Marc Nicolosi

La Chronique de Patrice Vatan du 26 /11/ 2019

Mon cher Marc
Je me paye le culot de vous apostropher ainsi, Marc Nicolosi. Après tout Marguerite Yourcenar s’adresse de même à Marc-Aurèle dans une première phrase célèbre. Votre mort le 27 novembre à 84 ans lance un pont entre vous et moi, noue un contact direct.

Ce n’était certainement pas au Circuit des Remparts que j’eus pu vous aborder tout à trac, vous ce grand collectionneur, ce pionnier de l’auto ancienne, même rigolard lorsqu’il s’était agi de faire souffler dans le ballon les bugattistes dont vous présidiez le club. Comme si des chauffeurs dans des machines à 800 000 euros roulaient bourrés.

Je crois me souvenir que vous aviez refusé de vous soumettre, vous dont le nom serait donné plus tard au plateau auquel vous étiez inscrit ce 17 septembre 2006.

Marc Nicolosi, vous m’impressionniez. Je ne suis pas seul à le ressentir. Fedrizzi Fortunio, par exemple, avouait dès l’annonce de votre mort, avoir été figé dans votre bureau lorsqu’il vous avait demandé son premier stand à Rétromobile.

Le mot est lâché : Retromobile Officiel. C’est au vu du succès de l’exposition organisée par les Editions Atlas en 1974 pour lancer leur collection « La grande encyclopédie de l’automobile » qu’aidé de Jean-Pierre Jouët, le promoteur de l’opération, vous inventâtes en 1976 le premier salon automobile consacré exclusivement à l’ancienne, Rétromobile. Un oeuvre de visionnaire.

Précurseur intuitif, vous aviez décelé au mitan des années 70 les premiers frémissements du phénomène vintage. L’époque n’était pas au retour en arrière, à l’exploration du passé.
On allait de l’avant, porté par la croissance, l’opulence routière, la beauté et la puissance qu’exaltaient les courses automobiles. Il n’est que de se reporter aux petites annonces de Sport-Auto de ces années-là : la colonne réservée aux anciennes était squelettique.
Bref Monsieur Nicolosi, vous aviez deviné juste.

Et vous récidiviez deux ans plus tard en ressuscitant le Circuit des Remparts qui se hisserait bien des années après sous les houlettes de Jean-Marc Laffont et Michel Loreille au rang des grandes manifestations internationales.

Vous rejoignez au paddock céleste vos pairs Serge Pozzoli et Jacques Potherat, où nul ne vous forcera à souffler dans quoi que ce soit.

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