Voici Johnny Rives…et voici ce qu’il m’a appris

Récemment, nous déjeunions à Toulon avec Lysiane et Johnny Rives, ainsi qu’avec le photographe Bernard Asset, leur voisin et ami. Ces moments étaient conviviaux et très agréables, un peu tristes cependant : nous avions appris le matin-même le décès de Niki Lauda. Et là, à table, ça m’est revenu d’un coup. Quand, en juin 1979, Lauda avait brutalement quitté la F1 et l’écurie Brabham, Johnny avait immédiatement écrit dans l’Equipe un article ainsi titré : « Le funambule pris de vertige. » Papier époustouflant : informatif, sensible, unique. Les mots de Rives ont toujours fait mouche.

Texte Eric Bhat – Photos Bernard Asset

Johnny Rives
J.Rives @ Bernard Asset

Avec Lysiane et Johnny Rives, nous sommes toujours amis. Lysiane m’a surnommé « le docteur fourchette » : passionné d’ayurvéda et  de réflexologie, je lui ai fait une démonstration avec une fourchette (le bon bout, rassurez-vous ) ! Cette anecdote m’a valu un sobriquet à vie. Et provoque entre nous  de fameux fous-rire.

Johnny Rives
E.Bhat – B.Asset-L.Rives-J.Rives @ Bernard Asset

 Ce n’est pas rien de bosser tout près de Johnny Rives.  Je vous l’assure, on ne fait pas le fanfaron. Un jour – était-ce la présentation de la F 40 ? – nous étions chez Ferrari à Modène, pour interviewer Enzo Ferrari. Quand je dis nous, je cite de mémoire Johnny Rives, Gérard Flocon dit Djou-Djou de l’Automobile Magazine, Thierry Bovy de l’agence photo DPPI, et moi. J’imagine que je devais cette bonne fortune à l’édition italienne de Grand Prix International, ma gazette d’alors. Ayant abandonné mes culottes courtes depuis pas si longtemps, j’avais un  trac abyssal.

L’entretien a duré une petite heure. M. Ferrari nous a offert à chacun une cravate estampillée Ferrari, c’était un rituel. Puis Johnny a pris  en italien les commandes de l’interview. Je me souviens n’avoir posé aucune question. J’ai fait la plante verte : je regardais obstinément mes chaussures, tandis que Johnny enchainait les questions et que visiblement, au-delà des cravates, c’était surtout à lui que le Commendatore répondait. En plus je ne comprenais rien aux réponses. Là, j’ai senti que j’avais du chemin à faire.

Johnny Rives
P.Tambay-G.Larrousse-JL.Moncet-J.Rives-E.Bhat @ Bernard Asset

Johnny Rives, c’est son honneur, sa caractéristique et sa marque de fabrique, aime raconter les  histoires extraordinaires dont il est le témoin. Mieux encore,  il en façonne de fabuleuses épopées.

La terre entière s’arrachait sa plume et se l’arrache encore, mais il est resté fidèle à L’Equipe jusqu’à l’heure de prendre sa retraite. Il signait tout de même quelques piges ici et là dans la presse, et rédigeait de jolis bouquins : une trentaine à ce jour. Il  a consacré l’un d’eux  à sa guerre d’Algérie. Un souvenir abominable. Il a recommencé à sourire grâce au sport automobile – et grâce à Lysiane.

Aujourd’hui encore,  il écrit les textes de magnifiques anthologies annuelles, que Richard Mille publie à partir des archives  de DPPI  – « Ce sont surtout  des livres de belles images. C’est beaucoup dire que je les écris » minimise notre plumitif.

Johnny Rives si présent dans le sport automobile

Johnny Rives n’est pas seulement un journaliste de première bourre. Il a été  de surcroit impliqué dans un nombre incalculable d’aventures en sport automobile. Remarquable pilote, il a gagné avec Greder le Marathon de la route 1965, sur le grand Nürburgring ; couru une saison entière en Formule France (1969) ; et copiloté les plus grands pilotes dans les rallyes les plus difficiles, y-compris dans ce célèbre rallye ivoirien où il n’y eut aucun arrivant, tant la barre était placée haut – la Chrysler 180 qu’il partageait avec Pescarolo était en morceaux au bout de 400 km, alors que l’épreuve en comportait quelque chose comme 4000.  

Johnny Rives
P.Tambay – J.Rives – JP.Jarier 1979 @ Bernard Asset

Paul Ricard

Plus encore, comment dire, c’est son immersion totale dans les arcanes du sport automobile qui était magique. Quand Paul Ricard s’est mis dans la tête de créer le circuit le plus sûr du monde, qui a-t-il  consulté avant même le premier coup de pioche ? Beltoise, Paoli, Jabouille, Mazet et… Johnny Rives. Quand Matra a posé deux fantastiques protos du Mans sur les routes du Tour France, qui retrouvait-ton aux côtés de Pesca ? Johnny Rives.

Tour Auto

Second en 1970, Johnny gagnera en 1971, associé à Gérard Larrousse. Quand Ligier a décidé de lancer une équipe en F1, qui est-ce qui était présent à la toute première réunion scellant le projet ? Beltoise, Pescarolo, Gérard Ducarouge, Stéphane Collaro (la puissance de la télé) et… Johnny Rives encore lui : il ne s’agissait rien moins  que de convaincre Matra de fournir le moteur, et Gitanes d’être le sponsor majoritaire de l’affaire.

Quand les circonstances devenaient plus pesantes, il était là aussi. Les potes de Beltoise se raréfiaient, en Argentine,  après l’horrible accident qui coûta la vie à Giunti. Qui retrouvait-on dans le carré de réconfort auprès de Jean-Pierre ? Le grand Fangio lui-même, Pescarolo, Jabouille, Ronnie Peterson et Johnny Rives, toujours lui !

Johnny Rives
J.Rives @ Bernard Asset

Pas Johnny

Emouvant de retrouver aux premières loges le Monsieur que je lisais dans l’Equipe avant de filer en cours. Pour un  fanatique de sport automobile, c’était très sympa de dévorer tout ça dans le journal. On vivait au jour le jour au contact des idoles.

Encore ado à Pau, j’ai bientôt gribouillé dans les journaux locaux. Chaque année le circuit dans la cité déclenchait ma jubilation. Je trainais indéfiniment dans le paddock, et tournoyait comme une mouche autour de mes héros. Avec le recul, le crois  que mes interlocuteurs me trouvaient collant comme le sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Pas Johnny.

Courte échelle vers la grande vie

En m’aiguillant vers Etienne Moity et Scratch (qui devint Auto-hebdo) il a conditionné quarante années de ma vie professionnelle. Cette courte échelle décisive m’a entrainé dans un flirt enfiévré avec l’encre et le papier. Il n’y avait pas que les journaux. Lorsque, gascon morveux, je suis  « monté  à la capitale », les Rives m’ont ouvert leur porte bien amicalement, lasagnes d’enfer et grande ambiance à l’appui. Jean-Marc Andrié et Bernard Asset partageaient ces agapes. Nous étions les rois du monde.

Cette bienveillance confraternelle, je ne suis pas le seul à l’avoir connue. Johnny est un excellent camarade. Combien de journalistes a-t-il accueillis au bord des pistes de F1, leur facilitant les contacts avec les pilotes, refilant des tuyaux, répondant à toutes les questions. Vraiment toutes ? Il n’était pas forcément un saint et deux têtes l’importunaient puissamment, mais nous abordons là le domaine privé et ceci ne nous regarde pas.

Johnny Rives
JP Jabouille – J.Rives – R.Arnoux 1979 @ Bernard Asset

« Conteur » de vitesse

Johnny est un incomparable conteur de vitesse, je ne sais pas à qui j’ai piqué cette image mais je l’adore. Au vernissage à Toulon de l’exposition des photos cubaines de  Bernard Asset, en mai 2017, Johnny a improvisé  un  passionnant discours, racontant au public le kidnapping du grand Fangio à Cuba en février 1958. Un récit  haletant, précis, documenté, formidablement vivant en somme. La salle a beaucoup applaudi, subjuguée.

Il  met un tel cœur à rédiger ses papiers ! Il a  toujours un matos d’enfer, des informations du tonnerre, une intuition sans pareille. Il n’a jamais traqué le scoop, mais il en a tant dévoilés. Pour autant il n’a jamais trahi personne. La frontière est très nette. S’il a promis la discrétion, il sait tenir sa parole. C’est ainsi qu’il a gagné – et conservé – la confiance de tous.

Le cadeau de Senna à Johnny Rives

Senna, finalement, faisait partie du lot. La proximité supposée de Johnny avec Prost avait d’abord refroidi  l’estime que portait le pilote brésilien au journaliste. Une  paix des braves  les réunit bientôt. Une fin d’après-midi, alors qu’Ayrton visitait officiellement les locaux de L’Equipe, il fut question d’un diner  pour honorer cet hôte de prestige. « Je ne resterai pas » a précisé Johnny après leur interview, « c’est mon anniversaire, je vais le fêter avec ma femme et mes filles ».

Devant la rédaction  ébahie, Ayrton a souri : « Yes, I know ! »  Il a sorti de sa veste un paquet cadeau (contenant un précieux porte-clef à l’effigie du champion) et l’a offert à Johnny. Sympa, non ?  Dans ce milieu égotique, fêter les anniversaires des copains n’est pas chose courante… Johnny, bien entendu,  conserve ce trophée précieusement. Comme il conserve également une superbe édition de Piloti, che gente, que l’auteur, Enzo ferrai, lui a dédicacée en novembre 1987, neuf mois avant de disparaître.

Tour par tour

Bien avant les développements de l’informatique – et bien après – les « tour par tours » de Johnny (ses notes pendant les courses) restent les plus aboutis du monde et devraient figurer dans toutes les écoles de journalisme. Aussi loin que je remonte, je n’ai pas vu mieux.

Johnny Rives
En écrivant pour CC – J.Rives @ Lysiane Rives

Ils étaient toujours écrits au crayon. Au bord des circuits, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la page  restait intacte, fût-elle mouillée. Moi, avant de l’imiter,  j’étais bien embêté à la moindre averse : mon carnet devenait illisible. Bien entendu, la mine d’un fidèle crayon s’use. Johnny le pro avait toujours un taille-crayon à portée de main.

Il ne se déplace plus vers les circuits. Pas même quand le GP de France est disputé à sa porte, sur ce circuit Paul-Ricard qu’il a contribué à enfanter. « GP de France ou pas, dit Johnny, je ne vais plus tomber là-dedans, j’ai tiré un trait. » C’est dans son salon, à Toulon, en regardant Canal Plus, qu’il scrute en direct chaque Grand Prix, un grand cahier ouvert devant lui, bien vite noirci d’infos ! On n’entend pas une mouche voler tant il est concentré. Sans doute lisez-vous régulièrement ses commentaires sur Classic Courses  24 heures après chaque Grand Prix. Sinon je vous y incite fort.

La passion cinéma

 Je ne vous dirai pas  l’âge de Johnny et ce n’est pas une étourderie. Lysiane, peintre de talent,  veille sur son grand homme et partage sa passion. Leur bonheur est immense quand ils retrouvent leur progéniture. La petite famille est  fort impliquée dans le cinéma : Nina, la cadette, bosse comme assistante-réalisatrice. Elle a rencontré puis épousé le cinéaste Hugo Gélin.

Je vais vous livrer un secret qui n’en est pas un : si vous ouvrez bien l’œil, Johnny et Lysiane apparaissent fidèlement parmi les acteurs figurants des films de leur gendre. Quand on le sait, on les guette, et c’est un bonheur de les retrouver sur les écrans.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Johnny_Rives

Eric Bhat

Je suis tombé dans la marmite à 11 ans en assistant au GP de Pau 1968. Les monoplaces hurlaient dans les rues de la ville, ça sentait bon l’huile de ricin. Beltoise fut époustouflant en F2, de même que Jabouille en F3. J’ai été instantanément subjugué ! J’étais encore au lycée quand les journaux ont publié mes premiers papiers. La passion pour la course automobile ne m’a jamais quitté. Quelque cinquante ans plus tard, mon idylle avec l’encre et le papier se poursuit. Elle n’est pas belle, la vie ? (Jadis rédacteur en chef Grand Prix International, l’Automobile-Magazine, Auto-Plus, Moto-Journal, Auto-live, ex-attaché de presse Renault F1, toujours fan aujourd’hui, lecteur assidu de Classic Courses !)

Eric Bhat has 3 posts and counting. See all posts by Eric Bhat

51 pensées sur “Voici Johnny Rives…et voici ce qu’il m’a appris

  • Johnny Rives c’est un temoin de notre passion qu’il a su entretenir par ses articles,mais par dessus tout c’est un homme loyal (…rare dans ce sport) que j’ai admiré et envié et que j’admire toujours!

    Répondre
  • Très jolie(s) histoire(s), sous la plume légère et délicate de Eric-le-Fakir.
    Excellent portrait de Johnny, un homme à nul autre pareil!

    Répondre
    • Merci PH. J’en rougis de confusion !

      Répondre
  • Une plume formidable et un véritable passionné loin des habituels médiocres autosatisfaits 😊

    Répondre
  • Je connais Johnny depuis plus de 55 ans , en plus d’un grand talent professionnel, c’est quelqu’un de très modeste , à l’écoute des gens, d’une grande disponibilité.
    C’est toujours un grand plaisir de discuter avec lui.
    Avec ma vieille amitié.

    Répondre
  • Johnny la bonté personnifiée

    Répondre
  • Merci Monsieur Fourchette c’est un grand plaisir de vous lire …….

    Répondre
  • Très touchant et tellement juste ! Mr Johnny Rives merci !

    Répondre
  • Bel hommage totalement mérité !
    Qui sait ce qui serait advenu sans les 12 heures de Hyères où le jeune Johnny attrapa le virus 😉….

    Répondre
    • Johnny qui m’a toujours intimidée, que j’admire pour son talent (multicartes) d’écriture, de pilote, de bâtisseur, pour sa discrétion mais avec un esprit d’observation d’une intelligence fine et rare, et sa fidélité envers les passionnés.
      Merci Éric le Fakir de nous rappeler à tous, tout ce que nous lui devons.

      Répondre
      • Bien vu, Marie-Odile ! Mille mercis.

        Répondre
    • Bravo pour votre référence aux 12 Heures d’Hyères, course fondatrice effectivement. Même si un autre déclic, à la même époque que mes premières « 12 Heures », fut de voir aux actualités cinématographiques la Gordini de Jean Behra victorieuse à Reims (1952).

      Répondre
  • Merci mon cher Eric. Tu n’as pas écrit ce papier élogieux comme un ami. Tu l’as écrit comme un frère. Moi qui, enfant, regrettait tant de n’avoir pas eu un frère, je m’en vois entouré au soir de ma vie. Et parmi eux, tu occupes une place de choix.

    Répondre
    • Je ne te remercierai jamais assez, Johnny ! Pour ce commentaire, et pour tout. Quand je suis arrivé à l’Hebdo, Etienne Moity disait à tout le monde : « Bhat, il a deux idoles, Jean-Pierre Beltoise et Johnny Rives.  » C’était bien observé !!!

      Répondre
      • Très émouvant ton article mon cher Eric et parfaitement résumé. Quand à tes deux idoles, tu sais très bien que je ne vais pas te contredire. Deux hommes magnifiques. Et je suis certain que l’on va parler d’eux ce midi, car je déjeune avec Michel Beltoise, Djoudjou et Jean Paul Behra. Jean Pierre sera heureux de voir que ses potes se réunissent encore malgré sa douloureuse absence. Avec toute mon amitié

        Répondre
  • En ces temps d’information immédiate et continue, on imagine mal l’importance du lien indispensable que représentait, pour le jeune ado que j’étais au début des années 70, les écrits de Johnny Rives. Et quel plaisir de vous retrouver ici.
    Merci Éric Bath de nous rappeler tout cela par ce bel hommage et bravo à Bernard Asset pour illustrer l’ensemble.

    Répondre
  • Tout simplement un maître et un exemple. J’ai moi-même essayé de m’inspirer de sa précision et de sa rigueur et c’est encore le cas aujourd’hui. Mais à la relecture (une fois l’article imprimé bien sûr), il y avait toujours quelque chose qui clochait ou qui s’éloignait, ne serait-ce qu’un peu, de l’implacable réalité. Il fallait donc, à chaque fois, remettre l’ouvrage sur le métier… En pensant à Johnny.

    Répondre
  • Un grand texte pour un homme d’exception

    Répondre
  • C’est exatement le Johnny qu’on admire!

    Répondre
  • Johnny Rives, c’était aussi une gueule, blouson de cuir ajusté, jeans, bottes, cheveux longs juste assez, cahier en main, c’était quelque chose…

    Répondre
    • J’essaie de mettre mes pensées dans la trajectoire d’une personne que je ne connais pas et qui m’a réchauffé le cœur toute ma vie d’enfant et si longtemps après.

      Il y a quarante sept ans, ou peut-être finalement quelques jours. J’ai dix ans.Johnny est assis à côté dans la voiture bleue que je rêve de conduire à travers une route inondée de la poésie précise de ses articles que je dévore déjà .Tout en surveillant la pression d’huile, je lis chaque ligne de l’Equipe plusieurs fois.Il y a dans les yeux de mon coéquipier et premier romancier connu la gravité d’un artiste de la courbe que je saurai prendre puisqu’il me l’a rendu familière.Il étudie les regards impassibles sous les casques comme des billes tirés du fond d’une poche, le mien est bleu et blanc, les lacets et les ombres humaines des crayons à papier magiques qui rendent animé ce continent brûlant.Souvent une idée lui fait plisser les yeux et l’article est magie, ou arraché au monde, et je prends goût à la lecture pour la vie comme une source pour le vivant.Je décélère, me tourne vers lui et lui dis en tentant de couvrir le son du V12 qu’il m’a fait entendre en dernière page « Comment ferai- je pour écrire aussi loin, comme une volée de pierres siciliennes lancées de la main d’un géant ? »
      Johnny Rives m’a donné le goût de l’exigence, m’a fixé de ses yeux noircis au moment où j’envisageai de freiner trop tôt, a souri en coin en ponctuant certains articles, et nous le savions, et repris ses pensées profondes, insondable, impérial .
      Je ne connais pas Johnny Rives, je l’ai déjà dit, et pourtant il appartient aussi à mon univers.Je crois à ce que j’ai vu des courses où je n’étais pas car je l’ai vu sous sa plume .
      Il y a un monde étoilé pour chacun, assez éloigné pour que le talent d’exception de l’autre l’irradie sans brûler .Merci Monsieur Rives de m’avoir enseigné sans le vouloir le prix unique du rêve et de l’exigence.Un tel parcours me semble lumineux comme le reflet du soleil dans le rétro de la 650 et mystérieux comme arbre humain qui a fait son travail .
      Merci Maestro.

      Répondre
      • Votre texte est magnifique cher Christophe Dejean. Bravo et merci.

        Répondre
  • Eric ce texte est profond ,précis et résume tout ce que Johnny représente pour ceux qui ont eu le plaisir de le côtoyer dans leur vie Automobile ou non! Merci mille fois pour l’avoir fait d’une aussi belle façon !

    Répondre
  • John-John, notre référence à tous 😉 merci pour ce beau témoignage, Eric !

    Répondre
  • Quand je vois cette photo avec toute la complicité qui semble se degager de ces hommes , je me dis que cela représente tout ce qui manque à la F1 d’aujourd’hui.

    Répondre
  • Johnny Rives est l’un des rares journalistes (au même titre que Murray Walker) à avoir atteint le statut de légende de ce sport.

    Répondre
  • Merveilleux article , d’une brillance émouvante

    Répondre
  • Merci Eric Bhat pour ce beau reportage et témoignage concernant notre pape des journalistes français du sport automobile .

    Répondre
  • Forte émotion la lecture de ces confidences d’Eric, pleines de tendresse, d’amour et surtout d’admiration pour le maître de toute une génération, l’immense Johnny. Ce grand Monsieur intimidant que l’on admirait tous avec respect pour sa prose, ses connaissances, son sens de l’analyse mais aussi sa discrétion et surtout son extrême gentillesse ….

    Répondre
  • Quelle preuve d’amitié et quel beau texte.
    Eric Bhat, vous aussi, on devrait vous lire plus souvent ici.

    Je ne peux pas m’empêcher de me demander qui sont ces deux têtes qui importunaient puissamment JR. J’en ai bien une petite idée, sans en être trop sûr non plus (nom d’une pipe ?).

    Répondre
  • N’oublions pas Crombac et Rosinski dans Sport auto . Ni Bey Rozet dans Virage .

    Répondre
  • Merci à Eric Bhat pour le texte et Bernard Asset pour les photos dont le portrait superbe en Noir et Blanc . Je ne sais si c’est le prénom mais dans cette passion nous sommes nombreux que dis je des décennies à avoir quelque chose en nous de Johnny Rives dans cette passion du Sport Auto . Difficile effectivement de ne pas citer José Rosinski autre grand Témoin de la Course Automobile .

    Répondre
  • Tout est dit, et bien dit. Le maître, l’exemple, Johnny Rives, et son meilleur « élève », l’esprit vif et le sens de la formule, Eric Bhat.

    Répondre
  • La plume de « Bhatman » presqu’aussi belle que celle de « Johnjohn » !!

    Répondre
    • Ti’é fou, Jiji Delaruwière Kwai, je ne lui arrive pas à la cheville !

      Répondre
  • Et tu sais encore bien écrire Eric ! C’est un excellent papier sur un être que tu connais bien et c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire car justement tu ne tombes pas dans la facilité !

    Répondre
  • Bravo Éric quand le respect et l amitié le disputent a la belle plume ça donne un bel hommage signé d un autre conteur de vitesse

    Répondre
  • Fin des années 70, début 80, je suis étudiant à la fac de sciences de Luminy à Marseille. Environnement parfait pour poursuivre (!!) mes études. Dans le grand hall de la fac, un marchand de journaux.
    Devant, un présentoir avec les quotidiens locaux… et l’Equipe.
    A cette époque, la dernière page de l’Equipe était consacrée au sport auto. Alors, sans l’acheter (pourquoi faire ?), sans même le sortir du présentoir (c’est pas pour le lire, juste pour voir…), juste en l’entrebâillant, je cherchais… Je cherchais l’entête « Le Camp – Johnny Rives ».
    Et quand je le trouvais, j’allais au circuit, au Ricard, assister à des essais privés.
    Ces essais étaient organisés quasiment à date fixe :
    à l’intersaison F1, octobre-novembre et fin janvier, les lundi, mardi et mercredi précédents le GP de Monaco et une semaine avant le GP de France mais aussi en février et mars, préparation des 24 heures du Mans. Les stands étaient libres d’accès. Pourquoi imaginer qu’ils pouvaient être interdits ? Que du bonheur !!!
    Un petit groupe était là, autour des voitures, sans jamais gêner les équipes, sans jamais oser aborder les pilotes.
    J’ai pu voir les plus grands, Prost, Lauda, Senna, Piquet, Arnoux, Gilles Villeneuve…
    J’ai pu admirer les plus belles, Porsche 936, Moby Dick, Alpine A 442, Tyrrell 6 roues…
    J’ai vu Laffitte avec le casque de Prost au volant d’une Ligier F1.
    J’ai attendu une après midi entière, que la Ferrari 312 T de Lauda démarre, sans succès.
    J’ai assisté à de multiples démontages de turbo sur les premières Renault F1, à des remplacements des moteurs (qu’il était beau, le flat 12 Ferrari !).
    Je me suis fait doublé par 2 « malades » (Laffitte et Depailler) dans le col de l’Ange, entre Cuges et Gémenos, au volant de leur Mercédès.
    Et bien d’autres choses encore …
    J’ai rencontré Johnny Rives à Retromobile
    Je lui ai dit simplement merci.

    Répondre
    • Merci pour ce beau témoignage…

      Répondre
  • Éric et Johnny ! Vous lire permet de faire rimer souvenirs et plaisir . « Godasse de plomb » et plumes légères, toujours alertes !

    Répondre
  • C’est un plaisir de te lire Eric, vraiment !
    Peut-être est-ce trop rare ?

    Répondre
  • Je viens de lire cet article. Bravo Eric pour ce texte joliment écrit, si amical et si vrai. Oui, et tant pis si cela heurte sa modestie, Johnny est un homme remarquable, au talent et au professionnalisme reconnus par tous à travers le monde, effectivement une légende vivante du journalisme automobile comme ont pu l’être aussi Christian Moity ou Denis Jenkinson. Mais il convenait en effet de célébrer aussi sa gentillesse et son humanisme, tout autant appréciés par tous. Je n’ai pas oublié, petit exemple, que lorsque les fêtes de fin d’année arrivaient même si c’était notre tour d’assurer le service de la rubrique Johnny nous disait toujours à Christian Vella et à moi-même qui avions des enfants « laissez tomber je viendrai ». J’étais sans doute un peu jeune et insouciant, et à l’époque je ne l’ai sans doute pas assez remercié de ce qu’il a fait pour moi, en particulier avoir proposé à L’Equipe de m’engager. J’ai failli mourir il y a deux mois, les choses prennent une autre dimension avec le recul et quand le poids des années est là ! Alors, oui, merci mille fois Johnny. Et j’espère vivement qu’on se reverra à Rétromobile ou dans le midi si j’ai l’occasion d’y descendre.

    Répondre
    • Daniel, grand merci pour tes compliments. Mais que nous as-tu dit là? Tu as failli mourir? Tu dois me raconter ça par le menu. Et avant le prochain Rétromobile. Je te souhaite la meilleure santé possible.

      Répondre
  • Super article écrit avec le cœur, Eric. Je ne sais pas si la presse te manque mais toi, tu manques à la presse….

    Répondre
    • Merci d’une aussi aimable formule, Patrice ! Je gratte plus souvent, aujourd’hui, sur des sujets ayurvédiques, mais n’ai absolument rien oublié du temps des copains !

      Répondre
  • Je suis italien, et moi aussi je suis tombé dans la marmitte du sport auto, à l’age de sept ans. Je ne suis pas encore sorti de cette marmitte de passion. Bien, le superbe coup de plume de Johnny Rives est un des plus loins souvenirs que je garde de ma connaissance de la presse française (dans le milieu des courses auto, bien entendu). Etant ado aux annèes 70 entre Milano et Bergamo, lors qu’un ami de famille se rendait en France, je le chargeait de m’acheter des revues comme Sport Auto ou Echappement, et bien sur L’Equipe. C’est ainsi que j’ai commencé à lire les articles de Johnny. Et ensuite, en grandissant, mon amour pour la France grandissant aussi, au cours des annèes, j’ai acheté quelque livre de Johnny, et c’était un grand plaisir, un vrai bonheur, de les lire chaque fois. Je n’ai pas encore arrèté de l faire. Donc, ce que je veux dire en achèvant mon post, c’est que je veux vraiment féliciter Eric Bhat pour avoir écrit cet article ci dessus. On respire la passion, l’amitié, l’amour pas seulement pour les courses auto, mais aussi pour l’écriture et le journalisme. Le vrai journalisme, celui que Johnny a pratiqué durant toute sa vie avec le talent d’un Maestro. Et ce qu’il fait encore, après chaque GP de F1, ici dans ces pages de Classic Courses. Je suis un homme heureux, car j’ai eu la chance de vivre en cette période et de pouvoir profité de ce talent là. Et vous, Eric, je trouve que vous l’avez bien hérité ce coup de plume, car dans votre récit ça sent la passion, et l’amitié pour Johnny et sa famille. Merci, merci beaucoup à vous deux, et pardonnez moi pour mon français plein de fautes.

    Répondre
  • Les insomnies offrent parfois de belles lectures….
    Trop longtemps que je n’avais pas épluché les commentaires de Classic Courses ! J’ai un peu de retard à l’allumage, ça ne pardonne pas dans les ports mécaniques, mais l’essentiel est ailleurs. En lisant le billet d’amour du « Fakir » pour John John, je me suis retrouvé trente ans en arrière. Remonter le temps… Encore un coup de l’ayurveda!
    Comme « le fakir », j’ai eu la chance de découvrir la Formule 1, au côté d’un mentor, devenu ensuite ami. Un grand frère qui rectifiait d’un trait, d’un mot une incorrection, un manque de justesse et de précision. Sept ans durant, nous avons partagé bien plus qu’un métier, une passion ou une saison au bord des circuits. A l’évocation des souvenirs d’Eric, si joliment rafraîchis, un film défile dans ma tête. Y figurent sans aucun ordre générique Moncetti, « le froissé », Bernard Asset, Marchinou, Vargio, Jacquot et Pierrot, il giovanne Giovanni, Guy de Vichy, Alain, Néné, quatre radiomaniaques, ou encore « le Suisse », ou bien… Bhatman passe parfois dans ce film, souriant sous sa cape.
    Silence, on tourne ! Celui d’un chapitre d’une carrière si fortement influencée par JohnJohn. La précision est l’éloge de la simplicité. Alors faisons simple dans le scénario. Acte 1, on y voit un quatuor déguster une Faraona à Arcore, un bar grillé à Cascais, quelques tacos à Mexico Central, ou siroter une bière rue Sainte Catherine à Montréal (Lysiane n’est pas là pour surveiller…). Et toujours, dans les discussions, ces histoires, ces anecdotes, ces précisions, ces souvenirs. Aussi précis que concis. Une mine d’or. Un gisement à ciel ouvert où chacun venait puiser un gemme, une pépite pour enrichir ses écrits.
    Sept ans durant, j’ai appris un métier avec un prof d’exception doublé d’un homme d’une rare humanité, qui ne se la jouait jamais. Qui répétait ces paroles à longueur de Grand Prix, alors que nous vivions une vie de patachons : « j’aimerais qu’elles soient là… » Lysianne, Nina, Barbara étaient toujours présentes dans un coin de sa tête. A Phoenix, Rio, Budapest ou Suzuka, pour parodier Bébel. Des histoires, on pourrait en écrire des pages entières. Mais la plus belle, c’est celle que tu as su écrire avec chacun d’entre nous !
    Merci au fakir d’avoir réveillé ces souvenirs immortels

    Merci JohnJohn pour ce que tu es !
    Ce grand frère… que j’ai eu la chance d’avoir

    Gilou

    Répondre
    • Merci Gilou, je t’embrasse de toute mon affection.

      Répondre
    • Gilou, tes lignes ont du souffle et de la chaleur, c’est une joie de te lire.

      Répondre
  • Merci mon John

    « Per molts anys », comme on dit chez moi. Que l’on peut traduire par ces mots: « que notre amitié dure toujours ».
    Un grand merci à Eric, vraiment très Bhat quoi !
    Et un salut amical à tous les potos des circuits que je retrouve sur les commentaires de Classic Courses, les Ayrton Froissart, « Bambi », Luc Augier, Pierre Van Vliet et tous les autres.

    Dhanyavaad ! Demandez au druide pour la traduction…

    Gilou

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.