Grand Prix d’Agadir 1956

Archives d’outre-mer.

J’ai de la chance, ma famille a conservé de précieuses archives. Un trésor de papiers jaunis et de photos aux couleurs passées dont je ne soupçonnais pas l’existence : les pieds-noirs ont du mal à parler de leur passé et à transmettre leur histoire, même à leur descendance.

Bertrand Allamel

Affiche agadir 1956Alors que je consulte patiemment chaque page de l’épais recueil de journaux d’Algérie période 1954-1962, je prends la mesure de la tragédie et je me désole de toutes ces horreurs. Je revis semaine après semaine le début de cette guerre. Les premières rébellions, les premières vagues d’assassinat, les embuscades, « l’accueil hostile d’Alger au président Guy Mollet ». Pour tenter de dédramatiser, je m’amuse des « réclames » pour le « frigidaire », pour la Simca Aronde et la Peugeot 203 (valeur : 640.000), ou le stylo Bic « monté sur amortisseur ».

Et puis, dans les pages sportives de l’édition du 26-27 février 1956 de la Dépêche Quotidienne d’Algérie, mon œil est attiré par un minuscule article : « Trintignant remporte le Grand-Prix d’Agadir ». Un encart publicitaire pour les pneus Englebert vient souligner la performance : « encore une preuve de qualité ».

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Un Grand-Prix du Maroc à Agadir ? N’ayant aucune personne-ressource dans mon entourage capable de me parler de cet événement, je lance aussitôt une requête. Wikipedia répond présent, évidemment : «Le Grand Prix d’Agadir est une course automobile courue annuellement à Agadir au Maroc de 1950 à 1956. »

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Je comprends alors qu’il s’agit de deux courses, l’une pour voitures de tourisme et l’autre pour voitures de sport ou « grosses cylindrées ». Mes consultations m’apprennent que : « Le Grand Prix international de vitesse d’Agadir de 1956 dépassa en intérêt, d’après le Englebert Magazine no 82 (1956), toutes les compétitions de sport mécanique qui s’étaient déroulées au Maroc. Huit Ferrari, quatre Maserati, trois Gordini, deux Aston Martin avec des pilotes comme Whitehead, Rosier, Picard, Schell, Trintignant, Behra, Guelfi, La Caze offrirent un spectacle palpitant au public nombreux et passionné. Ce Grand Prix sera pour Ferrari une magnifique victoire avec les quatre premières places du palmarès et Maurice Trintignant en première place. »

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Les participants à la course  » Grosses Cylindrées »

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Le départ © Photoga Hubert Terrier / Englebert Magazine

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Le départ © Photoga Hubert Terrier

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Le départ © Photoga Hubert Terrier

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Picard sur le point de se faire dépasser par les leaders Behra et Pilette © Photoga Hubert Terrier

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Guelfi © Photoga Hubert Terrier

Les noms des vainqueurs des cinq premières éditions ne me disent rien, j’identifie par contre celui de l’édition 1956, Trintignant, vainqueur donc sur Ferrari. Celui de Behra aussi, qui fût visiblement le héros malheureux de la course à cause de la direction défaillante de sa Maserati, alors qu’il avait course gagnée. Il du regagner son stand à pieds. Un abandon qui permît à Ferrari de truster les quatre premières places.

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Behra © Photoga Hubert Terrier

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Behra © Photoga Hubert Terrier

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Pillette après son abandon © Photoga Hubert Terrier

Une recherche approfondie sur le web vient par ailleurs confirmer ce que relate ma trouvaille : un dénommé Pilette (auteur du meilleur tour) a bien failli perdre la vie en étant éjecté de sa Ferrari, mais s’en est tiré avec une clavicule cassée !

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Tour de chronométrage  © Hubert Terrier

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Arrivée © Hubert Terrier
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La course automobile est donc venue enthousiasmer les foules en Afrique du Nord ! Heureuse parenthèse automobile, dans cette période tragique. Les morts referont la une de l’édition de la semaine suivante, en mars 56…

Heureuse découverte qui se partage comme un clin d’œil,  entre Bahrein et Abu Dhabi : une Ferrari  gagnera-t-elle à nouveau sur un autre « Circuit des dunes » cette saison,  60 ans après la victoire de Maurice Trintignant (© Hubert Terrier)

Remerciements :

Régine Terrier dont les photos du père, Hubert Terrier illustrent cet article.
Le Site Agadir 1960 : http://www.agadir1960.com/forum/viewtopic.php?t=275 .

Pour aller plus loin :

Classic Courses : 1957 Grand Pix du Maroc Casablanca .
Page wikipedia du Grand-Prix d’Agadir (historique et quelques photos): https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Prix_automobile_d%27Agadir .
Page personnelle de Sebastien Caïs sur l’Automobile Club d’Agadir (historique précis des cinq éditions et nombreuses photos de l’édition 56) :http://sebcais.pagesperso-orange.fr/GP/grandprix/page7.html .

 

La carte souvenir :

affiche grand prix56

Bertrand Allamel

Auteur, formateur et conférencier. Titulaire d’un DESS Ingénierie Culturelle et d’un DEA de Philosophie économique. Il a pu analyser le monde de la culture depuis des postes d’observation privilégiés tels que machiniste, régisseur, organisateur, concepteur, consultant. Il écrit des articles et des livres sur divers thèmes, en son nom propre ou sous pseudonyme.

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34 pensées sur “Grand Prix d’Agadir 1956

  • Quelques précisions à propos de ce Grand Prix d’Agadir: il ne se dénommait pas G.P. du Maroc, comme le titre de cette chronique pourrait le faire croire. Mais plus humblement G.P. d’Agadir, titre auquel s’en tient d’ailleurs Bertrand Allamel. Il s’agissait d’une épreuve ouverte aux voitures de Sport qui marqua à l’orée de la saison 1956 une espèce de « renaissance » des compétitions sur circuits qui, à la suite de la catastrophe des 24 Heures du Mans 1955 (83 morts dont le pilote Pierre Levegh sur Mercedes) avaient précipitamment été interdites. Une renaissance confirmée une semaine après ce G.P. d’Agadir avec le G.P. de Dakar (1er mars 1956) auquel participèrent à peu près les mêmes concurrents. Et qui donna lieu à un résultat très proche. A Agadir Trintignant avait gagné devant Harry Schell et François Picard. Pétoulet renouvela son succés à Dakar, de nouveau devant Schell, la 3e place étant allée cette fois à Jean Behra (Maserati). Petite correction pour la photo n°7 montrant trois voitures en action dans un virage: la première étant une Ferrari, il ne s’agit donc pas de Guelfi se faisant rattraper par Behra, puisque celui que l’on surnommait déjà « Dédé la Sardine » pilotait une Gordini à Agadir. Ce que confirme la photo suivante où l’on voit sa Gordini 3 litres passer sous une passerelle. Encore une précision avant d’en terminer: André Pilette fut victime d’un accident impressionnant, sa Ferrari Monza s’étant retournée. Heureusement, car il n’y avait pas d’arceau de sécurité à l’époque, il fut éjecté avant d’être écrasé par cette voiture séduisante mais dangereuse. Le pilote Gino Munaron m’avait raconté un jour que les pilotes de l’époque l’avaient surnommée « la tueuse ». C’est au volant d’une telle Ferrari qu’Alberto Ascari avait d’ailleurs trouvé la mort en 1955.

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    • Johnny, merci de ce commentaire. Le titre c’est volontaire de ma part. La photo 7 est mal légendée. La voiture qui se fait doubler est celle de Picard. Quant à Pilette, il a effectivement eu de la chance ce jour là. La photo de l’accident – que je ne publie pas volontairement – est terrible.

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      • Le premier G.P. du Maroc a eu lieu l’année suivante (1957) à Casablanca. C’était une course hors championnat à laquelle tout le gratin a participé. Y compris Fangio. Le vainqueur? Jean Behra qui a collectionné pas mal de victoires en F1 durant sa carrière. Mais toutes hors championnat. Il en a même signé une à bord d’une Ferrari avant de se fâcher avec la Scuderia: les 200 miles d’Aintree 1959 – hors championnat, donc.

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  • Et pour compléter les propos de Johnny, il y eut un GP officiel de Formule 1 au Maroc, à Casablanca en 1958, celui de 57 ayant servi en quelque sorte de répétition en vue de l’organisation d’une manche du championnat du monde. L’on sembla se satisfaire de ce circuit Aïn Diab sommairement tracé dans les larges avenues de la ville marocaine et ce Grand Prix 1958 servit de dénouement au championnat 1958 entre Moss et Hawthorn, au profit de ce dernier. La sécurité sur ce tracé étant tout bonnement inexistante (comme souvent à l’époque), de graves accidents furent à déplorer, dont le plus tragique coûta la vie à Stuart Lewis-Evans. L’expérience fut suffisamment éloquente et il n’y eut plus de compétition de portée internationale au Maroc ensuite.

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    • Je possède quelques vieux Inter Auto (une revue hebdo aujourd’hui oubliée) retraçant les GP d’Agadir et de Dakar de cette année là, 1956. Ils sont signés Georges Fraichard qui était une des pointures de l’époque. Il était chef de la rubrique auto du Parisien Libéré et tenait le micro pour animer les courses sur les circuits français. Le jour où je mettrai la main dessus, je publierai quelques extraits de ces articles pour les lecteurs de Classic Courses. Ils ne sont pas piqués des hannetons!

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    • Merci aux amis de C.C.pour ces lointains souvenirs vieux de soixante ans !
      En ce qui concerne les nombreux accidents du G.P.du Maroc 1958 comme Pierre le mentionne ce G.P. fut marqué par de graves accidents , dus en partie au mélange de voitures de cylindrées différentes et à la présence en piste de pilotes qui ne devaient pas être alignés en même temps que les grands champions. De plus le soleil intense et bas à l’horizon , gêna considérablement les pilotes. W.Seidel , O.Gendebien , et S.Lewis-Evans en furent les principales victimes .

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  • Absolument superbes images hstoriques

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  • Les GP disputés en Afrique à la sortie de l’hiver étaient prisés par les pilotes et constituaient une remise en selle sous le soleil. La Ferrari devant Behra et Pilette, les amis inséparables, est celle de François Picard. C’est vrai que la Ferrari Monza avait mauvaise réputation et Louis Rosier qui participait à ce GP se tua à son volant sur le circuit de Montlhéry à la fin de cette même année dans la courbe…Ascari.

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  • GUELFI , en photo sous une banderole SHELL , serait il le fameux Dédé la sardine d’ELF ?? Si oui , le pétrole mène à tout .

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    • En l’occurence c’est la sardine qui mène à tout. Qui l’eut cru ?

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  • Sorry , la réponse est dans le commentaire de M.RIVES , merci à lui .
    Sorry aussi pour M.MENARD mais le MAROC a récemment accueilli des courses d’un CDM labellisé FIA : le WTCC .L

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    • "That the US will attack Israel if it threatens it's relations with the Arab world in any way."A rather cynical assesment…but I believe you're right — if B. HUSSEIN Obama is still president.However, if your prediction ever comes to fruition – regardless of who's pres. – we can kiss our a$$ goodbye as a nation. God in heaven forbid it!!

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    • Ahoj jsem objevil stránky omylem, když jsem hledal Live Search pro toto znepokojení, musím poukázat na vaÅ¡i stránku, je opravdu cenná jsem vážnÄ› rád design, to je dobÅ™e!

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    • Au temps pour moi : depuis 2014, une manche du WTCC a lieu effectivement à Marrakech.

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  • Il y en a eu aussi une en 2015 et la prochaine est dans 2 semaines , toujours à Marrakech

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  • Bravo pour tous ces détails ! …….et je suis justement à l’heure où je vous écris ……à
    Agadir où le soleil descend lentement sur la mer …..
    (amitiés Johnny ! ) ( Bravo M. Allamel)

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  • merci à vous tous, surtout à Bertrand Allamel pour avoir sorti ces archives formidables et à Johnny Rives que j’admire depuis longtemps, en étant mon journaliste prefèré entre les français, un des ceux qui restent un exemple à suivre avec sa sacrée plume et sa connaissance de l’histoire du sport automobile. ici en italie on avait Franco Lini qui à mon avis était digne d’atteindre son niveau dans le milieu du journalisme auto.
    En tous cas pour moi c’est un grand plaisir de lire les articles de Classic Courses, ce site est super et je me régale toujours! Amitié à tous, et encore merci

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  • Merci à tous pour vos commentaires et précisions.
    Cette note est le fruit d’un travail collectif : c’est Olivier Rogar qui a déniché et publié les photos qui illustrent superbement le texte que je lui ai proposé.
    Je suis toujours impressionné par les connaissances des différents intervenants sur ce site : tous les apports sont précieux et constituent une base documentaire incroyable sur le sport automobile, disponible sur Classic Course.
    A bientôt.

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  • « Monsieur » Allamel, dans votre note vous mélangez tout, le Maroc et les pieds-noirs, le Maroc et la guerre l’Algérie…

    Vous avez en effet de la chance que votre famille ait conservé tout un tas archives, mais vous avez visiblement du mal à en tirer profit, vos écrits manquent quelque peu de maturité.

    Mes archives à moi sont dans ma tête, le Maroc des années cinquante, j’y suis né, j’y ai vécu.
    Mon ingénieur de père a fait faire au Maroc de notables progrès en matière d’irrigation, sans pour cela être un pied-noir ni s’en mettre plein les poches, comme tenteraient de nous le faire croire tout un tas de politiques et de médias aussi démagogues qu’incompétents, dans un amalgame des plus douteux.

    Dans tout votre article j’ai bien cherché, pas un seul mot sur la ville d’Agadir de 1956 (*), qui se situait un peu plus au nord que l’actuelle Agadir, et que le terrible tremblement de terre de 1960 a intégralement détruite.

    Agadir, j’y suis passé tout môme vers 63-64. Je vous assure que les images des failles béantes et des moignons d’habitations, quand on les a vues on ne peux pas les oublier. Le drame il se situait là, pas dans la décolonisation puisque le Maroc était un protectorat et que le départ des Français ne s’est pas effectué dans la violence.

    Très belle photos quand même…

    (*) qui ne se situe pas en Algérie

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  • Pour la lecture que j’en fais Bertrand Allamel ne confond pas l’Algérie et le Maroc. Il consulte des journaux algériens qui transcrivent les événements tragiques d’une époque agitée puis évoque un titre concernant le Grand Prix d’Agadir 56 se déroulant au Maroc…Grand Prix qu’il développe ensuite alors que son sujet ne concerne pas le séisme de 1960 si terrible puisse-t-il avoir été…!

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    • D’accord avec toi, François, mais il est difficile de parler d’Agadir 1956 sans citer ne serait-ce qu’une fois la tragédie qui s’y est déroulée.
      De même, pour un non-initié, la spécificité du Maroc de cette époque au sein de l’Afrique du Nord ne saute pas aux yeux, trop d’âneries ayant été proférées à ce sujet.

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  • Eh Francis, tu t’es levé du pied gauche hier ? je te trouve en tout cas bien sévère avec Bertrand. Il me semble qu’il n’écrit à aucun moment que le Maroc et l’Algérie, c’était pareil. Quant au séisme d’Agadir, je considère comme linas27 que ce n’est pas le sujet de Bertrand, tout simplement. Ou alors faudrait-il systématiquement parler de la tragédie de 1955 à chaque fois qu’on évoque les 24 Heures du Mans ? de l’apartheid dès qu’on raconte une course qui s’est passée à Kyalami ? A ce compte-là, on n’en finirait pas …

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  • Au temps pour moi, Olivier, sans doute ai-je été égaré par l’image sur la carte postale ainsi que par mes souvenirs personnels du lieu, où je suis retourné il y a quelques années pour un stage de surf.
    Je m’explique: de 1953 à 55, le Grand Prix d’Agadir s’est déroulé en plein cœur de la zone dévastée par le tremblement de terre, encore visible à l’adresse https://www.google.fr/maps/@30.4259408,-9.6109484,566m/data=!3m1!1e3
    Mais la note de Bertrand évoque la course de 1956, disputée elle sur le Circuit des Dunes qui est hors zone dévastée, proche de ce qui est aujourd’hui la ville nouvelle…
    Donc mea culpa, sans rancune et merci à Bertrand pour ce beau voyage vers mon pays natal et également pour le lien vers le site de Sebastien Caïs, site admirablement documenté.
    Nb. Pied gauche peut-être, mais pas pied-noir 🙂

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  • « Case closed », pourrait-on dire en lisant le dernier message de Francis Rainaut, qui l’honore. Comme quoi, entre gens de bonne compagnie, tout finit par s’arranger. Néanmoins, a posteriori, je ne peux m’empêcher de penser : « quelle mouche l’a piqué ? » Comment a-t-il pu lire aussi mal le texte de Bertrand Allamel qui, à mon sens, ne souffre aucune ambiguïté, ni approximation. C’est un exercice de style très réussi.
    J’ai quand même été surpris par le début de son texte: « les pieds noirs ont du mal à parler de leur passé et à transmettre leur histoire, même à leur descendance. » De nos jours, on met le mot « mémoire » à toutes les sauces : on parle du devoir de mémoire, de mémoires enfouies, de mémoires concurrentes. On vote même des lois mémorielles. Bref, on aurait tous des problèmes avec notre « mémoire » historique. C’est une vraie obsession et j’ai l’impression que Bertrand Allamel a cédé un peu à cette mode. Il me semble en effet que les Pieds Noirs n’ont jamais eu de difficultés à parler de leur passé, dont ils étaient d’ailleurs assez fiers. Et si, au bout du compte, c’est une mémoire douloureuse, cela ne les a jamais conduits à se taire. Au contraire, pourrait-on dire. S’il y a bien une communauté qui n’a aucun mal à transmettre son passé et son histoire, c’est bien la communauté des pieds noirs. On ne pourrait pas en dire autant des appelés de la Guerre d’Algérie, pour qui on peut parler effectivement d’une « mémoire enfouie ».

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  • Bonjour à tous.

    Les quelques lignes sur l’Algérie étaient destinées à expliquer comment je suis tombé sur cet article et à faire une introduction un peu originale.
    Je considère qu’il est important de recontextualiser de tels récits, notamment pour tous ceux qui n’ont pas vécu cette époque, pour leur permettre de faire des « liens historiques » dans leur tête, et de pouvoir se dire : « ah d’accord, c’était en même temps que… »

    J’aime bien par ailleurs faire des « ponts » entre le sport automobile et d’autres disciplines ou thématiques. Ce que je m’efforce de faire par petites touches dans chacune de mes notes. Même si c’est une de mes passions, il n’y a pas que les voitures dans la vie. Et je suis content voir que tout ça nous amène finalement à discuter de sport auto, et d’autre chose.

    Pour répondre à René Fiévet : j’écris en ce moment-même un petit livre sur les pieds-noirs, et à cette occasion je fais appel à la mémoire familiale (raison pour laquelle je me suis plongé dans ces archives). Je constate que finalement, je ne sais rien, et j’absorbe la douleur des personnes que je sollicite et qui n’ont pas pu me transmettre grand chose. A cause justement de cette blessure qui les a rendus muets sur leur histoire. C’est peut-être propre à ma famille, je vous l’accorde. Mais ceux de ma génération sont plutôt d’accord avec moi : si nous connaissons les grandes lignes et le déroulement des événements dans leur ensemble, nous n’avons que rarement entendus des récits sur la vie quotidienne, la maison, l’école, l’ambiance, le travail, etc. Peut-être ne leur avons-nous pas assez demandé.J’ai par exemple appris, ce qui nous ramène un peu vers notre sujet initial, qu’un cousin pratiquait la moto au Moto Club d’Alger, qui semble-t-il organisait des courses de cross et sur circuit.

    Bonne journée à tous.

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    • C’est bien de ne pas être monomaniaque. C’est un peu la ligne directrice de Classic Courses : il y a les boulons et les rondelles, mais pas que…

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  • Le sport automobile a été la passion de mon père Hubert Terrier qui a été depuis 1945 un bâtisseur d’Agadir et un des créateurs du grand prix automobile d’Agadir.
    J’ai repris toutes les archives, articles de journaux, photos, affiches que j’ai retrouvées dans nos archives familiales, pour redonner vie à ces fabuleuses années 50 d’Agadir.
    Effectivement le dernier grand prix sera intitulé Grand Prix International d’Agadir comme vous pouvez le constater sur les affiches, et articles de journaux. Il y a toujours eu une jalousie de Casa qui ne voulait pas voir Agadir organiser des courses automobiles. Relisez l’historique de 1949-50, vous verrez la fronde des pilotes !
    Les problèmes politiques, la suppression des subventions en 1957 par l’ACM ont eu raison des passionnés qui avaient fait vivre ce grand prix depuis 1950.
    Mon frère Michel Terrier vit en partie à Agadir.
    J’y suis retournée en 2015 et contrairement à ce qu’a dit un des intervenants, si Agadir a bien grandi et s’est éloignée de l’épicentre du tremblement de terre, j’ai retrouvé sans difficulté le tracé du GD Prix, comme je le montre sur une image Google-Earth.
    Si vous avez des documents que je n’ai pas, je suis preneuse !
    Cordialement
    Régine Terrier

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