GP de Singapour 2019 par Johnny Rives

 Leclerc en voulait plus !

 Il lui a fallu bien plus de temps que la minute 36 secondes et 217 millièmes de sa troisième pole consécutive, à Charles Leclerc, pour digérer la déception de sa deuxième place à  Singapour ! Pourtant, en début de saison, à ses tout débuts chez Ferrari, n’aurait-il pas été enchanté par la promesse d’un tel résultat ?

Mais, depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Et le statut de Charles a sensiblement évolué. D’élève sage et appliqué il s’est rapidement transformé en leader. Dès Bahrain, deuxième rendez-vous de la saison, il s’était adjugé sa première pole au nez et à la barbe (naissante) de Sebastian Vettel. Avant de dominer une course où seul un caprice technique de sa Ferrari l’avait privé d’une victoire méritée. Après quoi Ferrari avait traversé une inexplicable période de disette. Dont Leclerc et nul autre finit par émerger en dominant les grands prix de Belgique et d’Italie.

Vettel, leader théorique de la Scuderia, éclipsé par le tout jeune Charles (21 ans) n’existait plus. Mais à Singapour, douche froide dans la moiteur tropicale : profitant de circonstances favorables, Vettel a retourné la situation en sa faveur. Ce que Leclerc a fini par accepter, non sans mal. Désormais il désire bien plus qu’une 2e place. Il a la conviction de le mériter. Mieux : il en a la volonté… A suivre !

                                                                      Johnny RIVES.

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Comprendre l’undercut de Vettel sur Leclerc :

https://www.formula1.com/en/latest/article.how-undercut-put-vettel-on-course-for-victory-and-left-leclerc-frustrated.34MTbmpOgNtgTnNYb4SBgQ.html

UNE STRATÉGIE IMPROVISÉE … ET EFFICACE !

GP Singapour 2019
GP Singapour 2019 – Sebastian Vettel @ DR

GP de Singapour 2019 – Mattia Binotto, directeur de la gestion sportive de la Scuderia, a dû puiser des trésors d’arguments pour prouver le bien-fondé de la stratégie ayant abouti à la victoire de Vettel. Et principalement au doublé Ferrari. En contradiction avec tous les scenarii envisagés avant la course. Vettel fut arrêté plus tôt que prévu pour son changement de pneus (19e des 61 tours) en constatant que Red Bull allait arrêter Verstappen. « Nous avons aussitôt décidé d’appeler Sebastian pour qu’il ne perde pas son avantage sur Max, » explique Binotto. La situation était alors la suivante : 1.Leclerc, 2.Hamilton (roues dans roues)puis, légèrement décalés,3.Vettel, 4.Verstappen. « Quand j’ai été appelé pour rentrer au stand, j’étais dans le virage précédant l’entrée. »

L’affaire fut réussie : Vettel reprit la piste devant Verstappen, ils étaient alors 8e et 9e. Un tour plus tard (le 20e), Leclerc était appelé à son tour. Il reprit la piste juste derrière Vettel. Et heureusement, devant Verstappen. Le grand tournant de la course venait d’avoir lieu. Binotto eut recours à un second argument : arrêter Leclerc avant Vettel eut été contraire à toute logique. « On n’arrête pas un leader avant celui qui le menace le plus». En l’occurrence Hamilton. Qui expliqua : « On a été pris de vitesse par la stratégie de Ferrari. Car c’est ce que nous avions prévu de faire. Du coup on a tenté l’inverse de nos prévisions. Et je me suis retrouvé 4! » Au final, une fois sa déception digérée, Leclerc admit que oui, la stratégie de Ferrari avait été la meilleure du point de vue global de l’équipe. Qui a signé un doublé d’autant plus magnifique qu’il était inattendu !

GIOVINAZZI EN TÊTE !

GP Singapour 2019
GP Singapour 2019 – Antonio Giovinazzi @ DR

Le circuit de Singapour partage avec celui de Monaco un inconvénient rédhibitoire : les dépassements y sont si difficiles qu’ils entrainent souvent des accrochages. Donc à déconseiller. C’est pourquoi le début du quinzième grand prix du championnat 2019 s’est résumé à une procession. Leclerc la conduisait  un rythme étonnamment bas : 1’50’’ au tour après s’être qualifié en 1’36’’ ! Mais Hamilton, dans ses roues, n’amorça pourtant aucune tentative de dépassement. Trop risqué. Derrière eux, c’était la même chose : Vettel, Verstappen, Bottas et Albon suivaient sagement le train-train. Et même Norris, dont la McLaren emmenait le restant de la meute. Il réussissait à se tenir assez près du groupe de tête pour ne pas perdre Albon de vue (ce qui n’arrive jamais tant l’écart est colossal entre les trois équipes majeures et les sept autres).

A ce rythme, il était clair qu’on n’allait pas échapper à certaines surprises. Ce fut le cas au 26tour. Quand l’arrêt pneus d’Hamilton propulsa le pilote le plus inattendu de tous en tête du Grand Prix : Antonio Giovinazzi ! Ce débutant de 25 ans se tenait jusque là dans l’ombre bienveillante de Raïkkonen chez Alfa Romeo. Il avait montré le bout de son nez à Francorchamps… avant d’être éliminé par une sortie de route. Mais il s’était bien racheté en obtenant à Monza une méritée 9e place, hautement appréciée par son DS, Frédéric Vasseur. De là à le voir mener un grand prix… C’est pourtant bien ce qui s’est produit à Singapour. Où il avait réussi à se glisser dans le sillage de l’excellent Norris en début de course. Le gros peloton était si peu distancé par les leaders que, lorsque les changements de pneus intervinrent, les mieux placés gagnèrent place après place. Tout cela était provisoire bien sûr. Le temps que les leaders reprennent un rythme décent en pneus neufs. Et que ceux partis avec des pneus plus résistants s’arrêtent à leur tour.

Mais voila : arrêts de Vettel et Verstappen (19e tour), de Leclerc, Albon et Norris (20e), puis de Bottas (22e) et Giovinazzi se retrouva propulsé en 2e position devant Gasly et Ricciardo, qui comme lui tardaient à s’arrêter. Et au 26e tour, quand Hamilton se décida enfin à troquer ses « tendres » pour des « durs », Giovinazzi se retrouva tout naturellement en tête de la course ! Il y avait belle lurette qu’une Mercedes, une Ferrari ou une Red Bull n’avait pas mené un grand prix. Et voilà que cet honneur inattendu revenait à la surprise générale à l’Alfa Romeo (ex-Sauber) de ce sans grade de Giovinazzi ! Un gag ? Que nenni : la plus tangible réalité ! La fête dura trois tours. Une fois Vettel dans son sillage, Giovinazzi fit mine de résister. Après n’avoir pas si aisément que ça ouvert le passage, il finit par s’incliner de bonne grâce sous la pression du futur vainqueur. Giovinazzi avait connu son jour de gloire.

« J’espère que mes amis ont photographié l’écran du classement pendant ces trois tours ! » dit-il avec humour en mettant pied à terre, après avoir marqué le point de la 10e place. Une 10e place qu’il conserva en dépit d’une pénalité de dix secondes encourue pour une manœuvre répréhensible lors de l’accrochage Russell-Grosjean. Et qui semble bien réduire les chances de Hulkenberg de rejoindre Raïkkonen chez Alfa en 2020. Il ne reste à l’Allemand, une fois encore très bon hier sur sa Renault, qu’une toute petite chance chez Williams où Nicholas Latifi paraît bien placé pour remplacer Robert Kubiça.

COTE D’AMOUR ET.. DE DÉSAMOUR !

A Singapour, nous avons aimé :

*** Vettel, Leclerc, Giovinazzi
** Verstappen, Hamilton, Bottas, Norris.
* Albon, Hulkenberg, Gasly.

A Singapour, nous avons moins aimé :

°° Kvyatt
° le circuit de Singapour           

Classement « Classic Courses » après le GP de Singapour 2019 :

Nous avons aimé :

24 *  Lewis Hamilton -
19 *  Leclerc
18 *  Verstappen
16 *  Bottas  
15 *  Vettel
 7 *  Norris 
 6 *  Mercedes - Honda - Sainz - Albon  
 5 *  Giovinazzi
 4 *  Kvyat - Ricciardo - Hulkenberg 
 3 *  Ferrari - Red Bull - La pluie  - Renault
 2 *  McLaren - Stroll - Giovinazzi - Perez
 1 *  Stroll - Circuit Gilles Villeneuve - Raikkonen - Alfa Romeo - Grosjean - Kubiça - L'ambiance de Monza

Nous avons moins aimé :

-9 ° Renault 
-8 ° Ferrari - Règlement sportif 
-7 ° Vettel 
-6 ° Haas
-5 ° Kvyat
-4 ° Stroll
-3 ° Albon - La mensuétude des Commissaires ( Suite accident Gasly - Albon) - Perez - Ricciardo 
-2 ° Giovinazzi - La sévérité du déclassement des Alfa
-1 ° Le circuit de Melbourne - Grosjean - McLaren - Alfa-Romeo - La safety car - Magnussen - Le circuit de Singapour

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

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9 pensées sur “GP de Singapour 2019 par Johnny Rives

  • Mr RIVES oublie que FERRARI grace à VETTEL est sorti de la période de disette dès MONTREAL ou un stupide règlement , visiblement abrogé depuis ( cf les arabesques de LECLERC à Monza ) , a privé VETTEL et FERRARI d’une victoire amplement méritée .

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    • Johnny ne l’oublie certainement pas. Mais pas de victoire à Montréal pour Vettel. Pour suivre la carrière de Giovinazzi, je ne pouvais qu’être très heureux de son passage en tête où il n’a pas démérité.
      Quand même, tourner en course à 15 secondes des temps des essais : quel horreur, quel desespoir, quel règlement ! Et quel ennui pour les pilotes.

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      • Merci Philippe, c’est exactement ça. Je n’ai pas tenu compte non plus de la 2e place de Leclerc en Autriche. Car, au niveau de Ferrari, l’important était de finir premier. Ce qui a été fait avec régularité depuis Francorchamps. Ce fut la fin d’une certaine disette, donc.

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  • A propos de la Scuderia, elle aurait bien mérité quelques étoiles dans le  »nous avons aimé »… une telle remise à niveau de la voiture sur un circuit a priori défavorable, et une stratégie parfaite en course, chapeau !

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  • On peut comprendre la déception de Charles LLERC, qui se dépouille comme un dingue pour faire la nique aux Mercedes, aux essais comme en course, et qui est mal récompensé de ses efforts. Mais bon, un doublé Ferrari, par les temps qui courent, c’est un toast de foie gras en période de vaches maigres…
    On ne peut pas reprocher leur tactique aux tacticiens de Ferrari, quand elle leur apporte sur un plateau un doublé inespéré. La courses a ses raisons que la raison ignore. Charles LECLERC a certainement fini par digérer sa déception. mais l’enthousiasme et la fougue qui l’animent ces dernières semaines sont vraiment rafraîchissants pour la F1.
    Un truc que j’ai du mal à piger, c’est la cohérence des décisions des commissaires. Un jour ils sanctionnent une erreur et le week-end d’après, pour les mêmes motifs, ils n’interviennent pas. Au final, ça laisse un goût amer dans nos bouches.
    Mais bon, John, dès lors que la course reste acharnée, comme ce fut le cas sur les derniers Grands Prix, on ne va pas se plaindre. Remettez-nous une tournée à Sotchi, please !

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  • Jolie explication de la stratégie de Ferrari qui a tout simplement coupé l’herbe sous le pied de Hamilton !

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  • Charles Leclerc ne pourra être champion du monde qu’à la condition de ne pas chercher son intérêt dans toute décision de son équipe.
    Un talent si jeune sans acceptation de l’impondérable est comme une monoplace innovante trop neuve qui doit se frotter encore aux réalités de la course.

    Ferrari c’est finalement incompréhensible et parfois aussi bien simple: tu t’assieds dans la voiture et tu prends le pouvoir sur la piste.
    Leclerc est en chemin comme autrefois Niki Lauda et Vettel sera bientôt son Clay Regazzoni.

    Enfin et surtout une pensée admirative pour Johnny dont les mots, attirés qui sait par la luminosité insupportable de cette piste sans intérêt, lui donnent un lustre inégalable.

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  • Charles Leclerc est un tres grand pilote ! dans les années a venir il faudra compter avec lui !il ose et ………………………il gagne la marque des tres grands; vettel est en dessous de sa popularité cette année et de son talent !curieux retournement ,peut etre la supériorité de mercedes et hamilton l’a découragé le titre etant joué depuis longtemps.

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