Johnny Rives F1, Hungaroring 2018

 HAMILTON A ECLIPSÉ LES FERRARI

F1, Hungaroring 2018 –  La pluie avait redistribué les cartes en qualification, nous réservant de nouvelles et inattendues incertitudes pour la course… puisqu’elle n’était plus là ! Car la fournaise des essais était de retour. Cette fournaise que les Ferrari avaient aisément surmontée aux essais en utilisant sans les abimer les gommes les plus tendres de Pirelli. Cela avait été tout l’inverse chez Mercedes, comme l’avaient souligné les tête-à-queue d’Hamilton et Bottas, constamment victimes de la surchauffe de leurs pneus arrière. On guettait donc un nouveau retournement de situation pour le GP de Hongrie, au départ duquel les Mercedes s’élançaient en première ligne et les Ferrari en deuxième. Mais il n’en fut rien. Chaussé des pneus violets (ultra tendres) qui l’avaient tant soucié aux essais, Lewis Hamilton s’élança à la perfection de sa pole position (conquise avec brio sous la pluie battante). Son sprint de 300 km ne fut nullement affecté par les défauts l’ayant accablés les jours précédents. Cela lui permit d’éclipser les Ferrari de manière aussi spectaculaire que la lune l’avait été deux nuits auparavant. Et de triompher sans discussion.

                                               Johnny RIVES.

UN TRAVAIL D’ÉQUIPE

GP Hongrie 2018 - Hamilton vainqueur@ DR
GP Hongrie 2018 – Hamilton vainqueur@ DR

S’il a aussi parfaitement réussi son coup, Hamilton le doit bien sûr à son incontestable talent. Mais pas seulement. Son équipe y a pris une part prépondérante. D’abord en lui préparant une F1 débarrassée des défauts affichés aux essais. Au prix de réglages minutieux dont il ne faut pas s’attendre à ce que Mercedes nous les révèle – elle en conservera jalousement le secret. Autre intervention précieuse dans la victoire de Lewis : le rôle tenu par son équipier Bottas, derrière lui. Qui, loin de lui challenger la victoire comme il avait tenté de le faire une semaine plus tôt à Hockenheim, retint habilement l’impétuosité de sa F1 pour annihiler toute velléité d’attaque – et  toute chance de succès – chez Vettel. Il y fut aidé par une défaillance aussi brève que déterminante de la Scuderia au changement de roues. Comme Raïkkonen quelques tours plus tôt, cet arrêt immobilisa Vettel deux fois plus longtemps que prévu. Et l’empêcha de rejoindre la piste avant que Bottas (qui s’était arrêté plus tôt) ne repasse. Ainsi Vettel se retrouva de nouveau 3e derrière la Mercedes 77. Une dizaine de secondes devant eux, la Mercedes 44 paradait. Hamilton se voyait à l’abri de tout retour de son rival. La victoire ne pouvait plus lui échapper.

HISTOIRES À LA GOMME

GP Hongrie 2018 - Pirelli vainqueur @ DR
GP Hongrie 2018 – Pirelli vainqueur @ DR

 L’écrasante fournaise subie aux essais étant revenue pour la course, l   a question du choix des pneus se posa avec acuité au départ du GP de Hongrie. Hamilton partit avec les Pirelli les plus performants mais les plus vulnérables (ultras, couleur violette). Sa démonstration prouve que ce choix était le meilleur malgré les prestations de Vettel (2e) et Ricciardo (parti 14e et classé quatrième). Ceux-ci avaient fait le choix inverse : d’abord les jaunes, plus résistants, avant de passer aux « ultras » pour finir en trombe. Signant au passage les deux meilleurs tours en course (Ricciardo 1’20’’012, Vettel 1’20’’056). En fait, la bonne recette, quel que fut le choix opéré, était d’amener le plus loin possible le premier train pour avoir des enveloppes fraiches et performantes en fin de parcours. Rares ont été les pilotes à dépasser la mi-course (35 tours) avec leur premier train. Vettel (39e tour) et Ricciardo (44e) sont dans ce cas. Parmi ceux partis en ultra-tendres , rares ont été ceux les ayant fait durer plus longtemps qu’Hamilton (25 tours). Grosjean (29e tour), Magnussen (31e) et Gasly (32e) sont dans ce cas et on les retrouve tous dans les points à l’arrivée. Pour en rester aux pneus, Vettel peut se féliciter que son pneu arrière gauche ait résisté au contact que lui a involontairement infligé Bottas – incident qui dans le cas contraire aurait pu lui coûter sa deuxième place.

LES RENAULT TROP PRUDENTES

GP Hongrie 2018 - Sainz - Renault @ DR
GP Hongrie 2018 – Sainz – Renault @ DR

La pire stratégie en matière de pneus fut celle de l’équipe Renault. Sainz et Hulkenberg partirent en Pirelli jaunes. Ce choix raisonnable fut anéanti parce qu’ils furent les premiers à stopper pour des pneus neufs : Hulkenberg au 23e tour et Sainz au 25e. Etant donné la distance restant à couvrir on les dota alors des pneus « médiums » (blancs), les moins performants de tous. D’où la performance en retrait de Carlos Sainz (9e) par rapport à sa place en qualification (5e) qui laissait espérer bien mieux. Hulkenberg se résolut même à un  second arrêt pour chausser des « ultras ». Cela lui valut de fixer le cinquième meilleur tour en course (1’21’’261, tout près des 1’21’’107 d’Hamilton), mais de finir loin des points.

REVOICI PIERRE GASLY !

GP Hongrie 2018 - Gaslu - Toro Rosso @ DR
GP Hongrie 2018 – Gaslu – Toro Rosso @ DR

 A ce jeu, le jeune Français Pierre Gasly, 22 ans, a admirablement tiré son épingle du jeu. Il a fini à une belle 6e place, la première derrière l’inapprochable trio des équipes de pointe. Une performance que les prestations précédentes de sa Toro Rosso ne laissaient guère entrevoir. Auteur d’une qualification remarquable sous l’averse (6e temps devant Verstappen !), Gasly s’élança en course avec des pneus ultras. Ils lui permirent tout d’abord de prendre l’avantage sur Sainz tout en maintenant derrière lui les rapides Haas – elles aussi parties en Pirelli violets. Sa cadence élevée ne l’empêcha pas d’être l’un des derniers à changer de pneus (32e tour). Ce qui lui permit de soutenir un train élevé jusqu’à l’arrivée, maîtrisant toute velléité de Magnussen qui était lancé à sa poursuite. Il fut le seul du « midfield » à terminer dans le même tour que le vainqueur. Sa performance est à rapprocher de la 4e place qu’il avait si brillamment effectuée à Bahrain. Ou encore de la 7e obtenue à Monaco où, comme au Hungaroring, son moteur Honda était moins désavantagé que sur les circuits rapides récemment affrontés. Ces performances lui permettent de se situer, lui le débutant, au niveau des autres Français au championnat du monde : Ocon (29 points) est 12e, Gasly (26) 13e, et Grosjean (21) 14e. Tous précèdent le monégasque Leclerc (15e avec 13 points) aussi malchanceux en Hongrie qu’il l’avait été à Hockenheim.

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

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4 pensées sur “Johnny Rives F1, Hungaroring 2018

  • Aux essais libres les Ferrari avaient fait forte impression en particulier Vettel tandis que Bottas semblait en mesure de lutter pour la pole avec une monoplace bien réglée remerciement possible de son abnégation à Hockenheim ce qui n’était pas le cas de Hamilton à la peine avec une voiture qu’il ne sentait pas, les Red Bull que l’on attendait décevaient. La pluie vint remettre en cause cette hiérarchie que Hamilton renversa, les conditions de piste gommant le rôle de la mécanique. Dès lors pour la course si aux premiers virages l’ordre était respecté sauf imprévu les Mercedes pouvaient jouer la victoire avec un Hamilton sur le sec dont la voiture avait curieusement retrouvé son efficacité. Bottas vit les chances de viser le titre comme le lui promettait toujours Toto Wolff s’envoler quand Hamilton revenu du diable Vauvert sous la pluie lui souffla la pole. La course étant longue le finlandais s’appliqua d’abord soigneusement à s’ériger en rempart contre les Ferrari, mais réalisant ensuite que Hamilton allait endosser de fait le statut non avoué de premier pilote il s’énerva et recula au 5ème rang dans une fin de course brouillonne et tamponneuse. Si Vettel ne termine pas cette première partie en tête il le doit à son impulsivité qu’il ne sait pas contrôler alors que Hamilton s’adapte aux circonstances et quand il a les atouts en main il écrase la course comme un rouleau compresseur.

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  • Ferrari perd t’elle les nerfs ? Je suis tenté de le penser car en Allemagne c’est plus FERRARI ( Vettel mais aussi Kimi ) qui perd que Merco qui gagne , et en Hongrie c’est pareil par une stratégie hasardeuse en arretant Kimi très tot et Vettel trop tard alors qu’il perd du temps dans le trafic ; plus deux stops bien longs .
    Soyez sympa avec Bottas : si sa fin de course fut ratée , c’est du à MERCO qui le fait arreter très tot et une seule fois , ses pneus étaient ainsi morts pour les 10 derniers tours . Wingman sacrifié comme l’a bien dit TOTO .
    ENFIN , l’été va etre bien occupé avec le feuilleton FORCE INDIA : DALLAS est de retour dans nos journaux pour les vacances !

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  • Cocorico et chapeau au joli coup de RENAULT qui pique Ricciardo , pilote rapide et charismatique , à RED BULL . On peut aussi penser que Daniel a plus confiance dans le moteur RENAULT que dans le HONDA . Du coup la silly season est lancée .
    Incertitudes pour les francophones Ocon , Gasly , Grosjean , Vandoorne et Leclerc avec le changement de pouvoirs chez les rouges . Alonso tj en F1 ou un programme WEC/INDY pour égaler Graham mais en est il capable ?
    Faites vos jeux , rien ne va plus !
    Et all the best pour LAUDA ? un TRES grand de ce sport ..

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  • Et comme pressenti ALONSO s’en va , riche pour plusieurs générations ( ça compte ) . MCLAREN est du coup très mal , mais RENAULT encore plus : 1 seul top pilote (Daniel) et personne dans le team B .
    De plus en plus silly , à moins que l’ excellent et rapide KIMI quitte FERRARI ( LECLERC à la place ) pour RENAULT déjà fréquenté du temps de LOPEZ et ….BOUILLER qui retrouverait un job . A moins aussi que MERCO quitte Williams en totale déconfiture pour retrouver son ancien partenaire et KIMI .
    Le passé c’est bien mais le présent ça déménage .

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