« Le plus beau circuit du monde »

On fait parfois d’étonnantes et agréables découvertes sur Youtube. Si, comme moi, vous aimez le sport automobile des années 50-60, vous allez aimer ce que je vous montre ici. Roger Benech, vous connaissez ? Je suis bien certain que non. J’ai fait une recherche sur Google, et j’ai pu constater qu’il faisait partie – comme la plupart d’entre nous, d’ailleurs – de la catégorie des illustres inconnus. Tout au plus ai-je pu apprendre qu’il avait été, dans des temps lointains (1965), président d’un club d’artistes photographes dans la région de Clermont Ferrand, et aussi – ce qui nous intéresse plus ici – membre du conseil d’administration de l’Automobile Club d’Auvergne.

René Fiévet

Charade affiche 1958
Charade affiche 1958

Roger Benech était un cinéaste amateur, passionné des courses automobiles en général et du circuit de Charade en particulier, « Le plus beau circuit du monde ». Il a fait don de ses œuvres à l’Automobile-Club d’Auvergne, qui a produit un DVD en 2008 – sous le titre Charade, naissance d’un circuit mythique – qui, à ma connaissance, n’est pas commercialisé. Ce DVD contient trois films sur les débuts du circuit de Charade en 1958-1959. J’en ai sélectionné deux, en raison de mon penchant pour les courses de monoplace, mais le troisième, qui concerne les catégories Sport et GT (Les Trois Heures Internationales d’Auvergne, 27 juillet 1958), est tout aussi intéressant. Les deux films que je vous présente ici se rapportent à des courses de Formule 2.

Charade Formule 2 (27 juillet 1958)

Le premier film correspond à l’inauguration du circuit en 1958. Pour cette première édition, le plateau n’est pas très fourni en grands noms. Seulement deux pilotes actifs dans les courses de formule 1 sont présents : Maurice Trintignant et Stuart Lewis-Evans (1). Il y a aussi deux autres pilotes ayant une certaine notoriété : Ivor Bueb et Claude Storez (2). Il y a aussi le Britannique Tony Marsh, grand animateur de cette course, dont la carrière sur piste tournera court. Il deviendra un grand spécialiste des courses de côte, où il accumulera les succès. Ceux qui s’attachent aux détails remarqueront à certains moments la présence du célèbre Alf Francis (petite moustache, chemise jaune, pantalon bleu clair), chef-mécanicien de l’écurie Rob Walker, qui accompagne Maurice Trintignant.

Charade Formule 2 (27 juillet 1958)

Outre sa qualité visuelle, l’intérêt de ce premier film réside dans le commentaire. Roger Benech veut à tout prix nous faire partager son émerveillement. Il ne le fait pas seulement par les images et le son, il le fait par la parole. La façon dont il commente la course témoigne de son enthousiasme. Un commentaire souvent maladroit dans l’expression, plein d’adverbes et d’adjectifs tant le vocabulaire lui manque pour décrire le spectacle magnifique auquel il nous invite. A propos de Roger Benech, on pense irrésistiblement à la fameuse réplique de maître Folace (Francis Blanche) dans Les tontons flingueurs : « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases. » Faut-il remplacer le mot  »marins » par le mot  »Auvergnats » ? Je sais gré à Roger Benech de ses maladresses/exagérations de langage (tel pilote « prend des risques dangereux », tel autre « risque le paquet »). Il veut tellement nous faire partager son enthousiasme qu’il peine parfois à trouver les mots justes. Je trouve que son commentaire donne beaucoup de charme à ce film..

Charade Formule 2 (26 juillet 1959)

Par comparaison, la course de 1959 offre un plateau incomparablement plus relevé, avec notamment la présence de Stirling Moss, Maurice Trintignant, Jean Behra, Graham Hill, Chris Bristow, Bruce McLaren, Masten Gregory, Harry Schell (3), Olivier Gendebien, De Beaufort (sur une Porsche RSK). Quelques pilotes britanniques également, de moindre renommée : Bruce Halford, Henry Taylor (4), Tony Marsh, David Campbell Jones, Bob Hicks. On remarque aussi la silhouette massive de Tim Parnell poussant sa voiture (chemise claire, tenant le volant) vers la ligne de départ. Pourquoi cet afflux de grands noms pour cette deuxième édition ? Probablement, le bruit s’était répandu dans les paddocks que le circuit était formidable ; mais, sans doute aussi, les primes de départ avaient été ajustées en conséquence pour attirer une participation de haut niveau.

Le commentaire s’est un peu assagi, ce qui laisse penser que le film a été réalisé un certain temps, voire plusieurs années, après l’évènement. Mais il y a toujours cette profusion d’adjectifs (« un match redoutable », « un duel farouche », « une témérité extraordinaire »). L’image est de meilleure qualité que l’année précédente, mais le son des moteurs est malheureusement plus rare. Il est remplacé par cette musique de fête foraine, légère et entraînante, si typique des reportages sportifs de ces années.

Ce film est émouvant car il montre la dernière apparition en course, et sur un circuit français, de Jean Behra qui perdra la vie six jours plus tard sur le circuit de l’Avus. Il pilote une Porsche dont il avait lui-même supervisé la conception et qui s’appelait la Porsche Behra (5). Sauf erreur de ma part, c’est la seule fois où Jean Behra a piloté cette voiture en course car, quinze jours auparavant, il était encore sous contrat avec Ferrari, et il avait dû laisser la place à Hans Hermann pour la course de Formule 2 de Reims (6). Le commentaire nous parle à plusieurs reprises de la  »témérité » et de  »l’audace » de Jean Behra. C’était en effet l’image qu’il donnait au grand public (à juste titre, il me semble), et qui explique son immense popularité à cette époque.

Charade Formule 2 (26 juillet 1959)

Ce film montre aussi des images du dramatique accident d’Ivor Bueb, que l’on voit allongé au sol après avoir été éjecté de sa voiture. Il est encore conscient, mais il décédera de ses blessures quelques jours plus tard. Je ne suis pas expert en secourisme, mais je me demande si la façon utilisée par les gendarmes pour évacuer le malheureux Bueb est très orthodoxe.

Quelques remarques sur ce film, répertoriées selon leur moment d’apparition :

1 minute 13 secondes : le jeune pilote, assez beau garçon, qui remonte la ligne des stands avec un polo noir et son casque blanc à la main pour rejoindre sa voiture est le Suisse Edgar Berney (1937-1987), qui sera un habitué des 24 Heures du Mans dans les années 60, notamment au volant d’une Ferrari 250 GT. Il décèdera en 1987, à l’âge de 50 ans, dans un accident de la route.

1 minute 55 secondes : alors que Raymond Roche est au premier plan, on peut voir en arrière-plan un pilote en combinaison bleue qui passe avec un air détaché, voire un peu dédaigneux : il s’agit de Masten Gregory.

2 minutes 44 secondes : au moment du départ, on remarque le geste du bras comminatoire de Stirling Moss enjoignant Raymond Roche de s’écarter de son chemin s’il ne veut pas être renversé par sa Cooper. Le côté un peu chaotique des départs donnés par Raymond Roche faisait partie du folklore du sport automobile de ce temps. Les pilotes étaient habitués, et force est de constater que tout se passait toujours très bien.

9 minutes 20 secondes : la personne au bord de la piste, du nom de Jean Estager (1919-2002), était un pilote amateur qui fut un grand ami de Louis Rosier. Il participa à de nombreuses courses, notamment des épreuves de rallyes. Il était une célébrité du sport automobile clermontois et un  »pilier » de l’Écurie Auvergne.

11 minutes 10 secondes : on peut voir une image particulièrement rare, celle de Tommy Franklin, tenant un micro auprès du vainqueur Stirling Moss. Pourquoi rare ? Tout simplement parce que Tommy Franklin était un commentateur radio, et on ne connaissait que sa voix. Tommy Franklin est un personnage familier des gens de ma génération car les courses automobiles n’étaient pas toujours retransmises à la télévision et les passionnés devaient se tourner vers la radio pour en suivre le déroulement. Il s’agissait de l’émission Sport et musique du dimanche après-midi. Tommy Franklin était  »la voix » du sport automobile en quelque sorte. Une belle voix puissante au demeurant puisque c’était un ancien chanteur d’opéra.

A la fin du film, Roger Benech fait dire à Stirling Moss que Charade est « le plus beau circuit du monde ». Je ne suis pas sûr que le champion anglais ait prononcé de telles paroles. Mais qui pourrait reprocher à Roger Benech d’utiliser des propos apocryphes pour énoncer cette vérité qui a la force de l’évidence ?

Notes

(1) Roger Benech nous indique que c’est la dernière course de Lewis Evans « qui trouvera la mort le lendemain », précise-t-il. Ce n’est pas tout à fait exact : Lewis-Evans disputera encore d’autres courses, notamment de Formule 1, avant de perdre la vie au Grand Prix du Maroc trois mois plus tard.

(2) Claude Storez (1927-1959) était un pilote de circuits et surtout de rallyes. Il trouvera la mort en février 1959 sur le circuit de Reims au volant d’une Porsche 1500 Spider (probablement la même que nous voyons sur ce film) durant le Rallye des Routes du Nord.

(3) Roger Benech nous dit qu’Harry Schell perdra la vie au mois de septembre suivant. En fait, ce fut le 13 mai 1960 à Silverstone. Ce qui confirme que le film a été réalisé au moins deux ans après la course.

(4) Roger Benech présente Henry Taylor comme étant le protégé de Stirling Moss (en fait, sur l’image, c’est Graham Hill et non Henry Taylor qui est en discussion avec Moss). Il semble qu’il s’agisse d’un anachronisme, lié au fait que le film a été réalisé bien plus tard. Ce 26 juillet 1959, Henry Taylor conduisait une voiture engagée par l’écurie Reg Parnell (avec Tim Parnell comme coéquipier). Mais un an plus tard, il fut engagé par l’écurie BRP, dont le principal dirigeant (et financier) était Alfred Moss, le père de Stirling. D’où la probable confusion.

(5) Comme nous l’a rappelé récemment Luc Augier (Grand Prix d’Allemagne 1959, Plein gaz, 7 juin 2017), les concepteurs de la voiture étaient les ingénieurs Valerio Colotti et Giorgio Neri.

(6) Voir à ce sujet l’article très complet de Laurent Rivière sur le site Les amis du circuit de Gueux (http://www.amis-du-circuit-de-gueux.fr/BEHRA-son-dernier-baroud-d-honneur).

 

 

 

René Fiévet

Né en 1952, économiste de formation, René Fiévet vit à Washington DC où il est fonctionnaire international. Dès son plus jeune âge, il a été passionné par les courses automobiles, notamment en lisant les histoires de Michel Vaillant. Il a appris à lire avec « Le pilote sans visage ». Mais vivant à l’étranger dans sa jeunesse, en Extrême Orient et en Afrique, il a plus rêvé le sport automobile qu’il ne l’a vraiment connu. Ce qui arrange bien les choses quand il s’agit d’écrire sur le sujet.

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25 pensées sur “« Le plus beau circuit du monde »

  • Merci Olivier et René :
    classic ourses est sympa pour de tels articles !
    Mais cruel rappel que l’on se tuait souvent en course à cette époque y compris en F1 et peut etre faudrait il montrer ces images à des Vettel ou Verstapen pour leur enseigner que » motor racing is dangerous « mais aussi que pour gagner une course il faut d’abord la terminer .

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    • … que le sport automobile à l’époque était un art pratiqué par des hommes téméraires et valeureux. Autres que ceux de notre époque qui se comportent trop souvent sur la piste comme des petits voyous prétentieux.

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  • Merci à  » ClassicCourses »et René Fiévet pour ce sujet Sensationnel !!.
    Les qualificatifs ne saurait manqué pour ces 2 documentaires,alliant le plus  » beau circuit du monde « et la Maestria des Pilotes et leurs voitures sur ce circuit.
    Les images sont magnifiques, à noter le drapeau à damier qui échappe des mains à Amédée Gordini (je pense ??), lors de l’arrivée.
    L’émotion est intense avec le drame accidentel d’Ivor Bueb,la musique de fête foraine me fait penser à  » Jour de fête  » de Jacques Tati.
    Le commentaire de ce Monsieur Roger BENECH est passionné et passionnant, bref, on en redemande !!

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    • Le baisser du drapeau : Raymond Roche pas Amédée Gordini!

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  • Les films de Roger Benech du circuit de Charade richement commentés avec minutie par René Fievet sont remarquables et retracent l’atmosphère des courses de l’époque. Je les avais déjà visionnés avec un vif intérêt particulièrement la course de 1959 où Chris Bristow tenait tête à Stirling Moss. On y voit avec stupeur l’amateurisme des secours apportés au malheureux Yvor Bueb. Celui-ci était un pilote très estimé en Angleterre qui s’était illustré principalement en voitures de sport en remportant le Mans en 1955 avec Hawthorn et en 1957 avec Flockart sur Jaguar et les 12H de Reims en 1956. En monoplace il courut en F2 et prit part à quelques GP F1. Tragique destin de cette course à laquelle il participait en même temps que Behra sur sa Porsche F2 car ils périrent tous deux le samedi suivant, Bueb des suites de son accident veillé à l’hôpital de Clermont-Ferrand par son père, l’épouse de Moss et Lofty England, tandis que Behra se tuait à l’Avus sur une Porsche d’emprunt.

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  • Jean Behra avait aussi piloté « sa » monoplace à Pau. Quant à Tommy Franklin, il ne pouvait échapper à l’attention des spectateurs : il ne passait pas inaperçu ! On entend sa voix de speaker dans le doublage français du film Grand Prix et l’un de ses derniers reportages fut le « volant Ligier » au Castellet, fin 1975.

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    • Tommy Franklin était une voix au timbre particulier couvrant le bruit des moteurs dont je garde le souvenir aux flashs d’information tout comme celle de Luc Augier qui nous résumait à chaud avec précision tout ce que l’on voulait savoir des essais ou de la course.

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      • Monsieur Rivière, je saisis cette occasion pour vous dire que j’ai pris beaucoup de plaisir à vous lire sur le site des « amis du circuit de Reims-Gueux ». Et notamment le sujet sur Jean Behra en 1959, où j’ai noté avec émotion la photo de Monaco où figure Yvonne Fraichard. Je les avais connus, elle et son mari Georges, lors du GP de Pau 1964 et l’été suivant, ils avaient aimablement accueilli le gamin provincial que j’étais pour me proposer un stage à la revue Moteurs.

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    • Merci pour l’intérêt que vous eu à lire l’article de Jean Behra. Georges Fraichard que vous avez connu, si je ne me trompe est décédé peu avant les épreuves de Reims et Raymond Roche lui a rendu un solennel hommage à l’occasion des GP de Reims en 1965 en donnant son nom  » Le pavillon Georges Fraichard « au bâtiment des speakers lors d’une cérémonie en présence de son épouse Yvonne. Il lut une « sonnerie aux champs » dont j’ai un exemplaire ainsi que des photos. Vous assistiez peut-être déjà à cet événement mais si vous le souhaitez je pourrais vous faire parvenir copie de ces documents.

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      • Georges Fraichard est décédé en décembre 1964 ou janvier 1965, je ne sais plus exactement. Je crois me souvenir qu’avant d’être rebaptisé, le pavillon du speaker s’appelait « le château d’Yvonne ». Je ne me rappelais pas l’hommage rendu par Raymond Roche en juillet 1965 bien qu’étant présent sur le circuit ce week end là. J’y avais notamment approché Pedro Rodriguez, qui connaissait mon patron Paul Dupuy et qui était donc venu saluer les invités du stand de l’Action Automobile et Moteurs après sa victoire aux 12 Heures.

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  • Que de dimanches après-midis, l’oreille collée au « transistor » pour attendre les fugaces interventions de Tommy Franklin ( on ne lui concédait que trop peu de temps d’antenne; d’autres sports ayant toujours priorités ! ). J’ai dans le fond de la mémoire c’est vrai  » son timbre particulier  » qui débutait souvent avec un :  » Ici Tommy Franklin qui vous parle de…..
    A quand quelques écrits sur lui ?

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  • Magnifiques, ces films ! et amusant ce commentaire (dans le film de 59 surtout) avec des hésitations, reprises, bafouillages, répétitions.
    M. Benech avait aussi un petit problème avec les couleurs : la Cooper de Trintignant n’était pas noir mais bleu nuit !
    Merci à René en tout cas.

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  • Ces films ont le charme de l’enthousiasme naïf de celui qui les réalisait. Il y a effectivement bon nombre d’erreurs (Schell qui se tue en septembre suivant, alors qu’il est mort en mai 1960) et d’approximations, mais il faut accorder à ces passionnés d’alors que l’aspect technique ou historique était à l’époque bien moins renseigné qu’il ne l’est maintenant. Ce qui met encore plus en valeur le travail à venir de gens comme Crombac ou Rosinski. Ca me fait penser à une sorte de version française des films de John Tate qui parcourait les circuits européens à cette même époque et en rapportait des petits montages en super 8 tout aussi passionnants.

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  • D’abord dire un grand merci à René Fievet pour ses interventions sur Classic Courses toujours aussi bien documentées. Merci aussi pour ses notes en bas de page qui complète et légitime ses propos.
    Charade , le plus beau circuit du monde , paroles apocryphes ou pas ? Patrice Besqueut dans son excellent ouvrage : Charade 1958-2002 éditions du Palmier sous titre son livre par cette phrase définitive mais a la prudence d’écrire en page 31 : -Le samedi, Moss tourne un peu moins vite mais garde la pole position… Ce jour là, Moss devait déclarer : « Charade est le plus beau circuit du Monde ». Nous remarquons que l’auteur sans utiliser le conditionnel – aurait déclaré- utilise -devait déclarer- ce qui me semple apporter une once d’incertitude , comme s’il n’avait pas réussi a obtenir suffisamment de recoupements pour être totalement affirmatif.
    Mais cette phrase est tellement belle que l’auvergnat que je suis y croit dur comme de la grave noire.
    Cette jolie note de René m’émeut d’autant que cette course du 26 juillet 1959 est la première a laquelle je devais assister. J’avais 9 ans, j’étais sur la talus face à la ligne de départ et mon père dans les stands pour Dunlop. Dans ma mémoire la Cooper de Moss était noire mais peut être était-ce un BRC très foncé. Je me souviens aussi du commentaire admiratif de mon père sur l’écart de 5 secondes que Hill avait consenti à Moss aux essais, la deuxième et troisième ligne étaient à plus de 10 secondes.

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    • Jean-Paul, si je dis bleu nuit pour la Cooper de Trintignant (et sans doute aussi celle de Moss), c’est parce que les voitures de Rob Walker étaient en général aux couleurs de l’Ecosse. Mais je n’y étais pas et c’est donc juste une déduction logique qui peut être contredite par les faits. En plus, c’était un bleu très foncé qui peut aisément passer pour noir selon la lumière et l’oeil de l’observateur (sans parler de l’âge du capitaine).

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  • Apres une deuxième lecture du film de 1959, nous pourrions ajouter voir très distinctement à 1’28 le sémillant Bernard Cahier pousser la Cooper de Trintignant, nous le reverrons en fin de course derrière Tommy Franklin quand ce dernier s’entretient avec Moss.
    Plus anecdotique, à 2’40 nous apercevons Pierre Pingeot, industriel clermontois , fournisseur de Michelin et aussi le grand-père de Mazarine

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    • Excellent, Jean Paul ! Roger Benech cite effectivement le nom de Pierre Pingeot, et je dois avouer que le lien avec Mitterrand m’avait complètement échappé. Sais-tu que lors du débat présidentiel de 1974, Giscard d’Estaing avait cité la région Auvergne, dont il était un élu (à Chamalières), et avait ajouté une phrase sibylline : « une région que vous connaissez bien également, Monsieur Mitterrand » ? A l’époque, personne n’avait relevé cette remarque. Bref, Giscard d’Estaing n’ignorait rien des amours coupables de son rival. C’était quand même une belle époque, quand les gens savaient rester discrets sur ces affaires privées. La vérité ne sera révélée au grand public que 20 ans plus tard, et uniquement parce que Mitterrand voulut qu’il en soit ainsi.

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  • évitons ici les histoires de fesses des politiques ; et restons en si vous le voulez bien aux courses classiques . And nothing else matters c/o Metalica et le black album .
    MERCI

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    • Et puisque nous sommes apparemment sur un forum de musique :
      « Dîtes go à Santiago
      A Santiago je go »

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    • MERCI pour cette consigne Monsieur Jego, nous ferons attention la prochaine fois.

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  • Merci René Fievet pour ces beaux et émouvants reportages concernant le circuit d’Auvergne . A cette époque je partais pour effectuer mon service
    militaire en Algérie dans les parachutistes.Je me souviens bien
    de ces épreuves ,et cela me rajeuni de presque 60 ans !
    C’était une autre époque , il y avait moins d’argent , il y avait plus de
    pilotes amateurs , il y avait plus de danger pour les pilotes .C’est mieux ou moins bien en comparaison avec notre époque actuelle ? A chacun son choix !

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  • encore une fois je dis MERCI à Classic Courses, et à sa rédaction, qui nous font decouvrir des documents si précieux, si passionants, ce qui me fait encore plus regretter le fait de vivre maintenant dans une époque qui a fait perdre au sport automobile son charme et ses caractéristiques d’ancienne aventure, d’héroisme.

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  • À propos de la voix magnétique de Tommy Franklin, il est possible de la retrouver sur le site de l’INA, à la fin d’un Inter Actualité, le 16 juin 1966. Depuis Le Mans, et après avoir énoncé le record du tour de Gurney, il s’y montre catégorique pour affirmer qu’en ayant viré Surtees, Ferrari a diminué ses chances de gagner… Délicieux moment de passion automobile. Un autre extrait de la voix de T. Franklin nous est donné par le même site avec le journal du 23 août 1962, au lendemain de l’attentat du Petit Clamart. T. Franklin s’érait rendu sur place y faire un son à chaud, auprès des commerçants du lieu.
    En faisant ces recherches, j’ai découvert un compte Facebook où il est énoncé que Tommy Franklin se nomme en réalité Farouk Mourad Weiziroff. Le saviez-vous ? Il n’existe aucune autre source sur Internet à ce sujet.

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  • Ce qui me frappe c’est la manière astucieuse avec laquelle sont positionnées les caméras qui permettent de bien mettre en valeur les trajectoires des autos. La qualité des prises de vue me semble également excellente. Pourtant ce film ne mobilisait pas apparemment les hautes compétences audiovisuelles de l’époque…

    Et ce qui m’a bien fait rire sur le film de 1959, c’est la façon dont un organisateur, à l’arrivée, envoie sans ménagement une bourrade sur l’épaule de la jeune femme chargée d’aller faire la bise au vainqueur !! (vers 11’28).

    Merci René !

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