F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Brésil 18

ROSBERG A MARQUÉ DES POINTS

Pardon à tous ceux qui nous honorent de leur attention à travers les récits que nous leur proposons sur Classic Courses, mais au soir du Grand Prix du Brésil, pensées perturbées, émotions à fleur de peau, j’éprouvais quelque mal à envisager les commentaires de cette épreuve sportive. Le déroulement de cette course paraissait tellement dérisoire en regard de ce que l’actualité imposait aux media… Profitons-en pour rendre grâce à Nico Rosberg qui, avant et après sa victoire de Sao Paulo, a souligné avec une modestie appréciée la relativité de ses performances. Un Rosberg qui, à cette occasion, a humainement marqué de précieux points. Et l’on n’évoque pas, ici, seulement le championnat du monde…

                                                              Johnny RIVES.

 

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INTERLAGOS

Court mais extrêmement sélectif, le circuit d’Interlagos a confirmé ce que l’on avait déjà remarqué en d’autres lieux aussi difficiles: sa sélectivité condamne impitoyablement toute incertitude, tout suspense. Car, avant les pilotes, il sélectionne les machines. Résultat : malgré les progrès des Ferrari, les Mercedes étaient inapprochables. Derrière les Ferrari ? Les Williams sauvent ce qu’elles peuvent devant le gros du peloton (Force India, Red Bull, Lotus, Toro Rosso) où chacun hérite d’un résultat « à la fortune du pot » si l’on peut dire.

Au plan des pilotes, le verdict a été clair : Bottas a éclipsé Massa, Hulkenberg en a fait autant avec Perez, tout comme Grosjean avec Maldonado. L’infortuné Ricciardo n’a pas été récompensé de son (courageux mais vain) choix de moteur que l’on disait en progrès. Son handicap de dix places au départ était trop lourd pour qu’il revoie Kvyat avant l’arrivée.

DUELS INTERNES

Concernant les quatre premiers, on soulignera l’écart important entre Vettel et Raïkkonen, le Finlandais pouvant concourir au prix du pilote le plus décevant de la saison. En revanche, la sélectivité d’Interlagos n’a pas départagé le tandem de Mercedes.

D’ailleurs, à l’arrivée, Lewis Hamilton ne s’est pas privé de dire qu’il s’estimait plus rapide que Rosberg. Mais que, « déventé » derrière son équipier et néanmoins adversaire, il s’était trouvé dans l’impossibilité de le dépasser. Soit. Cela ne nous empêchera pas de tresser des louanges à l’adresse de Nico Rosberg qui n’a fléchi à aucun moment au cours de ces 91 minutes brésiliennes où Hamilton a exercé une sévère pression sur lui. Mexico, où il avait déjà joliment triomphé, avait permis de reconsidérer les doutes que Rosberg avait suscités au Texas à l’issue d’un G.P. des Etats-Unis où sa fragilité mentale avait inquiété. Sao Paulo l’a montré sous un jour peut-être plus brillant encore qu’au Mexique.

Hamilton partira favori du championnat 2016, certes. Mais Rosberg, s’il se maintient au niveau actuel, aura sa carte à jouer. Ainsi que, espérons-le, Sebastian Vettel. A condition que la Scuderia Ferrari, au cours de l’hiver prochain, progresse autant qu’elle l’a fait au fil de la saison qui s’achève. A défaut de quoi on repartira pour un cavalier seul des « flèches d’argent ».

Illustration © DR

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

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7 pensées sur “F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Brésil 18

  • En deux courses, Rosberg junior a d’ores et déjà redoré son blason et à voir la tête de son équipier à l’arrivée de ces deux dernières courses, il semble qu’il ait déjà oublié qu’il était le champion du monde 2015 !
    D’accord avec vous concernant Räikkönen qui a été (malheureusement) une fois de plus éclipsé par Vettel, de mémoire, on n’aura pas une fois assisté cette saison à un vrai duel entre les deux « rouges ». Enfin, l’incroyable Hulk continue à faire le boulot…
    Écrit par : Marc Ostermann | 16/11/2015
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  • Je dirais qu’Hamilton fait sa star . quelle tronche sur le podium ! indécent ! Comment ont fait ceux qui ont dépassé , genre Verstapen ou Grosjean ?
    Écrit par : Louis | 16/11/2015
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  • Sans les connaître personnellement, je pense qu’il y a une (petite) frange de pilotes qui savent penser à autre chose qu’aux logiciels et autres assistances à la mécanique (autrefois, on aurait dit « aux boulons et aux rondelles »). Rosberg en fait certainement partie, de même que Button ou bien dans un passé récent Webber. Le problème avec ces gars qu’on peut imaginer de belle mentalité est que, malgré le fait qu’ils fassent partie des meilleurs pilotes au monde, ils n’arrivent pas à passer devant leurs compères aux egos beaucoup plus surdimensionnés. Trop sympas, justement.
    Écrit par : Pierre Ménard | 17/11/2015
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  • Je suis parfaitement d’accord avec vous. Nous nous retrouvons sur ces pilotes que vous citez qui ont l’élégance ordinaire et minimale qu’un homme devrait avoir et pourquoi pas un champion, ceci n’empêchant pas cela.
    Nous avons donc pu voir l’élégance humaine des pilotes Mercedes. Chacun dans le genre auquel il nous a habitué.
    De ce point de vue l’actuel champion du monde ne dépare pas des qualités exprimées des deux précédents, allemands, comme Rosberg.
    Écrit par : Jules | 17/11/2015

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  • C’est l’été indien qui se prolonge pour Rosberg, il a à nouveau effectué un sans faute au Brésil seul le record du tour lui échappe. S’agit-il d’ un tournant dans la carrière de ce champion brusquement transfiguré ou d’un concours de circonstances? Après le titre de Hamilton la donne a changé tant pour le champion en titre que pour le management de l’équipe. Hamilton s’est mis en roue libre s’entraînant la nuit dans les rues monégasques tandis que Rosberg travaillait dur avec son équipe. Nico affûté est meilleur que Lewis qui plane sur son nuage il en a fait la démonstration. Hamilton a compris aussi que Toto Wolff ne voulait pas voir Rosberg terminer sa saison affaibli. Les rumeurs dès le Mexique faisaient état d’un retrait possible de Lauda « pro hamilton » dont l’analyse de la stratégie ne collait pas forcément avec celle protectrice employée par l’équipe et Lewis Hamilton se plaint des modifications apportées à sa monoplace. Tous ces bruits de paddock laissent supposer que les titres acquis ne suffisent pas à apporter une ambiance sereine dans le Motorhome de Mercedes.
    Écrit par : laurent riviere | 17/11/2015
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  • Nico Rosberg aura peut-être un jour l’élégance magique d’un Elio de Angelis ou la sincérité unique d’un John Watson . Il a pour l’instant la vélocité d’un Carlos Reutemann des bons jours avec une BT 44 bien réglée, et parfois aussi son inconstance inexpliquée des mauvais moments .
    Je n’y vois pas encore la marque inutile du génie de son père un 20 juillet 1985 à Silverstone dans Woodcote .
    Hamilton me rappelle l’inverse de cette phrase absurde de Clay Regazzoni( et avec lui tous les jours de course étaient un cadeau à la passion) ,parlant des Ferrari des bonnes années «  »Quand elles allaient vite, on l’entendait ».Seuls Johnny ou Luc pourraient peut-être nous expliquer cette sentence du rituel tessinois ..
    Lewis Hamilton , quand Rosberg va vite , on ne l’entend plus , et cela est finalement une élégance appréciée par ses contemporains quand il quitte le volant .
    L’enfer sans paradis d’un dimanche teinté de tristesse devant un écran en noir et blanc .
    Écrit par : CD | 17/11/2015
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  • Cher CD, Un jour le bon Rega m’avait sorti cette expression, c’est vrai. Ne comprenant pas exactement ce qu’il « entendait » qui l’incitait à penser que telle ou telle voiture allait « vite » au son qu’il interprétait, je l’ai tarabusté pour qu’il soit plus explicite. Sans parvenir à un résultat compréhensible. Le mystère demeure, donc….
    Écrit par : Johnny Rives | 20/11/2015

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