, les convaincre que le « c’était mieux avant » n’est pas une impression, ni même une opinion, mais une vérité solidement établie, et vérifiable, il faut transmettre quelque chose de ce passé révolu. Et comment transmettre autrement qu’en écrivant ?

René Fievet
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Luc Augier

Très intéressant. Félicitations.

René Fiévet

Pour accéder aux sous-titres en français, il suffit de cliquer sur l’icône «cc» en bas de l’écran

richard JEGO

Bonjour , suis très surpris de voir les noms de Surtees,Stewart et Ickx dans la liste de ceux qui survécurent sans accident majeur ou blessure !!
Beltoise , OK pour l’accident qui lui a bloqué le bras .
Regga : Ok pour le crash de Long beach
Stewart ; peut etre pensez vous à SPA .Mais était ce un accident majeur ?
Surtees et Ickx ; surprise totale à moins que pour Ickx vous ne pensiez à son accident au rallye des pharaons ou son copilote fut tué .
Surtees ?????

Philippe Durand

Jarama 70, après avoir été percuté par Jackie Oliver. Les images parlent d’elles-même.
https://www.youtube.com/watch?v=fZJJ4aergI8

richard JEGO

Erratum : lire « la liste de ceux qui ne survécurent PAS « ….
Dans la liste de ceux qui coururent du temps d’ Amon et n’eurent pas d’accident majeur :
Phil Hill , AJ Foyt , JP Jarier ,Reine Wissel , Mario Andretti ,James Hunt ,Carlos Reutemann, Jody Schekter, Lella Lombardi …

René Fiévet

Richard,
Fort heureusement, ma liste des pilotes qui ne furent pas blessés en course n’était pas exhaustive. John Surtees fut très gravement accidenté au Canada en septembre 1965 et resta plusieurs mois à l’hôpital. Quant à Jacky Ickx, je pensais effectivement à son accident de Jarama où il resta prisonnier des flammes pendant une vingtaine de secondes. Mais il est vrai que ses brûlures ne furent pas très graves. A propos de chance en ce qui concerne Chris Amon, il me revient qu’il fut impliqué dans l’accident de John Woolfe au Mans en 1969, et en réchappa miraculeusement.

richard JEGO

René,
j’avais oublié cet accident de Canam à Mosport ou effectivement Surtees fut gravement blessé aux jambes dans le crash de sa Lola .
Ayant passé une soirée à parler course et MATRA avec JPJ en 1984 , il m’avait dit qu’il n’avait aucun regret de ne pas avoir gagné en F1 malgré les opportunités avec LOTUS et SHADOW , étant heureux d’avoir traversé ces années sans accident majeur alors que tant de ses collègues et amis s’étaient tués en course . Pas sur que le batave de RB comprenne !
Autres temps , autres moeurs .

Classic Courses

Ci-dessous les commentaires intervenus sur le site à l’annonce du décès de Chris Amon, début Aout.

Luc Augier

LUC AUGIER le 3 August 2016 Chris Amon et le GP d’Allemagne, cela me rappelle un dîner au Nürburgring, en 1972, la veille de la course. Gérard Crombac était alors consultant pour Matra et son rôle, nous disait-il ce soir là, consistait à entretenir le moral de son pilote, qui avait tendance à se décourager. Jabby faisait tellement dans l’exagération qu’Amon en arrivait à rire à gorge déployée. Cette année là, Jean Luc Lagardère avait tout misé sur lui en n’engageant qu’une voiture, car Matra avait donné priorité au programme Le Mans. Pour le faire engager en 1971, Crombac avait… Lire la suite »

Richard Jego

RICHARD JEGO le 4 August 2016
Merci M.AUGIER pour votre billet .
Una anecdote sur MONZA 71 : si ma mémoire est bonne , MONZA avait d’abord annoncé ICKX sur FERRARI en pole , afin d’attirer le max de tifosi le dimanche . Ce n’est que tard dans la soirée du samedi qu’ils avaient corrigé mais trop tard pour les journaux italiens déjà en vente et qui avaient tous titré : FERRARI en pole !

Richard Jego

La plus belle course d’AMON pour moi :
BRANDS HATCH 1967 , ou avec STEWART comme équipier , ils mènent leur sublissime P4 à la seconde place derrière la splendide 2F de Phil HILL .
Cette seconde place vaut une victoire car elle permet à FERRARI d’etre CDM constructeurs .
Mais je comprends qu’un pilote considère que sa plus belle course soit sur une monoplace ou il n’a pas à partager les lauriers avec un autre .

Luc Augier

Vous évoquez là un événement qui a marqué l’histoire. Stewart sur une Ferrari d’usine ! Le titre constructeurs avait été un lot de consolation pour une Scuderia accablée par la disparition de Bandini et le grave accident de Parkes à Spa. Beaucoup de tourments pour l’ami Franco Lini et sa casquette blanche. Ferrari était alors engagé sur tous les fronts : F1, protos, F2 avec la Dino de Jonathan Williams, Montagne, avec la barquette de Scarfiotti et Canam en fin de saison ! L’un des meilleurs souvenirs que je conserve : les applaudissements de la foule pour saluer la 2ème… Lire la suite »

Laurent Rivière

Stewart courut également sur Ferrari en 1964. C’était aux 12H de Reims sur une GTO qui n’était pas d’usine et il faisait équipe avec…Amon. Ils rencontrèrent des ennuis mécaniques et finirent attardés à la 17ème place. Ce même week end Stewart remporta la course de F3.

CROULLEBOIS Michel

En 1964, Stewart a aussi piloté une Ferrari 275 LM aux 1000 kms de Paris avec Scarfiotti

Christophe Dejean

Je m’apprêtais à écrire que dans mes souvenirs d’enfance la plus belle course de Chris Amon avait été le Grand Prix de Belgique 1970, où il tint la dragée haute à Pedro Rodriguez dont le V12 BRM respirait ce jour là à pleins poumons . Le record du tour en monoplace sur le circuit démoniaque de Spa , qui ne sera effacé dans l’absolu qu’en 1973 par un sublimé Henri Pescarolo sur sa Matra 670. Une course folle menée à peine une seconde de l’invincible mexicain, et un effacement de tous les autres Cosworth du jour . Une seconde place… Lire la suite »

Oreste Morzenti

merci à vous tous pour ces éditos au sujet de Chris Amon. Grand pilote, oui, malchanceux aussi, bien sur, mais ce que j’ai toujours pensé de lui, lors qu’il était en activité, c’est qu’il s’agissait d’un bonhomme, un mec bien qui aurait mérité beaucoup plus par le milieu de la F1. Un mec gentil et sympa, comme il y en avait pas mal à cette époque là, et cela contraste vraiment beaucoup avec les nombreux méchants qu’il y a aujourd’hui en F1. Je ne fais pas des noms, il suffit regarder leur comportement pour les reconnaitre. RIP Chris Amon, on… Lire la suite »

Laurent Rivière

Les couleurs suédoises de la Ferrari GTO n°29 de Amon Stewart ont orienté mes recherches. Ainsi dans le livre de Jess Pourret La Légende Ferrari 250 GT Compétition, on peut lire concernant cette 250 GTO 3445 GT de Amon Stewart: « Chris Amon devait courir sur la GTO de Ulf Norinder. Mais à la dernière minute Norinder préféra se marier et avertit Amon de se trouver un autre partenaire pour conduire sa voiture. Amon eut des difficultés à en trouver un dans un si bref délai mais il entendit parler d’un pilote de F 3 encore inconnu peut-être mais de… Lire la suite »

Mathieu Mastalerz

C’est assez ironique de penser que Chris Amon est considéré comme l’un des pilotes les plus malchanceux de la Formule 1 mais qu’il eut la chance justement de rester en vie jusqu’à cette année, en dépit de gros accidents en fin de carrière. Autre ironie, plus triste, c’est que sa plus belle chance de victoire fut gâchée en partie de sa faute, puisqu’à Charade en 1972, Jabby Crombac l’avait conseillé de ne pas fréquenter les bords de piste à cause des cailloux traîtres du circuit. D’ailleurs c’est ce jour-ci qu’un certain Helmut Marko a perdu son œil à cause d’une… Lire la suite »

Daniel DUPASQUIER

Même si j’ai un peu bataillé pour trouver le sous titrage, je n’ai rien à redire sur la traduction qui m’a semblé fidèle. Pour moi et peut-être les personnes de ma génération, Chris Amon demeure une icône et symbolise l’exact reflet de ce qu’était la course automobile de ces années d’or. C’était une époque où le courage, la simplicité et la solidarité effaçaient le manque de compétitivité des moins lotis, un temps où la passion faisait que ces audacieux passaient 5 fois plus de temps à prendre des risques au cours d’obscures séances de tests sur des engins proches du… Lire la suite »

linas27

Autre accident dont fut victime Chris Amon qui influença peut être sa décision de retraite : celui du GP de Suède 76 sur l ‘Ensign . Violente sortie qui lui occasionna une forte commotion , il fut remplacé par Neve en France au Grand prix suivant puis abandon en Angleterre au bout de 8 tours ….Enfin le GP d Allemagne où il jeta l’éponge au deuxième depart…Un accident aux essais du GP du Canada chez Wolf ….Puis abandon de la F1…Une participation lors de la première course canam chez Wolf en 77 …Enfin retour au pays où il raccroche son… Lire la suite »

ferdinand

À propos d’Ickx et d’Ensign, n’oublions pas un sale accident à Watkins Glen en 1976.

[…] sur Classic Courses par René Fiévet (http://185.62.184.7/2016/09/chris-amon-lui-meme/), la disparition de Chris Amon nous amène aux autres pilotes de F1 qui ont quitté la scène en […]