Johnny Rives F1, USA 2017

BOTTAS VALORISE HAMILTON

Raïkkonen et surtout Vettel nous l’ont seriné avec un optimisme non feint : la Ferrari SF 70H est très compétitive en cette fin de saison. Vallteri Bottas ne dira pas le contraire. Il a de nouveau pu en juger à son détriment sur le circuit des Amériques. Au volant de sa Mercedes, il n’a pas été capable de se hisser au rythme de Vettel qui l’a constamment dominé en dehors du décalage des changements de pneus. Et il a fini par s’incliner devant Raïkkonen qui lui a joliment soufflé la 2e place avant même son (imprévu) second changement de pneus. Dont l’extraordinaire Max Verstappen a profité pour le repousser à une 5e place reflétant impitoyablement ses difficultés. Voilà comment, « à l’insu de son plein gré » comme dirait l’autre, Bottas ajoute du relief à la superbe domination de Lewis Hamilton, ainsi valorisé. L’Anglais survole la situation en F1 d’un éblouissant talent. Nul autre que lui n’aurait mérité d’être couronné.

                                                                 Johnny RIVES.

LE SIXIÈME SENS D’HAMILTON

GP USA 2017 - Hamilton - Mercedes
GP USA 2017 – Hamilton – Mercedes @ DR

 Piloter une Mercedes n’est pas suffisant pour battre les Ferrari. Bottas en a donné une nouvelle preuve à Austin  (Texas). La W08 de l’équipe allemande passe pour beaucoup comme la meilleure F1 du championnat 2017. Mais est-ce vraiment le cas ? La question nous tenaillait lors des premiers tours du GP des Etats-Unis en constatant l’impuissance de Bottas face aux Ferrari. Certes, en tête delà course, Hamilton contrôlait la situation avec une aisance déconcertante. Surpris au départ par Vettel, il avait subtilisé la première place à l’Allemand sans coup férir au freinage de l’épingle serrée. En comparaison, les difficultés de Bottas amenaient (une fois encore) à la conclusion qu’Hamilton est d’une toute autre trempe que quiconque en F1 actuellement. A la seule et unique exception possible de Max Verstappen que les situations dans lesquelles il se trouve avec sa Red Bull-Renault poussent à être plus incisif qu’Hamilton qui contrôle totalement et en souplesse le championnat. Toto Wolff a clairement expliqué pourquoi au micro de Canal+ : « Hamilton possède cette qualité de parfaitement utiliser ses pneus à 100 pour cent sur un seul tour en qualification. Et d’en faire autant sur une longue durée en course. » Un sixième sens, en quelque sorte…

PÉNALITÉS HORS JEU

GP USA 2017 - Ocon - Verstappen
GP USA 2017 – Ocon – Verstappen @ DR

 On s’y habitue sans vraiment s’en accommoder : les pénalités qui accablent le spectacle des Grands Prix sont toujours aussi insupportables. Le temps ne fait rien à l’affaire, nous a dit Brassens il y a déjà longtemps : quand on est con, on est con. Beaucoup diront que certaines pénalités vont dans le sens du spectacle, comme Verstappen en a donné la preuve en remontant de la seizième place sur la grille jusqu’à la quatrième.

 Raisonnement fallacieux car depuis la cinquième place qu’il aurait dû occuper sur la grille, qui nous dit que Verstappen n’aurait pas enthousiasmé plus encore le public en guerroyant mieux que n’a pu le faire Vettel contre Hamilton soi-même ? Mais le pire est arrivé en course quand Max-la-Fusée a été privé d’une 3e place conquise de haute lutte sur Raïkkonen à cause d’une pénalité de 5 secondes pour n’avoir pas respecté les limites de la piste. Jean-Pierre Beltoise disait en son temps que quand un pilote est à la recherche de la limite absolue « il ne peut pas être arrêté par un trait de peinture sur la piste ».

 La solution est pourtant simple : jalonner la piste telle que les organisateurs voudraient qu’elle soit respectée par des obstacles (bordures, vibreurs, gazon, sable) imposant un ralentissement important. Et que l’on ne nous parle pas de sécurité en ce domaine. Des moyens existent de créer des empêchements de triche sans aller jusqu’à dresser des obstacles dangereux.

BEAU CIRCUIT, BEAU GRAND PRIX

GP USA 2017 - Sainz - Renault
GP USA 2017 – Sainz – Renault @ DR

 Parfois on aurait tendance à penser que plus un circuit est sélectif, mieux il radicalise la hiérarchie d’un peloton de course. C’est parfois vrai. Mais ça ne l’a pas été à Austin où la course a été très riche en dépassements et cela en dépit de (ou grâce à ?) la sélectivité de son tracé. L’Histoire aidant, il est maintenant établi que le plus beau circuit de Grand Prix est celui d’Austin. Avec sa riche variété de virages, il supplante Francorchamps et Suzuka. Il y a d’abord la sensationnelle série de « S » après le premier gauche – lui-même intéressant – puis quelques « escargots » favorables aux attaques et contre-attaques avec des recoupements possibles de trajectoires favorisant les courses incisives. A ce jeu, outre Verstappen bien sûr, on aura remarqué à leur avantage Esteban Ocon, Carlos Sainz, Felipe Massa et même Danil Kvyat… qui mériterait d’être retenu par Toro Rosso au prochain GP du Mexique. Un mot (élogieux) pour Sainz qui a remplace haut la main le pauvre Jolyon Palmer chez Renault. Et qui, bonne surprise, a poussé l’excellence jusqu’à le pas prendre de risques inconsidérés en fin de course lorsqu’il tenta de subtiliser à Ocon une sixième place chèrement défendue par le jeune Français. Bravo à eux deux. Entre autres.

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

Johnny Rives has 167 posts and counting. See all posts by Johnny Rives

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.