Solo Brescia 2019 – Cent ans de Bug’

Une quarantaine de voitures de courses quasiment centenaires sillonnant les petites routes de Dordogne par tous les temps, voilà ce qu’a proposé en septembre le Solo Brescia 2019 à tous ses vaillants participants – et aux heureux spectateurs locaux. Basée sur le principe d’un rallye touristique, la manifestation n’en demeure pas moins une démonstration de beau pilotage sur de superbes mécaniques, le tout orchestré de main de maître par la nouvelle entité Dordogne-Corrèze dont nous vous avions causé un brin en début d’année (https://www.classiccourses.fr/2019/04/10/dordogne-correze-en-anciennes-un-partenariat-unique-en-france/).

Pierre Ménard

Les Brescia devant l’Hôtel Dieu de Hautefort © Luc Fauret

Solo Brescia

Solo Brescia veut dire « Uniquement des Brescia » ! Réussir à rassembler 42 modèles de ces voitures de légende est un réel tour de force, à mettre au crédit de Patrick Friedli, pour le Club Bugatti France, et Jean-Paul Brunerie pour le groupement Corrèze-Dordogne-Périgord Tourisme. Les deux compères avaient étrenné en 2016 la formule sur la Corrèze; la nouvelle alliance Dordogne-Corrèze signée en mars 2019 a donné l’occasion rêvée de renouveler l’expérience sur les routes de la Dordogne cette année, avec l’appui efficace de Carlos Duarte, responsable commercial sur le département.

Quand le passé mécanique rencontre le passé architectural ©Luc Fauret

Toutes ces Brescia, du Type 13, 22 ou 23, ne sont pas strictement d’origine. Il y a forcément des reconstructions, notamment au niveau des moteurs, mais l’authenticité des 42 Bugatti présentes lors de cette belle semaine de début septembre en Dordogne ne prête guère à contestation. Ces autos nous viennent du début du siècle précédent et le plus important est qu’elles roulent. Et roulent bien !

Le chef d’orchestre Jean-Paul Brunerie à la manoeuvre ©Jakub Staub

Pas de vent dans les pages

Jean-Paul Brunerie avait sélectionné pratiquement 1000 kilomètres de petites routes pour relier tous ces lieux à la fois touristiques et épicuriens. Ces itinéraires furent validés lors d’une nouvelle reconnaissance complète effectuée avec Patrick Friedli en avril dernier. « La spécificité de ce Solo Brescia, c’est qu’il n’y a pas vraiment de road-book, nous explique Jean-Paul, mais une carte plastifiée avec les annotations principales pour guider les équipages : sans pare-brise, ils auraient bien du mal à tourner les pages ! Pour les guider efficacement, on partait une heure avant tout le monde afin de fixer à chaque changement de direction une flèche indicatrice, sur poteaux, talus, ronds-points ou grilles de parcs ».

Les Anglais viennent de leur île et ont donc tout prévu pour le long voyage : même la pipe au fourneau protégé ! ©Jérôme Stevens

La vraie performance fut de réussir à faire rouler les équipages toute une matinée sur des routes avec pratiquement une seule voie de circulation, en croisant trois ou quatre véhicules et sans un ralentisseur…. Mais en revanche, on n’évitait pas de temps à autre quelques centaines de mètres de piste non goudronnée ou de route forestière où les flèches n’étaient pas superflues. Ça aussi, ça fait partie de l’ambiance du Solo Brescia !

L’assistance était sous la houlette de Laurent Rondoni, un des éminents spécialistes Bugatti en France ©Jérôme Stevens

Le bitume et le réconfort

« Nos équipages de Brescia sont de véritables warriors, continue Jean-Paul. Des guerriers de la route, bravant les éléments et roulant en toutes circonstances, sans peur, mais avec beaucoup de taches d’huile ! Pour preuve, les cinq équipages britanniques venus par la route jusqu’aux portes du Périgord avec des engins de course des années 20 ».  En tout, douze nationalités étaient représentées sur ce Solo Brescia 2019, dont des Australiens et des Néo-Zélandais, excusez du peu !

Le futur vainqueur du plateau dédié aux Bugatti à Angoulême, Julian Eckersley, s’initie à la pratique du chabrol ©Jérôme Stevens

Tous ces gens braves étaient donc là pour faire tourner pleinement les quatre-cylindres de leurs Bugs, mais aussi pour profiter des belles et bonnes choses d’une région dont la réputation n’est plus à faire : les équipages ainsi réunis ont pu être initiés aux délices gourmands, tels le traditionnel chabrol avant une dégustation de produits de canard, ou la découverte (dégustation à l’appui) de la production d’un caviar de grande qualité à Neuvic.

Étape dans les somptueux jardins d’Eyrignac ©Jérôme Stevens

Une chaleur unique

L’accueil et l’enthousiasme des personnes présentes sur les parcours et aux étapes, la curiosité mêlée d’admiration pour ces merveilleux fous roulants resteront parmi les souvenirs laissés par le passage en Périgord de cette si sympathique colonne. Jean-Paul Brunerie tient à ajouter : « Je retiens aussi le soutien de tous les partenaires, restaurants, lieux de visites, hôtels, élus municipaux formidablement impliqués.Ce fut, au-delà de la qualité des prestations et des merveilleux sites découverts, un des facteurs de réussite de cette édition 2019.  Car le « Solo Brescia », c’est toute une ambiance, le sentiment d’une réunion de famille, avec les cousins venus des quatre coins du globe, le beau-frère d’Australie, le neveu de Nouvelle-Zélande, le cousin de Norvège…. Incomparable ! Quant à nos amis d’outre-Manche, n’essayez pas de les suivre, ni sur la route, ni au bar » !

Dans le paddock des Remparts à Angoulême, Patrick Friedli (debout à droite) est là pour participer (il terminera 2e de son plateau) et aussi encourager les troupes ©Jérôme Stevens

Au terme d’une semaine idyllique de pilotage, allié aux découvertes touristiques et gastronomiques, le groupe se séparait en deux le vendredi après-midi : ceux qui retournaient au Domaine d’Essendieras (où avait commencé l’aventure le dimanche après-midi précédent) pour finir le week-end calmement, et  ceux qui prenaient la route d’Angoulême pour le Circuit des Remparts où ils démontrèrent une fois de plus la qualité de leur pilotage en finissant devant les 37 le dimanche… On vous le dit, ce sont des épées, ces gars-là !

Le château de La Chapelle-Faucher ©Luc Fauret

Le Solo Brescia a encore de belles heures devant lui puisque l’édition 2021 sera organisée à Brescia même, histoire de célébrer dignement la victoire d’une Type 13 dans le Grand Prix de 1921, victoire qui eut un retentissement énorme pour la réputation d’Ettore Bugatti. Et on parle également d’une édition à organiser en République Tchèque ! L’occasion d’aller admirer sur d’autres terres ces vénérables autos à la vigueur toujours surprenante. Car le Solo Brescia, c’est un musée qui roule !

© Luc Fauret

Pierre Ménard

Illustrateur de formation et passionné de Formule 1, il collabore à la revue Auto-Passion de 1993 à 2001, ainsi qu’à l’annuel L’Année Formule 1 de 1996 à 2013. En 1997, il participera par le graphisme au début de l’aventure Prost Grand Prix.

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6 pensées sur “Solo Brescia 2019 – Cent ans de Bug’

  • Bien sympathique . Merci des commentaires et photos .
    Bravo aux Gentils Organisateurs ; les anglais ont du apprécier car leurs ancetres ont pas mal occupé cette région et y sont encore nombreux .

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  • Bravo à tous, Pilotes, Organisateurs, Reporters et flècheurs .

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  • Bravo aux organisateurs et aux participants. Et Merci à Ettore d’avoir conçu des autos qui presque 100 ans plus tard continuent d’entretenir la passion.

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  • Sympa le reportage . ça donne envie. Regret évident d’avoir vendu la mienne ! ( il y a longtemps!)

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  • très belle initiative ce Solo Brescia, bravo à tous, organisateurs et participants. Et vu que la prochaine édition se deroulera à Brescia, à quelque km de chez moi, j’y serai en spéctateur, sans doute!

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  • Je reconnais la sympathique et positive organisation de l’ami J.P Brunerie . Merci aussi à toi Pierre pour ce beau et intéressant reportage .

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