F1 2016, Canada. Hamilton gentiment irrésistible.

Les choses ont l’air faciles pour Lewis Hamilton. Manque-t-il son départ ? Les Ferrari affichent-elles de nets progrès en performances ? Qu’importe ! Il finit bientôt par se retrouver au commandement. Presque sans l’avoir voulu. Il n’a alors plus qu’à sagement  achever son parcours tandis que derrière lui les autres s’escriment en vain…

                                                                     Johnny RIVES.

…Il émane de ces scenarii une impression de force irrésistible, presque surnaturelle, à son avantage. Les quelques erreurs qu’il a pu commettre, on ne les oublie pas mais on finit par les négliger. On ne voit plus que la tranquille domination qu’il exerce sur ses rivaux, jusqu’à ne leur laisser que quelques miettes d’un banquet qu’il savoure sans en être repu. Il en émerge tranquillement rasséréné, souriant et gentil. Plus gentil que dans le premier virage où il n’avait eu aucun égard pour son équipier Rosberg… Derrière lui, après cette sévère passe d’armes, les autres se sont essoufflés en s’arrêtant plus souvent que lui à leur stand, en visitant des échappatoires ou en s’embarquant dans de spectaculaires tête-à-queue. C’est ainsi qu’il règne, Lewis Hamilton. En tout cas qu’il a régné sur le G.P. du Canada. La suite confirmera-t-elle cette impression ? Personne ne peut en avoir la certitude. Quelle que soit la sympathie qu’il soulève, on se permettra d’ajouter un mot : heureusement !

* VETTEL BATTU MAIS CONTENT.

 L’irrésistible domination d’Hamilton a été soulignée par l’inattendue réaction de Sebastian Vettel après sa 2e place. Lui le compétiteur que l’on a parfois vu excédé après certaines défaites, affichait une mine guillerette sur le podium de Montréal. Comme si sa 2e place n’avait pas été une défaite. « On va peut-être critiquer notre stratégie à deux arrêts, devait-il même commenter (Hamilton et Bottas n’ont observé qu’un seul changement de pneus). Moi pas. C’était un coup à tenter. Ça n’a pas marché mais je ne m’en plaindrai pas. » Peut-être le sursaut tangible des Ferrari au plan des performances l’incitait-il à cette inattendue bonne humeur ? Raïkkonen lui-même, confiné pourtant à un résultat médiocre – un de plus – acceptait de dire que les Ferrari marquaient des progrès. Il situait sa contre performance dans la seule difficulté qu’il avait eue à maintenir ses pneus à une bonne température. C’est vrai que la météo n’a fait aucun cadeau à Ferrari en ce début de saison. Après les essais hivernaux il apparaissait assez clairement que dès qu’un climat estival serait établi les Ferrari seraient servies par l’avantage de moins surchauffer leurs pneus que leurs rivales directes. Mais il n’a fait chaud nulle part encore. Encore moins au Canada qu’ailleurs (12 degrés) !

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* LA HIÉRARCHIE EST ÉTABLIE.

 Après sept des 21 épreuves du championnat 2016, la hiérarchie des équipes apparaît clairement. On peut la scinder en trois « familles ». Le groupe de tête est constitué par Mercedes, Ferrari et Red Bull, comme la grille de départ du G.P. du Canada l’a mis en évidence. A l’opposé, le dernier groupe réunit Haas, Renault, Sauber et Manor qui fournissent, sauf incident, les plus fréquents éliminés à l’issue des Q1 chaque samedi de Grand Prix. Entre ces deux extrêmes on trouve Williams, Force India, Toro Rosso et McLaren, toutes plus ou moins capables de sursauts au gré des évènements – comme l’ont souligné les 3e places de Sergio Perez à Monaco et de Vallteri Bottas à Montréal. Mais une telle hiérarchie s’assortit parfois de quelques nuances. Par exemple au Canada on a constaté qu’au cours de la remontée à laquelle il a été contraint après le sévère écart que lui avait imposé Hamilton dans le premier virage, Rosberg a vu sa Mercedes être incapable de rivaliser en vitesse maxi avec la Williams de Bottas. Il était plus rapide sur un tour, mais incapable de le déloger de sa 3e place faute de le rattraper en ligne droite en dépit de son DRS ouvert. Après sa crevaison, il s’est trouvé dans un embarras presqu’aussi important face à la Red Bull de Verstappen. Cette fois l’utilisation du DRS lui permettait d’espérer, mais l’implacable défense de Max l’en empêcha ! L’avantage des Williams en V max était déjà patent en 2015. Sera-t-il décisif à Bakou lors du prochain rendez-vous des F1, où l’on nous annonce la plus longue ligne droite de la saison ? Ou bien va-t-on célébrer enfin une victoire de Ferrari, la seule pour l’heure des équipes de pointe à n’avoir pas gagné en 2016 ?

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Illustrations @ DR

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

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8 pensées sur “F1 2016, Canada. Hamilton gentiment irrésistible.

  • Je crois avoir lu que Nico avait des soucis de consommation d’essence qui l’aurait bridé dans sa remontée.
    Pour ce qui est de l’incident du premier virage, Nico aurait pu insister car il y avait sans doute la place mais le mauvais souvenir du grand prix d’Espagne l’a sans doute incité à la prudence (et puis l’échappatoire était là…).

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  • Faiblesse de M.RIVES envers HAMILTON qui se comporte sur la piste comme les hooligans anglais à MARSEILLE samedi dernier .
    L’indulgence envers les voyous n’a jamais été bonne , l’histoire hélas l’a prouvé plus d’une fois . A chacun son opinion ; la mienne est à l’opposé de la votre .

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  • Sans comparer Hamilton à un hooligan britannique, ce dernier a gentiment poussé Rosberg dans l’échappatoire et réglé ainsi un gros problème qui risquait d’entraver sa course…Ces deux- là ont une manière bien particulière d’envisager une confrontation sportive même si en Espagne on pourrait penser que l’allemand n’a pas délibérément sorti son équipier…Voilà tout de même une bien piètre image donnée par les pilotes (dits) vedettes de la F1 actuelle…On pense plutôt en regardant ce charmant spectacle à des pilotes mal dégrossis de la F3 anglaise.

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  • Hamilton est aux portes de la suprématie prolongée d’Alberto Ascari en 1952 et 1953, qui se passait d’incertitudes ( et aussi de trop de concurrents multiples).Il inflige désormais cette sensation du pilote insubmersible qui a retrouvé ses marques , et devant lequel toutes les tentatives d’obstruction prennent l’eau . Même la lenteur répétée de ses mises en action et ses coups de roue ambigus ne suffisent plus à l’éloigner de la victoire.

    Je me souviens d’une interview de Jackie Stewart lequel, interpellé en avant saison sur l’évolution de la carrière de Jody Scheckter en 1977 alors qu’il avait rejoint à prix d’or l’équipe de Walter Wolf , disait que même en trottinette il serait capable de gagner des grand-prix ( ce qu’il fit d’ailleurs dès sa première course en Argentine). Le problème récurrent des concurrents de Lewis Hamilton est que sa monoplace demeurera suffisamment compétitive jusqu’à la fin de la saison pour effacer nombre de trottinettes rouges ou bleues ,et lui éviter de se poser les questions qui taraudent son équipier dont il a appris en début de saison à mesurer l’inutilité.
    La chance sourit souvent aux fauves dominateurs en formule 1,et le talent est inaltérable lorsque Johnny ramasse cela en quelques lignes indépassables .

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  • Selon moi, ni l’un ni l’autre de Hamilton et Rosberg n’est ange ou demon !
    Ils sont tous les deux des compétiteurs qui ne se font aucun cadeau, le titre du CDM est leur seule ambition, ce qui est évidemment compréhensible .
    De grâce, gardons-nous de les  » juger  » dans nos fauteuils ! Ils se sont donnés des coups depuis 2014.
    – Les coups de Rosberg : Monaco 2014, Canada 2014, SPA 2014, Hongrie 2015, Australie 2016, Espagne 2016.
    – Les coups de Hamilton :
    Hongrie 2014, Japon 2015, USA 2015, Canada 2016.
    Les  » coups  » factuels ci-dessus doivent permettre aisément de rester objectif quand il s’agit d’apporter nos commentaires sur les comportements de ces deux pilotes.

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